‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 141 sur 441 · DE LA CONTAGION SYPHILITIQUE PENDANT L* ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

DE LA CONTAGION SYPHILITIQUE PENDANT L* ACCOUCHEMENT

Les opérations chirurgicales doivent aussi trouver place parmi les :eDts de l'infection syphilitique. Qu'il me suffise de vous signaler Implication de ventouses qui amenèrent la maladie de Brun^ la iDsplantation des dents, opération aujourd'hui inusitée, mais en "aûde faveur à Londres, au siècle dernier, le cathétérisme de la nmpe d'Eustache, la circoncision, surtout quand l'opérateur qui avait Qpé le prépuce exerçait la succion sur l'organe saignant. — Si on I prenait pas les soins de propreté convenables, rien ne serait plus »êque de transmettre la syphilis avec le laryngoscope, le spéculum, bistouri, la lancette, les serre-fines, les pinces, les pièces d'appa- \h, les linges de pansement, etc., etc.

Pendant longtemps on a considéré l'accouchement comme une use d'infection syphilitique. Il est dilTicile, toutefois, que les organes oitâux de la mère, fussent-ils couverts de chancres ou de plaques aqueuses, puissent transmettre la syphilis à l'enfant, durant le pasge. car le petit être vient au monde avec un enduit gras et épais D le recouvre de la tète aux pieds. En outre, il est baigné par des [aides qui le protègent aussi, et il faudrait que son épiderme, habiellemeut intact, fût lésé par un traumatisme quelconque, pour que viru>eùt quelque chance de s'inoculer sur lui. D'ailleurs, on n'a é aucun exemple d'un pareil mode d'infection; on a vu, au conlire, des enfants sortir intacts d'un accouchement, même laborieux, n des femmes syphilitiques. — Si l'enfant était couvert d'ulcérant sj-philitiques au moment de sa naissance, ce qui est très rare, orrait-il infecter sa mère au passage? Sans doute, si elle n'était jà syphilitique. Mais il n'est guère admissible qu'elle ait échappé à tf^( tion pendant la grossesse, et que le fait d'avoir porté pendant Df mois et nourri de son sang un enfant syphilitique, ne lui ait pas Qiïré l'immunité dont nous avons plusieurs fois parlé au sujet de la A*" Colles.

Fanai les cas de contagion médiate, les plus intéressants sont ceux i >e font par l'intermédiaire d'individus qui servent de véhicule au Un sans être eux-mêmes infectés. Ils jouent le même rôle que les ti'-ts inertes. Nous verrons qu'un fait semblable peut se produire pour blennorrhagie et pour le chancre simple. Dans les premiers jours de D mariage, un jeune homme pratique le coït avec une ancienne mal- ^^»* qu'il rencontre ; puis immédiatement il renouvelle le coït avec diurne. A quelques jours d'intervalle, un chancre se déclara chez Ut dame et fut suivi d'une syphilis constitutionnelle des plus graves.

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Le mari n'eut rien. De même que les organes génitaux, les mm^ Ions, les lèvres, les doigts et d'autres parties du corps, poumi^ni servir de véhicule au virus, tout en ayant la chance de n'en être paatteints.

Le parasitisme a été regardé par M. Diday comme une cause spéciale de contagion syphilitique. C'est surtout l'acarus de la gale quiaét^ accusé. Il n'agirait alors que comme un véhicule inerte en Iranspwtant le virus de l'organisme syphilitique, qu'il quitte, sur l'organisiw sain où il vient s'implanter. La teigne, dépositaire du virus df !a pustule maligne qui ne l'affecte pas, transmet cette dernière malade Pourquoi n'en serait-il pas ainsi de l'acarus ? Mais, a objecté M. Rolk comment cet insecte qui habite l'épiderme, qui se creuse des galerie* j entre ses différentes couches, mais n'entame jamais la peau jusqu'à îi | faire saigner, pourrait-il se charger de virus ? Et, en admettant qu li en fût chargé, comment l'inoculerait-il, puisqu'il ne quitte pas k-» couches épidermiques ? Des faits vaudraient mieux que le raisoim*ment. En 1871, M. Profeta a observé un chancre interdigital drL main droite qui, d'après ses investigations les plus minutieuse>, ni pouvait avoir été inoculé en ce point que par un acarus.

L'infection syphilitique peut s'effectuer suivant des modes si varif*. si multiples et même si inattendus, que vous ne devez jamais voui arrêter aux impossibilités apparentes dans les questions d'étiologie. Maintes fois vous ne parviendrez pas à découvrir comment oei!» maladie a été contractée ; mais, bien plus, vous la verrez surgir infiiM dans les cas où vous aurez pris contre elle toutes les précautions imaginables ! Aussi il est très rare qu'un mari ne communique pa^ b syphilis à sa femme, quoiqu'il soit averti et pénétré de tous les dai> gers auxquels l'expose sa cohabitation. Dernièrement encore j'ai n deux cas semblables, et cependant il n'y avait pas eu d'impradeoiti commise, et je ne suis parvenu à découvrir, ni la lésion qui a infedé, ni le processus de l'infection. Ajoutez que l'accident initial échaff^ souvent en pareil cas ; mais peu importe. Quelque obscurité qu*il y u\ dans la transmission, formez votre jugement d'après les faits que vou constatez et n'attendez pas pour agir des éclaircissements qui t<4 presque toujours défaut.

