PACALDINA (1786) — MAL DE LA BAIB DR SAINT-PAUL
deux premières nourrices, puis successivement plusieurs femmes du quartier, qui lui donnèrent le sein. La maladie de l'enfant fut horrible : pustules sur tout le corps; — os dénudés; — ulcérations profondes du cou qui percèrent dans r intérieur; — mort.
Les nourrices infectées par Tenfant infectèrent leurs maris, leurs enfanta et d'autres qu'elles allaitèrent, et ces derniers infectèrent d'autres nourrices, etc., etc.; plus de 40 individus furent atteints.
Traitement par le mercure.
II n'y avait là ni blennorrhagie ni chancre simple, ce qui fait que Raoliii pensa au Pian.
VIL Facaldina (de 1786 à 1814). —Cette maladie observée et décrite parZecchinelli eut son premier foyer à Facaldo, un village de 800 âmes dans la provioc de Bellune, limitrophe du Tyrol. Ce n'était autre chose qu'une syphilis imporl»»? dans cette localité par une mendiante, ou par un homme venant du T>rol d qui l'avait contractée d'une femme publique. Sa propagation se fit par Ie$ alliances dans plusieurs familles. Elle attaquait les adultes et les enfants, bsymptômes étaient des ulcérations profondes de la gorge et de lasurface cutanf^ des dartres serpigineuses, des tumeurs gommeuses, des douleurs ostéocopes. - Le mercure constituait le meilleur traitement.
La Facaldina se répandit bientôt dans d'autres villages tyroliens, entre autM à Fassa etàManzou.— Elle se mêla souvent à la blennorrhagie, au chancre n)<>i et à la gale.
M. Sigmund qui l'a étudiée soit à Vienne, soit dans les localités où ellesesl perpétuée, depuis son origine, reconnaît en elle tous les caractères do b syphilis.
Vin. Mal de la baie de Saint-Paul (1770-1780). — C'est entre ces deux dai-l qu'apparut une nouvelle maladie vénérienne au Canada et priDcipalement à U baie de Saint-Paul. (Mal anglais, maladie des éboulements, Lustn cnio, moi i{ chicot, mauvais mal, vilain mal, gros malj telles sont ses autres dénominations)! — En 1785, 5,800 personnes en étaient atteintes. Elle était inconnue alor^ \ tous les individus du voisinage.
Symptômes : Aphtes contagieuses de la langue, des lèvres, de la bouche, d>i parties génitales, se transmettant par les ustensiles de ménage, le linge, ^1 vêtements, surtout par l'acte vénérien, et aussi par hérédité; — Douleurs «V^i ocopes nocturnes, adénopathies. Carie des os du nez, du crâne. Pustules r^ui géantes sur la peau, alopécie. Troubles de la vue, de l'odorat et de l'ouîc.
Les enfants étaient préservés par le traitement qu'avaient subi leurs mê'v^ et le mercure seul guérissait radicalement.
Cette maladie a été décrite par Swédiur d'après Bcaumont, médecin franri^ envoyé de Québec par le gouverneur appelé Holdimann. Ëvidemment, c H la syphilis, surtout à sa période tertiaire.
LV. Maladie de Fiume ou de Scherlievo (1800). — Une maladie contagieuse d'oiM espèce inconnue se développa, en 1800, dans le village de Scherlievo, à 8 mdl'i à l'est de Fiume, à 3 milles des côtes de l'Adriatique. Le docteur Caoibi:i lit un rapport où se trouvent énumérés les symptômes suivants :
9CH£RLIIV0 (1800) — MALADIE DE CHAVANNE-LUBE (1829). 233
Dix, quinze, vingt jours avant ]e développement de la maladie, douleurs dans :^ os, plus fortes la nuit que le jour. — Voix rauque; déglutition difficile. — Inflammation, puis pustules et ulcères de la gorge, de la bouche, des lèvres. — ( Itères dans lUntérieur du nez et destruction de la charpente osseuse. — Pus- !a>3 00 stigmates ronds, couleur cuivre rouge, au front, au cuir chevelu, derrière les oreilles, sur tout le corps.— Tubercules qui suppuraient lentement. — Ulcérations serpigineuses profondes recouvertes de croûtes. Chez les enfants, éruption érysipélateuse d'un rouge obscur, aux fesses, aux aines, aux cuisses mr l'abdomen.
Parmi des milliers de malades, une seule blennorrhagie avec intumescence Jes testicules, fut observée.
Contagion par Tattouchement, les ustensiles, l'haleine, les lits communs, etc. >UY qui étaient radicalement guéris ne contractaient pas la maladie une «coode fois. — Les nourrices communiquaient facilement la maladie à leurs Murrissons.
Dorée : plusieurs années, sans grande altération dans la santé.
Origine: 4 oiatelots arrivés dans le pays en 1790, avec des femmes oriioaires des bords du Danube, après la guerre contrôles Turcs. D'autres disent b elle fot importée par un berger expatrié de la Turquie. Elle ressemblait à épidémie syphilitique de 1 493-1 4W4, et au sibbens d*Écosse.
Le traitement mercuriel par les frictions était le plus efficace.
Daoâ ce tableau fait d*après nature on retrouve jusqu'aux moindres détails de i syphilis: ses prodromes, ses poussées, les plaques, les tubercules, les gommes, « eiostoses, les douleurs ostéocopes, etc. Les éruptions présentaient tous les tractères des syphilides : absence de prurit, forme circulaire, couleur cuivrée, te., etc., macules. Enfin le traitement ne laissait aucun doute sur lanaturede I maladie.
