LÉSIONS DU DBBME, DE SES VAISSEAUX ET DE SES NEUFS
^Lésions des papilles et du tissu conjonetif dermique : Les papilles sont augmentées de Tolume par rinfiltration de cellules lymphatiques dans leur épaisseur, principalement sur les bords. Au centre, elles sont aplaties ou détruites et gorgées de sang: c*est ce qui donne, à la partie moyenne du chancre, Taspect piqueté et ecchymotique.
Au-dessous des papilles, les faisceaux du tissu conjonctif sont intacts. Mais, dans leurs intervalles, il existe une grande quantité de cellules lymphatiques à uo seul noyau, des cytoblastions, disséminés ou réunis par couches superposées. On y voit, en outre, des cellules lymphatiques plus grosses, à plusieurs Doyaux en voie de prolifération. Enfin, les cellules plates ou cellules fixes du tissu conjonctif présentent un noyau épaissi et une surabondance de protoplasma devenu granuleux.
3« Usions des artères et des veines : L'épaississement scléreux et inflammatoire des tuniques artérielles et veineuses constitue un des caractères anatomiques les plus remarquables du chancre infectant. Cet épaississement porte principalement sur la membrane externe. Les veines devie'nnent épaisses et rigides comme des artères. Il en résulte, on le conçoit, une diminution très grande du calibre des vaisseaux sanguins. La membrane musculaire n'est pas hypertrophiée. L'épaississement de la membrane externe et de la portion la plus extérieure de la membrane moyenne est constitué par une inûkration plus ou moins abondante de cellules lymphatiques entre les fibres de leur tissu fODjonctir, dont les cellules plates sont également hypertrophiées. De plus, il existe une zone inflammatoire dans le tissu conjonctif qui entoure les vaisseaux.
La tunique interne des vaisseaux participe aussi à ce travail morbide. Il se Fait une prolifération de cellules endothéliales ; de là, il résulte une oblitération Ml du moins un encombrement du calibre des vaisseaux parTaccumulation des cellules endothéliales et des globules lymphatiques. Souvent la fibrine se coagule (tans les vaisseaux ainsi altérés. La conséquence d*un pareil état de choses est la diminution ou l'interruption partielle de l'afflux sanguin, l'insuffisance de la nutrition, et, par suite, la destruction moléculaire, l'ulcération du néoplasme, ou (a nécrobiose eo masse dans les cas d'ischémie portée à l'extrême. Le rôle de la iclérose vasGulaire dans l'induration est très important. KWe s'unit à la conlervation presque complète de la charpente solide du derme pour constiuer le néoplasme. L'induration est superficielle ou profonde, suivant que le vseau superficiel est seul atteint de sclérose, ou bien que le réseau superficiel iTccle réseau profond des vaisseaux cutanés ou muqueux,ainsi que les branches [Qi les font communiquer le sont également. On comprend comment se i^roduisent tantôt l'induration parcheminée, foliacée, tantôt les indurations épaisses, globuleuses ressemblant à des gommes. La sclérose se poursuit sur la unique vasculaire plus profondément que l'induration elle-même ; mais autour l^lle, le tissu conjonctif est normal au lieu d'être induré.
le système vasculaire des papilles est, lui aussi, très modifié. Ses canaux sont i^if'i souvent dilatés sous la fausse membrane, dans la partie centrale de la t^MOQ exulcérée et remplie de globules blancs et de globules rouges. Ils se romtt'iit d autant plus facilement que leurs parois ne sont pas épaissies. Il résulte l«' leur rupture de petites hémorrhagies, des ecchymoses, un état poinlillc.A la 'eriphérie, les papilles sont infiltrées de cellules lymphatiques qui deviennent
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libres et se mélangent d'une petite quantité de liquide contenant de la fibrii ». et venu du sang comme les cellules lymphatiques.
¥ Lésions des vaisseaux lymphatiques : Ce sont des altérations semblable • celles des artères et des veines, se produisant dans leurs parois même?. Lvaisseaux et les fentes lymphatiques du derme sont remplis et distendus \^* des cellules embryonnaires. Leurs parois sont épaissies et indurées et le ti««r. cellulaire qui les entoure est sclérosé.
