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SUR LES PARALYSIES DU TYPE II ADICULAI HK

syringomyélic Les conclusions en ont été, depuis lors, confirmées à plusieurs reprises. Je vous demande la permission de vous les rappeler, en cilanl, non plus cette l'ois mon propre texte, mais quelques passages du plus récent et excellent ouvrage d'Hermann Schlesinger (de Vienne)5.

II. — Le diagnostic différentiel de la syringomyélie et des maladies des enveloppes spinales peut présenter « des difficultés parfois insurmontables ; tel est, en première ligne, le cas de la pachyménîngite cervicale hypertrophique de Charcot ». Le mal de Polt — carie tuberculeuse des vertèbres — donne lieu, plus que

touteaulre maladie des enveloppes, au syndro syringomyélique.

Une observation de Daxenberger3 et deux observations de Schlesinger en font foi. Dans ces cas, dit Scblesiuger, « tous les symptômes classiques delà syringomyélie existaient ». Le même auteur ajoute : « Même dans des syringomyélics pures, il peut se produire assez souvent, pendant un temps plus ou moins long, de la raideur de la nuque, des douleurs irradiantes et de l'hyperesthésie à la pression des vertèbres cervicales. Cela, je Lai vu moi-même et j'en ai trouve aussi l'indication dans plusieurs cas empruntés à la littérature médicale. Enfin, il faut se rappeler que Ton a déjà maintes fois signalé la combinaison de la pacbyméningilc cervicale avec la syringomyélie (Roscnblalb, F.-X. Francolte, Schmaus). »

Comme il y a quatre ans, je. conclurai donc de nouveau, ainsi que l'a fait depuis Scble.singer : « En présence de certains cas, le diagnostic différentiel de la syringomyélic et de la pachyméningite cervicale hypertrophique est impossible pendant la vie. »

Depuis que l'occasion m'a été donnée d'attirer l'attention sur les rapports réciproques de la pacbyméningilc cervicale et de la syringomyélie. sur leurs coïncidences symptomaliques, sur leur communauté d'origine, au moins dans certains faits, les observations cliniques se sont multipliées. Au deuxième congrès français de médecine interne, tenu à Cordeaux, MM. A. Pic et C. Regarni1 en ont

1. Leçons sur les maladies nerveuses, p. 177, Paris, Hasson, 1805. '2. 11. Schlesinger. Die Syringomyélie. 1895, |>. 122.

r>. Daxexbehger. Ueber eiiien Fafi von chronischer Compression des Dolsmarks mil besonderer Berûcksichtigung (1er secuudàren abstoigendcu Degeneration. Deutsche Zeitsch. /. Nervenheilk., IV, 1-2.

4. A. Pic et C. Regaud. Dissociation dite syringomyélique de la sensibilité dans un cas de pachyméningomyélite due à un mal de Poil, sans cavités médullaires. Semaine médicale, 1 805. p. r>l>.~.

DANS LA SYRINGOMYÉLIE. 205

publié une particulièrement intéressante. M. Cartaz en a rapporté une autre, empruntée à Dufloeq. Dernièrement, M. Redlich' présentait au club médical de Vienne un fait analogue, accompagné d'autopsie, et j'en trouve un autre publié par Wieling*.

Lorsqu'une maladie s'isole et se dégage à l'état d'espèce nosographique, — les exemples n'en ont pas été rares dans ces dix dernières années, — il semble tout d'abord que le diagnostic en soi I relativement facile. Cela tient à ce que la description première qu'on en donne se rapporte aux cas les plus purs, les plus simples ; on les choisit sans le vouloir parmi ceux qui sont le plus exempts d'anomalies : il en a été ainsi de la syringomyélie. Puis, peu à peu, le cadre primitif s'élargit. Les formes frustes y prennent place. Les formes fausses, généralement indiquées par le préfixe pseudo, en sont éliminées. Mais pendant un certain temps, la combinaison variable des éléments du diagnostic subit quelques péripéties, qui laissent le pronostic en souffrance. Aujourd'hui, par exemple, on n'affirme plus une syringomyélie avec la même assurance qu'il y a sept ou huit ans. Nous savons qu'on a confondu avec la syringomyélie l'atrophie musculaire progressive, la sclérose en plaques, l'hématomyélie, la myélite subaiguë, la syphilis spinale, enfui toutes les tumeurs intra-rachidiennes autres que la gliomatose médullaire.

