SA FB0ORES8I0K DE 1875 A
C'est Je meilleur thermomètre que nous ayons pour en mesurer les legrés. Cela tient à ce que le chancre mou se contracte exclusivement leiidaot les rapports sexuels, et qu'il pullule avec une effrayante rapidité orsqa'on ne s'oppose pas par des mesures énergiques à son dévelopemeoC '. Aussi, n'ai-je pas été surpris de le voir perdre peu à peu son ifériorité numérique, tombée si bas en 187S, et augmenter progresivement, mais suivant des proportions beaucoup plus grandes que la lennorrhagie et que la syphilis, dans ce mouvement ascensionnel de )ates les maladies vénériennes.
Vous vous rappelez sans doute, qu'en 4874-75, les chancres mous, Paris, étaient dix fois moins nombreux que les chancres syphilitioes et qu'ils ne représentaient que la vingtième partie environ du ombre total des maladies vénériennes. Eh bien, au mois de mai i879, frsque je vous donnai les premiers résultats de mes nouvelles recherches atistiques. le chancre mou, loin d'être inrérieur au chancre syphilique, avait pris le pas sur lui d'un qunri et figurait pour un sixième ins le nombre total des malades de mon service, pendant le premier imestre.
A quel moment et par quelles étapes successives s'était-il élevé si lot ? CVst ce que va vous montrer le recensement des malades traités ins mes salles depuis le 1*' janvier 187S, jusqu'au l*' avril 1879. Je simptifierai, autant que possible, ces statistiques afin que vous dissiez mieux en embrasser d'un seul coup d'œil l'ensemble et les éuils. Ainsi, je ne m*occuperai pas des malades entrés pour se faire ligner de la syphilis confirmée. Je ne tiendrai compte que des contabns récentes pour les trois espèces vénériennes. En 1876, j'ai traité dans mon service :
BJennorrbagies simples oa compliquées 908
Chaocres syphilitiques et balano-posthiles infectantes. . 282 Chancres simples, avec ou sans bubons 64
Vous voyez que les chancres syphilitiques conservaient encore sur ^ iihancres simples une grande supériorité numérique ; mais, depuis 875, ils avaient perdu du terrain, puisque, au lieu d'être dix fois plus Mobreai, ils ne l'étaient que quatre fois et demie plus que les bancres mous.
1 Vtyez p. 175 et soivantes de la IV* leçon.
202 DU CHANCBB SIMPLE PEINANT L'EXPOSITIOK.
L'écart devait être encore moins prononcé Tannée suivante. Ainsi, en 1877, j'eus dans mes salles :
Blennorrhagies simples ou compliquées 1 ,203
Chancres syphilitiques et balano-posthites infectantes. 234 Chancres simples, avec ou sans bubons f 00
Les chancres syphilitiques ont encore perdu de leur prédominance, puisqu'ils ne sont plus, par rapport aux chancres simples, que dans la proportion de 2,33 à 1. En 4878 :
Blennorrhagies simples ou compliquées 893
Chancres syphilitiques et balano-posthites inrectantes. . 365 Chancres simples, avec ou sans bubons 136
Les chancres syphilitiques l'emportent encore sur les chancres simples, puisqu'ils sont 2,7 fois plus nombreux.
Mais l'année 1878 a une importance si capitale, dans la période quinquennale que nous étudions, qu'il ne suffit pas de considérer les chiffres en bloc. J'ai pensé qu'en décomposant trimestre par trimestre les relevés statistiques de mon service, nous pourrions mieux nous rendre compte de la progression croissante du chancre simple, et déter miner le moment précis où il commença à augmenter d'une facoi^ sérieuse. Année 1878, par trimestres :
l**" trimestre.. .
Chanercf lyphUiliqaei.
Chtaeniii
2* trimestre...
3* trimestre...
4* trimestre. ..
Il résulte de ce tableau que les chancres infectants, quatre fois pM nombreux que les simples, dans le premier trimestre, ne le sont plo] dans le dernier qu'une fois et demie. C'est donc dans les mois d'octobrq novembre et décembre 4878, pendant la dernière période de rExposii tion universelle, que l'accroissement numérique du chancre simplj était assez grand pour sauter aux yeux les moins clairvoyants. Au.<â est-ce là une étape dont il faut garder le souvenir.
Allait-il avancer ou reculer, à partir de 1879? Je ne fais auconl difficulté de vous avouer que je croyais fermement à sa diaûnutioQ Eh bien, il n'en fut point ainsi. Loin de là, comme vous allez en juirei
A partir de 1879, voyant que les maladies vénériennes augmentaiefl sans cesse de nombre, je recommençai mes recherches statistiques »ui
DU CHAKOBB BIKPLE APRÈS L'EXPOSITION EN 1879.
titis les malades qui se présentaient à ma consultation, afin de leur dMimer une base plus large, comme je Tavais fait en 1869-70. Je vous ^D parlerai tout à l'heure. Bornons-nous, pour le moment, au relevé il^s malades entrés dans mes salles.
Pendant les quatre premiers mois de 1879 j'ai soigné :
Blennorrhagies simples ou compliquées 252
Chancres syphilitiques et balaDO-posthites infectantes. . 89 Chancres simples • 404
Vous voyez donc que l'impulsion communiquée à l'accroissement pro- ?r^ssif du chancre mou, pendant les derniers mois de l'année 1878, ne 4^ ralentit pas au commencement de 1879, car cette espèce vénérienne, m lieu de rester inférieure au chancre syphilitique, le surpassa comme lombre et devint, par rapport à lui, dans les proportions de 1,20 à 1.
Pendant toute la durée de l'année 1879, le chancre simple conserva a supériorité numérique qu'il avait acquise sur le chancre syphilitique lansles quatre premiers mois. Or c'est précisément en 1879 que l'aug- Ufotation des maladies vénériennes prit, eu égard à ce qu'elle était les innêps précédentes, des proportions énormes. N'avais-je ipas raison de ous signaler plus haut la coïncidence curieuse qui existe entre ces leux faits : d'une part, accroissement des maladies vénériennes dans leur Q^^mble, et, d'autre part, prépondérance relative de plus en plus [randedu chancre mou, par rapport aux deux autres espèces vénéiennes ?
Dans Tannée 1879, j'ai dressé la statistique de presque tous les (lalades qui se sont présentés à ma consultation. En voici le tahleau iar trimestres.
TiniE5TBES.
BLENNORRHAGIES
ITM Oa MDt
oreliites.
CHANCRES
MOCS
avec ou MM
buboM.