‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 68 sur 159 · SI R LES PARALYSIES DU TYPE RADICULAIRE · texte numérisé non relu

SI R LES PARALYSIES DU TYPE RADICULAIRE

en quoi consiste le trouble physiologique. -I gauche, c'est la ■suppression absolue de tout mouvement : haussement, abaissement, effacement, adduction, rotation, tout est annihilé. A droite, chacun de ces actes musculaires est réalisable, mais dans les plus étroites limites. Avec un grand effort, le bras droit peut être maintenu horizontalement pendant quelques secondes. La flexion de l'avant-bras sur le bras est assez énergique et la résistance qu'on oppose à ce mou veinent l'ait saillir un biceps et un long supinateur d'une grande minceur. L'extension est conservée dans la même mesure. La pronation et la supination s'exécutenl imparfaitement quand l'humérus n'est pas fixé; lorsqu'on maintient le coude au corps, elles sont l'une et l'autre normales. Par tout ce que vous savez de l'état des muscles de l'avant-bras et de la main, vous pouvez prévoir leur degré d'aptitude fonctionnelle. En effet, il ressort de l'histoire de notre patient, comme je vous l'ai déjà fait remarquer, que l'incapacité fonctionnelle et l'atrophie ont évolué parallèlement.

Il n'y a rien à dire des mouvements du visage. Tous les muscles de la face, des yeux et de la langue se contractent symétriquement, soit dans les jeux de physionomie, soit dans les actes automatiques

Fig. 83. — Répartition de l'atrophie musculaire.

ou voulus. Mais il n'en est point de même du voile du palais : la luette est fortement déviée à droite, comme si la paralysie, primitivement localisée à (/miche, avait supprimé la tonicité des muscles palatins de ce côté. Aucun trouble de la déglutition ou de la phonation ne trahit cette faiblesse du voile. Il n'en serait certainement pas ainsi au cas où la môme débilité des muscles palatins eût été bilatérale. Enfin l'examen laryngoscopique a démontré que

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la glotte se contractait et se dilatait normalement; et cependant nous avons pu nous apercevoir, à plusieurs reprises, que les muscles extrinsèques du larynx étaient atrophiés cl paralysés au même degré que les slerno-mastoïdiens.

Cet examen très général et rapide vous met au courant d'une situation en somme fort simple. Tout se voit à distance; il n'est pas jusqu'aux nombreux mouvements fîbrillaires qu'on n'aperçoive de loin sur les groupes musculaires envahis par cette atrophie progressive.

La sensibilité n'est nullement atteinte et ne l'a jamais été. Les douleurs dont le malade nous a fait part se reproduisent encore, de temps à autre, vers la nuque, l'épaule, le coude, le poignet; elles ne durent jamais plus de deux ou trois jours ; elles ne sont pas localisées à des trajets nerveux ou à des points d'émergence. Elles occupent les régions des jointures, sans plus de précision; et par ces caractères presque tous négatifs, elles sont assimilables aux pseudo-névralgies d'origine radiculaire que Bassereau proposait d'appeler mélalgies, terme vague qui veut dire tout simplement « douleurs de membre ». La pression exercée sur les parties endolories n'est nullement exacerbante. Toutefois il existe chez notre malade une région qui, à la palpation profonde, est remarquablement douloureuse : celle des troisième, quatrième et cinquième vertèbres cervicales, surtout à gauche des apophyses épineuses. Je n'ai pas besoin d'insister pour vous faire remarquer l'intérêt de ce renseignement au point de vue du diagnostic.

Maintenant, quelques mots sont indispensables louchant les antécédents pathologiques de notre patient. Son père et sa mère sont vivants et bien portants. Il a un frère infirme qui n'a jamais pu marcher. Nous aurions bien voulu savoir la nature de cette infirmité ; mais cela nous a été impossible.

Le malade nous raconte, pour ce qui le concerne personnellement, deux petits faits d'une certaine importance. En 1885, il fil une chute de cheval qui motiva un séjour de deux mois à l'hôpital. Il avait une ecchymose rie la région scapulaire gauche avec douleur très vive dans la fosse sus-épineuse. En 1888, à la suite d'une grippe légère, il a craché du sang et, depuis lors, il a continué de tousser. l'ourlant l'auscultation est assez satisfaisante. A plusieurs

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