DE TOPOGRAPHIE S1ÉTAMÉRIQDE AUX MEMBRES. II
La thermo-analgésie occupe la totalité du tronc et des membres supérieurs. En haut elle s'arrête à la nuque et au menton; en bas elle empiète sur la région antérieure des cuisses de la façon qui est indiquée sur le schéma (Fig. 49). En arrière elle s'arréle à deux lignes obliques qui de la base du sacrum se portent au-dessous des trochanlers. Les organes génitaux externes sont épargnés. Partout ailleurs la sensibilité tactile est conservée. Il est certain que cette répartition de la thermo-analgésie répond à une lésion spinale, dont l'extrémité inférieure empiète sur les nerfs radiculaires qui fournissent aux régions iliaques externes et inguinales. Mais dans ce cas, pas plus que dans tant d'autres qui sont l'immense majorité, on ne reconnaît la topographie d'une lésion exclusivement ratliculaire.
IV. 11 faut à présent expliquer comment les lésions de la moelle, à la suite des traumatismes localisés, des sections, des compressions, donnent lieu à des aneslhésies en bandes ou en segments radiculaires, et par le fait de la gliomatose déterminent la tbermo-analgésie en tranches. Or, il n'existe pas à ma connaissance une explication de la thermo-analgésie en tranches circulaires pour les membres, en debors de celle que j'ai proposée il y a plusieurs années, et que les faits viennent aujourd'hui confirmer. Sans doute cette anesthésie relève d'une anatomie topographique spéciale et qui n'apparaît pas dans toute sa clarté au premier coup d'œil. Mais ce n'est pas là une raison suffisante pour contester les anesthésies circulaires en lignes que tout le inonde a vues, car elles sautent aux yeux, et pour prétendre que l'anesthésie syringomyélique a une disposition radiculaire comme celle des compressions intra-racbidiennes.
Donc dans des leçons publiées déjà il y a quatre ans1, je faisais remarquer que les anesthésies en forme de gant, par exemple, impliquaient la participation des trois nerfs de la main : le radial. le cubital et le médian, nerfs dont les origines ne sont pas au même niveau spinal. Et je vous proposais l'explication suivante : à ebaque niveau des régions périphériques A, I!, C correspond un certain niveau de sensibilité spinale. Les lignes des niveaux périphériques sont chacune la circonférence d'une base de cone(Eig. 50);
I. Leçons tur le» maladie* nervemeê, p. 227, Paris, M.isson, IR95.
ISO LES SYMPTOMES
le sommet do chaque cône correspond au contre spinal do lu sensibilité do chaque zone. Admettons, pour la démonstration, dois zones de sensibilité A, B, G. Nous pourrions en admettre davan-
Fig. 50. — Disposition métamérique du renflemenl brachial [schéma).
S, moelle épinièrè. — MS, membre supérieur. — lift, renflement brachial de la moelle. — A, B, C, métainères du tronc. — 1,2, 5, centres métamériques du membre supérieur. — /. I. , '/.", /.ones de sensibilité circulaire du membre supérieur correspondant aux centres métamériques 1, 2, 5. — i, i', i", nerfs intercostaux (chacun d'eux correspond à un métamère primitif).
tage. 11 en exisle d'intermédiaires à ces dernières, peut-être en nombre illimité. Les contres spinaux qui commandent celles-là sont eux-mêmes intermédiaires aux centres spinaux des zones périphériques A, B, C. Vous concevez ainsi que, suivant le niveau du loyer morbide à telle ou telle bailleur du névraxe, la sensibilité soi) limitée à la périphérie par une ligne de niveau correspondante.
il n'est donc, pas exael de définir la métamérie spinale par la segmentation radiculaire. Voici un des rares passages où les livres d'anatomic classique font mention de la méfamérie spinale :« La moelle épinière peui être considérée connue formée d'une série de segments superposés ou métamériques, correspondant à chaque paire de nerfs spinaux el analogues aux chaînons de la chaîne ganglionnaire centrale bilatérale dos annolés et des arthropodes.