‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 119 sur 441 · SYPHILIS · texte numérisé non relu

SYPHILIS

CHANCRES

iufecUnls et

Bal.post.inr**.

Janvier

Février

Mars....

p.'cdant le premier trimestre de 1881, le nombre des consultations à l'hôpital du Mi<ii, pr->ar les trois divisions, a été de 8,003. Ce chiffre permet de supposer que le r.'intire tolal, pour Tannée 1881, g*élèvera probablement à 34 ou 36 mille, comme en •'*<). Urs 3* et 4* trimestres fournissant en général plus de malades que les 1*' et 4*.

214 l'augmkntatiok des maladies vénérienkes

site, il arrive presque toujours que leur modalité symptomatique se modifie, se complète et s'accentue dans un sens défavorable. Les accidents se multiplient, quelques-uns s'exagèrent, le processus s'accélèn\ les intermittences ou les rémittences tendent à disparaître, la subintraûiv des attaques ou la continuité s'établissent^ et de tous càtés surgissent des complications redoutables. C'est ce qu'on observe au plus fort des épidémies où tous les phénomènes morbides propres à telle ou tell^ affection atteignent vite la plénitude de leur développement, et donneot, sous des formes variées ou dans un sens déterminé, le maximum d'* leur intensité. Il y a donc une corrélation presque nécessaire entre l'augmentation numérique et la gravité des maladies. Il en eii>t' une autre de même nature entre leur diminution et leur béuigait^. Ne vous ai-je pas démontré précédemment que les maladies vénérienot'^ s'étaient atténuées dans la ville de Paris, à mesure que leur nombre décroissait pendant la période de 1871 à 1875?

En s'appuyant sur ces rapports presque invariables entre la fréquenc des maladies et la gravité de leurs manifestations, on serait tenté d" supposer, à priori, que les maladies vénériennes, depuis leur crue ^: remarquable pendant la période quinquennale que nous étudioos, h surtout pendant les années 1878, 1879 et 1880, sont devenues beaucoup plus compliquées et plus dangereuses qu'auparavant. Il n>n e^t rien cependant, et, à cet égard, je puis vous donner des résultats pu»* tifs et rassurants, bien qu'ils soient en contradiction avec la loi à^ solidarité que je viens d'énoncer.

La blennorrhagie reste toujours la même et subit peu rinfluenct' d*^ milieux et des circonstances ; nous la trouvons aujourd'hui telle quMI' a sans doute été, à peu de chose près, dans tous les temps et dàutous les lieux.

Le chancre mou, lui, au contraire, quoique invariable dans >'*^ essence et procédant d'un virus toujours identique à lui-même. e< beaucoup plus susceptible de se laisser dominer et diriger par certais^^ causes antihygiéniques ou constitutionnelles, qui l'atteignent, ^•^t directement, soit indirectement. Ëh bien, malgré sa fréquence, je nVî point remarqué qu'il soit devenu beaucoup plus mauvais qu'à Tépoqude son extrême rareté en 1874-75. Sans doute, il y a aujourd'hui ilaii? nos salles beaucoup plus de bubons qu'autrefois. Mais pourquoi ^'^'^ étonnerait-on? un pareil épiphénomène ne sera-t-il pas toujour& dar? un rapport numérique direct avec la quantité des chancres qui U donnent naissance? Le phagédénisme chancroîdal constitue la O'XpUcation la plus sérieuse et celle qui peut fournir les meilleures nutioi ?

H'A pas bu d'influence BUB LEUn INTENSITE. 21S

sur le pronostic de cette espèce vénérienne. Si on le voyait, par Humple, se multiplier, prendre des proportions alarmantes par le fait lie son action envahissante et de sa résistance aux moyen thérapeuti(}ues les plus variés, croyez-vous qu'il ne serait pas le signe certain (luDe malignité particulière de la maladie? En a-t-il été ainsi depuis 1875? non, et ce que je vous disais à cette époque sur cet accident pourrait être répété aujourd'hui. Grâce aux progrès de l'hygiène >ublique et de l'hygiène privée qui ont grandement amélioré la santé :» ni'rale des individus, surtout dans Ja classe ouvrière, le phagédéûsnie est devenu et reste relativement très rare à Paris. Je n'en ai l.N'rvé, depuis 1873, que quelques cas vraiment graves, dont un • ij'iit de la province. Vous verrez bien dans mes salles un assez grand < nilire de malades chez lesquels les chancres simples et les bubons rodiiisent des pertes de substance que nous ne pouvons empêcher; iiib «*n général la tendance ulcéreuse ne persiste pas indéfiniment, et e^t exceptionnel qu'on n'arrive pas, au bout de quelques semaines, la modérer et à la détruire. Ainsi le chancre mou ne s'est pas ?gravé, bien qu'il soit devenu beaucoup plus fréquent. La syphilis, elle aussi, n'est pas sortie des formes bénignes ou loyennes cooime intensité, qui forment depuis plusieurs années le ©d commun de celles qui se contractent à Paris. — Vous connaissez utes les réserves que je fais sur le pronostic de cette maladie constiitiounelle. Aussi quand je vous dis que la syphilis, depuis l'augmentioQ des maladies vénériennes, ne s'est pas aggravée, je ne fais allu- 30 qu'aux accidents qui se succèdent pendant ses deux premières loéf's. Aujourd'hui, comme il y a 8 ou 10 ans, les accidents cutanés niuqueux sont superficiels, résolutifs et simplement érythémateux t {Kipuleux. Les syphilides ulcéreuses précoces sont tout aussi excepmut'lles qu'en 1875. La malignité d'emblée, pendant la première ta^v^e, n'est point devenue plus fréquente, à mesure qu'augmentait nombre des maladies vénériennes. Nous ne constatons presque loaià ces cas graves qui caractérisent les endo-épidémies syphili- (ues. Plus la maladie se répand à Paris, plus elle semble perdre la û^sance nocive qu'elle manifeste dans certains miUeux pendant sa mnière explosion. Mais on ne perd souvent rien pour attendre, et ces [ifiareQces, insidieusement rassurantes au début, ne peuvent qu*insir^r une sécurité fort aléatoire pour l'avenir.

216 8TATI8TIQUB8 STTB LA TOPOGBAPHIS DES KALADIXS yisiRIISHIS

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