INCERTITUDE DU PRONOSTIC A LONGUE ÉCHÉANCB
Des considérations qui précèdent, il résulte que la prognose dt !^ syphilis ne peut être fondée pour toutes ses périodes sur les carii tëres seuls que revêt la syphilis primitive. Tout au plus peut-on pr^v 0 d'après le chancre et les adénopathies, ce que seront approiima'J^^ ment les premières poussées. Il est possible qu'ultérieuremful I syphilis affecte une gravité ou une bénignité qu'elle n'avait pas lai les premiers jours de son existence. 11 serait donc téméraire df ^H nostiquer à longue échéance y en ne tenant compte que des premirn manifestations syphilitiques, soit primitives, soit secondaires. S existe assez fréquemment une sorte d'équation entre le chaDcre t^t I premières poussées, c'est que ces accidents sont presque contem|i rains ; ils se produisent dans un organisme dont les dispositions \^ bides restent les mêmes au moins pendant quelques mois. II p^ jI faire que l'aptitude à concevoir l'action syphilitique, faible audt se développe plus tard et donne à la maladie constitutionnelle tournure fâcheuse que rien ne décelait dans les premiers jours.
L'aptitude, la prédisposition, voilà à quoi nous sommes ton; ramenés quand nous cherchons à nous rendre compte de la béu :i ou de la gravité des manifestations syphilitiques. Mais en quoi ci. cet état de l'organisme ? Nous n'en savons rien, et il faut conf» notre ignorance à cet égard. 11 est incontestable qu'une mau^ santé, la vieillesse, la misère physiologique, les dyscrasies, la [)âav du sang, etc., en un mot toutes les conditions morbides antêh ou concomitantes peuvent aggraver la syphilis. Mais indépendand de ces causes, il y a je ne sais quoi de mystérieux qui prémunit ùi les atteintes sérieuses de la maladie constitutionnelle, ou qui. a*. traire, permet à ses manifestations les plus variées d'éclorc pan ^| toutes les époques du processus, et d'aboutir avec une rapidité st.' nante à la plénitude de leur développement. Ce qu'il y a de remar ; : c'est que les sujets les mieux portants en apparence sontauss^i «'i| à ces redoutables éventuahtés, que les sujets malingres et chezlt>{ on pourrait croire a prtort que la syphilis va devenir formida!»est donc exposé à bien des surprises. Aussi le médecin prud^ui. en laissant entrevoir certaines probabilités pour l'avenir, d»*N.i toujours faire des réserves, surtout s'il s'agit de prévisions tK? < gnées.
Je résumerai ce qui précède en disant que la syphilis pr.i;i permet, dans une certaine mesure, de pressentir ce que sera/. premières poussées de la maladie constitutionnelle; mais qutil nous fournit aucune donnée sérieuse pour la prognose des (» r-
D^APBÊS LES CABAOTÉBES DE LA SYPHILIS PBIMITIVB. 421
ultérieures, ni surtout pour celle des viscéropathies et de la phase tertiaire.
TiifTiMifCT OD CBAHCHE STFRTLiTioni. — Prophylaxie.
TrnUemtnt aèortif du ehanere syphilitique. Tentatives faites à différentes époques pour le détruire i^i son apparition. — Résultats équiToques. — Aucun fait probant. — De l'excision du chancre svphilitique pratiquée par MM. Auspitz, Unna, K6lliker. Statistiques. Ce qu'il faut penser des C'^actusions : leur incertitude. — Procédés opératoires : cautérisation, excision. Cette dernière nt préférable, mais ne peut pas toujours être appliquée.
'rétemfnt toeal du chancre syphilitique : Topiques adoucissants et résolutifs. — Inutilité et danger d« 9 cautérisations. — Traitement des complications, des balano-posthiles infectantes inflammatoirej» et gangreneuses. — Nécessité du traitement interne roercuriel et ioduré dans le phagédéit^ioe de l'accident primitif. Traitement du chancre mixte. — Traitement du chancre syphilitique »i2.Tant la région qu'il occupe. — Il faut laisser les indurations chancrenses se résorber d'ellesnesies et surtout ne pas les exciser. — Traitement des adénopathies simples et compliquées. r^ix^ment générai. Il faut y recourir dès qu'on a la certitude absolue que lé chancre est syphilitiqje : son action curative et préventive très probable sur les accidents qui se préparent, — son »ct:on cnrative certaine sur l'accident primitif.
