‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 157 sur 441 · PATHOLOGIE COMPARATIVE DES IKCUBATIOKS · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE COMPARATIVE DES IKCUBATIOKS

d'uQ fait expérimental et c'est ce qui a eu lieu dans les séries des cas doDt je viens de vous entretenir.

Ed prenant la moyenne générale de ces séries qui comprennent 92 cas, on arrive au chiffre de 34-35 jours , et comme durée ordioaire de l'incubation du chancre infectant dans la syphilis acquise, —il y a 4 ou 5 ans, j'avais trouvé une moyenne un peu plus forte puisqu'elle allait de 37 à 40. Je n'attache pas une grande importance à de pareilles variations dans les résultats, parce qu'elles dépendent de quelques longues ou de quelques courtes incubations, en plus ou en moÎQs, daesaux hasards de l'observation clinique. Ce que vous devez retenir et ce que prouvent rigoureusement ces relevés, c'est que l'intubation de l'accident primitif est toujours très prolongée, et que, juand les circonstances permettent d'en calculer la durée, il y a de imiàes probabilités pour qu'on en trouve plus de longues que de ourles. N'est-il pas intéressant de constater à cet égard les difféeiices énormes qui existent dans le nombre des cas que comprennent es séries extrêmes ? Dans la l'« série, deux cas seulement d'incubation lu-dessous de 10 jours; dans la 2', 6 cas au-dessous de 20 jours; andis que nous avons 19 cas dans la 7* série où les incubations lépasseot 63 jours. Les séries les plus nombreuses sont la 4^ et la 5®, {ui contiennent les cas d'incubations de 30 à 40 et de 40 à 50 jours ^

1. Pathologie cohpauativè des inccuations. — Pour compléter ce qui a trait à la srée de rincubation du chancre syphilitique^ je vais dire quelques mots des incubâtes qa'on observe dans les autres maladies virulentes et infectieuses. La plus curieuse, ij^ias étrange et la plus incompréhensible, c'est incontestablement celle de la rage. k durée moyenne passe pour être de 4 à 7 semaines. Par exception, on en a vu de 8 à 'pun, seulement. Mead rapporte le cas, peut-être unique dans la science, d'un jeui\e mm qai, mordu par un chien enragé, le matin de ses noces, s'étant excité à boire la- 1«» jour et s*étant livré plus tard au coït avec ardeur, éprouva, dam la nuit méme^ ^ •ittein tes violentes de son mal. On croyait que le maximum de l'incubation rabique *ii de 12 à 18 mois. JUais MM. Féréol et Hémard ont démontré qu'il y en avait de ^o* et demi. Enfin, voilà que, dans ces derniers temps, à l'Académie de médecine, l^-^n Colin est venu raconter l'hisloire d*un malheureux sous-officier d'artillerie mordu 'Al^'érie, îl y a. guaire ans et demi au moins, par un chien enragé, et qui est mort 'Hi'^remeDt au Val -de-Grâce. (Observation de deux cas de rage humaine in Annales *'/?yTie, 1881, tome V, p. 408.) C'est donc un cas où la rage a couvé pendant près de fil iû>. etnen a pas moins été mortelle, malgré la longueur extraordinaire de cette > ""141100. Ainsi la durée de l'incubation rabique oscille entre 24 heures et 5 ans ! *^^ abrège sa durée : 13 à 15 jours chez 9 nouveau-nés; 3 à 4 semaines chez 6 enfants ?t^ lié moins de 14 ans. Lorsque plusieurs personnes sont mordues au même moment ir ub aoimal enragé, elles ne deviennent pas toutes malades à la fois. Ce fait a été m*uté par TroUiet : 23 individus furent mordus dans l'espace de neuf heures par une '»^^ eRragée: 13 moururent hydrophobes, et la maladie éclata chez 6, entre 15 et 'J'ur;^; chez 4, entre 30 et 40; chez 2, entre 40 et 53; chez le dernier. 3 mois et 18 jours 'f** la morsure. Voilà des oscillations étonnantes. Malgré son irrégularité, l'incubation

296 DIFFI^QENCE DE LA DURÉE DE L'INCUBATIOK

Les incubations très courtes sont si exceptionnelles que j'ai douu pendant longtemps de leur existence. J'y crois parce que j'en ai coustaté des exemples authentiques. Mais, en général, il faut se défiera, pareils faits. Les chancres à incubation si lente ne sont pas d'ordinaire exclusivement syphilitiques ; presque tous résultent de l'action combinée des deux virus syphilitique et chancrelleux; ce sont i^ chancres mixtes.

