SUR LA DISTRIBUTION MÉTAMÉRIQUE
métamères cervico-thoraciques aux dépens desquels le membre s'est formé.
Jen;ai pas à vous dire les services que celte anatomic de date récente a déjà rendus au diagnostic chirurgical. La pathologie et la clinique médicales n'y auronl pas moindre prolit. L'histoire du zona des membres, pour ne parler que de notre sujet, s'éclaire d'un jour imprévu. Les cas ne sont pas rares, et tous confirment les conclusions de la chirurgie rachidienne. James Mackensie '. sur un grand nombre de zonas, a constaté la mémo répartition, conforme d'ailleurs aux dissections d'Herringham.
Tout cela implique-t-il que la division du membre supérieur en tranches longitudinales réponde à la mélamérie spinale? — Pas
Fig. 24. — Adroite, répartition des fibres de la sensibilité suivant les troncs nerveux; ii gauche, innervation suivant les racines.
AX, nerf axillaire; ABC, accessoire du brachial cutané; KO. brachial cutané interne ; MC. musculocutané ; R, radial ; M, médian; iC, SC, 6C, 70, 8C, quatrième, cinquième, sixième, septième, huitième racines cervicales et leurs territoires périphériques; II», première racine dorsale (d'après Allen Starr).
encore. Je vous ai dit en effet que les racines n'indiquaient que d'une façon approximative la segmentation des étages médullaires. Mais, dans la région cervicale et dans la région thoracique supé-
1. J. Mackknsik. Journal of Pathologij and Bacteriology, février 1895, p. 552.
rieure, les ganglions rachidicns sont bien pins près des origines radiculaires spinales que dans la région lombaire ou la région sacrée. L'ellet de Vascension relative de la moelle ne se fait pas encore sentir. 11 est donc permis de considérer les zones mélamériques du bras, de l'avanl-bras et de la main, comme à peu près adéquates à celle de la niétamérie radiculuirc. Nous allons voir cette coïncidence disparaître au membre inférieur ou, d'une manière générale, s'atténuer de baut en bas, au fur et à mesure que les racines rachidiennes prendront des insertions plus obliques suc l'axe médullaire.
IV. — Le canon, si souvent reproduit, de Léonard de Vinci (Fig. '25) va nous servir pour cette démonstration. J'ai indiqué sur
Fig. 25, — D'après le canon de Léonard de Vinci. S. •'>. 0. 7, H, racines cervicales continuant, dans le membre supérieur, la métamerie radiculaire du tronc; HC, huitième cervicale; 11), première dorsale; CT, renflement lombaire avec l'origine >/ du cône terminal ; 121), douzième racine dorsale; IL, première racine lombaire; l'S, plexus lombo-iacré.
cette belle figure la hauteur de la moelle et les deux renflements brachial et lomho-sacré. Les nerfs rachidicns issus des régions cervicale inférieure et thoracique forment avec, la ligne spinale des
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angles droits ou presque droits; ceux qui proviennent de la région lombo-sacrée s'inclinent de plus en plus et se rapprochent insensiblement de la verticale. Il est manifeste que les racines les plus inférieures sont celles qui sont destinées aux parties les plus périphériques du membre.
D'autres, plus inférieures encore, innervent les organes génitaux et les téguments sacro-coccygiens, qui sont virtuellement situés, chez les mammifères, en arrière, et, chez l'homme, au-dessous de la racine des membres pelviens.
Faites abstraction de ce que vous savez sur les territoires cutanés des nerfs périphériques de la cuisse, de la jambe et du pied; considérez simplement, sur le schéma (Fig. 26) encore très simple que je .vous présente, la superposition des racines, depuis la 12e dorsale jusqu'à la 4e sacrée, et vous aurez une idée très suffisamment exacte des régions du membre inférieur où aboutissent les libres de ces racines.
Les Figures de Thorburn, où sont tracées les limites des déparlements radiculaires sur le tégument des membres inférieurs, n'ont, vous le voyez, rien de commun avec celles que présentent les départements tributaires de chaque nerf. Il est également notoire que les départements radiculaires ne se présentent pas, comme aux membres supérieurs, sous la forme de bandes parallèles. Cela tient à ce que les membres supérieurs émanent d'une région qui reste indéfiniment métamérisée, tandis que les membres inférieurs proviennent de unisses prévertébrales où la métamérie cesse rapidement d'être reconnaissable (Fig. 27-28). La face postérieure du membre pelvien est. sous ce rapport, particulièrement complexe.
Fig. 26. — Racines rachidiennes depuis la douzième dorsale jusqu'à la quatrième sacrée.
GPG, grand et petit ahdomino-génital ; FC, femoro-cutané; GC, génito-crural ; C, crural; 0, obturateur; TLS, tronc lombo-sacré; S, nerf sciatique.
Comme il faut toujours remonter à la période fœlale et môme embryonnaire pour retrouver chez l'adulte quelque chose de la métamérie primitive, je vous rappellerai que la face externe de la
Fig. 27. — Territoires nerveux suivant la distribution des nerfs périphériques : A. branches postérieures des nerfs sacrés; B, plexus coccygien; C, petit seiatique; D, fémororntané; E, obturateur; F, saphène interne; G, cutané péronier; II, saphène externe; I, inusculo-culané du seiatique poplité externe ; K, rameau crural du génito-crural ; L, rameaux génitaux du plexus lombaire; M, crural (d'après Testul).
28. —Territoires nerveux suivant les racines: L1, L2, L3, L4, L5, racines lombaires; S1, S2. S5, racines sacrées (d'après Tliorburn).
jambe, chez le fœtus, regarde directement en arrière. Il me semble donc que l'attitude du fœtus dans l'œuf utérin suffit pour faire prévoir qu'il en doive être ainsi. La face externe de la cuisse et de la jambe regardant en arrière, la face interne regardera en avant. Aussi, tandis que la face externe de la jambe et de la cuisse est innervée par des racines sacrées, la face interne est innervée du haut en bas par des racines lombaires, c'est-à-dire que ces dernières correspondent à un étage spinal supérieur à celui des premières.
11 me parait difficile de ne pas céder à la tentation d'utiliser ces données générales dans la pratique des faits cliniques. Mais il faut bien se garder de simplifier trop les choses en considérant chaque pain: nerveuse comme équivalant à un niélamère spinal, c'est-à-dire à un neurototne.
En effet retenez bien que les élayes médullaires ne commandent