Dans cette description on ne voit que la maladie générale. Il n'est fait men- 00 ici ni de chancres ni de bubons. Les divers modes de contagion ne sont-ils ts les mêmes dans le Scherlievo que dans la syphilis?
C>«t bien en effet la syphilis, importée à une époque bien précise, comme lûs les autres épidémies, se développant seule et en toute liberté.
Un est devenu le Scherlievo depuis 1800? Ëtudié par beaucoup de médecins, teo dernier lien par Sigmund en 1855, il a envahi les provinces de Fiume, de iKcari, de Yiccodol, de Fuccini. Sur une population de quinze à seize mille ibitioU, ou comptait trois à quatre mille malades. Le fléau s*est ensuite coiintré de plus eo plus. Un hôpital a été établi à Portore pour le traitement uluf^if de cette afiection.
tofltrairemeol aux épidémies éphémères de la makÂi» de Brunn, du mal de ^dt'Euphémie, deChavanne-LureyetdeNérac, cette épidémie est devenue chro- «i*^. a durée plus d'un demi-siècle et persiste peut-être encore aujourd'hui. ^ peut placer à côté du Scherlievo les maladies endémiques connues sur les ^mioatious de Prenga maie di Breno, Sf/phUoide de liesse^ Spirocohn, Lèpre ^ frimée^ le mal Kabyle^ le Yang-mey-Tchoang des Chinois, la maladie de ^o^fyitf' Mais peut-être quelques-unes de ces dernières maladies ont-elles pour ^igioe le scorbut, le scrofule, le cancer.
\HolaâiedeChavanne'Lure{EauU'Saùne) (1829). — Elle a été décrite par
234 BOUTON d'amboive (1718).
M. Flamand; voici ses symptômes : faiblesse générale; — douleurs nociuroe^ dans les membres, durant de quinze jours à 4 ou 5 mois ; — aphtes blanchàtre< des lèvres; — inflammation de la gorge, de la luette, des amygdales, du voil^: — enrouements, aphonie. — Éruption pustuleuse à la tète principalemeot ^t sur le corps ; — macules.
Cette afTection avait débuté chez un homme de 28 ans qui la commoniqua a ses trois enfants en bas âge, mais pas i sa femme. Il Tavait contractée à H^otbéliard, en buvant dans le même vase qu'un soldat autrichien affecté de lé?ioi» des lèvres. Cette maladie ne se propagea pas dans les communes voisines. - Elle fut guérie par la liqueur de Yan Swieten.
XI. Bouton d'Amboine, Iles Moluques (1748). — Cette maladie a été décrite en 1818 par J. Bontius qui la trouvait semblable à la maladie vénérienne, il parait cependant qu'elle naissait et se transmettait en dehors de tout rapp^^r*. sexuel. Elle siégeait à la face, aux bras, aux cuisses; c'était une éruption «k tophusou de tumeurs dures qui s'ouvraient et rendaient une tumeur gommeu«^ acre, corrosive et se convertissaient en ulcères calleux, etc. Rayer la rippr-^ ^^ du Scherlievo; M. Rollet doute de sa nature syphilitique.
Ainsi les maladies endo-épidémiques décrites sous les noms divers de M'U i^ Sainte-Euphémipy de Pian de AVrac, de RadezygCj de Mal de Fium"^ de S<^' • ■' etc., etc., ne sont autre chose que la syphilis. Mais c'est la syphilis, sansco^i tence avec la blennorrhagie ou le chancre simple et son dérivé le bubon chjr creux. Comme la syphilis est beaucoup moins vénérienne que le chamri simple et la blennorrhagie, qu'elle est une maladie généralement aussi rnni gieuse à la période secondaire qu'à la primitive, qu'elle se transmet en deh^rl de tout rapport sexuel aussi bien que par le coït, on l'observe seuU chei d-*i habitants plus misérables que débauchés. On l'appelle, dans ces pa}?-i syphilis insontium.
Si les médecins mirent ces maladies, aux dénominations diverses main l'identité de leur nature, en dehors de la syphilis, c'est qu'ils avaient rbabitii'i d'associer cette maladie à la blennorrhagie, au chancre simple et à des l«>i«>s génitales.
Il faut donc prendre pour point de départ dans l'appréciation de la critiqi^ de ces endo-épidémies le dogme de la pluralité des maladies vénérienne> " celui de la contagion de la syphilis secondaire.
On peut les diviser en trois catégories: 1** Celle des pays où la s}phil:' apportée accidentellement dans une localité, s'y est d'abord répandue, pui'» rétrogradé et a fini par disparaître (Mal de Sainte- Euphémi^, Pian de >'"i Maladie de Chavanne-Lurcy de Brnnn.)
2* Celles des pays où la syphilis a formé un foyer d'endémie chronique encore existant {Scherlievo^ Facaldina, Sibbens^ Radezyge^ Mcd de la bai* i Saint-Paul).
3* Celles des pays où la syphilis, sous l'influence de la race et du climat, pn sente quelques caractères spéciaux {Bouton d'amboine ? et surtout Yatcs et Pht%
Ces différences s'expliquent par le nombre, les habitudes, l'état social, » position géographique, le climat, l'intervention thérapeutique et la proph}Uit médicale, etc.
GÉKÂRALITÉS SUB LA OÉOGBAPHIS DES MALADIES YÉNÉBIENNES. 235