‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 7 sur 159 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

TOPOGRAPHIE DU ZONA'

I. Complexité topographiquc des symptômes dans les névrites d'origine centrale. — Enchevêtrement des conducteurs nerveux dans les plexus. — Plexus périphériques.

— Simplicité relative des nerfs intercostaux. — Leur pathologie. — Zona.

II. Épidémicité du zona. — Landouzy et Erb. — Le zona est-il une fièvre éruptive?

— Pneumonie et lièvre zoster. — Opinions divergentes de Kaposi et de Besnier. — Coïncidence du zona et des épidémies saisonnières (grippe, fièvre aphteuse, etc). — c Zosler essentiel » et zoster apyrétique. — Nature infectieuse mais non spécifique du zoster fébrile.

III. Zona symptomatique des maladies nerveuses. — Tabès, syringomyélie, hémiplégie, névrite périphérique, pachyméningite, hystérie. — Le zona symptomatique ne confère pas l'immunité.

Y. Fait clinique : névralgie lombo-abdominale. — Points douloureux mal déterminés.

— En général la névralgie du zona ne correspond pas exactement à un territoire nerveux. — Plaques d'hypoesthésie et d'hyperesthésie. — Disposition des groupes d'herpès. — Succession des poussées éruptives. — Ecchymoses et douleurs fulgurantes. — Absence de relation entre l'intensité de la névralgie et la confluence de l'éruption. — Gravité proportionnelle à l'âge. — Chéloïdes, cicatrices pigmentées, etc.

Y. Zona essentiel et éruptions zoslériformes. — Zona symptomatique des infections.

— Contagiosité du zona (Trousseau, Erb). — Épidémies de Bicètre, de \'itry-le- François. etc. — Bacillus zosteri (?) — Immunité conférée par une première atteinte.

— Ce zona est censé ne pas récidiver. — Nombreux exemples de zona récidivant.

VI. Unilatéralité du zona. — Le centre qui commande la lésion unilatérale du zona est le ganglion rachidien postérieur. — Le zona ganglionnaire parait être localisé au trajet périphérique du protoneurone centripète.

VII. Second fait clinique. — Discordance du zoster et du trajet nerveux intercostal. — L'éruption étant transversale croise obliquement plusieurs nerfs intercostaux. — Le défaut de parallélisme de l'éruption et du territoire nerveux prouve que le centre trophique est indépendant du centre ganglionnaire du territoire nerveux1.

Messieurs,

Je voudrais utiliser, dans le domaine des névropathies à manifestations périphériques, les mômes notions histologiques qui ont éclairé d'un jour si inattendu tant de points obscurs de l'histoire des rnyélopathies. Vous serez bien vite convaincus que, sur ce nouveau terrain, la théorie du neurone n'est pas moins triomphante. Les faits empruntés à la clinique en donneraient même

I. Celle leçon a été publiée dans le Bulletin médical, 1890, w> j$, WtH-uii. LEÇOJfS. — II.

TOPOGRAPIIIK Dl' ZONA.

une démonstration pathologique, si la prouve anatomique ne suffisait déjà plus qu'amplement.

A deux reprises, j'ai tenté également de vous initier à la connaissance de la mëtamérie qui, en dehors de l'embryologie — c'est-à-dire d'une branche de la science exclusivement spéculative — est un fait anatomique transitoire digne d'intervenir dans la clinique pratiqué, -l'aurai plus d'une fois l'occasion de faire ressortir la nécessité de vous familiariser avec ces acquisitions qui font, pendant un temps, l'orgueil de la science pure et dont le caractère utilitaire n'apparaît que tardivement.

I. — L'étude des maladies nerveuses périphériques, principalement celles des nerfs des membres et de la tête, semble au premier abord très ardue. Les systèmes anatomiques, dont les lésions bien connues ont permis de fixer pour toujours la topographie des cordons de la moelle épinière, n'existent plus ici. Dans les nerfs périphériques, les conducteurs centripètes et les conducteurs centrifuges sont inextricablement enchevêtrés. Plus de dissociation possible. En outre, les prolongements cylindraxiles des éléments nerveux ont perdu à travers les quatre grands plexus (cervical, brachial, lombaire et sacré) l'unité et la simplicité systématiques de leur origine centrale. Toutes les affections primitives ou secondaires des nerfs périphériques sont par là même très compliquées.

Vous savez, d'ailleurs, que les anastomoses et la disposition plexiforme n'existent pas seulement dans les plexus proprement dits. On les retrouve partout, môme bien loin du rachis. jusqu'à l'extrémité des membres, jusqu'à la pulpe digitale. Considérez un fait d'une banalité notoire : le retour de la sensibilité dans la sphère cutanée du cubital après la section traumatique, chirurgicale ou expérimentale de ce nerf. Relisez les discussions académiques ou les mémoires les plus récents qui ont eu pour objet le mécanisme physiologique de ce phénomène parfaitement vulgaire, el vous serez édifiés sur la difficulté du problème. J'ai pensé que, pour aborder une question si encombrée d'obstacles, le mieux (Mail de ne viser tout d'abord que des cas infiniment plus simples.

Or, parmi les nerfs périphériques, il en est quelques-uns dont l'origine, le trajet, les terminaisons n'ont pas la complication des nerfs des membres : je veux parler des nerfs intercostaux. Ici, point de plexus à l'origine et très peu d'anastomoses aux extré-

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mités. Les affections chirurgicales des nerfs intercostaux se réduisent à un tel minimum de symptômes que nous n'avons rien à en espérer pour le but qu'il s'agit d'atteindre. Mais la pathologie médicale nous fournit heureusement un excellent sujet d'étude dans une petite trophonévrose connue de toute antiquité, très uniforme dans ses manifestations cliniques, très bénigne dans son évolution et ses conséquences : le zona.

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