CHANCRES INFECTANTS DU NEZ ET DES PAUPIÈBSS
amygdales, les piliers ou la luette. MM. Rollet et Diday en ont obsint plusieurs cas à TAntiquaille, chez les verriers. Leurs symptômes soui ceux d'un mal de gorge chronique. Ils sont constitués par un d^^-v plasme à dimensions variables qui, sur les amygdales, peut prendp de grandes proportions, tuméfier toute la glande et déterminer daii> toute la région un œdème dur, derrière l'angle de la mâchoire. J'^ ^u ce néoplasme primitif de l'amygdale devenir, dans un cas, pullao- %\ phagédénique et s'accompagner des troubles fonctionnels de l'anginf a plus aiguiî et la plus douloureuse. On apercevait, entre les deuxpilie^. une large surface d'un rouge foncé, anfractueuse, recouverte de Uwbeaux sphacélés, exhalant une odeur gangreneuse. En palpant extéri»»r rement la région de l'amygdale et en portant intérieurement surîî glande l'index de l'autre main, on sentait une masse dure, ligneux, immobilisée dans une atmosphère de tissu cellulaire infiltré. L * ganglions parotidiens étaient durs et volumineux. La giiérison fol longue à obtenir et n'eut Heu que longtemps après rapparilioa * phénomènes consécutifs de la maladie constitutionnelle. Mai» h choses sont loin de se passer toujours ainsi. Bien des fois le chaii<Ti amygdalien ne suscite que des troubles fonctionnels insignifiant- «i qui attirent à peine l'attention des malades et du médecin. Ainsi je fi consulté il y a quelques jours par un malade qui avait une roséole ^n thémateuse maculeuse des plus confluentes. Il se perdait en cmu; < turcs pour savoir comment il avait pu contracter la syphilis, ne s^'\ pas exposé à la contagion et n'ayant pas aperçu la plus petite trai^ chancre infectant sur un point quelconque du corps. A force de Tin: roger et de chercher, je. finis par soupçonner qu'il avait eu qu^-lqn mois auparavant un chancre de l'amygdale gauche, et mes sou[m:«u convertirent en une certitude absolue lorsque l'exploration de la iilifJ par le palper, en dedans et en dehors, me convainquit qu'elle fU encore très indurée.
Chancre syphilitique du nez, — Il est très rare sur la muqu* \i^ Dans un cas rapporté par Nettleship le néoplasme avait déterminé l «J struction de la narine par gonflement de la muqueuse, et la fornijr d'un abcès lacrymal. Dans un autre, observé par M. Jullien, la oK»avait été perforée. Sur la partie cutanée des ailes du nez, le chi'r infectant peut acquérir un volume quelquefois énorme. C'est la Krbombée, l'ulcus elevalum qu'on y observe, ainsi qu'à la pointe. St.r dos de l'organe c'est la forme plate, à dimension moyenne. Ce> • ' t cres cutanés sont rares. Leur adénopathie symptomatique est dau* région sous-maxillaire.
CHANCRES SYPHILITIQUES DES OBaANES GÉNITAUX CHEZ L'UOMME. 329
Chancre syphilitique des paupières et de la conjonctive. Quand il «iège sur la surface cutanée de la paupière, il est aplati, étalé ou bombé, végétant, érosif et quelquefois ulcéreux du côté du bord ciliaire. Sa rigidité cartilagineuse s'oppose aux mouvements du voile palpébral, surtout lorsque la plaque a de grandes dimensions. Il peut sasciter une inflammation de voisinage qui se propage sur la conjonctive jusqu'aux culs-de-sac palpébraux. Mais ces phénomènes se produisent surtout lorsque le néoplasme s'est développé primitivement sur la moqueuse ; ils peuvent même irradier du côté du globe oculaire et y iéterminer la kératite et une iritis. Les caractères fondamentaux du :hâDcre se retrouvent là comme ailleurs, et ils sont constitués par une odaration en plaque ou en amande, nettement circonscrite, érodée m ulcérée sur sa surface libre, et accompagnée d'une adénopathie spé- 'ifique des ganglions pré-auriculaires. Les chancres palpébro-co7ijonC' muxQïii été observés par MM. Desmarre, Lawrence, Clerc, et surtout lien étudiés par M. Claude Savy dans un travail très complet sur cette [oestion, publié en 1876.
