BÉSUMÉ DES FLUCTUATIONS NUMÉRIQUES PRÉSENTÉES PAR
de la quantité absolue et relative des trois espèces vénérieanes, pendant onze ans, de i869 inclusivement jusqu'à 1881 exclusivemeDt :
A. r Le nombre des maladies vénériennes, dans la ville de Pariv diminua considérablement après la guerre de 1870-71. A partir de 1872, époque à laquelle se produisit une recrudescence légère. \f décroissement fut progressif jusqu'en 1875 ;
2'' Parmi les espèces vénériennes, le chancre mou, fut le plus alteial par cette diminution, et il devint, en 1875, d'une rareté extraordinaire, tout à la fois absolue et relative, puisqu'il ne représentait pli> alors que la vingtième partie du nombre total des maladies vénêrienneSj et qu'il était, par rapport au chancre syphilitique, dans la proportion de 1 à 1 0 environ ;
3*" Les principales causes de cette diminution des maladies vén»* riennes et du chancre mou furent : a, la dépopulation immédiate de j ville à la suite de la guerre, et l'arrêt dans le développement nurot^ rique de ses habitants ; — b, l'abaissement de la fortune îndividuell^i qui se produisit dans toutes les classes de la société et qui fut aggra\<i par l'augmentation des charges ; — c, la surveillance plus rigoureu<^ de la prostitution, en général, et, en particulier, delà prostitution claa destine ; — d^ l'augmentation dans le nombre des mariages depuis II guerre, supérieur, malgré la diminution des habitants de Paris, à c^ qu'il était avant 1871.
B. 1° L'année 1875 occupe une place exceptionnelle dans la périi>1 de 1869 à 1881 ; c'est en effet à cette époque que s'est établi IV/k^ des maladies vénériennes, puisqu'elles atteignirent le niveau le \M bas auquel elles soient descendues depuis longtemps ;
2** A partir de 4875, le nombre des maladies vénériennes a lonj«»iil été en augmentant dans la ville de Paris jusqu'en 4881 .Cette augmf^ntj tion est devenue surtout très accentuée pendant 1878, année de Y¥a\^ sition universelle. Mais elle a pris un développement bien plus i oih dérable encore en 1879, et elle a acquis un maximum numériji en 1880, bien supérieur au chiffre de 1869 ;
3** Le chancre simple a regagné promptement tout le terrain (|u avait perdu depuis 1869 jusqu'en 1875, et, à sa rareté, a succédé ai fréquence absolue et relative, qui a atteint son maximum en 1880. cette époque, il représentait la dixième partie du nombre total iS maladies vénériennes, et se trouvait, par rapport au chancre s}i»M tique, dans les rapports de 1,54 à 1 ;
LX8 XALADIES VÉNÉBIBKXSS A PABI8 DE 1869 A 1881.
4* Daos cette dernière période quinquennale, les causes de l'augmeDtation des maladies vénériennes et du chancre simple ont été : n, I augmentation de la population parisienne ; — b^ Taffluence des ouTriers nécessitée par les travaux de l'Exposition universelle et autres grandes constructions dans tous les quartiers de la ville ; — c, l'invasion de la ville par les visiteurs de l'Exposition en 1878; — d^ la dimi- Dution de la prostitution inscrite et l'augmentation toujours progressive de la prostitution clandestine ; — e, les modifications survenues dans la surveillance et l'assainissement de la prostitution parisienne ' .
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Lui d« corréUtion entre le nombre et l'intensité d'une maladie quelconque dans le même milieu.
Lo. «i^ corrélation entre la faiblesse numérique et la bénignité des maladies.
Al pojDt de Toe de leur pronostic respectif, les trois maladies vénériennes sont, depuis leur aug-
rn'Dtition, ce qu'elles étaient pendant leur période de décroissance. Li Llennorrhagie reste toujours la même quels que soient les milieux et les circonstances. I ' phaçédémiomê du ehancrt mou n'est devenu proportionnellement ni plus dangereux ni plus firé-
i|'j'-ot que pendant la phase de diminution des maladies vénériennes. U -y {/Lilis reste toujours bénigne danê ses premières manifestations; mais il n'en fkut rien conclure - ir les accidents plus éloignés et plus profonds.
Messieurs, lorsquedes maladies, quelle que soit leur nature, prennent tout à coup ou peu à peu, dans le même milieu, un accroissement inu-
1. Voii'i le résultat des statistiques do ma consultation pendant les trois premiers in'ih d»' laonée 1881. On voit que les chancres simples continuent à l'emporter sur les hdDcre> syphilitiques.