‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 19 sur 441 · QUATRE PÉRIODES JUSQU'A NOS JOURS · texte numérisé non relu

QUATRE PÉRIODES JUSQU'A NOS JOURS

^eizièIIle siècle jusqu'à nos jours, je la diviserais en quatre périodes, et je désignerais chacune d'elles sous les noms de : période créatrice, ()ériode dogmatique, période expérimentale, période scientifique.

Période créatrice. — La première période qui suivit l'invasion i-ndo-épidémique et qu'on peut étendre jusqu'en 1808, fut la plus brillante pour la syphiliographie.

Période dogmatique. — A partir de ISSO, époque où la confusion entre toutes les espèces vénériennes fut un fait accompli, la science s^jihiliographique rétrograda ou du moins resta stationnaire dans ses erreurs jusqu'à Hunter et même au delà. Ce fut pour elle une (H;riode de confusion et de dogmes stériles, une sorte de petit moyen ige.

Période expérimentale. — La période de renaissance ou période t'ipérimentale commence avec John Hunter, bien qu'il ait contribué plus que personne à consacrer par son immense talent la confusion <I^s espèces vénériennes et qu'il soit le plus célèbre de ceux qu'on a apfielés les Identistes. Je la fais commencer à lui parce que, malgré ses erreurs, il n'en est pas moins le glorieux fondateur de la médecine et de la physiologie modernes. Avec lui on sort réellement du moyen àiTP et de l'antiquité pour entrer dans ce vaste domaine, trop peu exploré jusqu'alors, de l'observation rigoureuse et de l'expérimentatioD scientifique. Cette période s'est prolongée jusqu'à nous.

Période scientifique. — CeUe qui lui a succédé est une période ^ientifique ou pathologique. La syphiliographie conquiert tous les juars, sur le domaine de la pathologie commune, des affections qui lui appartiennent de droit. Son domaine s'est enrichi depuis quelques années des nombreuses connaissances nouvellement acquises sur les ^iscéropathies spécifiques.

Avant de terminer les réflexions que je viens de vous soumettre sur Hiisloire de la syphilis, il ne sera peut-être pas sans intérêt pour vous d'apprendre quels sont les résultats qu'a donnés l'examen du squelette de l'homme primitif, lorsqu'on a recherché les traces ineffaçables qu'aurait pu y laisser la maladie constitutionnelle.

Nous devons au professeur Joseph Jones un savant article sur la syphilis chez les aborigènes de l'Amérique. Les ossements déterrés dans \k> tombeaux les plus anciens de la Géorgie, du Tennessee, du Kentucky , 4<'la Louisiane et du Mississipi, depuis la vallée du Cumberland jusqu'au : «Ife du Mexique, présentaient des lésions dont l'origine syphilitique i*' pouvait laisser aucun doute. Il ne s'agissait pas, en effet, comme

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I.^ «iffréreoces des viniB vénériens ne s'accusent qxie par leurs effets. — Leurs analogies d'aspect et i^ imposition chimique et histologique. — Ils sont fixes et non volatils. ^ Le globule de pus n r^t pa» essentiel au virus syphilitique comme aux deux autres.

\ Vimf de ia bienMorrkagie : Ne présente aucune particularité spécifique & l'analyse. — I^e virus rvi^.'Je dans les parties solides et surtout dans les globules purulents. — Élément parasitaire \ } pot.ietiqae. — Inocalation, négative. — Application sur la surface des muqueuses, positive. — I r. maco-pus blennophthalmique.— Son identité avec le muco-pus blennorrhagique. — Expériences oi.r > \ ims des ophthalmies purulentes. — Ces pus virulents peuvent se créer artificiellement.

II. Xtrns du chamert timple : Le principe contagieux adhère aux globules de pus. — Inoculabilité du \*»\ iraient chancrelleox ; — sa réinoculabilité. — Ne pourrait pas se créer artificiellement.

ni Vtnu tfpkSUique : Constitué par la sérosité très peu chargée d'éléments figurés. — Inoculable e\ aoD reinoculable. — Effets de l'inoculation : sclérose érosive primitive ou chancre induré. — I •* principe virulent adhère, selon toute probabilité, aux granulations moléculaires du liquide. — iirz.ne parasitaire dn virus syphilitique. — Hypothèse sur sa roicrobiogenèse. — Expériences de M. Kleba : le virus syphilitique serait constitué par des champignons spéciaux qu'il nomme ^tfomonades. — Leur culture. — Possibilité de les inoculer aux animaux.

