COINCIDBNOK DE LA VACCINE ET DU CHANCBE INFECTANT
Coïncidence de la vaccine et du chancre infectant. — Chancre vacmo-syphilitique. — C'est encore à M. RoUet que revient l'honneur d'avoir débrouillé la question si complexe de la contagion vaccinesyphilitique. Ainsi, jusqu'à lui, quand le bras d'un vacciné devenait le siège d'un chancre, on croyait que ce chancre devait nécessairement provenir d'un chancre semblable à lui, caché sous la pustule vaccinale oa greffé sur elle. On ne comprenait pas qu'il pût dériver de la pustule vaccinale d'un individu affecté de syphilis héréditaire ou de syphilis acquise. Je n'étudierai pas ici tous les modes de la contagion syphilitique vaccinale. Qu'il me suffise de dire que, dans la grande majorité des cas, c'est par l'intermédiaire du sang mêlé au vaccin d'un vaccinirere héréditairement syphilitique, que se fait la transmission. Ce n'est qu exceptionnellement que le vaccinifère infectant est atteint d'un chancre vaccîno-syphilitique. Sa lésion est moins complexe; il n'a qu'une pustule vaccinale. Mais cette pustule analogue au* chancre simple des syphilitiques, quoique n'étant pas mixte *dans sa constitutioD organique, n'en est pas moins susceptible de transmettre le vaccin et la svphilis, s'il suinte du sang syphilitique à sa surface. Il en résulte que le chancre réellement vaccino- syphilitique est beaucoup plus fréquent chez les vaccinés que chez les vaccinifëres. Mais il peut arriver qn'il soit inoculé à un vaccinifère sain et non syphilitique, par la lancette imprégnée du sang d'un des vaccinés atteints de syphilis.
Uuoi qu'il en soit, ce chancre a son siège exclusif sur les bras, puisque c'est là que se font habituellement les vaccinations et que se <ont faites, jusqu'à présent, toutes celles qui ont été suivies de syphilis. Les deux virus sont inoculés en même temps dans la même piqûre. Aussi le chancre vaccino-syphilitique est-il toujours le résultat d'une ^ule contagion. M. Ricord et son école expliquaient jadis les faits fintoiication par une bizarre superposition accidentelle de deux êsions, vaccinale et syphilitique. Cette interprétation alainbiquée, iifficile à comprendre, de la transmission du chancre vaccino-syphiliique au moyen de deux contagions successives, a été complètement ibandonnée depuis longtemps. Le chancre vaccino-syphilitique, quoique provenant dans la plupart des cas d'une simple pustule vacrtnale souillée par le sang des syphilitiques, peut-être par leur lymphe, procède aussi quelquefois d'un chancre semblable à celui-ci. C'est ce ]uieut lieu à Rivalta et à Lupara. Il peut doua se transmettre dans son >{>èce comme le chancre vénéréo-syphiH tique. Il ne s'observe jamais, 'U du moins il n'a jamais été observé à la suite de deux inoculations pratiquées inversement à l'ordre habituel, c'est-à-dire qu'il ne résulte
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pas de la vaccination faite sur un chancre induré. On choisit toujour» pour la piqûre vaccinale des parties saines de la peau.
Les modes pathogéniques du chancre vaccino-syphili tique, quoique très complexes et fort difficiles à interpréter, surtout avant les travaai de M. Rollet et de M.Viennois, donnent lieu, comme lésion, à des résul^ tats plus fixes dans leur processus, moins variables dans leur formation, que le chancre vénéréo-syphilitique. C'est, du reste, un fai^ facile à comprendre, puisqu'il ne peut pas se faire de contagioai successives et que le mode de transmission est identique pour tou«| les cas, et a lieu par inoculation au même moment et sur le m^^ point pour les deux virus. Pour que cette transmission puisse s'eff«*| tuer, il faut que le vacciné soit vierge de la vaccine et de la syphilis à moins que l'immunité créée par une première infection ne s<à épuisée. Il en résulte donc, ou bien que la double inoculation peu être négative, ou bien qu'elle peut être positive pour les deux virus ou bien enfin qu'elle peut être positive pour l'un et négative |k>ii Tautre, suivant qu'il s'agit d'un sujet syphilitique mais non vaccioe ou d'un sujet vacciné et non syphilitique. On voit donc par là qut 1^ chancre vaccino-syphilitique ne présente pas une combinaison \h fixe ni plus forte que le chancre vénéréo-syphilitique. 11 se dédouW si l'état constitutionnel des sujets qui reçoivent les virus les rend réfrar taires à l'un ou à l'autre, et dès lors il meurt, mais pour se reforma sur d'autres sujets, lorsque leur terrain organique offre à son dt^^? loppement des conditions plus favorables.
