SUR LA. DISTRIBUTION MÊTAMÉRIQ1 E
pas les zones périphériques exclusivement par une seule racine. Toute racine, aussitôt après son entrée dans la moelle, émel des branches ascendantes et descendantes, dont les collatérales se terminent à des niveaux très différents. Le trajet des libres centripètes est encore plus compliqué dans la moelle que dans les plexus. En résumé, ce qui fait que les nerfs périphériques des membres sont répartis autrement que leurs libres radieulaires ou intra-spinales, c'est que les membres sont eux-mêmes formés de métamères multiples et tellement modifiés par l'adaptation fonctionnelle, qu'il est impossible de reconnaître dans le métacarpe et les phalanges, par exemple, une variation de métamères intercostaux. Les fibres nerveuses du tégument suivent, à partir du ganglion rachidien, le trajet des fibres musculaires; celles-ci suivent leurs muscles; les muscles, en se développant, dissocient les faisceaux nerveux primitivement simples qui vont former les plexus. De là, la confusion apparente qui, dans l'état adulte, rend le problème si difficile.
Y. — Mais ces considérations ne sont-elles pas vraiment trop étrangèresà notre sujet? Faut-il aller chercher si loin dans le passé ontogénique les causes de la topographie spéciale au zona? L'application d'un fait embryologique aussi fugace que la métamérie à un fait clinique vulgaire est-elle justifiée? Si vous en doutez, Messieurs, la chirurgie s'est déjà chargée de vous répondre. Ses interventions souvent heureuses dans les cas de traumatisme spinal, démontrent l'utilité de l'anatomie régionale que je viens d'esquisser à grands tra ils.
La connaissance exacte des points d'origine radiculaire aux différents étages du rachis est devenue, à l'heure actuelle, une condition indispensable du diagnostic lopographique. M. Chipaull a, vous le savez, déterminé avec une précision scrupuleuse les lieux d'émergence des racines par rapport aux apophyses épineuses. Mais il ne faudrait pas s'en tenir là. Il faudrait, en présence d'une névralgie d'origine centrale, pouvoir diagnostiquer l'étage spinal auquel colle névralgie doit être rapportée, en le désignant par le numéro d'un métamère spinal ou neurrolome. On y parviendra 1res certainement dans un avenir prochain.
Des objections ou des doutes ne manqueront pas de se manifester. Car, après tout, si la métamérie des muscles et du tégument n'est pas contestable, celle des centres nerveux n'était pas naguère
encore universellement admise. Laissez-moi donc vous mettre au courant de La question en peu de mois.
Des 18Ô0. Remak avait aperçu dans la moelle embryonnaire les renflements superposés qui sont actuellement regardés comme les métamères du système nerveux central; il avait même signalé leurs rapports avec les libres radiculaires1. Dohrn, en 1855, montra la valeur segmeritaire de ces renflements, en faisant voir leurs relations respectives avec les somites mésoblastiques2. Mais c'est seulement en 1890 que la métamérie des centres fut affirmée nettement par Houssay3. « La métamérie du système nerveux central, dit Houssay, n'était pas naguère encore considérée comme directement prouvée, mais comme accusée seulement par la métamérie des paires de nerfs qui en partent. Or, je constate cette segmentation dans plusieurs stades et je propose de lui donner le nom de neurotomie. Le cordon nerveux, avec cette série de renflements, a une apparence qui évoque immédiatement l'idée de chaîne ganglionnaire. »
Chez l'axolotl, « nous voyons avec une absolue netteté, en face de chaque myotome, un renflement de la moelle ou nenrotome. A chaque neurotome correspond une racine dorsale primaire ».
Ce qui se passe chez l'homme est forcément différent, vu l'ascension relative Fig-. 20. — Schéma montrant le
,1» 1 „ ~,„,.n„ n?:, nn\ r 1 i défaut de concordance des ra-
ue la moel e f g. 2y). La concordance de 11 .1 •
\ d - /• uuwm,uiuaju/u uo cines lombo-sacrees et du niveau
niveau de la racine dorsale primaire avec du neurotome centrai par le tait le neurotome n'existe bientôt plus, et t^*™™ M'C h même le point de pénétration de la racine
dans les sillons postéro-latéraux ne préjuge rien du niveau exact tles métamères spinaux, c'est-à-dire des étages auxquels correspondent les étages superposés à la périphérie.
t. Bout, Dntmochungeu Oberdie Entwicklung der Wlrbelllûere. Berlin, 1880-1855 '2. Dotrnr. Studien /m- Urgescbicbte des WirbeîthieriiDriiors. Miitltvil.am de- zool,,,,. Station m NeapéL
■ >. Hochât. Éludes d'embryologie sur les vertébrés. Arch. de Zonl. eatner. et aénèr 1890, p. 187. ' '