Le traitement du chancre syphilitique ne serait pas long à exposer Ton devait se borner à dire quels sont les moyens topiques les plus ropres à hâter sa guérison. Mais il soulève des questions plus graves j'il s'agit de discuter, parce que leur solution dans un sens ou dans a aatre peut être d'une grande portée sur Tavenir de la maladie conitutionnelle.
Dans toutes les maladies vénériennes, le premier point dont il faut occuper, c'est la prophylaxie. Je serai bref sur ce sujet. Les moyens *ophylactiques, du reste, sont les mêmes, qu'il s'agisse de blennorlagies, de chancres simples ou de chancres syphilitiques. Le condom, îs onctions avec des corps gras, des ablutions fréquentes avec de .'au savonneuse, ou des liquides styptiques, l'usage des différents guides composés pour la plupart de substances astringentes en pro- )rtions variables, etc.: tout cela est d'une efficacité contestable. Et puis i pareilles précautions sont-elles faciles à mettre en pratique? Pour npécher la contamination syphilitique à laquelle les ouvriers sont si iposés dans les grandes verreries, M. Chassagny a inventé un em- 9ut dont devrait se munir chaque souffleur, et qui ne servirait qu'à li '^eol ; mais il parait que ce moyen si simple est rejeté par ceuxlèaies qui auraient le plus d'intérêt à l'employer. — Relativement à contagion yaccino-syphilitique, il est prescrit aujourd'hui de ne se Tvir que de vaccin ne laissant pas voir à travers les tubes qui le con-
422 TEifrrATiYES faites a diverses époques pour arrêtse
tiennent de traînées blanches ou rougeàtres. Comme le sang d*uQv^ù ciné syphilitique peut infecter le vaccinifère et les vaccinés suivâDt^ l'opérateur aura soin de laver son instrument après chaque vaccinai tion, et, pour plus de sûreté, il se servira d'alcool ou de tout ajtn liquide capable de neutraliser le virus contenu dans le sang. ^Qoail à rhygiène sociale ou publique, nous n'avons pas ici à en tracer le règles, ni à nous prononcer sur les mesures les plus propres à àm nuer et à assainir la prostitution.
Examinons maintenant s'il est possible de faire avorter le chan i et de prévenir par là l'intoxication. Ceux qui croient que le chan i n'est qu'un symptôme et la première manifestation locale de la s\^khj doivent regarder le traitement abortif comme une chimère. C'est à i près l'opinion générale aujourd'hui. Cependant une réaction qu: peut manquer d'avoir quelque retentissement est en train de se f^ On revient aux conseils que donnaient et que mettaient en praii; des praticiens dont personne ne conteste la valeur, c De tou> chancres, disait M. Ricord, que j'ai vu cautériser ou que j'ai caut r moi-même, du premier au quatrième jour de la contagion, auoim été suivi des symptômes propres à l'infection constitutionnelle, remarquera ici que la durée de l'incubation, indiquée par M. Ri(( doit faire supposer que la cautérisation abortive ne s'adressait qu'a chancres simples. Les chancres syphilitiques, en effet, n'apparai: jamais trois ou quatre jours après la contamination. Peut-èlrt- p ces chancres simples y en avait-il de mixtes; c'est tout c<* «ju peut accorder; mais, au surplus, rien ne le prouve.
M. Rollet, qui est loin d'être partisan de la méthode abo^Uv^^•^ cependant que dans le cas de chancre mixte, il serait possible qi. destruction de l'ulcère neutralisât le virus syphilitique encore à i d'incubation et prévint ses effets ultérieurs. Mais comment le ^a^ Ce qui, au contraire, est bien positif, c'est que des cautérisalioc^ des chancres qui étaient d'abord mous ne les ont pas empècbt' s'indurer plus tard. M. Diday, plus absolu encore que M. Rollet, d^* que dans aucun cas la cautérisation abortive ne peut s'opp -' l'empoisonnement syphilitique.
Cependant les expériences de M. Sigmund paraissent favora: l la méthode abortive. Le savant médecin de Vienne portait le cau>t^ sur les lésions suspectes survenues un temps plus ou moins long af le coït impur, et voici les résultats auxquels il est arrivé : 1 24 malades cautérisés du premier au troisième jour de la contad*.-:-