LE RÉFLEXE DU FASCIÀ L A T A
laire. En effet, les différences d'intensité sont, d'un suiei à un autre, si considérables, qu'il est impossible de soutenir que le réflexe esl diminué ou augmenté si l'on ignore les qualités de ce réflexe avant le premier examen. Je dis que les seules modifications dont on tire parti actuellement en clinique sont la disparition ou le retard de la contraction : je m'empresse d'ajouter que la « disparition » du réflexe plantaire, toul comme sa diminution d'intensité, n'a qu'une signification inconstante et trompeuse; car, chez beaucoup de gens, ledit réflexe fait totalement défaut, à l'état normal. Mais je reviendrai toul à l'beure sur ce point.
I. — Depuis longtemps les élèves de mon service ont pris l'habitude de relater soigneusement les caractères du réflexe plantaire, et je profilerai de l'intéressante communication de M. Babinski pour vous entretenir aujourd'hui de ce petit chapitre de sémiotique.
Tout d'abord je vous ferai remarquer que les désignations attribuées aux divers réflexes cutanés sont défectueuses. Par exemple, on appelle réflexe plantaire le mouvement de retrait du membre inférieur qui fait suite à l'excitation de la plante du pied; c'est donc le lieu de la partie excitée qui sert à définir le réflexe. Par contre on appelle réflexe crémastérien le soulèvement du testicule qui succède à l'excitation de la face interne et supérieure de la cuisse. Ce n'est plus ici la région excitée qui qualifie le réflexe : c'est le muscle qui entre en contraction. II y a là une inconséquence de langage qui peut donner lieu à des méprises. Mais il ne m'appartient pas de la réformer.
La nature de l'excitation modifie très sensiblement la réaction musculaire qui est, suivant les cas, simple ou complexe. Attouchement, frôlement, piqûre, pincement déterminent peut-être autant de réflexes distincts? D'une manière générale on peut dire ([ue l'intensité de l'acte réflexe est proportionnelle à celle de l'excitation. Il faut cependant considérer que certains actes musculaires provoqués par des excitations douloureuses sont, d'une manière non douteuse, très différents des réflexes proprement dits. Ainsi la piqûre un peu vive de la plante du pied donne lieu instantanément à nue rétraction de la jambe qui n'est qu'un acte automatique, en d'autres termes un acte cérébral que la moelle a appris par cœur. — 11 est facile de s'en rendre compte.
Chez le nouveau-né la piqûre de la plante du pied ou toute exei-