L'incubation de la syphilis inoculée donne une moyenne de 25 joun environ. Elle est donc plus courte que celle de la syphilis acquise.

syphilitique ne présente rien de semblable. II est même remarquable que le (h^- ' d'inoculation apparaît, en général, après le même intervalle de temps chez U'i.i ^ individus. — Par ce qui précède, on peut s'assurer que la durée de Tincubation Dicf en rien sur la gravité de la maladie, puisqu'elle est mortelle dans tous les cas. - L'^ expériences de Rey sur le virus rabique, faites en 1813, ont montré qu'on pouvait '•x>> rimentalement augmenter la durée de l'incubation, de 15 jours à plusieurs tn-icréant six générations de virus rabique.

Dans la morve et le farcin, qui sont deux malndies identiques, la durée de Kinruivi! ■ varie suivant les cas de transrgission par inoculation ou infection. Lorsque l'in^K^uli'. i a eu lieu, la maladie se développe avec rapidité; elle est constituée en un tem:''*court, quelquefois en vingt-quatre heitres, plus ordinairement en quatre ou ntu^ j.r Dans les cas d'infection, Tincubation peut être très longue, surtout pour la m^rv^. oat trouvé une moyenne de 15 jours pour 6 cas.

L'incubation de la ptistuie ma Uf/ne comprend un intervalle de temps qui varir- ■• • l et 6 ou 7 jours. — Quelques auteurs donnent comme moyenne 22 jours. — Par le * bofif elle serait de 10 jours.

Dans la variole et la rougeole, qui se transmettent habiiuellement par infecti v..nu qui peuvent aussi s'inoculer, on observe une grande différence dans l'incubation. -l.*-!.' que c'est par l'un ou l'autre de ces deux modes que la maladie a été communiai"*' ^ durée a été plus courte dans les cas de contagion par inoculation que dans ceui dtagion par infection. Cette durée a été, pour la variole, de 7 à 8 jours dans Ir* f.r^ cas, de 10 à 12 dans le serond (Home). Marsh a trouvé de! à 10 jours pour U m inoculée, et de 6 à "21 pour la variole non inoculée. — Les recherches les plus refaites par Helmke limitent entre 11 et U jours l'incubation de la variole par ïuu

L'inoculation du vina-rurriu ne donne de résultat qu'au commencement du qui" jour ou à la fin du troisième, quelquefois un peu plus tard. Il y a des auteurs qui J .' 6 jours comme moyenne. •

Dans le mode habituel de transmission par la rougeole, qui est l'infection. U uri ordinaire de l'incubation est deO à U jours. D'après Panum, qui a recueilli Mf> «i-*^ valions aux Mes Féro(s l'incubation naturelle de cette maladie serait de 13 à 11 t .% En 1^2, .MichaiU de Kotona inocula de l'humeur lacrymale et du sang pm<< tu ■ ^ taches rulx'oliques au maximum de lefflorescence. Sur 100 cas, il pri.-Hlui^it • '■ la rougeole, et l'incubation fut constamment de 7 jours.

Voici maintenant d'autros in:.:bations qu'il est intéressant de connaître; mai^. r> vement à la syphilis, elles ont moins d'importance que les précédentes, puisque i-^ ladiesdont il sa'^'it ne se transmettent que par infection.

Incubations : de la smrlntifie, 3 à 7 jours; — de la fièvre typhoide, 24 heures à l'»; — du ttjphwi, 9 à 10 jours: — de la diphtérie^ 2 à H jours; — du choléra^ 3 à ôj l*de la fièvre jaunp, au minimum, 36 heures, au maximum, 8 et 14 jours; — de u ; 8 jours au maximum.

DA58 LA SYPHILIS HfOCULÉE BT BANS LA SYPHILIS ACQUISE. 297

Pourquoi cette différence? Je crois qu'elle tient moins à des conditions ritaies et à des idiosyncrasies mystérieuses, qu'à des particularités provenant de circonstances fortuites et matérielles. Mais je ne hasardé cette hypothèse qu'avec la plus grande réserve, parce que tout est ubscur et étrange en fait de longues incubations. Si on voulait se mettre en frais de théories, l'imagination pourrait se donner, libre Carrière. Le sujet y ^rète. En somme, nous ne savons rien' de positif sor ce point conmie sur tant d'autres, où nous en sommes réduits à constater les faits sans qu'il soit possible de les interpréter.

