‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 88 sur 159 · A LA PARALYSIE INFANTILE · texte numérisé non relu

A LA PARALYSIE INFANTILE

rément et je ne contredis plus ce diagnostic. Vous allez voir comment peuvent se concilier toutes ces choses.

L'intoxication saturnine a joué un rôle si évident à l'époque de la première atteinte, que je ne doute pas qu'il se soit agi d'une paralysie saturnine. Cette paralysie s'est manifestée dans un délai de quelques jours, sans fièvre, à la façon des paralysies saturnines du type scapulo-huméral décrit par Remak.Elle a revêtu les allures non pas d'une paralysie périphérique, mais d'une paralysie spinale, et voilà tout.

Celte conclusion n'a rien d'invraisemblable, car, parmi toutes les névrites toxiques, la saturnine est celle qui parait le plus directement subordonnée à une localisation médullaire primitive. Comment expliquer l'intégrité presque constante du long supinateur dans la paralysie radiale saturnine, si cette paralysie était d'origine exclusivement périphérique? Si l'on admet l'action des substances toxiques sur certains éléments nerveux, à l'exclusion de certains autres, encore faut-il que ces éléments soient des centres — au sens qu'on attribue à ce mot — c'est-à-dire des groupes de cellules, bien moins différenciées par leurs rapports anatomiques que par leurs propriétés fonctionnelles et leurs réactions respectives vis-à-vis des causes pathogènes.

VII. — Je ne voudrais pas prendre prétexte de ce cas pour rouvrir une discussion qui est, en somme, exclusivement théorique et qui menacerait de s'éterniser, si quelques faits anatomo- pathologiques tout récemment acquis ne permettaient d'en entrevoir la fin.

Jusqu'à ces derniers temps, l'origine constamment spinale de la paralysie saturnine admise en principe par Andral, Abercrombie, Tanquerel des Planches n'avait pu être universellement reconnue, malgré les constatations positives de rriedlamder- Œller, llallopeau, J. Renaut, Vulpian, Monakow et Slieglilz. Les autopsies négatives remportaient en nombre. Il y a six ans, je parlais à ceux qui vous ont précédés ici de l'influence des centres trophiques de la moelle sur la distribution topographique de certaines névrites toxiques'; et à proposde la paralysie saturnine, je soutenais la thèse des altérations dites dynamiques des centres. « On qualifie ainsi les modifications

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