‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 78 sur 159 · I. Pragrii médical, IX décembre IKD7, n · texte numérisé non relu

I. Pragrii médical, IX décembre IKD7, n

gies spinales syphilitiques. Ces trois propositions, je v;iis aujourd'hui les commenter, enmeplaçanl a un point de vue exclusivement pathogénique ; et le cas particulier de la syphilis médullaire nous conduira à quelques conclusions 'générales touchant la topographie tles lésions centrales d'où procèdent les paraplégies sensitivo-motrices bilatérales et symétriques.

C'est donc de physiologie pathologique que je vais vous entretenir. Vous remarquerez, chemin faisant, que celle physiologie pathologique n'est pas, comme vous pourrie/ d'abord le supposer, une adaptation de la physiologie expérimentale à tels ou tels faits de la pathologie humaine. Il ne s'agira que de physiologie humaine. Seulement, comme les actes morbides spontanés que la nature se plait à exécuter sans notre collaboration sont à peu près les seuls phénomènes dont la physiologie humaine puisse faire son profil, il me semble que la connaissance, le groupement et l'interprétation de ces faits — et rien que de ceux-là — -constituent la physiologie pathologique proprement dite.

[. — Tout d'abord, je répéterai les trois propositions qui faisaient l'objet de ma dernière conférence :

1° Le syndrome de Brown-Séquard est une manifestai ion fréquente de la syphilis spinale;

2° Dans le syndrome de Brown-Séquard d'origine syphilitique, l'hémianesthésie croisée est remplacée par une simple thermoanalgésie croisée;

5° Quant aux paraplégies sensitivo-motrices bilatérales dues à la syphilis médullaire, les troubles moteurs s'y manifestent toujours comme conséquence de lésions homologues; mais les troubles sensilifs relèvent tantôt de lésions homologues, tantôt de lésions croisées. Dans ce dernier cas, la paraplégie sensitivo-motrice bilatérale constitue un double syndrome de Brown-Séquard.

Examinons d'abord la première proposition.

A. Le syndrome de Brown-Séquard peut se manifester sous la forme la plus pure, la plus classique; plusieurs observations en témoignent et je me borne à vous rappeler le cas (publié par Charcot et Gombaull) dont je vous parlais l'autre jour. Ainsi, une gomme ou une production scléro-gommeusc, limitée à une moitié de la moelle ou delà dure-mère rachidienne, équivaut absolument à une hémiscelion expérimentale.

Tout on vous parlant dès à présent do soctions expérimentales, je n'oublie pas que je vous ai annoncé une physiologie pathologique exclusivement humaine. Mais il est difficile de passer sous silence les arguments physiologiques expérimentaux sur lesquels Brown-Séquard sut appuyer sa thèse de Ventre-croisement des fibres sensitives spinales. Et cependant les arguments physiologiques humains sont infiniment plus démonstratifs. On a pu discuter — et l'on discute encore — sur la constance des résultats expérimentaux, tandis que la clinique humaine nous interdit de nier la constance des symptômes consécutifs aux hémisections traumatiques ; ceux-ci sont invariables.

Il faut reconnaître que les conditions du traumatisme spinal sont elles-mêmes toujours à peu près identiques : l'hémisection est presque nécessairement le fait d'un coup de couteau, porté d'arrière en avant, et ne dépassant que très exceptionnellement la ligne médiane. Et ce qui fait que les conséquences du traumatisme sont fatalement les mômes dans tous les cas, c'est — plus encore que tout le reste — celte particularité curieuse que les blessures graves de la moelle épinière ne déterminent pas de myélite suppurée. Jusqu'à ce jour, aucune observation ne s'élève à l'encontre de cette règle générale. Or, il est difficile de concevoir l'absence de toute complication suppuralive à la suite d'un coup de couteau, autrement que par la résistance du tissu nerveux aux suppurations. C'est une sorte de privilège qui, vous le savez, est connu depuis longtemps des chirurgiens pour ce qui concerne les nerfs périphériques.

Mais vous n'ignorez pas non plus que les abcès de la moelle sont eux-mêmes d'une rareté extrême. Il n'en a été publié jusqu'à présent qu'une douzaine d'observations authentiques1. Le fait que la moelle est réfraclairc aux suppurations permet donc d'étudier en toute sécurité les héiniscclions spinales traumatiques au môme titre que les hémisections expérimentales pratiquées dans les laboratoires avec les précautions antiseptiques d'usage. Et puisque, je vous le répète, les résultats de l'hémisection spinale traumatique sont d'une identité et d'une constance absolues, il n'y a pas lieu de chercher dans la physiologie expérimentale des motifs d'admettre rentre-croisement des libres sensitives. La preuve de cet

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248 LE DOUBLE SYNDROME DE IMIOWN-SÊQUAIU)

en tre-eroi sèment est faite pour l'homme mieux encore que pour les animaux.

Voilà un premier fait de physiologie pathologique humaine irrévocablemenl acquis.

Donc, une gomme syphilitique née des méninges et se développant aux dépens de la moelle interrompt la continuité des fibres de toute une moitié de l'axe jusqu'à la ligne médiane et produit nécessairement des symptômes superposables à ceux d'une hémisection traumatique. Tel était le cas de l'observation de Charcol et Gombault, Les deux moitiés de la moelle ayant une circulation distincte, il est assez général que les processus nécrobiotiques restent limités à l'une ou à l'autre des deux moitiés; et il s'ensuit que la lésion adéquate à l'hémisection ne dépasse guère elle-même la ligne médiane. Et puis, à supposer qu'elle la dépassât, le résultat serait à bien peu de chose près le même, car, ici encore, nous pouvons ('aire appel à de certaines données expérimentales, et nous souvenir que les hémisections spinales, lorsqu'elles franchissent la ligne médiane, ne modifient nullement le résultat de l'opération. Brown-Séquard avait signalé le fait et Yulpian l'a vérifié à maintes reprises. Dans l'observation de Charcot et Gombault, la production scléro-gommeuse de la moitié gauche empiétait sur la moitié droite de la moelle, et cependant l'hémianesthésie croisée s'arrêtait nettement à la ligne médiane.

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