DE TOPOGRAPHIE MÉTAMÉRIQUE A I X MEMBRES
tout cas. bien plus communs que les cas d'aneslhésics «mi bandes radieulaires. considérés par Max Lâche connue obéissant à la règle la plus générale.
111. — La combinaison de l'anesthésie en bandes et de l'anes- Ihésie en tranches présente* du reste, certain caractère, non pas de constance, mais de fréquence, qu'une occasion propice me permet de vous signaler. Ce n'est pas seulement aux quatre membres, c'est au troue que l'anesthésie peut se présenter à la fois sous la l'orme spinale et sous la forme radiculaire. Dans la partie supérieure du tronc, les deux régions scapulaires sont souvent épargnées. Dans la partie inférieure, c'est la région sacrée et la région fessière. Cette dernière disposition est remarquablement fréquente. Elle offre en outre une particularité que l'anatomie explique sans peine : c'est que les organes génitaux (verge el scrotum) ne sont pas anesthésiés. Il en est toujours ainsi lorsque la l égion -fessière et la région sacrée sont indemnes, car les centres spinaux de la sensibilité cutanée de la verge et du scrotum sont situés tout à fait à la partie inférieure de la moelle. Une lésion gliomateuse qui laisse intacte la sensibilité de la région fessière, épargne donc à peu près forcément la sensibilité cutanée des organes génitaux externes.
Chez le malade que je peux aujourd'hui vous présenter, la combinaison de l'anesthésie en bandes et en tranches est manifeste. Il vous suffira de quelques mois sur l'histoire de sa maladie pour être au fait du diagnostic.
Actuellement âgé de 49 ans, cet homme a éprouvé les premiers avertissements de son mal à l'âge de 50 ans, il y a donc près de -JH ans de cela. C'était une sorte de faiblesse des mains qui lui faisait lâcher son outil pendant le travail. Le froid augmentait celle faiblesse, et la maladresse qui raccompagnait le rendait encore plus incapable d'exercer un métier. Sous l'influence du froid, ses main» gonflaient, devenaient « comme de petits coussins ». Ce sont les termes mêmes de la comparaison qu'il emploie; ils équivalent absolument ii ce que nous appelons la » main capitonnée ». Déjà vous remarquez les caractères de la Gheiromégàlie que nous avons décrite, mon maître M. Charcol et moi, comme une dystroplïic syriugomycliqiic.
Du reste, les progrès fie la faiblesse des mains el des bras étaient
déjà compliqués de thcrmo-anesthésie el d'analgésie. La constatation on fut laite lorsque le malade entra à rilùlel-Dicu, environ trois ans après les premiers symptômes observés. Depuis lors, le trouble de la sensibilité s'est étendu et la faiblesse des membres supérieurs ;i gagné le tronc et le bassin. La colonne vertébrale est douloureuse el déviée. Les muscles des épaules et des bras sont atrophiés à un égàl degré, mais n'ont pas perdu toute
Fig. 49. — Tliermo-ânesthésie cl analgésie syringomyéliques.
leur vigueur. Ceux des mains le sont plus encore, et l'association de l'atrophie des éminences thénar et hypothénar des deux côtés n'empêche pas l'extrémité de paraître démesurément grosse, épaisse, lardacée 11 y a eertainement une certaine parenté entre cette ebéiromégalie et la « main succulente ». Dans les deux cas il s'agit d'un trouble de la nutrition des parties molles. Aux membres inférieurs, rien de semblable. Les muscles y ont conservé leur volume et leur vigueur, et les réflexes y sont notablement exagérés. Enfin la dissociation syrinfjonujclujuc de la sensibilité complète cet ensemble auquel on ne saurait se tromper.