DIFFÉRENCE QUI EXISTE ENTRE J4ES SOURCES DE LA CONTAGION
Plus loin, M. Horand fait, au sujet du régime actuel de la prostitution dans sa ville, des réflexions fort sages et qui s'appliquent si exactement à l'état de choses que nous constatons en ce genre, danla ville de Paris depuis quelques années, qu'il serait grand dommai:^ de ne pas les citer. Après avoir énumérc les causes auxquelles j'ai attribué la diminution des maladies vénériennes après la guerre d*^ ^ 870-71 :
« De ces causes diverses, dil-il, une seule peut s*appliquer à Lyoo, eltl> suffit pour expliquer la rareté du chancre simple pendant ces dernières anné»**. Cette cause est la surveillance plus rigoureuse de la prostitution. — Actu»' liment les mesures de police sont moins sévères. La prostitution clandestine |h j s'étaler au grand jour sans être inquiétée. On use à peine de quelques mo>»"nde rigueur contre les filles isolées qui ne se rendent pas exactement aux Ai>iit^
Pour arrêter la propagation des maladies vénérien nés, je demande, avertr>;H les auteurs qui se sont occupés de prostitution li» des mesures sévères couî:' la prostitution clandestine; — i» des visites plus fréquentes pour les tiiinscrites.
Pour me résumer en peu de mois, je terminerai parles conclusions suivante- 1" gratuité des visites sanitaires; 2*» une visite obligatoire tous les Iroi? j<»nr^ pour les filles publiques en maisons ou isolées. »
.le ne saurais mieux dire que mon honorable collègue de Lyon: manière de voir et de juger la situation nouvelle qui s'est produit»', depuis quelques années, dans le régime de la prostitution est tellemM*' conforme à la mienne, que les citations de son travail me dispenvi.t presque de rechercher quelles ont été, à Paris, les causes de raugra»*r.tation du chancro simple. Je désire cependant vous en entretenir, l^ fût-ce que pour vous faire sentir de quelle influence a été l'ExiJOsilir-iîl universelle de Paris sur l'augmentation progressive du clianr»! simple. I
Mais auparavant, permettez-moi d'attirer votre attention sur la dlM
férence qui existe entre les sources de la contagion vénérienne en pr* vince et à Paris. J'en ai été frappé depuis longtemps, et le mémoire d< M. Horand me prouve que je ne me trompais point. Sans doute, d^n quelques grandes villes, dans celle de Lyon, par exemple, qui se nv proche le plus de Paris par sa population et par ses mœurs, la pru>-. tution clandestine occupe une large place. Mais il est loin d'en vir^ ainsi dans la plupart des chefs-lieux de département, et, à plus for: raison, dans ceux d'arrondissement. Presque toutes les maladies vt^n^ riennes se contractent, en province, soit dans les maisons de toléraiK' \
VÉXKRIENKE A PABIS ET DANS LES DÉPAKTBMENT8. 211
M>il chez les filles en carte. Et cela est si vrai, que dans Lyon même, ïur {9 cbaDcres mous, vous en voyez 10 qui proviennent des maisons publiques, tandis qu'à Paris, sur 65 pris au hasard, il n'y en a que 3 « ommuniqués par des femmes en maison, et 16 par des femmes isolées, mais inscrites. Donc à Paris, le grand, l'éminent danger, c'est la prostitution clandestine '.
Je crois, en outre, que la province est relativement beaucoup plus riche en chancres simples que Paris. C'était, du moins, ce qui avait lieu en 1875. En est-il encore de même aujourd'hui? Je le présume, mais je n'ai devers moi aucune raison positive pour l'affirmer.
Toutefois, n'en trouvez-vous pas une preuve dans l'accroissement presque instantané que prit le chancre mou vers les derniers mois de l*Eiposition, à l'époque des vacances, lorsque les visiteurs des départements affluèrent en foule à Paris? Il se produisit, mais dans des proportions beaucoup moins grandes, quelque chose d'analogue à ce qu'on vit au commencement du siège, quand les mobiles des départements accoururent pour sauver la capitale. N'exagérez pas, je vous prïp. l'analogie très lointaine que je hasarde entre ces deux époques. J^ veux dire simplement ceci, que parmi les maladies vénériennes, ini(>ortées à Paris pendant son invasion en 1878, par les visiteurs «étrangers et provinciaux, peut-être le chancre mou fut-il relativement plus nombreux que les deux autres espèces vénériennes.
Quoi qu'il en soit, depuis l'Exposition, le chancre simple a pris une l»ll»^ extension que nous serions mal venus à lui chercher des causes ^u dehors de la ville. Les causes profondes, les causes réelles, dont il >* fait dangereux de se dissimuler l'importance et la gravité, ce sont «>il<\< que je vous ai signalées comme ayant produit Taugmentation de i'UlPs les espèces vénériennes, depuis 1875 jusqu'à 1881 ; ce sont • ^Iks qu'a relevées, avec une si haute compétence, M. le docteur Horand, et qui sévissent encore avec plus d'énergie parmi nous que 4n* la ville de Lyon.
Avant d aborder l'étude de la topographie des maladies vénériennes ^l^aris, qui sera la suite et le complément de mes recherches statistiqu»*^ sur les maladies vénériennes envisagées au point de vue démosrnphique. Je vais résumer en quelques propositions les changements Amériques que nous avons constatés dans cette ville, sous le rapport
1 l' y a longtemps que Jcs dangers de la proslilution clandestine ont été signalés. On '• ''«'ra, for cette question, on excellent mémoire de M. Félix Carlier dans les Annales •i^^^D*» publique et de m<^decinc légale de 1871. — Félix C«irlier : Étude statistique sur Il i-j^utiUion clandestine à Paris, de 1855 à 1870.