Hugues. Des nœvi pipmeiitaircs. Th. Paris, 1890, n
I \ MÉTAMÉRIE I' \ N > LES TROPHONÉ VROSES. ISS
eu a surtout au poinl de vue ontogénique. C'est-à-dire qu'elle résulte trime perturbation congénitale ou acquise clans le développement des tissus de revêtement : les altérations cellulaires sont limitées à des tranches ou segments cylindriques du tronc, de la tête et des membres. Si le système nerveux prend une part quelconque à celle maladie, c'est assurément en abdiquant son rôle de régulateur des fondions nutritives. Dans les territoires envahispar la xérodermie, on ne reconnaît plus rien de l'ordre el des rapports normaux des cellules dermiques el épidermiques : l'atrophie et l'hypertrophie, la pigmentation excessive et la pigmentation insuffisante, les cicatrices déprimées et les bourgeons exubérants, tout se mêle et se combine; c'est l'anarchie dans l'organisme. Mais de ce qu'un pareil désordre peut exister, faut-il conclure que le système nerveux doive être mis en cause? Du moins le système nerveux est-il responsable parce qu'il cesse de discipliner les phénomènes de croissance et de multiplication cellulaires? — En aucune façon. Les métamères périphériques tégumentaires, loul comme les myomères ou les angiomères, ont, dans de certaines circonstances, leur inefépendance absolue, aussi hien à L'étal pathologique qu'à l'étal normal.
Il serait donc bien surprenant que la xérodermie pigmenlaire ne fut pas, quoique postérieure à la naissance, une maladie essentiellement cutanée, liée à l'évolution désordonnée de plusieurs métamères périphériques. Elle consiste « en taches brun jaune, d'étendue variable, ressemblant à des taches de rousseur, entre lesquelles se trouvent des dépressions superficielles, semblables à des cicatrices de variole, blanc brillant ' ». Dès le début, celle pigmentation Ientigineuse, disséminée sur des aires atrophiques el comme parcheminées, combine étrangement sa teinte brunâtre avec la teinle violacée de lâches télangiectasiques. Sur la bigarrure de ce fond émergent des verrucosilés, des papillomcs, parfois en 1res grand nombre, et tous capables de transformation épithéliomateuse.
Mais ce qui est encore plus étonnant que la variété des éléments dermopathiques, c'est, je le répète, la répartition des lésions. Dans presque tous les cas publiés jusqu'à ce jour — on en compte près d'une centaine — la topographie générale des taches pigmentaires et vasculaires, des taches atrophiques et des végétations, se retrouve