DE TOPOGRAPHIE MÉTAMÉB [QUE AUX MEMBRES
Chacun d'eux est un centre complet, se suffisant à lui-même avec ses cellules nerveuses, ses nerfs moteurs et sensitifs. Chacun d'eux est aussi différent du voisin, car il innerve un point particulier du corps, surface tactile ou groupe musculaire. Les cellules nerveuses y sont groupées en champs moteurs et sensitifs1. »
Cette définition de la métamérie spinale s'applique admirablement aux étages radiculaires, et la pathologie en fournit d'excellentes preuves dans les cas de lésions intrarachidiennes. Mais les lésions de la syringomyélie déterminent des troubles de la sensibilité qui n'ont rien de commun avec celle segmentation, surtout aux membres. Ce qui fait que, dans les altérations de la substance grise médullaire, l'aneslhésic est répartie par tranches, aux membres comme au tronc, c'est que la moelle, au niveau de l'insertion des nerfs des membres, présente des rendements formés de métamères superposés comme ceux du tronc. Les métamères du renflement brachial sont élagés comme ceux de l'axe dorsal. Au plus inférieur csf dévolue l'innervation des parties les plus inférieures du membre. Au plus élevé est dévolue l'innervation des parties les plus rapprochées du tronc.
La moelle épinière se prolonge donc ou, mieux encore, émet des branches spinales destinées aux membres (une pour chaque membre); et chacune des quatre branches — représentée par une moitié de renflement cervical ou lombaire — a des étages superposés de sensibilité.
Il ne s'agit ici, bien entendu, que d'une ligure. Les branches spinales sont de simples soulèvements — des branches d'attente — constituées toutefois comme la moelle elle-même. Considérée de bas < n haut, la moelle augmente de volume; mais l'augmentation se fait surtout à la racine des membres. Sur les coupes transversales on juge d'un coup d'œil la quantité de substance grise qui, au niveau des renflements cervical et lombaire, se surajoute à l'axe gris de la colonne dorsale. La région dorsale intermédiaire aux deux renflements est la plus étendue. C'est clic, par conséquent, qui peut donner la mesure. Sans doute, dit Farabeuf, la masse nerveuse blanche est considérable, mais « le développement de la substance grise est la cause principale des renflements de la moelle ; il est à son maximum au milieu du renflement lombaire et à son
l. DztmRE. l.n moelle épinière et l'ejicéphalâ, p 63. Paris, Alcon, 1 s* » î .
UvS SYMPTOMES
minimum dans la région dorsale1 ». Comme les membres sont des « métamères de métamères », de même les renflements droit et gauche des régions cervico-brachiale et lombo-sacrée sont des rudiments de moelles secondaires. Du reste, chez certains animaux, le canal épendymaire se dilate aux deux renflements et, au renflement inférieur, il s'ouvre dans le sinus postérieur. Un schéma très simple (Fig. 51) vous l'cra voir les proportions relatives de la substance grise totale dans les régions cervicale, dorsale, lombaire et sacrée.
racine cervicale.
3' racine dorsale .
Farabeuf, construit d'après 'les 'chiffres de Stilling. Fig. 52. — Superposition
Elle représente Mes proportions relatives de la substance des coupes transversales
grise totale (cornes antérieures et cornes postérieures) de la moelle (de la 5e cer-
dans les régions cervicale, dorsale, lombaire et sacrée. vicale à la 2° sacrée).
On se rend mieux compte ainsi de la part que prend la substance grise à l'augmentation de volume de la moelle. La superposition
1 Faiiadkuf. Art Moiii.i.K,. in Picl.- eiwycl des se. rnr'd., p. 278.