‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 136 sur 441 · VIRULENCE ET CONTAGIOSITÉ DES LIQUIDES · texte numérisé non relu

VIRULENCE ET CONTAGIOSITÉ DES LIQUIDES

tertiaire, n'est jamais, à Tétat de pureté, ni inoculable ni codtagieux.

Occupons-nous maintenant des liquides pathologiques chez les sujeU atteints de syphilis. Ils proviennent de deux ordres de lésions : le? unes sont une conséquence directe de la maladie et n'auraient janu.existé sans elle ; les autres se rattachent à des causes diverses iDleroe» ou externes qui lui sont étrangères.

Parmi les lésions d'origine syphilitique, le chancre est le prtmitr en date et constitue le type sécréteur le plus complet et la source !i plus abondante du virus. On le voit sourdre à sa surface, sous fornx' de gouttelettes transparentes, ambrées ou visqueuses, qui s'élalenlfl lui donnent un aspect vernissé. Ce liquide, qui contient très peu d'el-^ ments figurés, est contagieux et inoculable au plus haut degré chet !^ sujets qui sont exempts de toute teinte syphilitique antérieure. Lorsqu'il est à l'état de pureté, c'est-à-dire sans mélange avec d auir-? produits inoculables et contagieux comme lui, il donne naissance a une lésion absolument semblable comme nature, sinon comme contguration, à celle qui l'a sécrété. Le chancre syphilitique se trausmH donc sous sa propre forme. La clinique en fournit tous les jours d*^ preuves convaincantes, et je vous énumérerai tout à l'heure celles qik nous devons à l'expérimentation.

Parmi les lésions d'origine syphilitique, les plaques muqueuses ■ u papules plates viennent en seconde ligne, comme date, après le c hancre, et ne lui sont guère inférieures, si même elles le sont, ce qui f< contestable, comme activité contagieuse. Le liquide qu'elles sécrèun* est doué de propriétés virulentes qui le rendent à souhait inoculablH rK contagieux. Voilà un fait sur lequel il n'est plus permis aujounll-î! d'élever le moindre doute. Dès 1 87S il était péremptoirement établi |k.' les expériences de Wallace. Mais, en France, M. Ricord et son t-t s'obstinèrent longtemps à ne pas l'admettre, malgré la surabondaD*des preuves que leur fournissait l'observation clinique. Toutes les lt»>i u; syphilitiques qui se produisent pendant les trois ou quatre premièn? années de la maladie et peut-être même au delà, sont susceptible -» :• transmettre la syphilis par contagion ou inoculation, si elles sécrît-r*; des produits morbides liquides. Il est probable aussi que les parti ^i solides qui entrent dans leur structure sont douées des mômes pr^-; priétés. Ce qu'il y a de remarquable dans la transmission des produ H morbides provenant des lésions secondaires, c'est que le lrd\j. pathologique qu'ils suscitent sur le prûnt contaminé ou inoculé, aK . i

PROVENANT D'UNB LÉSION PRÉCOCE D'ORIGINB SYPHILITIQUE. 249

ujnars à un chancre. Quelque diversité qu'il y ail comme forme, mine siège, comme date, dans les sources de la contagion syphilitiue pondant la phase virulente de la maladie, sous quelque mode et D quelque lieu que se fasse la transmission, c'est toujours lanéoplasie rimitive, le chancre infectant qui en est la conséquence '. Il est extrêmement difficile de tracer une ligne de démarcation ivoise entre les lésions syphilitiques qui sont virulentes et celles qui ^Ir* sont pas. Ce qui me parait à peu près prouvé, c'est que les manirelations ultimes de la maladie ne peuvent se transmettre ni par la )iitâ::ion, ni par l'inoculation. Le virus se tarit peu à peu et finit par i^paraitre. Les graves et profondes lésions de la syphilis tertiaire Vn contiennent pas. Sur ce point, comme sur les précédents, l'expém'Utation et la clinique donnent des résultats qui sont concordants. ÎDsi je ne crois pas qu'on ait jamais vu les horribles délabrements ae la s\^hilis tertiaire produit sur les lèvres, à la voûte palatine, et in> la gorge, par exemple, transmettre la syphilis; tandis que la moinre [>etite plaque muqueuse, si les circonstances s'y prêtent, commuiquera infailliblement un chancre. En 1 878, M. Profeta a impunément KH ulé la sécrétion d'un tubercule syphilitique. En 1865, M. Tanturri, f Viples, n'a pas mieux réussi avec les produits d'une énorme gomme w> -cutanée.