Lorsque le virus syphilitique est déposé à la surface des tissus, il reste inerte à la condition qu'ils soient intacts. Si on l'y laisse séjourner et qu'au-dessous de lui se produise ultérieurement une éraillure, une àolulion de continuité quelconque, il pénétrera dans l'économie et produira l'intoxication, car il conserve très longtemps ses propriétés nrulentes, même dans les points et sur les objets, où il n'est plus soumis à laction fécondante de la vie. C'est là une particularité qui peut donner la clé de certaines longues incubations. On en pourrait invoquer quelques autres de même nature, qui ont toutes pour effet de neutraliser plus ou moins longtemps le virus en l'isolant des tissus sur le^uels il a pris, ou en retardant son acheminement vers les vais- >eaux absorbants. Avec l'inoculation, nous savons à quel moment précis le principe toxique a été introduit dans le sang ; avec la contagion, nous Qe pouvons fixer que le moment où ce principe a été déposé sur la peau OQ sur les muqueuses. L'unicité et l'invariabilité du virus étant admises, il donnerait sans aucun doute les mêmes résultats chez le inèffle individu, quel que fût son mode de pénétration, puisque le travail local n'est rien, qu'il n'est qu'un résultat et que tout se réduit à mettre ce virus en contact avec les capillaires et avec le sang ou la l)7uphe, seuls milieux où il se multiplie et devient apte à produire ses conséquences pathologiques. Je vous ait dit, dans les généralités $ur la syphilis, combien il était difficile de comprendre son incubation. J*ai étudié de nouveau ce grand phénomène dans mon Mémoire ^^r [excision du chancre syphilitique, et je suis arrivé à conclure que jusqu'à nouvel ordre, l'hypothèse la plus rationnelle était celle de l'empoisonnement d'emblée, dès l'inoculation ou la contagion, sans aucune lésion spécifique préalable, et par la seule absorption du virus déposé lia surface de la peau ou des muqueuses.

* Mais est-ce bien, dis-je, une véritable intoxication semblable à celle qui ^ lit le chancre et aboutit fatalement à des accidents généraux? Comment l'orga-

298 PATHOGÉNIB DE L'IKOUBATION.

nisme resterait-il silencieux, s'il ea était ainsi? Pourquoi un seul point sera/, atteint, celui précisément où a été déposé le virus? Tout est obscur, ionpr cable, mystérieux dans cette hypothèse que les faits nous forcent d'idop:;* Mais, du moins, nous pouvons dire que rempoisonnemcnt de récoDomie pendant rincubation est incomplet, insuffisant, et que Taccident primitif qu'il *>u<ciie lui est indispensable pour aller plus avant dans les voies de riDfedi'f progressive et de la diathèse. Aussi, tout en étant résultat, le chancre t<-l de plus cause et une cause puissante, sans laquelle le premier empoisoQDr.L''£i n'aboutirait à rien. Il faut que ce foyer morbide crée de nouvelles particu'-» virulentes, ou renforce celles qui existaient déjà, en leur comaïuniquaal •:" propriétés infectieuses plus actives et plus pénétrantes. •

Je n'ajouterai rien à ces réflexions. Mais, je vous le répèle, ce »fji nous connaissons le moins dans la syphilis, c'est son commencemfiiî. Songez en outre aux immenses progrès que fait chaque jour la ih^^^ni parasitaire des maladies virulentes. N'est-il pas rationnel de sup|K^h.*f que dans toutes, comme on Ta déjà fait pour plusieurs, on découvnn le microbe générateur? Et qui nous dit que l'ayant découvert dan- « syphilis, on n'ira pas plus loin, ot qu'on ne créera pas un viru»! atténué et inoffensif qui servira de vaccin contre la vraie syphib: préservera le sujet vacciné de ses redoutables atteintes ' ? Mais, lai^^i de côté cet espoir qui est peut-être chimérique, voyez combien i. devient moins obscur, si on admet que la partie active du virus s)\i£ litique est constituée par un microbe. Que de différences îndividiki! dont nous trouvons l'explication ! Les parasites des virus doués d'as^ vie plus ou moins intense, ne diffèrent-ils pas, en effet, entre ^ail comme tous les êtres organiques dont la germination, lacrois^docc la santé, la vigueur subissent les influences favorables ou roDtrajm du terrain et du milieu? Sur certains individus, leur premier travi.-i tout local qui aboutit à la formation du chancre, sera lent, tin(h que chez d'autres, il aboutira beaucoup plus promptement à ses ef!A spécifiques, etc.. En se plaçant au point de vue parasitaire, il serv difficile d'admettre une intoxication d'emblée. La seule et la véritili*

