COKTAOIOK MÉDIATS DE LA SYPHILIS
noîtrriceSj suivies de la relation dune affection syphilitique comm niguée à plusieurs femmes par la succion d^s seins, (Lille, 1825.;
Les chancres syphilitiques des lèvres, de la langue et des amygdale
ou de l'isthme sont fréquemment transmis à ces parties par rioteinM
diaire d'objets inanimés, surtout par des ustensiles de méaaco
cuillers, fourchettes, verres, etc. Recommandez donc toujours à vc
malades atteints de plaques muqueuses labiales ou linguales de faii
grande attention à ne pas contagionner par ce procédé les personu
qui les entourent. Faites-leur sentir la nécessité de se servir d'ustensile
exclusivement consacrés à leur usage. J'ai vu un chancre labial prodn
à la lèvre supérieure par la coupure d'un rasoir. Les cas d'infectii]
par les pipes sont très communs. Mais parmi les sy)>hilis transmises
la bouche par l'intermédiaire de corps inertes il n'en est pas qui mt^ril
d'être étudiée plus sérieusement que celle des ouvriers verriers. Ce
à M. Rollet que revient le mérite d'avoir observé et décrit le premier
en 1858, la source importante de contagion syphilitique qui résulta <l
soufflage du verre. Les ouvriers qui exercent cette profession foni)^
une série dé, trois et soufflent alternativement et sans intervalle daD» i|
long tube de fer ayant la forme d'une queue de billard, qu'on ap{M-l
la canne. Le premier qui prend la canne est un enfant ou un tout jeui
homme. On l'appelle le gamin. 11 retire du four la canne chargêt" i
verre en fusion et il y souffle quelquefois, mais pas toujours. Le secoi
est plus âgé, c'est \e grand garçon. Il donne au verre par rinsufBati^
k forme d'une ovoïde allongée et passe ensuite la canne au troisit'O
souffleur, V ouvrier^ homme d'Age mùr qui imprime au verre sa forq
définitive. La canne est ensuite reprise par le gamin et l'opération (^
nous avons décrite sommairement recommence. L'infection syphilitiij^
peut donc se faire avec la plus grande facilité entre ces trois individu
abouchés à tour de rôle au même instrument qu'ils passent sur lea
lèvres, qu'ils humectent de salive, qu'ils font tourner en soufflant et àii
l'embouchure est souvent rugueuse. Il suffit que|l'un des trois ourrk
soit malade pour qu'il transmette la syphilis aux deux autres. Mi
l'agent le plus ordinaire de la contagion c'est le grand garçon, ^i
Age et ses habitudes l'exposant le plus à contracter la syphilis par I
voies ordinaires. Ce mode de contagion, observé par M. Rollet sur d
ouvriers appartenant aux importantes usines verrières de Rive-de-iî:^
a sévi aussi dans d'autres centres industriels, et il a été fréquemn>i
la cause d'endo-épidémies syphilitiques qui ont atteint un grand noi
bre d'individus, car la syphilis ne tarde pas à sortir de t'usine \t^\
STFHILI8 DES SOUFFLEUBB DE VERBE. 26B
entrer dans les ménages et s'étendre non seulement à la femme, mais mcore aux enfants et quelquefois plus loin ' .