I. <\<' point important de pathologie syphilitique a été surtout mis en lumière par H. Lin^li'bert et RoUet.

• Vt-rv Ip milieu de Tannée 1853, dit M. le docteur Lanf^lebert, une jeune femme vint F < ••n<iul ter pour une syphilis constitutionnelle ; elle avait des plaques opalines et des I-'. ti ■ri> légrêres sur les amygdales. En 18ôl, je trouve sur ses grandes lèvres trois »|.*^ muqueuses de la dimension d'une pièce de cinquante centimes. — La malade

>«aiit demandé si elle pouvait les communiquer : « Non, lui répondis-je, vos boutons <^'<t!it que AeA accidents secondaires ne sont pas contagieux. » Trois semaines après ^ik acmière consultation, un jeune homme entrait dans mon cabinet et me montrait sur

fM^II"! interne du prépuce, un chancre infectant caractéristique, et me rappelant les Mriii>s données par moi à la malade précitée, m'accusait d'être la cause de son mal, iri! jurait a'aToir vu d'autres femmes depuis plus de trois mois. Un tel fait n*a pas r*>i'. ().' commentaires; il force la conviction (Langlebert, Du chancre produit par la k"*''j 'n des accidents secondaires de la syphilis^ p. 47. Paris, 1861). — \jè 13 février <'' .'.'tiliile syphiliographeque je viens de citer communiquait cet important résultat à I N» *ett métiicale du Panthéon. Et puis, en 1858, il exposait dans une publication les ''•' I . Ts faits confinnatifs de la découverte qu'il avait faite.

F.I Kfy, M. Rollet publia dans les Archives un mémoire très remarquable où cette i^'îi 'j r^i ma^stralement traitée, avec tous les développements pathologiques et toutes "^ptti^r^ cliniques qu*elle comporte. Un pareil travail donne à la loi dont nous parlons i»- I ii- inébranlable. Rollet : Études cliniques sur le chancre produit par la contagion ^ ■'■■ •vpAi/if secondaire, et spécialement sur le chancre du menton et de la bouche. ' ' - 'rnerales de médecine, 1859, tr>mc I*'. p. 120, :W0, 3îi7.

250 LES UQUIDES PROVENANT, CHEZ LES STPHIUTIQUES,

Ces résultats spnt trop positifs pour qu'on puisse les contester. Mus il ne faudrait pas cependant s'abandonner à une sécurité trop grande. Oui, ces lésions ne sont ni inoculables ni contagieuses, quand elles surviennent très tard, à une époque fort éloignée de l'accident primitif. Mais admettez qu'elles soient précoces, ce qui arrive quelquefois, par exemple dans les formes malignes de la maladie : croyez-vous qu'elles ne seraient pas dangereuses au point de vue de la transmission? Il y a donc là, comme je vous l'ai dit plusieurs fois, une quesUoa de date pour la virulence des lésions, plutôt peut-être qu'une question de forme et de processus.

