DANS LA SYPHILIS VACCINALE
t, prie fait» il n'en fut atteint que plus tard. Comment expliquer, dès irs« qu'il ait pu transmettre la syphilis avant de l'avoir? Ici deux hypoi»'se5 se présentent : la première, c'est que le sang étant infecté avant ;i|>parition de l'accident primitif, peut-être y en avait-il de mélangé I] vaccin; la deuxième, c'est que le virus contenu dans le vaccin de hiabrera et inoculé à Manzone était resté sur place, et qu'une partie u moins n'avait pas encore pénétré dans la circulation ; de telle sorte Ut' Manzone en ce moment joua, par rapport aux autres enfants, le i« d'un dépositaire du virus, d'un intermédiaire inerte. Malheureu- .'m^nt, il ne resta pas tel, puisque, lui aussi, eut plus tard la syphilis, ioi^ Cl* n*est pas la sienne qu'il transmit, ce fut celle de Chiabrera.
•"•' iv^niiiiutiiqua la maladie à sa mère, le second à sa nourrice. Trente mères ou trrui'^i fanant conta^'ionnées par ces quarante-six vaccinés et les deux vaccinifères {li.it «)ue^. Trois mères communiquèrent la m<aladie à leurs maris et à des enfants M. ;>"r-;int« jusque-là. Parmi le.; particularités les plus remarquables de cette fameuse " :> iM»' ii faut citer la virulence prématurée du vaccin chez l'enfant Manzone qui était ir^aitrrint'nt sain, ainsi que ses parents, avant la vaccination. M. Lee insiste sur cet autre il *\uf lorsque la maladie de Rivalta, jusqu'alors inconnue dans cette ville, se mani- »ïa >n n** con.stata aucun intervalle entre l'apparition des accidents primitifs et celle ■» « (iilfiits secondaires et que la syphilis fut caractérisée là, comme dans d'autres • ni ' X t^pij ternies, par une éruption pustuleuse qu'on confondit avec la petite véroA. i ! tiin* des observations ne m'a pas péremptoirement démontré que les choses se I.'- ' |M^M^e$ delà sorte. Certaines endo-épidémies syphilitiques très violentes seraientk* «at.icténsées, comme évolution, par l'absence de tout intervalle entre Tapparition
V i< • idt-iiis primitifs et celles des accidents secondaires? On dit qu'il en était ainsi au tu- me «lècle. B^iwmau a observé des faits identiques au Canada, u Lorsque la syphilis, t M. Lee, apparaît dans un pays, elle est caractérisée par des symptômes très graves <l"i 1 1 intensité est encore plus grande quand elle est importée d'un pays chaud dans un
V fr.rid Après un certain laps de temps, la maladie devient moins grave, ses progrès Mr.> rapides, ses symptômes moins intenses, et, à notre é[>oque, il est certaines manifesr- n^ que nous n'observons pas. Peut-être même, dans des temps plus reculés, ne rjfrit-»*lle plus qu'aux organes génitaux?...» — L'inoculation d'un liquide vaccinal dont
I r.f;»*ou le pus^onten voie de décomposition, peut donner lieu à des symptômes locaux ' ■ -titutionneis qui ont quelque analogie avec la syphilis. Mais une analyse attentive ^(»'i>-n'.»fnèiieâ morbides permettra toujours de reconnaître la nature spécifique des i ' ^ prxluites par la vérole. Quatre règles doivent être suivies pour que la vaccination ^ >t <>uivie d'aucun accident: l' se servir chaque fois d'une lancette propre; 2^ ne pas Bp N^T de vinis vaccin qui ait été recueilli au delà du huitième jour, depuis l'appari- ^1 'U la vésicule vaccinale; 3* ne se servir que d'une lymphe vaccinale pure et non ' I' .'r^ a du sang ou à tout autre sécrétion; 4" se servir de lymphe prise sur un sujet ^j j..rtjiil. — Un fait clinique qui ressort de l'étude de ces épidémies vaccino-syphi- ^ « I -^, c c^t que la modincation imprimée à l'organisme par la vaccine précipite la r:*- d'^ manifestations éruptives chez les sujets en puissance de syphilis. Ne serait-ce i* i 'V qui a fait croire aux véroles sans deuxième incubation ? f'inni Ifs nombreuses endo-épidémies vaccino-syphilitiques il faut citer celles de T*> iji bust, et d'Aimé, près de Bcrgame en 186-i et 1863, et bien d'autres observées et > r/r« par M. Ceccaldi en 1815 ; par M. Viani en 1819 ; par M. Lecoq en 1858 ; en 1865 ir M. R<>«l«rt, etc., etc.