Les altérations des vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques rend^L'. compte de la sclérose diffuse qui accompagne assez fréquemment les chaocf'^ infectants et se propage quelquefois à une grande distance. Cet cedèm*-!!.reconnaft pour cause une gêne de la circulation lymphatique et de la circu'ation sanguine produite par Tépaississement des parois, rencombremenl n^ Toblitération de la lumière des vaisseaux, par la sclérose périphérique et aospar une véritable difficulté qu'éprouve la lymphe à franchir les ganfE4i>:* spécifiquement indurés oit enflammés.
5* Les lésions des nerfs : Elles consistent dans la sclérose de la gaine lai.> ' leuse des ramuscules qui traversent le tissu induré, et dans rindaration i tissu conjonctif qui accompagne leurs vaisseaux. Les tubes nerveux restent n -maux : leur substance médullaire et leurs cylindres d axe ne sont pas mooih*^ c'est une sorte de névrite subaiguë qui n'occasionne aucune douleur.
a^ Lésions des poils, des glandes sébacées , des glandes sudoripares et des *ji' • muqueuses au niveau de Vinduration : Ces lésions sont constituées par la muit.^ cation et l'hypertrophie par excès de nutrition de toutes les cellules «^p/ Haies, et en même temps par l'infiltration de leur tissu conjonctif péripK'i rique par de jeunes cellules ou cellules lymphatiques.
Telle est la constitution histologique du chancre infectant, du n»*H plasma chancreux, de la sclérose syphilitique primitive, du syphil^^m d'Ernest Wagner. Cette irritation spécifique de la syphilis ne se roni porte pas autrement que l'irritation simple de l'inflammation rhrd nique. Son autonomie clinique si fortement empreinte de spécifi* .1 n'est nullement expliquée par l'anatomie pathologique. On n'y «i ; i trouvé de tissu doué de caractères nettement définis. Ses éléments^ > 'ï ceux de l'inflammation commune. Il serait impossible de le distinLi:» saufpar la sclérose vasculaire, de beaucoup d'autres produits morbi'i^ appartenant à la syphilis ou à d'autres maladies conmiunes ou \ in lentes. Cette remarque s'applique non seulement au chancre, iini^ toutes les autres lésions syphilitiques ; l'analyse microscopique ^' m ne les ferait pas reconnaître. Le vague des notions banales qu'elle u \ donne contraste avec la netteté des caractères symptomatologiqur^ de la spécificité du processus.
L'histologie du chancre syphilitique diffère profondément dect-i! -l chancre simple. — Dans cette dernière lésion, la couche superfi >•• de l'épiderme et le corps muqueux contiennent un grand nombre i
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vllules cavitaires, comme dans toute inflammation dermo-papillaire, quelle qu'en soit la nature. Les papilles rapprochées de l'ulcération >ré>en(ent un volume plus considérable qu'à l'état normal et sont hargées de cellules lymphatiques provenant des vaisseaux sanguins >ar diapédèse. — Au-dessus de ces papilles ainsi enflammées et hyperrophiéesy les couches épidermiques se décollent et se renversent en Ifr'hors.
Dans toute la partie de la peau enflammée, dans ce qui reste de tissu If^rmo-papillaire, dans le derme et dans le tissu cellulaire sous-cutané, I y a infiltration de cellules rondes, interposées entre les éléments coniitutifs du tissu conjonctif. Ces cellules sont plus nombreuses, plus ji>ines les unes des autres à la surface de l'ulcération, de sorte que ï, le tissu des bourgeons charnus est granuleux, sans fibrilles. En effet, i'^ tibres du tissu cellulaire étant dissociées, ramollies et détruites, les l'ilules de pus devenues libres forment une couche épaisse à la surace des bourgeons. Dans le chancre mou, les vaisseaux n'ont ni leurs larois sclérosées, ni leur calibre rétréci. 11 y a une destruction rapide, oniplète des couches superficielles et profondes de Tépiderme, une '•utf suppurative et progressive des couches papillaires et dermiques, ^affilies, tissu conjonctif et tissu sous-dermique se transforment en un i»u de bourgeons charnus sans sclérose vasculaire, par dissociation i destruction de la charpente fibreuse. Enfin, l'infiltration cellulaire se lour^uit dans le tissu voisin du chancre, le long des vaisseaux. La ompression qu'elle détermine peut amener de l'ischémie consécutive, If la gangrène, etc.