Les opinions sont très divisées au sujet de la virulence et de la Don« virulence des lésions qui se produisent chez les syphilitiques peod&o^ la phase secondaire, mais qui n'émanent pas directement de la mal^i die. Supposons, par exemple, qu'il survienne chez eux un phlegmon suivi d'un abcès aigu, sur un point exempt de toute éruption spécii fique ; le pus de cet abcès sera-t-il ou ne sera-t-il pas conlagieui e| inoculable? Il est probable qu'il ne le sera point, s'il n'est pas mélan^^ avec du sang '. Voilà quelle est la réponse générale qu'il est permis d^ faire non seulement pour le pus des abcès aigus, mais pour celui d^ toute autre lésion de ce genre où il n'entre aucun élément spécifique^ Parmi les expériences qui ont été tentées, on doit citer celles dj MM. Rollet et Basset qui ont inoculé à plusieurs reprises, sans obtenij aucun résultat, des sujets vierges de syphilis, avecdumuco-pus blonno^ rhagique qu'ils prenaient sur des sujets infectés. Ils avaient soin qui! fi^ pur de tout mélange soit avec du sang, soit avec des liquides sécrêté{ par des plaques muqueuses ou des chancres. Des inoculations ont et faites par les mêmes observateurs avec du pus d'une chancrelle arti ficiellement produite chez des sujetssyphilitiques. Les sujets non ^A1>hi litiques ainsi inoculés n'ont jamais eu qu'une chancrelle sans intoiira tion consécutive. M. Bidenkap n'a obtenu, comme eux, que des résultai négatifs. Est-il nécessaire de vous faire remarquer combien de pareille tentatives sont dangereuses? Peut-on garantir qu'à la surface des mu queuses ou des plaies suppurantes il ne se fera pas une exsudât)'^ de sérosité sanguine ou un petit épanchement de sang, qui passeruii inaperçus? Si donc ou peut admettre théoriquement que de pareillH lésions, développées sans l'intervention de la syphilis, ne doivent (>*^

1. M. Diday «lyant inoculé à une personne saine et exempte de toute syphilis âtna» I ou antérieure, du pus puisé dans une pustule iodique survenue chei un s>{>h*' * I traité par riodui*e do potassium, n'obtint qu'un résultat négatif.

D*TrVE LÉSION NON SPÉCIFIQUE NE SONT PAS YIBULENTS. 25t

la commuDÎquer, dans la pratique il est bon de s'en défier et de les enir toujours pour suspectes. Dans bien des cas, il est vrai, de pareilles >rvoautioDs sont inutiles, mais, dans d'autres, elles sont formellement odiquées. Ainsi vous fieriez-vous à des herpès, à des aphtes dévelop- \éSy chez des sujets syphilitiques, sur la muqueuse buccale ou sur la Duqueuse génitale? Alors même que vous seriez intimement con vainas que de pareilles éruptions n'ont rien à voir avec les plaques mu* [ueuses, ne les considéreriez-vous pas comme dangereuses, et n*interliriez- vous pas leur contact avec des personnes non contaminées? Ce que je viens de dire s'applique avec bien plus de force encore au quide vaccinal dont la sécrétion s'est faite sur un terrain syphilitique D pleine période d'éruption secondaire. Je vous montrerai tout à heure quelle place considérable occupe la vaccination dans Tétiologie p la s^-philis. C'était, il n'y a pas longtemps, une des questions les plus bscures et les plus embrouillées de la syphiliographie. Grâce aux HDarquables travaux de M. RoUet et de M. Viennois, nous savons kaintenant à quoi nous en tenir. Ici je ne veux m'occuper que des auditions qui président à la virulence ou à la non virulence du liquide imtenu dans les pustules vaccinales d'un sujet syphilitique. Supposons De le liquide soit parfaitement pur, c'est-à-dire exempt de tous mélange (^0 le sang qui, lui, à cette période de la maladie, contient la contaiuffl syphilitique. Eh bien, pourra-t-on l'inoculer impunément et 'obtenir que des pustules vaccinales légitimes, sur le vacciné sain, sans Bcune néoplaisie primitive et, par conséquent, sans intoxication ultébure? On serait tenté de répondre par l'affirmative en se basant sur inoocuité prétendue des lésions dont la pathogénie chez les syphiliques. n'a rien à démêler avec la maladie spécifique. Ici encore on a rat-étre raison, du moins dans le domaine de la spéculation. Mais la mfiance en des résultats aussi favorables serait-elle suffisamment istifiée, quand même on n'aurait pas eu à déplorer des cas de conta- ÎOQ syphilitique par le liquide vaccinal le plus limpide et le plus pur D apparence? Non, caria question est encore à l'étude et elle n'a pas ût un pas depuis des années. Du reste elle a beaucoup perdu de iinportance qu'on y attachait autrefois. Je crois, en effet, que main- ^nant on est unanime sur ce point, qu'il faut rejeter d'une manière ibsoloe tout liquide vaccinal provenant d'un sujet syphilitique. Et xiis ayoDs-nous un réactif infaillible pour nous assurer que l'humeur ranioale est ou n'est pas exempte de virus? Dès lors l'ombre d'un ioute ne doit-elle pas suffire pour l'exclure rigoureusement de la |>r4lique ?