Il me reste à vous parler maintenant de l'infection syphilitique [-v la vaccine, dont on a été très longtemps à dissiper le mystère. Il ) J vingt ans, les difficiles et nombreux problèmes qui se rattachent 4 > mode d'intoxication furent le sujet de discussions sans tin : tî^^

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iuient devenues cependant inutiles depuis les beaux travaux de L Rollet et de son élève, M. Viennois, publiés, ceux du maître en 860, et ceux du disciple un peu plus tard, la même année, puis en 862 etl864. Ce qui paraissait si embrouillé autrefois a été rendu clair, l aajoard'hui que la lumière est faite, cette grosse question de la fphilis vaccinale a beaucoup perdu de son intérêt théorique '. Elle en reste pas moins toujours à l'ordre dujour, surtout dans le domaine t la prophylaxie. Je vous ai longuement parlé du vaccin chez les tjets syphilitiques; je n'ai donc pas à y revenir ici. Qu'il me suffise insister encore sur les dangers que peut faire courir même celui qui 1 60 apparence le plus pur et le plus limpide. La première et la prinpale source de l'infection, c'est donc le vaccinifère^ surtout si le

L En'Ihv-kpidkiiies VACCiNO-SYFHiLiTiQUKs. — La question de la syphilis vaccinale a '<j(v Pt oe4^ape encore une place importante dans la syphiliographie contemporaine. ^ ''tait loin cependant d'être ignorée ou méconnue de nos prédécesseurs. En 1807. n»»/»"? avait remarqué que parfois des éruptions générales qull désignait rous le nom i\U vaccinale {cow-pox-itch), survenaient à la suite de la vaccination. En 1814, Monxia lut à rinstîtutdes sciences de Milan un mémoire tendant à prouver que la syphilis a « imxuler en même temps que la vaccine. La même année Marcolini constatait la àtx-' (Je cette double inoculation. En 1823, Omodéi écrivit que le sang mêlé au vaccin, v^iùi «ar un syphilitique, était t>eul Tagcnt de la contagion. Dans un mémoire du docr L>'\on trouve réunies, les unes à côté des autres, les opinions de quelques éminents é>ân*, entre autres MM. Ackerly de Liverpool, Bamberger de Wurzbourg, Barber de Dford. Complin, Douglas, Lever, etc., etc. Mais ce n est réellement qu*à partir de 0 que la syphilis vaccinale, par suite d'une série de faits exceptionnellement graves, iir*âra de l'attention publique, et que les dangers auxquels elle expose furent étudiés fit manière approfondie et soumis à des discussions savantes et complètes, dans les naux'de médecine et dans les sociétés savantes. On pourrait décrire un grand ftbrv d'endo-épidémies syphilitiques plus ou moins sérieuses produites par la vaccina- ): j*" m en tiendrai ici aux principales, à celles qui sont pour ainsi dire historiques et

i h (1<nt connaître, du moins dans leurs circonstances les plus caractéristiques, a K'*^. les tribunaux de Berlin, condamnaient à deux mois de prison et à une amende "lO thalers, un vétérinaire convaincu d'avoir transmis par la vaccination la syphilis à ^iii indtvidos. Le virus avait été fourni par un enfant dont la bonne santé ne parais-

p4« douteuse le 14 février 1852, mais qui, le 21, présentait la roséole spécifique la fc r\idenle.

4 nW^rne année eut lieu le procès Hubner, au sujet des faits suivants que je vais hn^r. Le le juin 1852, huit enfants de la commune de Freinfels furent vaccinés par le i^'jr Hubner. médecin sanitaire à HoUfeld (Bavière). Ces enfants étaient tous bien tai/.v josque-là, ainsi que leurs mères et leurs proches. Le vaccin fut pris sur Tenfant y v<uerite Keller, célibataire. Chez la plupart des vaccinés, au bout de quinze jours p..iv I**» postules vaccinales se changèrent en ulcères confluents de mauvais caracr «^'..trus mois après, il survint sur diverses parties du corps des éruptions spécifiques.

^it enfants rendus syphilitiques infectèrent plusieurs personnes avec lesquelles ils hri i habttuelleinent en contact, et, le 18 février, c'est-à-dire, huit mois après la vacci- ^.a.U foyer syphilitique comprenait seize personnes. Marguerite Kelier, mère du vac- /'f. était syphilitique, et celui-ci âgé de trois mois était affecté de pustules aux it»^, aux pieds et à Tanus, d*ophtalmie. de suppuration de rombilic. Il succomba à

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