‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 138 sur 159 · I. fiaz. Iicbdom. de méd. et de cliir., 1898, p · texte numérisé non relu

I. fiaz. Iicbdom. de méd. et de cliir., 1898, p

DIIIMACD, LEÇO.VS. — II.

terme, à huit mois, qui représente à elle seule une variété d'infantilisme partiel, celui de la maladie de Liltle, où les membres inférieurs restenl indéfiniment moins développés que le troncel les membres supérieurs. Dans l'observation d'Hoffmann, c'est la diplégie cérébrale sous sa forme la plus précise : là encore, l'accroissement du train postérieur reste en retard sur tout le reste. Dans deux autres observations de Fournier et dans une observation dcBarasch, nous ne trouvons mentionnées que la chétivité, la débilité, la « petitesse », avec les érosions dentaires, le strabisme, ['aménorrhée, etc. Enfin, dans une observation de la policlinique de l'hôpital Saint-Louis, nous relevons chez une fille de treize ans, sourde depuis l'âge de sept ans, un rétrécissement nuirai, c'est-à-dire la lésion cardiaque la plus apte à entraver les phénomènes normaux de l'évolution et de la croissance.

Tel est le bilan.

Et maintenant, messieurs, demandons-nous quels rapports peuvent exister entre ces sortes d'athrepsies prolongées et l'infantilisme? Bien franchement, pour ma part, j'avoue que je n'en vois guère, à l'exception de la petite taille. .Mais la petitesse de la taille est chose contingente, puisqu'il y a des infantiles de toute taille, puisqu'il y en a, je vous l'ai dit, qui dépassent la taille moyenne. Enfin je ne reconnais aucun trait de parenté entre nos infantiles myxœdémateux qui ont de l'embonpoint, une bonne mine, des fonctions organiques irréprochables et les avortons ridés, les <* petits vieux », dont le professeur Fournier nous a tracé le saisissant porlrail. Bien plus, je ne trouve entre les uns et les autres que des différences merveilleusement définies par les mots : les prétendus infantiles syphilitiques sont des « petits vieux », et les infantiles authentiques sont de « grands enfants ».

Ce qui est vrai de la syphilis est également vrai de la lèpre. Les enfants de lépreux, conçus pendant la lèpre des parents, sont voues à une cachexie lamentable qui met obstacle à l'accroissement de la taille. On a donc imaginé un « infantilisme » lépreux.... Mais à quoi bon insiste i ?

V impaludisme a pu être plus justement soupçonné. Souvenezvous de ce que je vous disais des seiglauds et des fromentohns de l'ancienne Sologne. Assurément l'aspect infantile des seiglauds

diffère bien peu de celui des « petits-vieux » de l'hérédo-syphilis. 11 est tout naturel d'incriminer, chez ceux-là comme chez ceux-ci, la cachexie avant toute autre chose. La petitesse de la taille et le retard du développement sexuel s'expliquent par l'empoisonnement malarien. sans qu'il soit besoin d'invoquer une étiologie infiniment moins évidente. La glande thyroïde souffre, pour sa pari, au même titre que tous les autres organes; elle est insuffisante et ne peut plus remplir son rôle dans les actes trophogéniques. Mais l'influence directe, la première en date, est celle du paludisme. La rate est toujours L'organe-réactif de l'infection. Cela est si vrai que, pour concevoir La pathogénie de l'infantilisme paludéen, il a bien fallu s'en prendre à La rate elle-même. M. Lancereaux a soutenu cette thèse et L'a appuyée sur des documents cliniques d'un haut intérêt : « Un grand nombre d'arrêts de développements, dit M. Lancereaux, rattachés autrefois à des lésions encéphaliques, n'ont d'autre cause qu'une altération ou la destruction des glandes sanguines, et ce point n'a pas seulement un intérêt séméiologique, mais encore un intérêt pratique des plus manifestes, puisqu'il conduit le thérapeutiste à s'adresser à l'organe primitivement attaqué, de façon à remédiera ses lésions sinon à son insuffisance.... La raie elle-même n'est pas sans influence sur la croissance. Son vole, pour être moins considérable que celui du corps thyroïde, nest pas moins réel1. »

Deux observations confirmeraient cette manière de voir. La première concerne un garçon de vingt et un ans, de petite taille, d'apparence faible, absolument imberbe, avec un pubis presque glabre et des testicules qui ont au plus le volume de ceux d'un enfant de douze ans. Homme par l'âge, enfant par ses organes et sa constitution, il prétend n'avoir jamais éprouvé le moindre désir vénérien. Voilà bien sans doute — du moins à première vue — un cas d'infantilisme; et comme ledit infantilisme est le fait d'un sujet profondément entaché d'inpaludisme, on est invinciblement tenté de conclure à un infantilisme paludéen : « L'infantilisme survenant dans ces conditions est simplement L'effet de l'altération de la rate, car il ne se rencontre pas chez les individus dont la rate n'est pas altérée; et, par conséquent, celle glande vasculaire sanguine, comme le corps thyroïde, préside au développement de l'individu,

1. i,«s gbii'lcs v;iscni;iircs sanguines; leur rôle pendant la période de croissance,

Semaine médicale.. 1893, p. 28.

cl particulièrement à l'accroissement des organes génitaux, du système pileux, elc. »

Je me garderai soigneusement de contredire M. Lancereaux dont l'autorité sur ce point comme sur tant d'aulres, doit faire loi, car clic repose toujours sur des faits cliniques scrupuleusement observés dans leurs symptômes cl dans leurs causes. Mais l'infantile en question était, celui-là encore, un cachectique', il avait la rate el le foie volumineux, avec des veines sus-ombilicales dilatées, de V.ictère, des taches purpuriquès disséminées à la face antérieure des deux, jambes, des épistaxis fréquentes et un gonflement avec saignement des gencives. Déjà, il avait subi trois ponctions abdominales Bref, c'était un de ces « petits Solognots » qui soutien il

sans cesse de tout leur être, et sont, comme des boutures mal venues, incapables de grandir.

La seconde observation invoquée par M. Lancereaux est très analogue à la première. C'est encore un spécimen de cachexie palustre : l'infantilisme me semble y représenter le suprême degré de la misère physiologique dont le malade avait été affligé à l'époque de son adolescence. Et, puisque M. Lancereaux évoque le souvenir des « petits Solognots », je vous dirai que la misère physiologique, si fréquente autrefois clans l'ancienne Sologne, ne sévissait pas seulement sur les hommes! Le bétail n'en soutirait pas moins, et la malaria n'était pas seule responsable; la pauvreté du pays et de tous les êtres, bêtes et gens, qui vivaient à grand'peine sur un si maigre sol, devait forcément entraîner la dégénérescence des individus et des races. Lorsqu'on amenda celte terre marécageuse et sablonneuse, dès qu'on commença à faire usage de marne et de phosphates pour lui fournir la chaux et l'acide pbosphorique qui lui manquaient, on vit le bétail s'améliorer lui-même. 11 était petit et difforme. En moins de cinquante ans il changea du tout au tout'.

Parmi les variélés d'infantilisme dont on a cru trouver la cause en dehors de l'insuffisance thyroïdienne, il en est une que je mentionnerai encore, bien qu'elle ne constitue pas, à proprement parler, une variété bien définie. Je veux faire allusion à l'arrêt de développement total qui frappe les jeunes sujets atteints d'hyper trophie chronique des amygdales ou de végétations adénoïdes du

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