252 INNOCUITÉ ou VIRULENCE DU VACCIN BTPHILITIQUB.

Pour résumer ce que je viens de vous dire sur les produits morbidequi se développent pendant la phase virulente de la syphilis, concluon> : !• que ceux qui procèdent d'une lésion syphilitique de nature secondaire ou tertiaire, dans les trois, quatre ou cinq premières années d la maladie sont contagieuses et inoculables ; 2*^ que ceux provendui d'une lésion d'ordre commun, s'ils ne sont pas virulents, peuvent lrt< facilement le devenir par leur mélange avec le sang ; 3* que parmi eux, le liquide vaccinal, s'il n'est pas virulent au point de vue syphilitique lorsqu'il est à l'état de pureté, doit toujours être considér* comme tel et qu'il ne faut s'en servir dans aucun cas pour vacciner*.

l. Il y a des sypbiliographes qui supposent que le sang n'est point le seul xthicu ' *. virus dans le liquide vaccinal. Ainsi MM. Blakeswel et Taylor attribuent ce r!*- i.i lamelles épidermiques, M. Carter aux leucocytes, M.Simonet à la lymphe. Ces htfWi n*ont rien que de très rationnel, et, bien qu'elles ne reposent pas sur des faitâ pn< ' est prudent de les admettre, parce qu'elles mettent en garde contre les dangr:r^^'^ peut faire courir l'inoculation du vaccin des syphilitiques.

On comprendra que je sols peu disposé a admettre la proposition suivante -^i ^ trouve dans les Leçons de M. Henri Lee, sur VinoctUation syphilitique :

« // est bien évident ^ dit cet auteur, <fue (apure lymphe vaccinale produira seulnHt%t'* maladie vaccinale, qu'elle soit prise sur un syphilitique ou sur un malade afferte tUi'" vérole. » Rien n'est moins évident, selon moi. D'ailleurs quel est le critérium qi.. '« nous permettre d'affirmer que la lymphe vaccinale est pure? — M. Lee raif"iv À prenant pour base cette loi formulée par Hunter, que deux actions mortâd*^ .< peuvent marcher simultanément dans la même partie du corps et dans le même \-^^ir^ Ce sont-là des aphorismes décevants et dont il faut se défier, surtout lorsqu'on C'> ^*A les conséquences graves qu'ils pourraient avoir dans la pratique si on en faisait U'^j cation. On invoque l'analogie ; mais c'est encore là un de ces arguments d«'iitii r faudrait pas abuser. M. Lee y a recours et il rapporte un cas dans lequel la vé<icu.' 'f cinale se développa chez une petite fille pendant l'incubation de la vraie fiè\Te s^r. -H et cependant le produit de cette vésicule inoculé, deux jours avant la variole, à ut. i " enfant, ne fit pas naître choz lui la maladie vaccinale. <« Or, dit M. Lee, commt> \r >■'« syphilitique n'est certainement pas plus contagieux que le virus varioleux, nous pu t conclure que si le premier malade s'était trouvé sous l'influence de la syphilis eu c»-« temps que se développait la vésicule vaccinale, et si le fluide vaccinal avait été m*u' ** • pris do cette vésicule et inoculé sur l'autre malade, la maladie vaccinale seule lui a.ii été communiquée. »> — Je répondrai : c'est possible; mais quel est aujourd'hui le y ' cien qui conseillerait de tenter l'aventure? A une époque où on parle de rendn> <a «» cine obligatoire, on ne saurait trop insister sur les périls que feraient courir le^ ^' "' impures où on puiserait le vaccin.

Henri Lee : De Vinoculation syphilitique et de ses rapports avec la vaccina/ion. L traduites par le docteur Emile Baudot, p. 83-86.

