SUR LA DISTRIBUTION MÉTÂMÉRIQI E
para il hors de doute qu'une lésion, soit du <S' ganglion cervical, soit du 1er ganglion dorsal, peut ou doit entraîner une. altération trophique dans les territoires respectifs de tous les muscles du membre supérieur, à l'exception du musculo-cutané. L'éruption de zona «pie j'empruntais tout à l'heure à Head, avait donc de grandes chances pour être provoquée par une lésion du 8" ganglion cervical.
Retenez, Messieurs, ce l'ait vraiment élémentaire et le schéma qui l'explique; vous n'en comprendrez que plus facilement la métamérie nerveuse des membres, dont j'ai hâte d'aborder l'étude.
La lésion d'un seul ganglion ou d'une seule racine pouvant être le point de départ de troubles trophiques et de névralgies généralisés à la presque totalité du membre, s'ensuit-il que l'irritation d'un seul ganglion produira toujours un effet identique et invariable? — Nullement. Depuis quelques années, l'anatomie des racines rachidiennes nous a été véritablement révélée par des faits cliniques d'un puissant intérêt et dont nous devons l'interprétation à Thorburn, Sherrington, Bruns, Allen Starr. Jusqu'aux publications ou aux expériences de ces distingués observateurs, la physiologie des plexus nous était inconnue, et voici que l'anatomie des racines l'éclairé tout d'un coup. Les Iraumalismes de la région cervicale qui donnent lieu à des compressions ou à des sections intrarachidiennes des racines du plexus brachial, permettent de déterminer celles des racines auxquelles aboutissent les fibres de chaque nerf périphérique. Les auteurs dont je viens de vous citer les noms ont donc su préciser les limites de certains territoires périphériques correspondant non pas à tel ou tel nerf, mais à telle ou telle racine. Or, ces territoires représentent de véritables zones où la métamérie apparaît avec une entière évidence.
Mais il m'est indispensable de m'arrêter un instant sur la métamérie des racines.
III. — Je vous disais tout à l'heure que chaque membre provient de plusieurs prévertèbres, c'est-à-dire de plusieurs niéta mères du feuillet musculaire (myomères). Le développement des nerfs cutanés est, d'une manière générale, subordonné à celui des myomères correspondants. Le fait que plusieurs métamères collaborent à la formation d'un membre avait permis, depuis plusieurs années, de concevoir la raison analomique de la superposition des
cinq nerfs brachiaux. Schwalbc avait remarqué que « la région radiale du membre supérieur est innervée par les nerfs axillaire et musculo-cutané, dont les libres proviennent de la 5e racine cervicale, de la Ge et de la 7U; tandis que, au contraire, le brachial cutané interne et le cubital, qui se distribuent à la région cubitale du membre, proviennent de la partie inférieure du plexus brachial ou. plus explicitement, de la 8e racine cervicale et de la lre racine thoracique ».
Les résultats de l'observation clinique sont autrement circonstanciés et précis. Si vous considérez la figure d'Allen Starr, où sont représentées les zones d'anesthésie correspondant aux lésions traumatiques des cinq dernières racines cervicales et de la lre racine dorsale, vous serez immédiatement édifiés sur la réalité de la métamérie du membre supérieur (Fig. 24). Supposez le bras maintenu dans la position horizontale, et suivez par la pensée le trajet des fibres nerveuses qui partent de l'une quelconque de ces zones pour aboutir chacune à une racine déterminée : il est clair que, quelle que soit l'inlrication du plexus, les fibres en question y trouvent le bon chemin pour rejoindre leurs racines respectives.
Sur la face intérieure, comme sur la face postérieure . la zone métamérique la plus élevée est celle que gouverne la racine la plus haut située du plexus brachial, c'est-à-dire la quatrième.
La seconde zone qui occupe le bord externe du bras et de l'avantbras, est tributaire de la 5U racine.
La 5e zone, qui s'étend depuis l'extrémité des trois premiers doigts jusqu'à l'aisselle,' répond à la 6e racine.
La rt' zone qui longe le bord interne du médius et se termine, elle aussi, à l'aisselle, relève de la 7e racine.
La zone, qui part de l'annulairect de l'auriculaire pour couvrir tonte la moitié interne de la face palmaire et une mince bande de L'avant-bras et du bras, appartient à la 8<: racine. Cette même zone est représentée, à la face dorsale delà main, par un petit territoire fusiforme qui va du poignet à la racine de l'auriculaire.
Knfin, toute la partie interne du bras et de l'avanl-brasesl innervée par la \ " racine dorsale et, peut-être aussi par la 2e. Un schéma facile à construire rend compte, mieux que toute autre explication, de cette disposition générale. Vous vous apercevez en effet bien vite que les zones rriétamériques du membre supérieur ne sont autre chose que la continuation — comme lenlaculaire — des