1. J'ai parlé, dans une de mes premières leçons, des hélico-nomades de Kl - • parait qu'on a découvert, depuis, un nouveau parasite de la syphilis. M. Aufi>Hh: tralblatt fur Med. Wissensch. 1881) dit avoir trouvé dans le sang des ?H'l^' ' des micrococcus qu'il n*a jamais rencontrés dans les autres maladies infectieu^'^ ~éléments isolés sont assez volumineux et d'ordinaire unis deux à deux dipU* « rarement au nombre de trois. La fuschine leur donne une coloration trt's fomvt-. ■ choisir, pour les étudier, des papules syphilitiques en plein développement et r. -r tées, les scarifier, essuyer le premier sang et recueillir ensuite sur un verre U f^r j faire dessécher le liquide sous une cloche et le traiter avec une solution de fu>vt. i "\ demi-millième. On se servira de grossissements puissants. (objectif à immer^i r | faire cette étude.

ntPOBTANCB DIAGNOSTIQUE DE L'INCUBATION. 299

itolication ne commencerait qu'au moment où apparaissent les emiers vestiges du chancre. Pourquoi son excision n'en prévienail-ellepas les conséquences?...

Quoi qu'il en soit, l'incubation de l'accident primitif est une réalité contestable, et, tout en reconnaissant que les explications qu'on en nue ne sont encore que des hypothèses, nous n'en devons pas moins en her qu'elle est sa signification clinique. Il en a une très importante lativenient au diagnostic. La voici : chaque fois que vous aurez des Qtessur la nature d'un chancre, si vous parvenez à établir indubitament qu'il ne s'est manifesté qu'après une incubation de 15, 20, iplus forte raison de 30,40 jours, etc., vous pourrez affirmer, sans inte de vous tromper, et même en l'absence de tous les autres signes, ïl est syphilitique. — La valeur de Tincubalion, au point de vue du nostic est beaucoup plus incertaine. Peut-être au premier abord iez-vous disposés à croire qu'il en est autrement. On se figure, en H volontiers, que la prise de possession brusque et sans délai de i^anisme par une maladie est l'indice certain de sa violence et de gravité; tandis que les conditions opposées, c'est-à-dire une longue lUition, sont un présage d'indolence et de bénignité. A pathologie générale des maladies virulentes et infectieuses con- If rail, peut-être, cette vue d'ensemble qui est admise par presque B les pathologistes et qui parait reposer, tout à la fois, sur les donide la raison et sur celles de l'expérience. Le danger des intoxiom ne se mesure-t-il pas, en effet, à la promptitude de leur action? » l'histoire de la syphilis, on trouverait des argundents en faveur ytt^ manière de voir. On dit qu'autrefois son incubation était beaup moins longue qu'aujourd'hui. Or, il n'est pas douteux qu'aux izi^ine, seizième et dix-septièmè siècles, les accidents immédiats «'ui incomparablement plus sévères que maintenant. Sans recourir histoire, l'observation de chaque jour justifierait peut-être, dans certaine mesure, la prognose fondée sur la longueur ou la brièr i\** Tincubation. Toutefois, ne vous y fiez pas : j'ai vu des accih ^'raves succéder à des chancres infectants dont l'incubation avait tr^^ longue. On ne doit établir, à cet égard, aucune loi absolue nwriable. Ce qu'on peut affirmer, par exemple, c'est que, pendant te la durée de l'incubation, il ne se produit jamais ni phénomènes ui. ni troubles constitutionnels, si minimes que vous les supposiez, <%oient de nature à révéler un état morbide général commun ou niique. Dans la période d'imminence morbide, qui constitue l'incu-

300 INCERTITUDE DBS DONNÉES PRONOSTIQUES OéNÉBALES

bation, toutes les fonctions s'exécutent régulièrement comme à léu normal. Aussi l'intervention thérapeutique est-elle formellement m tre-indiquée à cette phase de la maladie, même dans les cas où \'** aurait la certitude que l'intoxication est déjà un fait accompli. J ai I certitude que les doses les plus élevées de mercure et d'iodure de pou sium n'exerceraient aucune action sur l'accident primitif, ne le mcd fieraient en quoi que ce soit, et, bien loin de le prévenir, ne retard raient ni n'avanceraient d'une minute l'époque de son apparition

Dkscbiptiom GÉKiiiALK DU ciUNCRF. HTPiiiLiTiODK- — Ses périodes de début, de progrè« -t <' -'

réparation.