RÉSUMÉ HISTORIQUE DES IDÉES QUI ONT RÉGNÉ SUR LA CONTAGION DE LA STPBi:**

Je ne parlerai point de toutes les hypothèses étranges qu'on fit sur le dével(>r-(^*« de la syphilis, lors de son apparition. Quelques médecins contemporains de I >;• * s'imaginèrent que la transmission de cette maladie pouvait avoir lieu à di^t^ic i l'intermédiaire de l'air; mais une observation rigoureuse fit promptement justice i)-- " ' opinion qui n'eut jamais de partisans sérieux. On regardait plutôt, à cette ep-s^ '

'MPOTiRAPHIE DE LA. CONTAOIOM BTPHILITIQUIi DAK8 L'OBOAKISME. 2S3

' r ««iPiii »K LA CONTAGION' STPBiLiTiouB DANS l'organismb. — PrJDcipaux fojers (le cette < iLiiHAn sar U peau et bur les muqueuses.

>7«r çt'AtUd : C'est le plus important. Il transmet la syphilis surtout par le chancre infectant, -ij<i .1 Ij transmet aussi par les plaques muqueuses principalement chez les femmes. '•y^r anal : Par loi la transmission s'effectue de la femme à l'homme, et entre les individus du «' \* ni3^(-tilio.

• //«• tHtrtui : Il est très actif et fort dangereux chez les enfants atteints de syphilis héréditaire. Il '- 1 .,»* 1 »econd rang comme importance chez les adultes.

r«r mammairt : Les seins reçoivent plus souvent la syphilis qu'ils ne la donnent.

Les lésions que je viens de vous signaler comme les sources les lus ordinaires du virus syphilitique ne se disséminent pas au hasard li avec la même fréquence sur toutes les parties du corps. Elles ont Mir certaines régions une préférence marquée, et elles s'y réunissent n foyers à peu près constants où vous serez sûrs de les toujours ren-

-utrer. Aussi est-il nécessaire, après les avoir énumérées sans distinciuD de lieu, de décrire leur topographie dans l'organisme. Au premier

in^ l'ommcune humeur pathologique, une sorte de teinture qui, semblable à un poison, I / irait au sein de l'économie et la viciait dans toutes ses parties constituantes (A.Ber^i -ta> . Aussi tout était tenu pour contagieux dans l'organisme des syphilitiques h Ma-«^.i;. On a vu que, sauf quelques restrictions, c'est aussi notre manière de voir,

■ ni '\iïf> quand il s'agit des accidents qui se développent pendant les quatre ou cinq n* iHivs années de la maladie constitutionnelle. D'après Astruc, toutes les humeurs HiJMient devenir virulentes : le lait, la salive, la sueur, la sanie séreuse, le pus, la rr*!i-^e et les autres humeurs séminales.

HvitHr fut le premier qui s'éleva contre de pareilles idées. En se fondant sur les ^-L \.\\s. de la réinoculation, il divisa les accidents syphilitiques en primitifs et secon- ^^r'«. Les premiers seuls, pour lui, étaient contagieux. Cette erreur dangereuse a fait ' *. et s'est perpétuée jusqu'à nos jours; mais elle est défînitivement abandonnée.

• 'i-t-^e de révolution que suscitèrent en syphiliographie les idées de Hunter ne détruisit tt> • f'uiplètement les saines doctrines, en matière de contagion, qui avaient eu cours 11»' l'apparition de son fameux Traité, en 1786. En Angleterre, B. Bell et Swédiaur ; en ^r.i ..». Callerier. Bosquillon, Delpecb, Lallemand, continuèrent à considérer la syphilis

■ r!i-ii^ virulente et contagieuse à toutes ses périodes. Hunter ne croyait pas à l'infection ' t *. Mire ni à la transmission de la syphilis à la nourrice par l'enfant. Nisbett, Mahon 1 iu^riu publièrent des mémoires ou des livres pour démontrer le contraire.