270 CONTAGION PAR LE YAOCINIFÈBE, LE YAOCINÉ,
Cette hypothèse me semble préférable à la première. Rien, a eSet. n'est venu prouver que le sang fût chargé de virus pendant rincobition du chancre. Faut-il admettre, comme le veut M. Diday, qu^dia* les lésions communes non syphilitiques, mais que la syphilis e»tpr-« d'envahir, il y a un moment où le pouvoir contagieux de la ié^irifi ^\ incontestable, bien que celle-ci n'ait pas encore de caractère spéci&^:f prononcé? Voilà une troisième hypothèse que vous pouvez ajouterais deux précédentes : c< Fort souvent, dit M. Diday, la pustule vaccii»!est cicatrisée, ou du moins elle est en desquamation, lorsque w chancre se manifeste sur la place qu'elle occupait. Mais d'autres foir V chancre naissant existe sous la pustule avant que celle-ci ait ce!»5 • if sécréter de la lymphe vaccinale. En pareil cas, la méprise est pre^çiv inévitable. Vous voyez une pustule régulière en apparence, ^cs' croyez y prendre de la lymphe normale, et, malgré toutes vos pr^^ îO-' tions, votre lancette y trouve mêlée la sécrétion du chancre qni cv*mence. » {Gaz. méd. de Lyon ^ fév. 1865.)
Une autre source de syphilis vaccinale moius fréquente que la [r ' mière, mais tout aussi positive, ce sont les vaccinés. Supposez, i'^ ^ est arrivé plusieurs fois, que parmi eux il y ait un syphilitique: la h> cette qui lui inocule le vaccin du vaccinifère se souille de son >au. Eh bien, si on n'a pas soin d^essuyer l'instrument, celui-ci, au roovn' du sang, transporte le virus dans les pustules du vaccinilerf c on va puiser peut-être de nouveau vaccin pour les vaccinali»"r* ultérieures.
Voyez-vous les conséquences de ce fait? Le vaccinifère qui <•'.•?» sain pourra être infecté, et tous les vaccinés, venant après le vaccuir sypihiUtique, courront également la chance de l'être. La conclu?^) rj pratique, c'est qu'il est indispensable de nettoyer avec grand soin 'i lancette après chaque vaccination, ou de se servir d'un instninur! différent pour chaque vacciné. Ce mode de contagion, par un de> t.i cinés, vous explique comment on peut être infecté, même en se ^ :vant de vaccine animale ; c'est alors du vacciné, à la plaque de xf^n- ^ que se font le transport et l'échange des liquides virulents. i
Enfin, la contagion vaccino-syphiUtique peut avoir pour agent > vaccinateur, s'il se sert d'un instrument malpropre, ou si ayant fi* plaques muqueuses dans la bouche, il emploie de sa salive pour déla\ du vaccin desséché. Je n'ai pas besoin de vous dire que ce min) d'infection est très exceptionnel.
Ainsi, la syphiUs vaccinale peut provenir : !• du vaccinifèn . 2* du vacciné ; S"" du vaccinateur. C'est surtout par l'intermédiaire «h
LE VAGCINAT£UR ET LE yAœiN SOUILLÉ DE SANG. 271
iDg qu'elle s'effectue, mais peut-être aussi par la lymphe et les glooles blancs ^
Défiez-vous du vaccin en tubes ou en plaques teinté de rouge. Si kien que soit le virus vaccin conservé, il peut contenir du virus iphilitiqae encore actif. C'est, en effet, un des caractères remarquables ) ce virus de rester contagieux et inoculable longtemps après qu'il a é séparé de l'organisme où il s'est élaboré. Ce qui le prouve, ce sont s faits de contagion médiate à longue échéance, au moyen d'objets u en avaient été imprégnés. Le vaccin syphilitique conservé entre s plaques ou dans des tubes de verre, a été la cause de plusieurs idtfmies vaccino-syphilitiques. A quelle époque s'éteint la vitalité du us syphilitique? Nous ne le savons pas d'une manière précise, mais îst prudent de croire qu'elle peut persister indéfiniment quand ce aide est soustrait à la décomposition' moléculaire qui détruit tous produits organiques. Pour comble de danger, le virus syphilitique se laisse point neutraliser par les divers fluides physiologiques ou îbides de l'économie. U résiste à l'urine, peut-être même au suc ^trique (Padova). La salive, le lait, le mucus, l'urine, le sérum, la iphe, le pus, lui servent de véhicule, sans contrarier en rien son iûQ. Au milieu du pus blennorrhagique, dans la sanie des syphiîs pustuleuses, dans le pus des chancres simples, il conserve Tintélé de ses propriétés contagieuses et inoculaJDles. Je doute que la ïSTtne le tue sur place, comme elle le fait des virus chancreux exemple, quand elle s'empare du foyer qui le sécrète. Vous voyez ic qu'on ne saurait s'armer contre lui de trop de précautions. C'est \ précepte pratique qu'aboutissent toutes les considérations que je is de vous présenter sur l'étiologie de la syphiUs. Afin qu'il se vff mieux dans votre esprit, je vais vous citer quelques exemples ieux de contagion syphilitique.
