NEUVIÈME LEÇON
LA MYÉLITE TRANSVERSE
r. Définition" anafomique et clinique. — Ce (pie Cbarcol désignait sous le nom de myélite tranaver»6 vulgaire. — Myélite par compression, myélite a frigore, myélite syphilitique, myélite infectieuse.
II. Constitution aiiatomo-pathologique de la myélite transverse. — Nolmomyelilù d'IIildebrandt. — C'est, une myélite diffuse chronique plus ou moins limitée. — Virole de tissu scléreux. — loyers lacunaires, aspect poreux. — Transition insensible onlrc le tissu sain el le lissu malade. — Méningite au niveau du loyer. — Rôle de la méningite dans la formation du foyer de myélite cl vice versa. — Observations tiuatomiques de llayem. Schultze, Strumpell. — La myélite est marginale
Handmyelitis).
III. Symptomâtologie. — Type clinique de convention : myélite à lésion unique de la partie moyenne de la moelle dorsale. — Description classique de Yulpian.
Début progressif : douleurs, pesanteur des membres inférieurs, troubles vaso-moteurs, l rouilles tropliiqucs.
La paralysie est spasmodique. — Variations d'intensité. — Prédominance d'un coté, alternances.
Troubles de la sensibilité : rachialgie, hypercstUésic intermittente, à localisation mélamérique, dyseslhésie: dissociation « syringoiuyélique ». — Syndrome de Urown- Séq uard.
Exagération de la sensibilité réflexe. — Cas exceptionnels où l'exagération des réflexes fail défaut.
Troubles vaso-moteurs, thermiques, sécrétoires; troubles viscéraux.
IV. Évolution. — La paralysie peul s'améliorer, mais l'élal spasmodique est définitif. — Flaccidité musculaire succédant à la contracture. — Pronostic tiré de l'état des muscles.
Y. Diagnostic. — Hystérie. — Compression médullaire d'origine rachidienne : pachyméningite tuberculeuse, syphilitique, etc. — Dans ces cas. la myélite est encore marginale. — Tumeurs bénignes et malignes. — L'œdème est l'agent eflicace de la compression. — Sclérose en plaques. — Elle ne donne lieu à des difficultés de diagnostic que lorsqu'elle est circonscrite el limitée à un foyer unique. — Elle est
alors nosymptomatique ou oligosymptomatique. — Difficulté el même impossibilité
actuelle du diagnostic.
VI. Cas cliniques. — Premier cas : myélite fransverse ii symptômes moteurs. — Deuxième cas : myélite transverse syphilitique, spasmodique el douloureuse avec paralysie des réservoirs. — Phénomènes céplialiques surajoutés.
VII. Pai'ttplégie fldccidepai' compression. — Observations de Bastian, Babinski, Grasset. — Théorie d'Adamkiewicz. — Théorie d'IIellich. — La compression supprime la conductibilité dans le faisceau pyramidal : d'où la paraplégie. — La paraplégie n'est pas spasmodique, parce qu'il n'y a pas de dégénéral ion pyramidale. — Observations de Gerbardt, de Senalor, de van Gehuclilcn, de Bruns. — La flaccidité est toujours le fait d'une lésion du muscle, du nerf, de la racine ou de la substance grise de la inoeUe.
Messieuhs.
L'élude des symptômes spinaux a localisation métamérique, qui nous a si longuement occupes, m'engage à vous entretenir immé-
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diatcmcnt d'un sujet qui semble continuer le précédent sans Iransilion.
L'histoire de la myélite lranseer.se ne fait-elle pas siiile à celle des état/es spinaux? El la désignation même de myélite transverse ne contient-elle pas la solution de la plupart des problèmes relatifs 5 la métamérie spinale? — Il n'en est malheureusement rien. Non pas que les lésions transversales ou « transverses » de la moelle ne soient capables de produire des phénomènes morbides répartis conformément à la superposition des étages spinaux, mais il faut considérer deux choses :
La première est que les altérations de Taxe nerveux desquelles procèdent les phénomènes en question sont pour la plupart d'ordre inflammatoire et par conséquent irritatifs. Les troubles trophiques qu'elles engendrent sont aussi nombreux et variés qu'elle-même.
L'autre raison, qui rend difficilement applicable au problème des centres métamériques la pathologie de la myélite transverse, c'est que nous ne sommes pas définitivement édifiés sur les causes, le- lésions, les symptômes de celle myélite. Ce qu'on entend par myélite Iran s verse — surtout en France — n'a pas la précision qu'exige une définition nosographique. Quoique le terme soit d'un usage courant dans notre langue médicale, vous chercheriez en vain dans les traités classiques une élude d'ensemble sur l'affection qu'il désigne.
I. — Charcot a fait souvent intervenir la myélite transverse dans l'étude des paraplégies spasmodiques. Il la citait toujours à côté de la myélite par compression, mais il ne l'a jamais décrite d'une façon spéciale. Une seule fois il s'est attardé à raconter l'histoire d'une malade atteinte de myélite transverse dorsale chronique pour signaler les contrastes de celte maladie avec le Labes dorsal spasmodique1, et, à ce propos, il parle de myélite transverse vulgaire.
Ce mot de vulgaire n'implique-fc-il pas que. dans l'esprit de Charcot, il existait une forme de myélite transverse en quelque sorte connue de tous, indiscutable, et j'ajouterai même relativement fréquente? Chose singulière, Charcot attribuait une grande importance écologique au refroidissement. C'est à la suite d'un refroi-
I. C&mcot. Leçon» tur 1rs maladie t <i>< tyslènte nervciur, i. II. n, ij"s. 200.