SUE LE MÊME INDIVIDU
est habituellement multiple. Il y a dans la première proposition une erreur que la clinique démontre jusqu'à la dernière évidence. Vous o'avez qu'à parcourir mes salles pour voir des malades qui portent deui, trois, quatre et un plus grand nombre de chancres infectants. J'en ai constaté jusqu'à quatorze et seize chez le même individu. Le» chancres multiples ne sont pas toujours confluents, c'est-à-dire coupés les uns à côté des autres sur la même région. Us peuvent être disséminés sur les diverses régions du corps. Ainsi, le même malade 30 aura un au menton, un autre à l'abdomen, d'autres aux parties rénitâles. Sans doute cette multiplicité n'est pas comparable à celle du kncre mou qui peut s'inoculer fortuitement et à volonté sur toute la urfâce du corps, à toutes les phases de son évolution ; mais elle n'en ocstitue pas moins un fait démontré et fréquent, si bien que vous Dfflberiez dans une grande erreur en vous berçant de l'espoir qu'un lalade n'aura pas la syphilis, parce que vous aurez trouvé sur sa peau a ses muqueuses plusieurs ulcérations chancreuses. Presque toujours les chancres syphilitiques multiples, confluents ou isséminés naissent à la même époque et évoluent simultanément. A ^i égard, il y a entre eux et les chancres mous une grande différence, Qisqoeces derniers peuvent se reproduire pendant toute leur durée, Ique, n'infectant point l'organisme, ils n'arrivent à créer tout au plus oe certaines immunités locales momentanées, quand telle ou telle igioD a été imprégnée de leur virus local jusqu'à saturation. Le cancre syphilitique, au contraire, ou infecte l'économie ou traduit un ^ général d'infection latent jusqu'à lui, et dont il est la première tpression. Quelle que soit, de ces deux interprétations, celle que l'on fople, il n'en est pas moins certain que le chancre induré devient très ipidement irréinoculable, si même il ne Test pas dès son apparition. W là un de ses grands caractères. Je vous en ai parlé assez longue- »iit dans les leçons antérieures pour ne pas avoir à y revenir ici. Vous irez ce que l'expérimentation a répondu. Que nous dit la clinique ir cette intéressante question? Ëh bien, en général les chancres fphilitiques, si multiples qu'ils soient, se développent presque en lème temps ou à de très courts intervalles^ en deux ou trois jours, i bien que nous avons très rarement l'occasion d'assister à la naiswce de l'un d'eux, ce qui ne manquerait pas d'avoir lieu, si leur ««'cession se faisait à de longs intervalles. Lorsqu'elle existe, c'est OQc presque toujours dans des limites très restreintes que les malades féci^ent mal et qui, la plupart du temps^ échappent aux médecins. iUisi n'avons-nous sur ce point que des notions fort incomplètes.
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Dans un cas cependant j'ai surpris la succession des chancres mfevtants, et j'ai pu noter avec la plus rigoureuse exactitude l'intenrall«' qui les a séparés. Voici ce cas :
Le malade âgé de vingt-quatre ans, s'aperçut d'une érosion de la moqueiH préputiaJe, le lundi de Pâques 1876, i7 avril, trois jours après le dernier r^? et dix-sept joui*s après Tavant-dernier qui avait été précédé d'une loojw coatinence. Le 19. (deuxième jour) il vint me consulter. Je ne constatai qauu érosion arrondie, sur la ligne médiane de la muqueuse préputiale, eo Uj; érosion sans caractères spécifiques bien accusés, ni aucun retentissemeDt^it glionnaire. Le 21 (quatrième jour), base un peu parcheminée, mais pas d'ai ^■ pathie et rien que cette érosion unique sur la muqueuse ou ailleurs. 1/ 5 (neuvième jour), il existait sur le côté gauche du filet une large érosion ^iv^ mement superficielle qui datait de deux jours et qui était survenue pamt^ quent sept jours après la première. Cette dernière était de plus en plus îqu'Ji et elle commençait déjà à se cicatriser. Quant à la seconde elle consistait d 'i en une érosion qu'en un chargement de coloration qui s'était produit >jrii plaque de néoplasie. Sa surface laissait suinter un liquide parfaitemeot lim^il qui fut examiné au microscope. Je n'y découvris aucune cellule de pus, n contenait que quelques globules de sang, des granulations en petit nom:- • deux ou trois cellules épithéliales anciennes ou jeunes et en voie de forma:. ■• Quatre jours après, sur cette surface érodée, s'étaient creusées deuxulrénL* à bords évidés, peu profondes, qui correspondaient à deux points d'indunii: condensée. La première ulcération était complètement cicatrisée. Pa$ de tr» d'adénopatbie. Le 3 mai, à leur douzième jour, les deux dernières ulccrdt.v étaient à peu près cicatrisées; mais Tinduration sous-jacente était d^^'^t énorme et typique, large^ épaisse cartilagineuse. Pas de douleurs, pas d iiSi roation périphérique.
Rien dans les aines. — Les jours suivants les disques d'induration au«*^ tèrent encore et il ne se produisit pourtant aucune adénopathie. Le roaoi dès le début de son chancre prenait des pilules de proto-iodure. — Letjp (quarante-septième jour à partir de l'apparition du premier chancre . iii| papules plaies sur le tronc, survenues sans aucun trouble constitutioL i"' toujours rien dans les aines.
Cette curieuse obser\'ation montre que des chancres syphiliti]i peuvent se développer sur le même individu, successivement et '/ <^ yot/rs d'intervalle. Il n'est pas douteux qu'un grand nombre de ni&*id s'exposent à des contaminations successives; tels sont ceux qui id bitent avec la femme qui les infecte, pendant toute la durée de Yji bation chancreuse. Pourtant ils n'ont, en général, qu'un chaiiczv (| s'ils en ont plusieurs, les poussées s'opèrent à peu près simultan^-rr*-:! Ne rappellent-ils pas ce patient chez lequel Puche inocula du li^ri chancreux à 22 jours d'intervalle et qui eut deux chancres le tcM jour aux deux points d'inoculation? Vous voyez que la quesii -ai
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lin d*étre élucidée d'une façon satisfaisante. Il faut éviter l'erreur qui DQsislerait à considérer comme des chancres toutes les indurations ui se manifestent à une période avancée de la néoplasie primitive. es néoplasmes pseudo-chancreux ne dépendent point d'une contamialioD distincte de celle qui a produit le premier chancre ; ils résul- !nt d'une irradiation hyperplasique , soit dans le tissu cellulaire iroonvoisin, soit dans un point circonscrit du réseau [lymphatique iperficiel. De semblables syphilomes, sous forme de plaques et de ooeurs, ont une affinité très grande, comme forme et comme procèsis, avec les chancres, les tubercules et la gomme. Ce sont ceux qui U fait croire aux chancres de réinfection. Vous les observerez sur I organes génitaux à toutes les phases de la syphilis. Gardez-vous '. I^^s confondre avec l'accident primitif. On doit voir en eux des effets as ou moins précoces ou plus ou moins tardifs de l'intoxication géné- If . Ils se résorbent ou s'ulcèrent suivant les mêmes tendances et iprès le même mode que les autres déterminations de la maladie ostitutionnelle.