B malade à qui j'avais pratiqué la circoncision parce qu'il avait des chaniafectaots sur le limbe, sortit de mon service pendant la période des pren accidents consécutifs, et revint habiter avec sa femme. Quoiqu'il n'eût eu : elle aucun rapport sexuel, cette dernière n'en contracta pas moins un nnv infectant qui occupait une position singulière : il siégeait en effet à unie inférieure de la région lombaire.— Un vieillard âgé de 65 ans, que j'ai inenps soigné dans mon service, contracta un chancre infectant à la pointe ta UD^e, pour avoir embrassé une seule fois, sur la bouche, une jeune fille, passant dans la rue; il eut une syphilis ulcéreuse très grave. — J'ai observé
Lrc *^w cette question un intéressant article de mon collègue et ami M. le D' Si* jH. .n : Gazette des hôpitaux, 15 mars 1869.
272 CAS CUltlEUX DE COBTAOION SYPHILITIQUE.
plusieurs cas de chancres de la joue coDsécuUrs à une coupure de ri^T- Un malade de H. Lallier, soumis au traitemenl de la gale le nialiD,conlna I soir dix-neur chancres syphilitiques du pénis el des bourses, jusle iuUdI r^ \a frotte ]u\ avait ouvert de sillons sur ces organes quelques heure» luyir^ vant. — Un jeune homme fut alleiold'un chancre syphilitique sur la fireioi rieure de la cuisse, parce qu'il avait fait asseoir sur ses genoui une din^^i de vertu suspecte (A. Fournier). — Plusieurs religieuses d'un convenl, à m rente, contractèrent la syphilis en embrassant un enTanl qui était aourrip une femme gâtée (Musilanus). — Des morsures faites sur les lèvres, la lia::-', cou, les doigts, etc., ont souvent donné lieu sur ces parties i des cIiid.i syphilitiques. — Un accoucheur qui avait sur les mains une éruption Mplu tique secondaire iurecta plusieurs des femmes qu'il assista dans leurs toui-bi — Une femme de 60 ans vil une ulcération chancreuse se développer suri cou à l'endroit où, s'étaol piquée avec une épingle, elle avait laissé appii^cr bouche d'un enfant syphilitique (Egan). — Une femme non syphilitique i'i un nourrisson né d'une femme infectée et atteint d'ophtalmie et derhiuffa la bouche : huit jours après, son propreenfantqu'elle nourrissait dans koH temp;, fut attaqué de chancres sur la langue et au palais; quant à cl]> < n'eut aucun accident primitif ou consécutif (Berlin). — Une jeune filledel^i gagna la syphilis en portant une robe de peau dont s'était servie une f-n vérolëe (Fracantiano). — Un vieillard qui avait chez lui deux vérolp; poni d'ulcères au fondement contracta une maladie par l'usage des mêmes l^n (Fallope). — Une femme de ?0 ans contracta des tubercules ulcérés auile^R sur les amygdales, pour avoir soigné et fait manger un nourrisson que>jl Agée de 33 ans, allaitait (Doyon et Dron). — Une femme de la campagne qui i en sevrage un enfant devenu syphilitique, contracta, en buvant eleo manii après lui, un chancre primitif sur chaque amygdale (Kollct)- Le chincrr 'ti bouche s'observe particulièrement chez les sevreuse*. — Vne dame qui i l'habitude de portera sa bouche la cuiller de sa cuisinière, contracii i<'.' syphilis (Rollet). — Malades infectés par des verres, des pipes, des cie»re;dragée (Hardy). — Une petite fille de G ans contracta la syphilis en <e l>l< saot auprès de son père pour se garantir du froid (Violet). — Un miil n'ayant pas vu de femme depuis longtemps, contraria un chancre du v.i pour avoir fait usa^e d'un pantalon qu'il avait acheté d'occasion (Boul'i Un vieillard de 70 ans, qui depuis longtemps n'avait eu aucun rapport ■■■• contracta au gland un chancre infeclaul qui provenait du froltemeal il' gane contre un pantalon d'origine suspecte qu'il portait depuis dcui i (Clerc). — Une femme de "ÎO ans contracta la syphilis d'un Dourri^soD Id cl eut des chancres sur la joue gauche et au cAté gauche du cou, pi''.^ contact duquel elle avait l'babilude de tenir l'enfant quand elle voulait l'i scr ou l'endormir ;Waller). — Dana les épidémies vacci no-syphilitiques, -'-o mes et des Jeunes Tilles contracter des cbuicres syphi.iu >ur lesquels elles portaient habituellement les enfants iaf
IirOCULATIONS BU BANO DES SUJETS INFECTÉS. 275
iivs coartes. On observe peu de faits cliniques semblables ; cependant j'en n deux autres cas.