Ulcération et induration du chancre infectant.

Après vous avoir exposé le peu que nous savons ou que nous su(f sons au sujet de Tincubation du chancre syphilitique, je vais vo décrire cette lésion.

On se tromperait étrangement si, pour définir l'accident primitif | la syphilis, oti prenait le mot chancre dans son acception rigour* -: Les tissus sur lesquels il s'implante ne sont, en effet» ni dévora» détruits. La matière organique y est, au contraire, augmentée pk que diminuée. Supposez qu'on pesât, après l'avoir enlevée, la r délie de peau ou de muqueuse sur laquelle repose le chancre ii^ tant : on verrait qu'elle a plus de poids que la même quantité du \^ saine correspondante. Il n'en serait point ainsi pour le vrai chanm chancre simple.

La première idée que vous devez vous faire de cette lésion, c'est i| celle d'une néoplasie, d'une hyperplasie, de quelque chose qui vir£ surajouter aux éléments normaux. En me fondant sur ses caraclêi i

1. Afin d'édifier le lecteur sur la valeur pronostique de rincubation du rh.in« r ^\ litique, je vais donner le résumé de quelques observations dans lesquelles I*- pr «1 de la maladie a été suivi pendant longtemps. Ce sont des faits qui me sont p* *>"< et qu*on trouvera décrits tout au long dans mes différents travaux sur la >>/ -i J ai recueilli, comme on Ta vu, beaucoup de cas d'incubation précise, mais je n^ \ U jours pu suivre les malades. Par contre, j'ai observé des cas extrêmement cur«l syphilis graves, dans lesquels il ne m'a pas été possible de déterminer exaciei» f *l cubation. C'est là ce qui explique le peu de documents que je possède sur cette q *-^

Incubation de 2 mois : Accidents cutanés et muqueux superficiels, périosto>»^ criri et petite tumeur linguale syphilitique.

Incubation de 3 mois : Syphilose unilatérale et circonscrite de la base du cH

FOURNIES PAR L'IKOUBATIOX. 301

il-i> essentiels, je dirai que le chancre syphilitique est une sclérose eu hijue ou en tumeur de la peau ou des muqueuses, qui s'érode ou ulrêre presque exclusivement aux dépens de son tissu néoplasique,

I y^crète une lymphe inoculable et contagieuse reproduisant toujours, hez les sujets vierges de syphilis ancienne ou récente, une lésion imblable à celle qui lui a donné naissance. Pour que cette définition

II complète, il faudrait y faire entrer les notions d'incubation et de ubogénie. Après ce que je vous ai dit plus haut, vous êtes fixés sur la remjère.

Quant à la seconde, vous savez aussi que le chancre syphilitique est

>igne exclusivement local et primitif d'une maladie générale, viru-

DtH et constitutionnelle, la syphilis ; en même temps qu'il constitue le

mi de départ, le foyer, le laboratoire du principe qui va compléter

[•itt\ sonrenue au qualrième mois de Tintoxication et ayant déterminé une hémi-

^' pt des névralgies faciales droites.

Ifii uUition de 1 mois et demi : Tumeurs pérïostiques sterno-costales pendant les pre-

m moi« d'une syphilis à accidents cutanés et muqueux légers.

ktubaiion de 1 mois et demi : Syphilis ulcéreuse grave; pharyngopathie des plus

ft^t*3.

Iscub&tion de 1 mois et demi : Succession de pharyngopathies graves ; destruction

\Lif partie de Tisthme.

fs'-ibation de 1 mois et demi : Premiers accidents consécutifs légers; à la huitième

net de cette syphilis, ozène et perforation du voile du palais.

iacubatioa de 5 semaines : Tumeur périostique des maxillaires inférieurs, dans les

nii^r> mois d^une syphilis légère.

