‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 47 sur 159 · I. Kaposi, irai), par Ucsnier et Doyon, t. Il, p. 2ôr · texte numérisé non relu

I. Kaposi, irai), par Ucsnier et Doyon, t. Il, p. 2ôr

LA HÉTAMÉBIE DANS LES TKOPJIONÉ VROSE à peu près invariablement la même, Les parties malades sont la tète, le cou, la région supérieure du buste, les membres supérieurs depuis le milieu du bras jusqu'à l'extrémité des doigts. Particula-

l'ig. 7Ô. — Xérodermie pigmentaire chez une jeune fille de douze ans (Cas de Radclifle Crockes).

rilé très significative, les altérations dermo-épidermiques s'arrêtent au pli du poignet du côté <le la flexion : car la face palmaire a sa structure propre; elle ne saurait être menacée par des lésions qui frappent précisément les éléments qui lui manquent. Une planche de l'atlas de Radclifle Crockes montre avec une admirable précision la disposition niélamériquc de celle affection extraordi-

LA MKÏ A.MKlilK DANS LES TROPUONÉYROSES.

nairo (Fig. 75). C'est le portrait d'une lillette de douze ans, atteinte ilt- xérodermie pigmentairc depuis deux ans, cl cadette (l'une famille de quatre enfants dans laquelle les trois aînés sont affligés du même mal. Ainsi la dystrophie est fa nti Unie : indice qu'elle est inhérente à un même trouble morphogénique. La môme vicialion des phénomènes de division et de nutrition cellulaires se manifeste chez les trois rejetons comme un accident inévitable de la croissance, attendu que les premiers symptômes apparaissent toujours dans l'enfance ou l'adolescence1.

Le caractère familial de la xérodermie pigmentairc n'est pas un des moins importants à retenir, je le signale et vous en dégage immédiatement la signification précise.

Mais il est un autre fait qui touche de bien plus près à notre sujet. Remarquez

I ig. 74. — Xœins papillomalciu M '.sis de Radcliffc Crockes .

l'horizontalité des lignes où la dermopathie s'arrête ou commence: aux membres comme au tronc, ces limites sont mathématiquement perpendiculaires aux grands axes du squelette. C'est le type morbide de la dermatomérie dans toute sa pureté ou de la métaméric spinale. Or, il n'est pas possible d'invoquer ici une prédisposition anatomique créée par un trouble circulatoire antérieur ou par une myélopathie. D'ailleurs les nœvi véritables, aussi bien sinon mieux encore que la xérodermie pigmentairc, peuvent se superposer aux départements dermatomériques. En voici un exemple qui vous convaincra (Fig. 74).

1. Alfapofthe Diwflses of tbe Skin, — Uadclîffe Cracker^ Edinbwgh, London, 1S90.

n. xvi.

156 LA MKT AMKlilK DANS LES TROPHOfîÉVROSES.

Colto ligure représente le bras gauche d'une femme de 40 ans, très bien portante et simplement affligée d'une difformité tératologïque : car il s'agit d'un naevus congénital. Ce na2vus ne s'est p;is étendu depuis la naissance, mais il a complètement changé de couleur. C'esl vers l'âge de 5 ans qu'il a viré du brun au noir. Puis il s'est couver! de poils et de végétations papillomateuses. Actuellement il n'a aucune tendance à gagner les parties normales, et il reste confiné dans ses premières limites1. Vous conviendrez que le hasard seul ne peut avoir ainsi enfermé entre deux bracelets invisibles une lésion dermo-épidermique dont l'origine se perd dans l'obscurité de la vie intra-utérine. Si les frontières de ce département cutané sont respectées, c'est donc que le département en question n'est pas artificiel ; c'est que ce département existe en réalité, ou, mieux encore, qu'il préexiste. Il fallait une circonstance pathologique pour le faire apparaître; le pigment noir qui le n i ouvre, le fait ressortir sur le fond blanc de la peau, comme s'il eût été, seul parmi Lous les autres dcrmatonières, imprégné d'encre sympathique.

XII. — Maintenant, messieurs, pour affirmer plus formcllcmenl encore l'indépendance des dcrmatonières par rapport aux myélomères, il faudrait examiner dans leurs détails une quantité de faits des plus intéressants, empruntés à l'anatomie pathologique, à l'anatomie comparée, cl même à l'anatomie normale de l'homme.

Vous ôtes-vous demandé, par exemple, pourquoi les vergeturcs consécutives aux fièvres sont toujours transversales ou, pour être plus précis encore — ■perpendiculaires aux grands axes du squelette*. Elles n'ont rien à voir avec la croissance: et cependant elles dessinent à la surface du tégument, au thorax, aux lombes, aux membres, des cicatrices qu'on dirait produites par une élongation du derme. Ne représentent-elles pas bien plutôt les limites deanciens tronçons dermatomériques, depuis longtemps fusionnés el maintenant disjoints?

Chez lous les mammifères, la coloration de la robe nous montre des particularités aussi probantes; pour rares qu'elles soient, leur valeur n'esL pas discutable. Je ne parle pas des animaux dont le

1. Atlas of Oie Diseascs of tlte Skin, by liadeliffe Cracker, Edinburgh a. Loxdon. Pl. LY.

LA MÊTAMÉRIE DANS LES TROPHONÊVRO s K S. 157

poil est pigmenté de manière à former des dessins identiques pour chaque espèce: je ne parle pas non pins de ceux qui, sous L'influence des croisements multipliés, — les chats par exemple — se dérohent aux lois de la « tricholaxie » (c'est la première fois et aussi la dernière, je vous le promets, que nous emploierons ce mot). Je parle des animaux dont la fourrure a des caractères tératologiques. Ainsi, chez quelques ovidés, toute la moitié antérieure de l'individu étant noire, toute la moitié postérieure est blanche; la ligne de démarcation des deux couleurs esl une circonférence dont le plan est exactement perpendiculaire à l'axe du tronc. Celte limite n'a rien que puissent l'aire prévoir les dispositions anatomiques sousjacentes ni la structure du tégument lui-même. Chose curieuse, l'anomalie — car c'en est une — se transmet aux produits cl devient un caractère de race. Chez les lapins de la race dite hollandaise, on retrouve la même division dermatomérique.

Pig. 75. — Lapin de race hollandaise à pigmentation mélamérisàe.

Je ne m'étendrai pas davantage sur ces bizarreries; mon intention •Hait simplement de vous signaler la disjonction originelle des segments métamériques : myélomères et dermatomères. Celle disjonction est temporaire. Les dermatomères, à un moment donné, perdent au moins en partie leur indépendance; l'alliance tardive qu'ils contractent avec le névraxe les assujellit aux myélomères. Dès lors ceux-ci règlent et dirigent leur nutrition (Fig. 75).

C'est ainsi qu'on voit parfois se produire des dermatoneuroses réparties conformément à la topographie mélamérique de la moelle1.

I. Voy. Emane. Dca nœri dans leurs rapports avec les territoires nerveux, in : SfooTcUe iconographie <!<• la Salpcirièrcj 1807, w i.

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