Tels sont les principaux chancres infectants qu'on trouve dans la égion céphalique. Nous n'avons décrit que ceux qui offrent le plus Imlérêt et qui rentrent dans le courant de l'observation quotidienne, lais il y en a d'autres plus rares, tels que ceux du front, de la nuque, ifl cuir chevelu, de la joue. J'ai observé récemment un chancre de la MJe consécutif à un coup de rasoir reçu chez un barbier de Paris. Mques jours auparavant, j'avais vu une blessure de la lèvre supéieurc faite également par un rasoir, chez un barbier de la banlieue, roduire un chancre syphiUlique.
Ciia:(cres syi'hilitiquks des organes génitaux. — Quoique la syphilis e soit pas une maladie aussi essentiellement vénérienne que la blenorrhdgie et le chancre mou, et qu'elle puisse se contracter d'une infîité de manières, en dehors des rapports sexuels, les organes génitaux en constituent pas moins la région du corps sur laquelle son accident rimitif se développe le plus fréquemment et sous les formes les plus ariées. Nous l'étudierons séparément chez l'homme et chez la femme.
Chez l'homme. Chancres syphilitiques du gland. — Ils présentent 3r cet organe les formes les plus insidieuses. Aussi faut-il les examier quelquefois avec la plus minutieuse attention pour ne pas comï»!Ure d'erreur de diagnostic. Les formes qui y exposent le plus sont i balanite spécifique primitive et les chancres herpéti formes. La pre-
330 CHANCRES INFECTANTS BALANIQUES.
mière est constituée par une rougeur diffuse d'une teinte sombre. >i/ la surface de laquelle répilhélium macéré se détache, laissant .vi.*à nu des plaques irrégulières d'érosion lisse, très finement granoit^. piquetée de points ecchymotiques et toujours suintante lorsque If prépuce recouvre habituellement le gland. Chez les personnes dont U muqueuse balanique est toujours à découvert, la surface malade r»>t« plus longtemps sèche et devient écailleuse avant de s'éroder, pui> >> couvre çà et là de lamelles croùteuses qui, lorsqu'elles tombent, mf^ tent à nu des surfaces humides, violacées, qui saignent avec la («cgrande facilité. Cette lésion, par son étendue, sa superficialit^. i^ caractère vague et irrégulier de ses contours, ressemble à une halm^ simple avec ses abrasions épithéliales ou à une inflammation eaéa> teuse suintante. Elle s'en distingue par sa teinte plus sombre, la ^^ cosité plus grande de sa sécrétion qui ne contient pas de pus, et >^ tout par Tépaississement et l'induration de la muqueuse balaniq'i^i Mais il ne faut pas s'attendre à trouver une de ces scléroses qu» U doigt ne peut méconnaître. Souvent elle est à peine perceptiU» ; i faut la deviner, du moins pendant les premiers jours. Plus tard, ^ s'accuse davantage ; enfin, il peut aussi se former, sur cette surM d'apparence uniforme, quelques foyers plus rouges, plus étodr-^ d plus saillants, d'une consistance élastique plus précise et moins va^iii ment étalée. L'adénopathie, ai-je besoin de le dire, est une re>s< urs précieuse pour le diagnostic, et elle ne fait pas plus défaut dan^ i^ variété que dans les autres. i
