ORIGINE EXOTIQUE DE LA SYPHILIS
Cette hypothèse ne vous semble-t-elle pas spécieuse et ne lui trou- >Pz-vous pas un côté romanesque qui la rend séduisante? Il parait 1 «^pendant qu'elle ne résiste pas à la critique. L'origine américaine, admise par tant de sypbiliographes d'une grande valeur, a perdu beaucoup de terrain dans ces dernières années. La principale objection est tirée d'un édit daté du 25 mars 1493, qui ne laisse aucun doute sur l'existence de la grosse vérole dans Paris, bien antérieure à r^'tte époque. D'un autre côté, dans les ouvrages de Battista Fulgoso, doge de Gènes depuis 4478 jusqu'en 1493, on lit que, deux ans avant IVntrée de Charles VIII en Italie, il se manifesta une nouvelle maladie pour laqueUe les médecins ne trouvaient ni un nom ni un remède dans les écrits, et que l'on Bomma mal napolitain en France et mal français en Italie.
D*autres documents, d'une importance moins grande que les précédélits, sont favorables à l'hypothèse d'une origine antérieure à 1493. Aujourd'hui, beaucoup d'historiens très autorisés regardent, comme un fait démontré, l'existence de la syphilis en Europe dès le commencement du quinzième siècle et peut-être même longtemps auparavant. La lèpre contagieuse, qui fit tant de ravages pendant toute la durée du moyen âge, ne serait autre chose, d'après^eux, que la syphilis ellemAme. Cette manière de voir a été défendue surtout par le D' Guntz, de Dresde, en 1870.
Quittons l'Europe et jetons un coup d'œil sur les autres parties du monde. L'histoire de la syphilis y est encore plus obscure et plus h^-pothétique. Les uns admettent que, depuis des siècles, la syphiHs était endémique sur les côtes occidentales de l'Afrique. D'autres souti.onentque YJudham, Yluzam ou Feu persan, maladie contagieuse, que les traditions des Indiens et des Malais font remonter aux époques les plus reculées de l'bistoire, et qu'on combattait déjà au moyen du mercure, n'était autre chose que la syphilis.
Serez-vous surpris d'apprendre que les Chinois, qui paraissent avoir tout inventé, connaissaient la syphilis de temps immémorial? Lisez le livre du c^itaine Dabry sur la médecine chez les Chinois, et vous y Terrez que la syphilis avait été complètement étudiée et fort bien décrite sous le règne de l'empereur Hoang-Ti, c'est-à-dire 2637 ans aTant notre ère.
Mais une critique sévère peut-elle accepter toutes ces assertions? Je i*- le pense pas. Ce ne sont, le plus souvent, que des hypothèses plus ou iLoins ingénieuses. Quant aux fables absurdes qui furent imaginées