''OS ;LiDdwurm). — Deux inoculations furent faîtes avec le même pus chan-
X «jphilitique sur un seul individu, à deux jours d'intervalle. Les deux
Ires devinrent chancreuses, Ja première, après 19 jours d*incubation, la
l'u^me, après 24 jours. — Un mois et demi après l'apparition des chancres,
deots constitutionnels. — Rapprochez ce fait du premier cas (celui de
3e ,où deux inoculations faites à 22 jours d'intervalle devinrent chancreuses
léme moment. Dans ses inoculations vaccinales, Bryce avait remarqué que
>iqùres faites à des époques différentes n'en donuaient pas moins un bouton
inal en même temps. Dans Texpérience de M. Lindwurm au contraire, il y
double éclosion de l'accident primitif et l'incubation des derniers chan-
a été plus longue que celle des premiers.
01^ ((;ibert). — Résultat positif.
^^is (Rollet). — L'incubation fut de 18 jours. L'accident primitif dlnocula-
'iebuta là aussi par une papule. Cette inoculation faite en 1856, et que
(ollet ne supposait pas devoir être positive, dissipa pour lui les obscurités
t la doctrine de la dualité cbancreuse était encore enveloppée.
'''li^ 'Bclhomme). — Deux premières inoculations furent faites à un jour
tenalie, et une troisième cinq jours après la seconde. — 35 jours après la
Di«fre inoculation, les papules chancreuses initiales se montrèrent, mais
le dit pas sur quelles piqûres. Toujours est-il qu'un mois après le chancre
ocuiation les accidents consécutifs firent leur apparition. Il est à remarquer
\i jours avant qu'ils se montrassent, le malade eut une érysipèle. Cette
:iitr De prolongea donc pas la deuxième incubation, comme dans un fait
j'ai observé, où une fièvre typhoïde la poussa jusqu'au soixantième jour.
, V)' et i\* cas (Anonyme du Palalinat). — Trois inoculations de chancres
ii)i(ii]ues primitifs furent comprises dans une série d'inoculations d'acci-
? \^philitiques secondaires et de sang syphilitique. 14 individus, 8 hommes
femmes, acceptèrent l'expérimentation. La matière inoculable fut prise sur
plaques muqueuses de l'amygdale et sur une rhagade derrière l'oreille.
Iroi^ inoculations furent faites avec le pus chancreux du premier inoculé.
larthe fut presque identique dans tous les cas de réussite. Le premier stade
nl»ation ne fut jamais moindre de i5 jours ou de plus de 42 jours. Le
Hine varia entre 26 et 107 jours. Aucune nuance ne fit distinguer les chan-
qai provenaient de l'inoculation des accidents secondaires des trois qui
lot é\é produits par l'inoculation du pus chancreux.
sont les onze cas d'inoculation positive obtenue avec du pus icre syphilitique. On a fait avec succès sept inoculations de sang
luique. Je vous ai résumé au commencement de cette leçon le ier cas, le plus remarquable, celui du professeur Pellizarri de
»^ e. Voici les autres :
Wallcr de Prague). — Le sang syphilitique était en grande partie coa- *'li/on rappliqua sur les incisions produites par un scarificateur. Au bout :ours, ces incisions furent cicatrisées. Mais, 34 jours après l'inoculation «