Je voag ai dit que la syphilis avait fréquemment les doigts pour igenU de transmission ou de réception. Les médecins et les sagesemmes sont exposés à la contracter par le toucher quand les précau-
1. Syphilis dks souffleurs de verre. — Depuis quinze ans, époque à laquelle on A'iopiê, à Rive-de-Gier, chez MM. Richarme frères et Boichot, les fours Siemens, hQuf!r< au gax pour maintenir constamment le verre en fusion dans un seul et immense i»<ii) qui a remplacé les anciens creusets, l'industrie verrière, déjà si florissante dans itt fV)non, a pris un développement considérable. On distingue trois opérations dans Uttrication d'une bouteille : l*' le cueillage du verre fondu, au bout de la canne ; laiioQ^ment du cueillage, le moulage ou Xd^paraison; 3* le soufflage de la boule de rr>f. Louvrier qui est payé aux pièces, arrive, malgré la chaleur qui Tentoure, à tfflt-r et à racoler soixante-quinze à quatre-vingt-cinq bouteilles à l'heure. Ce genre tnvdil expose à des accidents divers dont les principaux se localisent dans les yeux «Sâî«s la cavité buccale : ainsi Téclat de la lumière blanche fatigue la vue et la cata~ ru- $'«.b«erve plus fréquemment et plutôt chez les verriers que chez les forgerons. La ■iprv>s>ion deTair dans la bouche, pendant le soufllage, provoque sur toute la muqueuse r<':ie cavité une inflammation chronique qui se concentre principalement vers la r I aiédiane et supérieure des joues; elle consiste en plaques psoriasiques d'un blanc BTbnt mat qu on peut appeler professionnelles, parce qu'elles ne s'observent que chez wrrit^rs. particulièrement chez les bouteillers qui remplissent depuis plusieurs bt» le rôle de ffrand garçon et d'ot/mer. Ces plaques psoriasiques, qu'il ne faut pas tt/"ndre avec les plaques syphilitiques, atteignent parfois la largeur d'une pièce de bn^>% oi «('éteodent du repli supérieur au repli inférieur des gencives, autour et aulNs> de l'ouverture du canal de Sténon. L'embouchure de ce dernier devient rouge iir.:iHr<*nte ; son sphincter cède quelquefois à la pression de l'air et le canal salivaire i\U\e dans toute son étendue jusqu'à la parotide. Les joues perdent leur ressort et ^cn*>nt raxi^s^ comme disent les ouvriers. Enfin, sur les lèvres il se produit aussi une ■4 professionnelle par le frottement de la canne; c'est un durillon épithélial compaic* IX durillons épidermiques des ouvriers ajusteurs qui manient le burjn, par exemple. \v^ re^ lésions ont été très bien décrites par M. le docteur Guinand qui vient défaire lltnp réremment un excellent travail ^utIa Syphilis des verriers (G. Masson, édit., 1881). hk iH^ nationale de Lyon s'est livrée à une discussion fort instructive sur ce mémoire ; 1. l>i<l.iy et Rollet ont prononcé d'importants discours. Grâce à tous ces travaux la ^•. n 'Je la syphilis des verriers est aujourd'hui élucidée : nous avons dit que c'était I. R^liH qu'appartenait le mérite de l'avoir le premier décrite en 1859. ift première épidémie eut lieu en 1862 dans l'usine Lanoir de Rivé-de-Gier: un grand *9n, porteur de plaques muqueuses aux lèvres, communiqua le virus à trois ouvriers I an autre grond garçon, lesquels, sans se douter de leur mal, devinrent le point de ^r »1h Douveaax foyers d'infection. Il y eut environ vingt victimes parmi lesquelles n^Ji^ pères de famille qui transmirent la syphilis à leurs femmes et à leurs enfants. £« l*^, aoe petite épidémie semblable se produisit à Faymoreau en Vendée. Une troit&er^idémie très bien décrite par M. le docteur Dechaux, en 1867, eut lieu à Montluçon. > u{ît«> graves se prolongèrent pendant plusieurs années. Le porteur du contage >nit. paralt-iL le virus dans les fosses nasales. Il avait infecté déjà plusieurs de ses Nrue% à Cba<cny, à Blanzy, à Meaux et à Chàlon. C'est en soufflant et en préparant la n'i-'k tantôt pour Tun, tantôt pour l'autre, qu'il sema le germe de l'épidémie. Douze ronip h'tmmes fnr«*nt atteints, cinq à six femmes, plusieurs enfants, quatre nouveau-
264 DIVERS MODES DE LA CONTAGION SYPHILITIQUE MBDLàTE.
lions convenables ne sont pas prises pour l'éviter. Dans le mal de Sainte-Euphémie, le point de départ de l'épidémie syphilitique fut une pustule survenue au doigt index d'une accoucheuse. Une autre épidémie observée à Limoges et décrite par M. le docteur Bardinet, fui produite par le même mode de contagion.
