‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 149 sur 159 · VINGT-CINQUIÈME LEÇ03N · texte numérisé non relu

VINGT-CINQUIÈME LEÇ03N

MYXŒDÈME THYROÏDIEN ET MYXŒDEME PARATHYROIDIEN

I. Documents fournis à la physiologie du corps thyroïde par la pathologie humaine. — Particularités anatomiques spéciales à l'homme qui rendent diflicile la- différenciation

' des symptômes parathyroïdiens. — Fusion fréquente des éléments thyroïdiens el parathyroïdiens en un seul parenchyme. — Le myxœdème est une dystrophie où h;s symptômes de dépression psychique sont d'une absolue constance. — La déchéance des facultés supérieures n'est pas le fait d'une altération du tissu cérébral; c'est la conséquence d'une intoxication. — Résultats immédiats de la thyroïdectomie totale.

II. Affections médicales spontanées qui réalisent l'atrophie totale du corps thyroïde. — Différences de gravité de la cachexie strumiprive. — Modifications de l'étal psychopni liiquo par la médication thyroïdienne. — Altérations systématiqui î'épithélium thyroïdien et de l'épithélium parathyroïdien.

III. Myxœdème infantile complet. — Myxœdème infantile sans troubles intellectuels el sans retard du développement des caractères sexuels secondaires.

Observation clinique.

IV. Différences du myxœdème incomplet et du myxœdème fruste. — Myxœdème incomplet de l'adolescence.

Second cas clinique. — Myxœdème morphologique.

Y. Le myxœdème spontané sans phénomènes psychiques ne relève pas de la même

altération thyroïdienne totale que la cachexie strumiprive. Troisième exemple clinique. — Myxœdème familial. — Myxœdème congénital et idiotie

myxœdémateuse.

VI. Fonctions respectives des glandes thyroïdes et des glandes para thyroïdes. Messieurs,

Si l'on connaît bien le myxœdème thyroïdien on, pour être plus correct, dysthyroïdien, on n'a pas encore décrit le myxœdème parathyroïdien, c'est-à-dire celui qui résulterait de l'annihilation organique ou fonctionnelle des glandes pyrathyroïdes. El cependant ce myxœdème existe; ou, du moins, il faut, de toute nécessité, admettre l'existence d'un état morbide ayant pour origine l'annihilation des glandules de Gley.

Une telle proposition n'a, je suppose, rien de téméraire; les plus timides la risqueraient en toute sécurité. Mais l'état morbide don! il s'agit a-t-il quelque analogie avec le myxœdème? Voilà ce que certains faits — sans doute un peu trop complexes — permettent simplement de préjuger, en attendant la démonstration définitive que nous réservent les eus simples el <> purs de toul mélange ».

ET MYXŒDÈME PARATHYROIDIBN. i9o

I. — Déjà la clinique humaine a fourni les plus précieux documents à la physiologie «lu corps thyroïde. Pourquoi ne lui en apporterait-elle pas encore de nouveaux? Ses prétentions, il esl vrai, rencontrent de sérieuses difficultés, mais non pas des obstacles insurmontables. Une particularité anatomique, spéciale à l'homme, l'ait que toutes les éventualités pathologiques ne peuvent être utilisées. Si la pathologie n'a pu jusqu'à ce jour contribuer à établir la dualité de la fonction thyroïdienne, cela tient à ce que, le plus souvent, la glande de l'homme parait, jusqu'à plus ample informé, réunir et confondre en un seul parenchyme les épilhéliums de forme et d'attributions distinctes qui, chez la plupart des mammifères, forment deux sortes de glandes également distinctes : les thyroïdes proprement dites et les parathyroïdes. La dualité de la fonction n'en existerait pas moins chez l'homme, si la glande avait deux sécrétions entretenues et garanties chacune par l'intégrité de son épithélium. De la dualité physiologique découlerait la dualité pathologique.... Déjà vous voyez bien où j'en veux venir1.

