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LES LAR APLÉG1ES FLACCIDES PAR COMPRESSION

au-dessus du foyer principal. Vous connaissez la disposition à laquelle je fais allusion. Sur les coupes transversales, on voit toujours dans le sillon médian un mêso celluleux dirigé d'avant en arrière et qui serl en quelque sorte de tuteur aux branches de la spinale antérieure. Ce méso, partie intégrante de la pie-mère, est séparée de la substance blanche, qui limite le sillon à droite et à gauche, par un intervalle libre : là, on ne reconnaît aucun indice d'inflammation, et il n'y a pas trace d'adhérences. Ce n'est donc pas dans le régime circulatoire de l'artère spinale antérieure, chargée surtout d'irriguer la substance grise, que la méningite a pris naissance; ce ne peut être que dans le système des artères périphériques, celui des radiculaires, qui forment autour de la moelle un réseau à mailles largement anastomosées. On conçoit donc que l'agent provocateur de la méningite — cette toxine « tertiaire » dont on ne saurait guère contester l'existence — ait pu produire son effet pathogène sur toute la surface d'un étage spinal, là où la pie-mère est enveloppée par l'espace sousarachnoïdien, sans exercer aucune action sur les deux bords du sillon antérieur. Et cependant ces deux bords représentent, sur les coupes transversales, une bonne partie de la surface de la moelle.

Bref, la myélite transverse était dans le cas actuel, conformément à la règle générale, une méningo-my élite; et celte méningomy élite était primitivement une lepto-méningile superficielle, généralisée à toute la hauteur de l'axe, mais limitée aux parties de la pie-mère qui sont enveloppées par l'espace sous-arachnoïdien.

Au niveau du foyer, l'infiltration de la méningite gagnait en profondeur jusqu'à la substance grise. La topographie des cornes antérieures et postérieures était méconnaissable. Un écrasement traurnatique n'eût pas produit une dislocation plus complète. On ne s'y retrouve réellement plus. Seule la corne antérieure droite permet de s'orienter dans ce bouleversement des cordons blancs et des colonnes grises. Sur certaines coupes même, on ne retrouve plus que cette corne motrice, perdue dans des faisceaux blancs dissociés, comme si tout l'axe gris eût été étiré longitudinal emenl et ne présentât plus uniquement que sur ce point sa continuité avec lui-même. Il est vraisemblable que les eclopics de et; genre, maintes fois signalées, sont le fait de V œdème qui distend les parties, les écarte, les fait glisser les unes contre les autres et fina- MiMAfff, hv/nt. — II. [g

191 LES PARAPLÉGIES FIACCIDES l'Ail COMPRESSION.

lemcnt les sépare, suas toutefois leur faire perdre complètement leurs rapports essentiels (Fig. 77).

Au-dessus cl au-dessous de l'étranglement scléreux de la moelle vous reconnaisse/, la dégénérescence des faisceaux à fibres longues : elle prouve que l'interruption de ces fibres équivaul à une section

Fig. 77. — Coupe transversale tic In moelle au-dessus du foyer de myélite Iransversc. La dislocation des colonnes prises ei des faisceaux blancs est moins complète qu'au

niveau même du foyer : on rec laîl facilement toutes les parties constituantes de

la moelle. En arriére se voit la tache triangulaire qui correspond à la dégénérescence ascendante des cordons postérieurs. Tout le pourtour de la coupe présente également une teinte claire montrant la disposition régulièrement circulaire de la myélite marginale. Les cordons antérieurs, de chaque côté du sillon médian, sont respectés.

transversale. Au-dessus la dégénérescence intéresse les cordon-, de Goll, le faisceau cérébelleux direct et le faisceau de Gowers; audessous elle est strictement limitée aux faisceaux pyramidaux. Toutefois, comme la méningite pénètre la moelle circulairemenl el concentriquement, même au-dessous du foyer, la tache de sclérose dégénérative se continue insensiblement avec les tacites de sclérose diffuse de la méningite chronique, et alors la coloration par le picro-carmin parait, au premier abord, confondre toutes les parties malades en une teinte uniforme. Il est toutefois possible de les

LES PARAPLÉGIES FLACCIUES PAR COMPRESSION. I'J.">

différencier. Le picro-carmin imprègne beaucoup plus vivement les cordons frappas de dégénérescence secondaire. Par la méthode tic Pal on arrive, de môme, à distinguer les deux processus; les aires de dégénération ascendante ou descendante ont une coloration très notablement plus claire. Aux deux extrémités de l'axe, dans les

Fig. 78. — Coupe transversale de la moelle au-dessus du foyer de myélite transverse. La myélite est marginale. Les cordons antérieurs de chaque coté du sillon antérieur sont respectés. En arrière, dégénéral ion ascendante des faisceaux de Goll et de la partie postéro-exlerne des faisceaux de Burdach.

régions cervicale et lombaire les plus éloignées du foyer, là où la méningite est le moins prononcée, la différence est encore plus accusée. Enfin, au moyen de l'hématoxyline, on reconnaît immédiatement la part qui revient à l'un et l'autre processus : l'hématoxyline respecte les tissus qui ont dégénéré à la longue et, au contraire, imprègne fortement ceux que l'inflammation encombre des noyaux (Fig. 78).

Telle est, réduite à ses traits essentiels, la lésion histologique de la myélite transverse spontanée. <"esl une myélite marginale dont

19C LES PARAPLÉGIES FLAGCIDES PAR COMPRESSION, le point de départ est certainement la pic-mère. Si, comme l'a très bien fait remarquer M. Soltas1, La substance grise n'est pas intacte, quoi qu'on en ait dit , il n'en est pas moins vrai que, relaliveraenl aux altérations de la substance blanche, cette substance grise conserve en partie une constitution microscopique encore reconnaissais, môme au niveau du foyer. L'ectopie dos masses grises

Fig. 79. — Coupe transversale de la moelle lombaire (au-dessous du foyer de myélite irans verse). Dégénération descendante des deux faisceaux pyramidaux. Il n'y a plus, à ce niveau, de myélite marginale propremenl dite. Un arc de sclérose, dans la moilié droite de la moelle, correspond à la nécrobiose d'un territoire d'irrigation vasculaire commandé par une artère radiculairc oblitérée au-dessus de la surface de section.

paraît avoir, cri somme, plus d'importance que les modifications de leur structure élémentaire. Aussi est-il fort probable que l'exagération subite des phénomènes paralytiques date du moment précis où l'ectopie s'est produite sous l'influence de l'œdème. Le gros nodule seléreux qui interrompt la continuité de l'axe médullaire équivaut donc, je le répète, à une sorte de ligature expérimentale.

1. Sottas. Contribution à l'étude anàlotniqUe et clinique des paralysie» spinales syphilitiques, p. '204. Paris, I8!H.

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