[ocubatioQ de 5 semaines : Syphilis sérieuse, érythème noueux syphilitique; gommes

bnibatioD de 5 semaines : Tumeurs crâniennes périostiques précoces ; albuminurie

t^* d iQs la première année de la syphilis.

h tUiioD de 1 mois : aphasie et hémiplégie droite syphilitiques au quatrième mois

U maladie.

bnibatioo de I mois : Syphilis légère; affection syphilitique du biceps.

iiKiii)atioQ de 1 mois : Syphilis de moyenne intensité ; arthropathies.

il» ubation de 1 mois : Syphilis légère; affection syphilitique du biceps.

trubation de 1 mois : Syphilis de moyenne intensité ; laryngopathie légère.

fi^'abatiun de 1 mois : Périostite maxillaire dans le deuxième mois de Tintoxication ;

1t-'.\% de moyeone intensité.

Im uiiation de 25 jours : Syphilis gommeuse d*emblée, très grave et réfractaire à

tdire de potassium.

Il a.'ïation de 20 jours : Syphilis légère, comme accidents cutanés et muqueux, mais

'^* • 4<athîe sérieuse avec plaques muqueuses ulcérées des cordes vocales.

f>i4riaiioii de 15 jours : Syphilis légère; laryngopathie avec plaques muqueuses.

li'uUtiun de 15 jours : Syphilis sévère, avec plaques muqueuses confluentes partout

Ur^n^pathie ulcéreuse.

u uDaiion d^ 10 jours : Syphilis sérieuse, exostose précoce du tibia.

^r. \Mit. d'après ces observations, qu'il est difficile de trouver dans la durée de Tincu-

on tin élément de quelque certitude pour le pronostic général de la syphilis.

302 DESCRIPTION QÉNÉBALE DU CHANOBE BTPHIUTIQUS.

rinloxicalion et la faire passer de l'état virtuel ou d'accident local, l'état d'activité pathologique embrassant toute 1 économie dans le m>: complexus de ses manifestations.

Pour vous décrire le chancre syphilitique, je commencerai par tau abstraction de son siège et des nombreuses circonstances qui sont su ceptibles de modifier son type idéal. Dans l'ensemble de son proi e$>tt on peut distinguer trois périodes, comme dans la plupart des lésiui qui sont destinées à une vie éphémère.

PERIODE DE D^BUT. — La uéoplasie, quoique fondamentalement I même, depuis son apparition jusqu'à sa résolution définitive, affe(> son origine différentes formes qui se réduisent à quatre princi[ial^ mais entre lesquelles il n'existe souvent que des différences imper *<) tibles. 1" Tache érythémateiise : Elle est arrondie ou ovale, c\tm scrite, sèche, desquamative ; puis humide, et toujours sous-teivii par une lamelle scléreuse mince, superficielle, à peine apprêt iiU Rarement le chancre persiste à cet état pendant toute sa dui — 2" Papule ou tubercule : La saillie papulo-tuberculeuse ^si proéminente au-dessus des parties voisines, mais plus cependanl la tache érythëmateuse ; sèche au début pendant cinq ou six jour», devient ensuite humide, pseudo-membraneuse, croùteuse. Sa ^^< tion toujours minime est concrescible et beaucoup plus séreu^^ qi purulente. — 3" Plaque ou papule plate ^ étalée : Hèmes caraol^r»* même évolution que la précédente pendant les cinq ou six premH jours de sa durée. — 4" Tumeur arrondie, globuleuse, ou plutôt A*H sphérique, desquamée, humide, puis érodée sur une étendue \^n* i moins grande de sa superficie. — La période de début dure. I moyenne, quatre à cinq jours. L'induration ou la néoplasie e ?t Acomme vous le voyez, un de ses caractères essentiels, et même <|i quefois le seul. Mais, en général, Tépiderme et surtout l'épithcliuriii modifient dans leur sécrétion au point central et forment des squanx Dans des castrés exceptionnels, c'est l'unique changement qui ? »[•' à la surface de la néoplasie. Le chancre reste alors à peu yr*- ^ pendant toute sa durée.

PERIODE DE PROGRÈS ET d'état. — Que l'accideut primitif ail rl»':Jl par l'un ou l'autre des modes pathologiques précédents, il ne ut\ pas à changer d'aspect et à prendre celui qu'on observe le plus bJ| tuellement. La tache érythémateuse devient une petite plaqu»* papule s'aplatit ; enfin le petit amas de matière néoplasique s'aura»

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