Plusieurs faits, que j'ai récemment observés de près, me paraissent apporter un argument d'un grand poids à la Ihèse de la dualité physiologique et pathologique. Mais, avant de chercher à en dél ;rminer la valeur, il est indispensable d'exposer très sommairement l'état actuel de la question.

En premier lieu et conformément à la succession historique de nos acquisitions dans ce domaine, il convient de rappeler que la suppression totale de la glande thyroïde produit chez l'homme le myxœdème, dystrophie à évolution lente, où les symptômes de dépression psychique sont d'une absolue constance. En général, cette dépression est proportionnelle au myxœdème lui-même, c'està-dire à ce qu'il y a de plus apparent dans la cachexie dite paclujdermique. Une pareille concordance invite d'abord à supposer que les troubles cérébraux (lenteur de l'idéation, débilité delà mémoire, paresse du raisonnement) sont subordonnés à une lésion de l'encé-

I. Depuis le travail fondamental de Sandstrœm, un certain nombre d'anatomistes ont publié les résultats de leurs recherches sur les glandes paralhyroïdes de l'homme l. i y r. -ut.: monographie de Verdun renferme toutes les indications bibliographiques relatives à ce sujet. On y trouvera aussi des vues personnelles et des conclusions d'un très grand intérêt (Contribution à l'étude des] dérivés branchiaux chez les vertébrés nipérieurs. Th. de la faculté des sciences, 181)8, n" 047, et Contribution à l'étude des

fdaudnles satellites de la thyroïde chez les mammifères et en particulier chez L'homme,

Th. de la faculté de médecine de Toulouxc, 1897.)

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phale analogue à celle du tégument. Il n'en est rien, car. immédiatemcnl après la thyroïdectomic chirurgicale qui détermine le myxœdème, alors que la transformation des tissus n'a pas encore eu le temps de s'accomplir, la torpeur intellectuelle exisle déjà, et elle serait dès le premier jour définitive et irrémédiable, si la thérapeutique n'intervenait pas. La perturbation des facultés supérieures n'est donc pas le t'ait d'une altération du tissu cérébral; c'est la conséquence d'une intoxication : il n'y a point à en douter; cl cette intoxication elle-même a pour cause la suppression d'un des produits de la sécrétion thyroïdienne.

La chirurgie, lorsqu'elle atteint un pareil résultat, dépasse évidemment le but qu'elle se propose, mais il n'est pas toujours en son pouvoir de restreindre la portée de ses actes, même les plus légitimes. La thyroïdéetomie partielle, avec les cicatrices profondes et tardives qu'on ne prévoit guère, entraîne quelquefois l'atrophie de la portion de la glande mise en réserve, et le myxœdème s'en suit. Tout récemment encore, dans une des dernières séances de la Société de médecine de Lyon1, M. Sargnon présentait un malade chez lequel la cachexie slrumiprivo s'étail déclarée un an après l'extirpation incomplète d'un goitre.

11. — Ce que fait la chirurgie, la nature le fait mieux encore : elle réalise l'atrophie totale du corps thyroïde par des procédés variés (thyroïditc aiguë ou chronique, dégénérescence kystique, écrouelles cervicales de voisinage, etc.); et, quel que soit le moyeu qu'elle emploie, la conséquence en est inévitablement la môme : vous la connaissez, je n'ai pas à y insister.

La gravité de la cachexie strumiprive varie selon l'âge et aussi selon le degré de l'atrophie, mais toujours les deux caractères dominants du myxœdème post-opératoire se manifestent simultanément : dystrophie de tout l'appareil légumentaire et déchéance des fonctions intellectuelles. A dessein, je passe sous silence les attributs secondaires de la maladie, ceux, du moins, qui ne s'imposenl pas à première vue. Jamais ces deux principaux groupes de troubles - troubles physiques et troubles mentaux — ne sont séparés, lorsque l'atrophie relève d'un processus accidentel qui. saisissanl en bloc et sans distinction tous les éléments glandulaires, produit

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