Je VOUS ai dit qu'il existait trois espèces de maladies vénériennes et que chacune d'elles procédait d'unvirus qui lui était propre et qui différait profondément des deux autres. Mais n'allez pas croire qu'une étude intrinsèque etaussi approfondie qu'on lapùtfaire de chacun de ces virus, TOUS permit de les distinguer, si vous ne connaissiez ni leur origine, ni les conséquences de leur application sur l'être vivant. C'est par leurs effets cliniques, beaucoup plus que par leur apparence extérieure et leur l'imposition chimique et histologique, qu'on juge de leur spécificité.

Prenez, je suppose, le pus de la blennorrhagie et celui du chancre simple ; examinez-les au microscope, faites-en l'analyse chimique et je TOUS défie de trouver en eux-mêmes des caractères assez tranchés pour l^s reconnaître. Bien souvent le virus de la syphilis leur ressemble et est contenu dans un liquide plus ou moins purulent. Mais le globule 4" pus, n'est point un de ses éléments constitutifs essentiels. A l'état de pureté, et lorsque la sécrétion s'effectue sur des lésions typiques et «"i^mptes de toute complication inflammatoire, le liquide virulent de la syphilis est, au contraire, limpide, transparent, clair, ambré et quelquefois sans aucune trace de purulence.

Le caractère commun de ces trois virus, c'est qu'ils ne sont point volatils. Ce sont des virus fixes. Ils n'agissent pas à distance, à travers l'espace et par des miasmes impalpables, comme ceux de la rougeole, delà variole et de la scarlatine, par exemple. Non, ils adhèrent à des m >lécules liquides ou solides qui ont besoin de pénétrer dans les tissus •«u d'être appliquées à leur surface pour y développer leur action tiiorbigène.

14 VIBUS DE LA BLEXNORRHAGIE.

Examinons sommairement chacun d'eux avant de vous exposer lo principaux caractères des affections qu'ils ont la propriété de susciter dans l'organisme qui a subi leur contamination.

Virus de la blennorrhagie. — Le pus de la blennorrhagie ne diflerp pas du pus ordinaire par ses caractères extérieurs. Étudié au microscope ou à l'aide de procédés chimiques, il ne présente aucune particularité qui relève sa nature spécifique. Malgré les expériences et les travaux sans nombre dont il a été l'objet, le principe virulent qu'il contient n'a pas encore été découvert. On peut en dire autant, d'ailleurs, de tous les autres liquides virulents.

Mais si ce virus existe pour la blennorrhagie, il est probable qu'il réside dans les parties solides du pus, c'est-à-dire dans les globules purulents, les cellules épithéliales altérées, les granulations et les molécules organiques. Car la violence de la maladie, et sa contagiosité sont en raison directe du nombre de ces éléments figurés, surtout des globules purulents.

Au milieu de ces éléments, on a signalé à diverses reprises la présence de parasites animaux et végétaux, tels que le vibrio linéola, le trichomonas, qui représenteraient, sous une forme saisissable, le principe spécifique de la blennorrhagie. Mais l'existence de ces parasites est loin d'être constante et il est impossible de leur reconnaître aucune spécificité.

Le pus blennorrhagique, si on l'inocule en l'insérant sous les tissus, détermine des effets bien différents de ceux qu'on obtient avec les liquides virulents du chancre simple et de lasyphilis. ïoutau plus voiton se produire, au point où l'expérience est tentée, une petite pa|)ule inflammatoire de durée toujours éphémère.

Pour que l'inoculation cesse d'être négative, il faut qu'elle se fas^o sur une muqueuse, par exemple, celle de l'urèthre ou des yeux, et il suffit que le pus soit simplement déposé à la surface de l'épithéliuin. Après une période d'incubation qui ne dure pas plus de deux à trois jours, il survient un catarrhe purulent, contagieux lui-même et semblable à celui dont il dérive.

Ce sont là des faits que les expériences des ophthalmologistes ont surtout bien mis en évidence.

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