Comme les deux maladies sont inoculées dans la même piqûre •-: s même moment, le chancre vaccino-syphilitique débute toujour> p une pustule vaccinale, la vaccine ayant une incubation qui n'esl iji de quatre jours en moyenne. Cette pustule suit son cours réiruii ? dans un grand nombre d'observations, on a noté qu'elle n*avaii pn sente aucune anomalie dans sa marche depuis son début jusqu'à >ri - ' minaison. Chez les individus qu'on revaccine ou qui sont réfractair» la vaccination, le début du chancre vaccino-syphilitique n'a pa^ \u^\\ ; une pustule vaccinale. 11 se fait beaucoup plus tard sous fonut saillie papulo-tuberculeuse et ne diffère du chancre infectant r\:'. ■ ordinaire que par son origine vaccinale.
Les irrégularités de la vaccine ne se produisent pas dans Ie> yr miers jours de la pustule, mais vers la fin de son évolution; et, c^>n: ( 'est à ce moment que, dans les incubations courtes, l'induration l'accident primitif apparaît sur la pustule vaccinale, c'est lui qui plupart du temps, cause ces irrégularités et transforme la lésion
DU CHANCRE VAOOINO-SYPHILITIQUB. 363
ihancre vaccino-sypbilitigue. L'irrégularité dans l'évolution est donc e symptôme avant-coureur de la syphilisation du petit foyer vaccinal. ii lésion qui résulte des deux ulcérations réunies, de celle qui corn- KDce et de celle qui finit, constitue le vrai chancre vaccino-syphiliique.
Ses symptômes ressemblent beaucoup à ceux du cbancre syphiligue; c'est un néoplasme induré, circonscrit, quelquefois diffus, sériât de base à une érosion ou à une ulcération couleur rouge de chair luscuJâire, lisse, irisée, à centre ecchymotique, etc. Des complications lammatoires ou phagédéniques peuvent altérer sa physionomie, âisia coexistence du travail morbide dû à la vaccine ne lui donne pas 16 empreinte caractéristique. A cet égard, il y a une grande diffé- &ce entre les effets du vaccin et ceux de la chancrelle sur le chancre feclant. Du reste, presque toujours l'action vaccinale s'est éteinte, ine tarde pas à s'éteindre, quand le néoplasme primitif s'établit auissous de la pustule.
.N allez pas croire cependant que l'absence de tout signe apparent de iopJâsie infectante soit une garantie que le liquide vaccinal contenu tns la pustule encore non altérée est exempt de la virulence syphili- |ue qui, plus tard, deviendra manifeste. Le virus syphilitique existe Bs la pustule ; il y sommeille, et il n'y produira qu'à son heure les ions néoplasiques qui constitueront le chancre vaccino-syphilitique. Û3, avant que cette heure soit arrivée, il peut s'inoculer. C'est ce qui produisit à Rivalta. L'enfant Manzone n'avait qu'une pustule vaccile, sans aucune trace de chancre sous-jacent. Cette pustule s'était reloppée à la suite d'une inoculation faite avec le vaccin d'un enfant Aili^que. On l'ouvrit au dixième jour à partir de l'inoculation, et le lide qu'on y puisa avait déjà des propriétés mixtes puisqu'il trans- : à la fois à d'autres enfants la syphilis et la vaccination. ^ Tait est des plus remarquables. Quelle interprétation lui donner? ibiement le chancre induré n'était pas encore formé. Du reste, il st point dans ses habitudes de n'incuber que dix jours. Il est donc bable que le virus syphilitique contenu dans la pustule à cette que n'était pas le résultat d'une élaboration locale, qu'il n'avait pas cré«'* sur place, et qu'il provenait directement du premier vaccifère. en était ainsi, on en pourrait conclure que le virus syphilitique §t pas immédiatement absorbé et n'infecte pas d'emblée l'orgaoie, conune on le croit généralement ; que le chancre n'est pas un i local de cette intoxication, mais qu'il résulte d'un travail long, înt, très tardif, que le virus provoque sur le lieu même où il a été