4i'LTt^ »t ciA>c»E SYPOILITIOUE : !• Chancres t'rythémateux j — 2» Chancres papulo-tubercu- ' i\ : Uar» iioa»-vari<'tê8 :— 3* Chancres indurés proéminents ou bombés; —4» Chancres indurés T^ux : leur» sous- variétés; — 3o Chancres très pou indurés et ulcéreux; - 60 Chancres A •' • n diffu*»e et épvHipélatiMise • — *:• Chancres éléphantiasiques ; — 8" Chancres à Kclérose MneQ»^ et profonde.
Avec les notions histologiques que je viens de vous exposer, vous ••^urrez facilement vous rendre compte de toutes les modifications que )r»'>f*Dienl, à leurs diverses périodes, les chancres syphilitiques. )u')iqu'ils soient fondamentalement constitués de la même façon, ils ^ffr^nl une grande variété d*aspect, suivant leurs dimensions, leur »uH:;uralioD, l'étendue ou la profondeur de leur base scléreuse, la oii-;ueur ou la brièveté de- leur processus, le caractère érosif ou ulcé-
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reux de leur surface , Tintégrité ou le ramollissement en masse du néoplasme, leur nombre, leur confluence et les infiltrations sclé^eu^e^ qui se produisent à leur périphérie. Voici les variétés que Ton peut admettre :
i** Chancres érythémateux : Très superficiels, à bords faiblemnr indurés, papyracés, foliacés, légèrement érosifs ou secs et squam^ui C'est le chancre épithélial, desquamatif, chancre nain, chancre éph»mère. Il est très souvent méconnu. Quand ces chancres siègent suri»'* muqueuses et qu'ils sont multiples, ils forment une éruption qo' offre la plus grande ressemblance avec des plaques d'herpès. Ils sVa distinguent par une induration foHacée perceptible, quoique très lêg»r", par leur pseudo-membrane, Tépaississement annulaire de leurs knls la sclérose périphérique qui les unit, et sVtend quelquefois beaucoDi* plus loin qu'eux sur les parties voisines.
2"" Chancres papulo-iuberculeiix : Pisiformes et lenticulaires qmd ils conservent leur forme primitivement arrondie, ils s'aplatisytf presque toujours, s'étalent et se convertissent en un disque et uy plaque scléreuse plus ou moins épaisse. Sous cette forme, ils présentent plusieurs variétés. Les chancres plats érosifs sont une deïphi* communes. Leur induration est un peu plus épaisse que dans lesvari^ tés foliacées ; elle résiste à la pression latérale et présente une élastin! et une consistance cartilagineuses. Leur surface est unie, de niv-'H avec les parties voisines, d'un rouge sombre, violacé, souvent reroj j verte d'une production diphtéri tique. C'est dans cette variété' qu * voit souvent des cercles concentriques, de coloration différente, aulMtt d'une tache centrale plus sombre, pointillée ou ecchymoUque. b'P sécrétion est peu abondante, séreuse ou sanguinolente.
3» Chancres indurés proéminents ou bombés : Tous les rhain :•• sont proéminents, mais à des degrés divers. Quand la saillie <^>t c-\\< dérable, elle imprime à la lésion un caractère particulier : sa surf^' est légèrement convexe, presque plane ou hémisphérique; elle au» apparence pàpuleuse ou nummulaire, condylomateuse ou maai^u'V née. La nodosité papulo-tuberculeuse du début persiste et s ar»vi.:> quelquefois sans s'ulcérer, mais presque toujours répithélinra * détache de sa surface en allant du centre à la périphérie. Il y a a**ment une ulcération profonde ; c'est une érosion qui surmonte la <i '• papulo-tuberculeuse et qui la recouvre dans toute son étendue. Ln duration est très prononcée surtout dans la forme mamelonnée, h^'sphérique; sa consistance est chondroïde et ligneuse. Ce sont •• chancres décrits par Carmichael, sous le nom de chancre élevé, w/"'