Or à celle liste il faut ajouter les paralysies radiculaires <la plexus brachial.

Le problème se complique donc de jour en jour. Laissez-moi vous citer encore à ce propos l'opinion de Schlesinger; vous jugerez du premier coup d'œil la valeur, en somme très réduite, des arguments cliniques qui, dans la pratique, plaideront dans un sens ou dans l'autre.

'( Certaines paralysies dans le territoire du plexus brachial peuvent produire un tableau clinique qui, au premier abord, laisse soupçonner la syringomyélie. S'il s'agit d'une paralysie du type Ducheime-Erb, la ceinture scapulairc et la musculature de la partie supérieure du brus sont intéressées. Si l'affection est bilatérale , comme dans le cas de Dernbardl, l'analogie avec le type scapulo-

I. Rmueif. Patbogénie de ta syringomyélie, Semaine mrdiralc, 1 sur», p. .V20. •>. Wif.NNi,. Peter eincn Fall von ifeningomyelitia chronica mil Syringomyélie. Beilrdge s. palfiol. Anal, u. -.. alUj. PaUtol.. MX, I.

206 s' I! LES PARALYSIES Dl TYPE RADICULAIRE

huiméral de la syringomyélio est parfois bien plus frappante. La paralysie do Klurnpke (colle des branches inférieures du ploxus brachial) permet davantage encore de croire à une maladie spinale* déniant plus que des symptômes oculaires s'ajoutcnl à l'atrophie des petits muscles des mains. La différenciation repose : sur le début brusque de l'affection, après un traumatisme (coups, chutes, narcose, etc., etc.); sur l'hypcresthésie à la pression des nerf-, malades et sur L'état de la sensibilité qui, la plupart du temps, n'es! pas troublée ou ne l'est que fort peu; sur l'égale participation de toutes les qualités de la sensibilité lorsque des troubles de celle nature existent; enfin, sur la rétrocession progressive des symptômes. Dans les cas où il est fait mention de troubles importants de la sensibilité (Bernhardt, Bùdingçr, etc.). l'anesthésic n'a presque jamais été partielle'. »

III. — Je vous disais que la dissociation de la sensibilité peul manquer dans la syringomyélie elle-même. Ajoutez cette irrégularité aux légères difficultés dont l'énumération précède, et vous conviendrez que l'embarras devient grand. Telle est précisément la situation en présence de laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.

Le malade dont il s'agit est un homme de trente-quatre ans. atteint de paralysie avec atrophie des muscles du cou, des épaules et des bras. L'affection a débuté, il y a bientôt trois ans. par une -eue de la nuque, confuse, profonde, constante, plus prononcée dans les mouvements de flexion et d'extension de la tète, et devenant parfois vraiment donloureusc au moment des efforts. Celle gène n'avait, d'ailleurs, compromis en rien la fonction musculaire. C'est seulement trois à quatre mois plus tard que la force commença à diminuer. Or, à la môme époque, les niasses charnues delà nuque paraissaient déjà notablement amaigrie-.

Dès à présent, je suspens mon récit pour vous faire remarquer que la faiblesse et ['atrophie musculaire, constatées après quelques semaines de gène douloureuse, étaient survenues simultanément . Celle notion esl d'importance majeure dans l'histoire des atrophies musculaires : il y va de tout le diagnostic. La paralysie qui précède l'atrophie, d'une part, l'atrophie qui précède la paralysie.

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