> Kil à 1837, M. Ricord répéta les expériences de Hunter et il arriva comme lui à

' 1 r...ntagion de la syphilis secondaire et du sang syphilitique. Mais il admit la

' • Hi^Mon hériditaire, sans croire que la contagion de la syphilis hériditaire du nou-

• .w.«^ a la nourrice fût possible. Cependant, à la même époque, l'expérimentation pra- ^' I . -• rar d'autres médecins donnait un flagrant démenti aux doctrines de Hunter et de I '«l. En IKio. Wallace démontrait par des expériences positives la conugion des i* > • ••-> moqueuses et des éruptions syphilitiques pustuleuses, résultats qui furent f f r.^ parles inoculations que pratiquèrent Waller, Vidal, l'Anonyme du Palatinat, ^•- Ker, Gibert, etc., etc. Tous ces expérimentateurs inoculaient des sujets vierges de

254 IMPORTANCE DU FOTEB GÉNITO-ANAL DAKS LA GONTAGIOH

rang de ces foyers de virulence, chez les adultes, pendant la périfidf active de la vie sexuelle, il faut placer les organes génitaui. C'est sur eux ou dans leur voisinage qu'on observe incomparablement le ph^ grand nombre de chancres syphilitiques. C'est par Taccident primitir surtout qu'ils sont dangereux. Plus tard, lorsque les accidents consétutifs se déterminent sous forme d'éruptions érythémateuses ou papuleuses sur les surfaces cutanées et muqueuses, les organes sexuel* deviennent le siège de la lésion la plus contagieuse, après la néoplasiinitiale. Cette lésion, c'est la plaque muqueuse. Mais à cet égard il } a une distinction à faire entre les deux sexes. Le foyer génital delacoc tagion syphilitique secondaire n'est ni aussi abondant ni aussi cmtmun chez l'homme que chez la femme. J'en excepte cependant les ca< dans lesquels le phimosis et la balano-posthite qui compliquent si soc- ! vent les chancres infectants chez l'homme, entretiennent sur les paroii de la cavité glando-préputiale une irritation dont des poussées incessantes de plaques muqueuses sont la conséquence presque nécessaire. Au pourtour des organes génitaux rien n'est commun comme les éru^ tions papuleuses qui se transforment rapidement en plaques suintante

syphilis avec des produits syphilitiques, tandis que Hunter et son école s*en tenaient s-^ " réinoculations qui sont toujours négatives dans la syphilis.

Wallace et ceux qui marchèrent sur ses traces dans la voie de rexpérimentr v laissèrent toujours planer une certaine obscurité sur la lésion que produisait lin J» tion des accidents secondaires. Dès 1844, Ck>lles, au contraire, posait en princi^ie • i a contrairement à l'opinion de Hunter, et conformément à celle de beaucoup d'aov i^ une affection syphilitique secondaire peut donner naissance à des symptômes pnc. î.ft chez une autre personne. » M. Langlebert, comme nous la von s vu, démontra qu A ne peut donner lieu, quelle que soit sa nature, qu*à t accident primitifs c'est -a-4)r> tf chancre infectant. « Il n'est pas d'induration plus nettement accusée que cetl^ -.* occupe l'endroit contaminé par la communication de la syphilis par le produit dt> k dents secondaires,» avait dit Auzias Turenne, devant la Société médicale da Pantirc le 14 novembre 18S5. En 1858 et en 1859 parurent sur cette question les remarquij « travaux de M. Rollet, dans lesquels il décrivit surtout deux grandes catég*^^^ * chancres syphilitiques, le chancre céphalique et le chancre fiwmmatre, cofnj»l»t'"i* méconnus auparavant, du moins en tant qu'accidents primitifs originaires de la < <>: t c « des lésions syphilitiques secondaires. Plus tard, eu 1860 (Pluralité des maladie^ « "*' riennes), cet émineut syphiliographe compléta, par la détermination exacte du ^^ ^ * vaccinosyphilitique^ la série des chancres qui résultent le plus souvent de cette impt-ru source de la contagion par les lésions secondaires. Les autres recherches du c»-: i auteur sur la transmission de la syphilis entre 7towTices et fiourrissons au pçtnt •<-. i de la médecine légale eurent encore pour résultat de ramener les esprits aux îdcvs aii- ■ nement admises en matière de contagion, et c'est par l'ensemble de ces travaux qo* ' renoué le iil de la tradition interrompue depuis Hunter.

J'ai dit ce qu'on devait penser de la contagion des accidents tertiaires. 11 ^ - ' grandes probabilités pour qu'ils soient inoffensifs, à la condition toutefois d'être tx«"'

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