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III. — J'arrive à la symptomatologie

Lorsqu'on a voulu tracer un tableau d'ensemble de la myélite transverse, on a, pour simplifier la description, imaginé un type clinique de convention correspondant à une lésion unique et située vers la partie moyenne de la moelle dorsale. Une telle localisation en ellct schématise admirablement le syndrome. Au niveau de la moelle dorsale, pas de plexus nerveux, pas d'enchevêtrement des fibres radiculaires, à peine de substance grise.... rien qu'une moelle qu'on pourrait qualifier de reptilienne. Les cornes antëricures et postérieures n'émettent que les nerfs destinés aux muscles intercostaux; les cordons blancs renferment les axones centripètes et centrifuges des parties inférieures et des réservoirs. Aucune autre région de l'axe n'est moins compliquée. C'est là que, par la pensée et pour les besoins de la démonstration, on a localisé la virole de sclérose ou de rétraction cicatricielle qui va produire la myélite transverse idéale. Les meilleures descriptions classiques

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font de ces sacrifices à la mnémotechnie. Je m'empresse d'ajouter que la clinique ne les admet que par exception.

Eu réalité, si la myélite que nous venons de supposer existe quelquefois et même assez souvent, elle ne répond pas y la règle la plus générale. Et comme la myélite chronique dite transverse peut occuper n'importe quel étage spinal.il faudrait, pour être exact, en donner autant de descriptions qu'il y a d'étages spinaux. Vulpian a su néanmoins tracer une large esquisse de la maladie considérée en général et abstraction faite de ses localisations multiples. (Test le modèle que je vais m'efïorcer de suivre; et c'est aussi d'ailleurs la description elle-même de Vulpian que je vais essayer de résumer.

La maladie ne débute pas tout d'un coup. Elle s'annonce par des douleurs généralement dorsales, tantôt unilatérales, tau toL bilatérales, avec de la gène dans les mouvements du tronc. Les membres inférieurs perdent, eux [aussi, de leur souplesse, mais les membres supérieurs restent indemnes. Ce n'est pas encore d'une paraplégie qu'il s'agit, et cependant à la pesanteur des jambes s'ajoutent déjà quelques troubles vaso-moteurs, voire même des troubles trophiques. Les eboses durent ainsi pendant quinze jours, un mois, deux mois, trois mois; puis se manifestent les accidents sérieux qui, d'un malade à la démarche simplement lourde, font un véritable paralytique.

Le plus souvent, c'est par les parties les plus périphériques que la paralysie commence : la pointe des pieds est tombante, signe par excellence de l'impuissance des extenseurs. Dans l'immense majorité des cas, celte paralysie est spasmodique, c'est-à-dire que des raideurs se produisent d'abord passagèrement, soit au moment où le malade veut exécuter un mouvement, soit après qu'il la exécuté, soit même, par intermittence, lorsqu'il est au repos dans le décubitus dorsal. La contracture est souvent douloureuse : la crampe estmême visible, elle se traduit par une saillie musculaire. L'excitabilité de la moelle entretient une rigidité télanoïde des muscles qui se propage des membres inférieurs au bassin et du bassin à la base du thorax. Vulpian parle de l'envahissement des muscles masticateurs, mais il va de soi que ce symptôme surajouté n'appartient pas en propre à la myélite transverse dorsale. 11 esl pathognonionique de quelque trouble anatomique ou fonctionnel des noyaux protubéranliels.

Les alternances d'irritabilité spasmodique et d'accalmie corres-

LA MYÉLITE TRANSVERSE. I»">7

pondent sans aucun doute à des poussées inflammatoires ou, d'une manière générale, à des phénomènes circulatoires dont les variations sont soumises à des lois qui nous échappent.

Dans les paraplégies bilatérales. Les deux membres inférieurs ne sont pas toujours également frappés d'impuissance. On observe de véritables transferts d'un côté à l'autre. Toutefois, le plus ordinairement, comme La lésion n'est pas absolument symétrique, une des deux jambes est plus paralysée que l'autre, du moins pendant un certain temps.

Je vous ai signalé les troubles de la sensibilité par lesquels la maladie débute, lis ne sont pas constants, cl cependant l'absence complète de douleurs est exceptionnelle. Ce sont de vagues douleurs rhumatoïdes, en général rachidiennes, occupant tantôt La crête épineuse, tantôt les goullières latérales de la colonne vertébrale, et survenant par crises comme pour annoncer les congestions ou (luxions qui font progresser la paralysie. Le caractère mélalgîque des douleurs signifie, vous le savez, que plusieurs racines sensi- Ii\es sont en cause. Parfois Yliyperealhcaie occupe une région métamérîque, ce qui implique la prédominance de la poussée inflammatoire au niveau d'un étage spinal. Parmi les troubles de la sensibilité dits objectifs, la dyseslhésie est le plus ordinaire. Très souvent môme, on constate la dissociation improprement qualifiée de syringomyélique.

Enfin, ebose remarquable, de même que la paralysie motrice peut être plus prononcée d'un côté que de l'autre, de même la dyseslhésie peut être unilatérale, et Vulpian a mentionné le syndrome de Brown-Séquard comme appartenant à la myélite transverse. Il va de soi que « Thémiparaplégie spinale avec hémianeslhésie croisée » ne saurait exister que dans le cas où la lésion n'est pas absolument destructive. Si la continuité des libres médullaires était entièrement interrompue, la sensibilité serait abolie comme la rnotilité. J'ai assez souvent insisté sur le syndrome de Brown-Séquard dans la syphilis spinale pour que les observations de Vulpian vous semblent pouvoir être rétrospectivement rapportées à la myélite transverse. Tout en nous gardant d'être trop affirmatif à ce sujet, nous pouvons risquer ce diagnostic, eu égard au rôle prépondérant que joue la syphilis dans l'étiologic des myélites chroniques en général.

Gomme la paraplégie motrice est spasrnodique, il est inutile

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