Les chancres herpétiformes se produisent presque toujours ^ur I muqueuse du gland ou sur celle du prépuce, ou sur toutes lesdtui la fois. Leur début peut d'autant mieux tromper que parfois l* ri tion herpétique est simple et non virulente. C'est une sorte d:^^ pès prémonitoire qui apparaît peu de temps après le coil, tt, ;i des poussées successives, se continue jusqu*au moment où la W-^ qui couvait sous lui se manifeste et transforme l'herpès sinu'^ ^ herpès infectant. Or, celte transformation pour être profonde, nVr i pas moins insensible. Cependant, en y regardant de près, on voit ot» ques érosions herpétiques se couvrir d'une concrétion pseudit-n»»-: braneuse, s'épaissir sur. leurs bords, se soulever un peu au-<lt->>'> -^ parties voisines, sécréter surtout de la sérosité visqueuse, sVLirJ se confondre, former des plaques, des espèccà de petits ulctis '.'■ tum cloisonnées à leur surface, etc. En même temps la muqueu>»' i^ nique devient rouge, épaisse, dans leurs intervalles; elle se >*!•! et se dépouille de son épithélium, et puis les ganglions se prer i
LRUBS PBINCIPALES VABIBTÊ8. 331
Les chancres herpétiformes sont disséminés ou confluents. J'en ai compté plus de vingt sur la muqueuse balanique. Il est rare qu'il n'y en ail qu'un ou deux. Leur multiplicité constitue un de leurs principaux caractères.
A cùté de cette variété s'en trouve une autre qui s'en rapproche par la petitesse de l'érosion chancreuse. C'est le chancre nain ou épithélial, qu'on aperçoit à peine et qui ne consiste qu'en une abrasion épithé- Hale de on demi à un centimètre de diamètre, sur laquelle les lamelles épithéliales forment une mince squame. Au-dessous, existe un point d'érosion plus petit lui-même que la tache érythémateuse. J'en mets wusvos yeux un exemple remarquable. Vous voyez cette croûte à peine perceptible sur le gland, à un centimètre du méat, dont l'induition est si vague. Eh bien , c'est un chancre infectant. Le méat est également chancreux, mais bien peu, et ces deux petits foyers ont léveloppé l'adénopathie spécifique qui ne nous laisse aucun doute sur eur nature syphilitique.
A la partie moyenne et dorsale ou latérale du gland, les chancres vphilitiques solitaires ou multiples présentent parfois des dimensions le un et demi à deux centimètres et une configuration régulière, arronlie ou ovalaire. Leur base est parcheminée et toujours peu épaisse, «rce que la minceur de la muqueuse et l'absence de tissu cellulaire iMlessous d'elles se prêtent peu aux accumulations ovoïdes et glorieuses du tissu hyperplasique. Souvent leurs bords offrent la surélé- «ion qui constitue la forme annulaire de l'accident primitif et toute Isurface de la lésion se recouvre d'une pseudo-membrane grisâtre très Aérenle. Ces chancres balaniques restent simplement érodés ou à •Hni cupuliformes pendant toute leur durée. Mais il arrive souvent 0 ils deviennent très vite ulcéreux, nettement entaillés dans l'épaiseur de la muqueuse sans que toutefois leurs bords se boursouflent t se décollent. En outre, leur fond pseudo-membraneux n'est pas ibouré d'anfractuosités comme le chancre mou. Il faut reconnaître DQrtant que leur ressemblance avec cette dernière espèce est, dans îîtains cas, si frappante, que si l'on n'avait pas la longueur de l'incuation et la présence de l'adénopathie pour établir le diagnostic, on «tarait dans le doute jusqu'à l'apparition des accidents consécutifs, •aaod l'ulcération envahit le néoplasme primitif du gland, elle le fait Bf>afaîlre très vite et la base indurée fait défaut. Les pertes de sub- *Dt*e occasionnées par les chancres balaniques ulcéreux sont généuement très superficielles. Mais il peut arriver qu'un véritable phaïdénisrae serpigineux ou térébrant s'empare du chancre, lui fasse