nés et trois ou quatre fœtus, soit plus de trente victimes. Cette épidémie qui corameîjr) en 1866, sévit toute l'année 1867, récidiva en 1868 et elle n'était pas encore termir-- 1 25 juin 1869. Beaucoup de cas isolés ou de petits foyers syphilitiques moins graves qn^ ::• précédents ont été observés dans les différentes usines de France et surtout à Rivr-> Gier. Aussi s*est-on préoccupé longtemps de la question prophylactique. Grâce à Xvlw tive de M. Diday, en 1862, à la suite de Tépidémie survenue dans Tusine Lanoir, la r:*.-périodique fut la première mesure de prophylaxie demandée par les ouvriers, coi.<^>i> par l'administration et employée par les patrons contre la propagation de la sypbiii' -. verriers. La même année, M. le docteur Chassa gny proposa un moyen de proph^Ut^. qui consistait à placer, entre la canne à souffler et la bouche de Touvrier, un intm»» diaire, un embout, dont chaque souffleur serait muni et qui lui servirait exclostAf^iâr Mais les ouvriers qui avaient paru d'abord laccepter avec le plus d*enthûu»u>acessèrent bientôt de s'en servir, parce qu'il ralentissait leur travail. Aussi cette invertit.* simple et ingénieuse n'a-t-elle eu aucun résultat pratique. La visite mensuelle n^^nit#n| des ouvriers parait suffisante à M. Guinand, quand elle est appuyée de la coatr^^M rigoureuse de tous les nouveaux arrivants. Elle doit porter sur la bouche et les part.t génitales, etc. La visite partielle et accidentelle est insuffisante. Pendant combiec • temps faut-il suspendre le travail d'un souffleur syphilitique? Il est difficile de fix-*r ^ délai invariable. Celui de deux ou trois mois proposé par M. Dechaux est trop O'^ri | il fait remarquer du reste que ce délai n'est pas sans éventualités. Si un soufOeur »- > i pas être visité fréquemment, il serait imprudent, d'après M. Guinand, de Tauton^-^ ' reprendre son travail avant huit à douze mois. M. Dron pense que lès visites ne pc^\:« pas être assez rapprochées pour faire éviter la contagion; que chez des femmes pubii*4..0i par exemple, des accidents se développent entre deux examens et que, pour être j ! lide la contagion, il faudrait expulsqr les ouvriet^s syphilitiques. Sur la propo<ir.t.t i M. Diday, la Société nationale de médecine de Lyon, présidée par M. Rollet, émit litf, la séance du 30 novembre 1880, le vœu suivant : l** Que les visites périodique» r^n'.* • des ouvriers verriers employés au soufflage soient instituées dans toutes les usines o« ' i fabrique le verre ; 2* Que les ouvriers souffleurs, syphilitiques ou ayant eu la sy/»/-:.'»* ii soient plus admis à travailler sans faire usage de l'embout inventé par M. CA<iJ«dy«ti au moyen duquel la contagion entre compagnons de soufflage est sûrement éritrt.
Ce ne sont pas seulement des chancres labiaux qu'on observe chez les ouvriers \er^ 'i M. Rollet leur en a trouvé plusieurs fois sur les amygdales, la salive ayant *'uin l jusque-là le principe contagieux pendant la déglutition. Il y a donc chez ces «a^r* i les chancres des lèvres, ceux des commissures labiales et ceux des amygdale^ O»* curieuse cependant! malgré les gerçures, les fendillements répétés, le psoria»i^ 1nique avec plaque épithéliale desquamative de la face interne des joues» au pourt* «v • l'orifice du canal de Sténon, malgré toutes ces conditions favorables i l'implantai i^^ principe contagieux, jamais on n'a observé de chancres dans cette région. M. Ouiau a décrit les plaques professionnelles des ouvriers sous le nom de plaques 0paline% • une épithète consacrée pour désigner les plaques syphilitiques de la caTîté buccale: pourrait donc prêtera une confusion fâcheuse. Les plaques géniennes profession tiw rappellent par leur aspect l'argent mat, l'argent bruni, la cautérisation récentnitrate d'argent, tandis que les lésions muqueuses syphilitiques présentent la r : opalinité que la vessie natatoire des poissons.