BÉNIGNITÉ DES PREMIERS ACCIDENTS CONSÉCUTIFS
\th?, [H'irce qu'ils sont inconleslablement constitutionnels, ont toujours U' ùbservés. C'est qu'ils ne manquent jamais quand la syphilis primih'^ est abandonnée à son processus naturel, et, on peut ajouter, Dème quand elle est traitée. Ils ont quelquefois été précédés de symp- ^UK'S généraux prodromiques tels que courbature, fièvre, embarras a>trique, insomnie, douleurs rhumatoïdes, etc., et ils ont consisté : 6 fois en syphilides érythémateuses, \0 fois en syphilides papu- •u<»»s, et 6 fois en syphilides pustuleuses légères. Il y a eu, en outre, es pharyngopathies, des iritis, de l'alopécie, des adénopathies spécifiais, etc. En somme, toutes ces manifestations sont restées à la surface i D ont présenté aucun caractère grave. Il serait intéressant de savoir i CH8 syphilis inoculées ont abouti à la phase tertiaire. Malheureusei*'nt les malades n'ont pas été suivis assez longtemps pour pouvoir Knner qu'ils en ont été quittes au prix d'accidents aussi légers. Ce qui s>ort toutefois de l'ensemble des cas, c'est la bénignité uniforme ^s premières manifestations malgré la diversité des sources où le rus avait été puisé, et malgré les circonstances variées et différentes rattachant à l'étendue du chancre, à son siège, à son incubation, nsi qu'à celle des accidents secondaires. Aussi serait-on tenté de oire que la syphilis inoculée est plus légère que la syphilis naturelle, us pourquoi ces deux syphilis ne seraient-elles pas exactement semil>lr5? Est-ce que la contagion syphilitique naturelle diffère essentielnent de l'inoculation artificielle ? Au fond, c'est toujours l'introducm forcée du virus dans l'économie. Peu importe de quelle manière le a lieu. Il existe une bien autre différence entre la variole inoculée b variole naturelle, puisque la seconde se contracte par infection. I aurait donc tort de conclure que la variole inoculée, étant moins ive que la variole acquise, il doit en être ainsi de la syphilis expé- Deniale par rapport à la syphilis naturelle.
Parmi les questions qui se rattachent à la syphilis expérimentale, il I f^t une fort intéressante, c'est celle de Yimmunité. On désigne sous nom, en pathologie, l'inaptitude originelle ou acquise à contracter 1^ naladies ou plutôt certaines maladies et en particulier les maladies (Dtagieuses. J'ai déjà eu souvent l'occasion de vous dire que l'intoxitioc syphilitique, une fois qu'elle s'est emparée de l'organisme, lui »DPre cet état nouveau et général, et le met à l'abri de nouvelles r^-ctioDS de même nature. L'immunité syphilitique est un de ces ils que prouve l'observation clinique quotidienne et que l'expéiKQtation démontre d'une manière saisissante. Ici l'expérimentateur
282 IMMUNITÉ SYPHILITIQUE DéMOKTBÂE PAR L^EXPÉRIMENTATION
peut agir en toute sûreté de conscience. En inoculant du virus syphilitique à un malade qui a ou qui a eu la syphilis, il ne l'expose à aucun danger nouveau, car s'il est une loi solidement établie, c'est celle-ci, qu'on peut formuler de la manière suivante : Le virus syphiUtiqu€\ d*un individu n'est inoculable ni à cet individu lui-^mème^ ni a aucun autre sujet syphilitique. Il est donc irréinoculable. C'est là uni de ses caractères les plus importants, puisqu'il le distingue profûndén ment du principe contagieux de la blennorrbagie et de celui du chaocrei simple. Hunter, qui n'avait aucune idée de la différence qui eiistei entre les deuxcbancres, prouva le premier l'irréinoculabilité du viru^ syphilitique emprunté aux accidents secondaires. Pour lui la syphilis primitive était réinéoculable, tandis que la syphilis secondaire ni î'étaitjamais. I
Mais à quel moment commence l'immunité? Est-elle permanent ou temporaire? S'affaiblit-elle et finit-elle par disparaître avec le temps Sans nous éclairer complètement sur tous ces points, les essais d^ réinoculation tentés fréquemment par les expérimentateurs vont nou^ fournir quelques données importantes. I
Parlons d'abord des essais de réinoculation pendant la période pri^ mitive de la syphilis. A partir du moment où le chancre syphilitique est né, l'irréinoculabilité est la règle. L'immunité contre une nooTt^U infection est donc acquise, et elle persistera indéfiniment. Mais ne com mence-t-elle pas avant le début de l'accident primitif et durant a période d'incubation? Rappelez-vous les inoculations successives d Wallace, de Puche, de Lindwurm. Elles ont donné des résultats positifs La deuxième inoculation, faite 22 jours après la première, dans le cas <i M. Puche, a fait naître un chancre, ce qui prouve péremptoîremei^ que l'immunité n'existe pas dans les premiers jours de l'incubalioi^ Elle n'est pas encore établie au bout de trois semaines» ou du moins^ ell est très incomplète. 11 faut nous garder d'être trop absolus en pareil] matière. Les faits qui pourraient décider la question sont insuffisante et, comme il est peu probable qu'on expérimente de nouveau, noii sommes condamnés à l'incertitude pour longtemps, la clinique êtad incapable de nous fournir, en pareille matière, des résultats pré4M^ «| probants. Dans la période chancreuse de la syphilis primitive, nof^ avons aujourd'hui la certitude que le virus, à quelque source qu'il ^\ emprunté et de quelque façon qu'on tente de le faire pénétrer dai^ l'organisme, reste absolument inerte ou ne produit qu'une pustu^ inflammatoire dénuée de toute spécificité, qui est le résultat imiiiï^* i d'une irritation simple et n'est précédée, par conséquent, d'aunui