‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 211 sur 441 · TRAITEMENT GÉNÉRAL DU CHANCRE SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT GÉNÉRAL DU CHANCRE SYPHILITIQUE

fera appliquer sur les ganglions engorgés un emplâtre de Yigo hydrargyrisé qu'on changera tous les deux jours.

Traitement général. — Un chancre syphilitique étant fatalement suiyi des accidents constitutionnels, il y a lieu de se demander s'il n'est pas indiqué d'administrer dès son apparition les médicaments spéci* iques. L'intoxication n'est pas douteuse, elle s'accentue même de dus eD plus à mesure qu'on se rapproche du moment où les accidents Msécutifs vont se manifester. En la combattant pendant sa période rincubation, a-t-on quelque chance de ralentir sa marche, de neutraiser les effets du virus, d'atténuer les troubles constitutionnels et les léterminations de la maladie sur différents organes ?

Le fait n'est pas douteux pour moi et beaucoup de syphiliographes, les plus autorisés, sont du même avis. Pourquoi, en effet, les spécifioes n'exerceraient-ils pas une action favorable sur la diathèse ? Sans OQte elle est encore en partie latente. Mais les adénopathies, le hancre lui-même, les modifications du sang dont je parlerai plus tard, ertains troubles généraux de l'organisme ne manifestent-ils pas déjà action morbide? Il y a pendant la deuxième incubation pliië. qu'une iathèse en puissance; il existe en réalité un travail pathologique réel, raûdissant de jour en jour et dont les conséquences générales appaillront forcément. Ces conséquences, en peut-on diminuer le nombre, étendue et la gravité par un traitement spécifique? J'avoue qu'il est ifficile d'en donner une démonstration péremptoire, car ce malade lie vous traitez par les mercuriaux, dès le début de son chancre, vous e pouvez pas savoir ce qu'eussent été ses accidents consécutifs, si JUS n'aviez pas employé d'emblée la médication spécifique. Parmi mx qui ont combattu cette pratique, il faut citer, après les antilercurialistes radicaux qui ne traitent jamais la syphilis par le merire, les demi-antimercurialistes, à la tête desquels je place M. Diday. après lui, la gravité des accidents secondaires paraît peu atténuée ir le traitement mercuriel ab initio. Voici sur quoi repose cette ropositioD. Chez 49 sujets n'ayant pas pris de mercure pendant le lancre, la syphilis fut il fois faible, 27 fois moyenne et 5 fois forte, bez 23 sujets ayant pris du mercure pendant le chancre, la syphilis ll^rieure a été 6 fois faible, 14 fois moyenne et S fois forte. Évidemlentde semblables statistiques ne prouvent pas l'inutilité du traitewnt ab initio. Elles ne reposent pas sur un nombre de faits suffisants l on peut toujours répondre que si la syphilis a été moyenne et forte ^ez les malades traités, eUe eût probablement été forte ou très forte

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s'ils n'avaient pas été traités. Mais ce sont là des questions qui ser>] examinées et discutées ultérieurement.

Yoiciy du reste, quelle est la conduite qu'il me semble le \ù\ rationnel de suivre dans le traitement général de la syphilis primiini l** pour peu qu'on conserve le moindre doute sur la nature duchanc infectant, il faut s'abstenir de donner des mercuriaux ; 2* si Ton a .certitude que le chancre est bien syphiUtique, on commencera aui^.! que possible l'administration de Thydrargyre, en le donnant à faiU doses, 6 centigrammes par exemple lorsque le chancre sera [m-Lj; parcheminé ; 3" si le chancre syphilitique est ulcéreux, on donnera a plus forte dose d'hydrargyre, 9 à 12 centigrammes ; 4^ s'il a deL \^ dance à subir la déviation pbagédénique, on ajoutera au lraitt:ii^ mercuriel le traitement ioduré et on donnera chaque jour 1 2 grammes d'iodure de potassium.

Je crois que le traitement général a une influence curative et ventive très probable sur l'intoxication commençante et sur l»-> ai dents qui s'élaborent et qui vont apparaître, et j'affirme qu^il tr\ en outre une action indéniable sur l'accident primitif lui-même. 1^1 sont les deux raisons qui me portent à prescrire les spécifiqu que j'ai la certitude absolue que le chancre est syphilitique.

APPENDICE

EXCISION DU CHANGKE SYPUIL1T1QUE^

Dans ces dernières années, les syphiliographes se sont émus et prt-*»à juste titre, d'une question dont l'intérêt théorique est încontestaM'. ^ dont les conséquences, pratiques surtout, seraient de premier ordre, m ■ venait à la résoudre définitivement dans le sens positif. Elle est très >ir apparence, et il semble, au premier abord, que rexpérimentatioD naur* de grands efforts à faire pour lui donner une réponse. De quoi s'agit-il. -r De savoir si la destruction du chancre syphilitique, à une époque au*prochée que possible de son début, est susceptible de prévenir rintoxir.. d'empêcher la maladie de se généraliser.

1. Depuis l'époque où cette leçon a été faite, j'ai pratiqué plusieurs fois IVi. * chancre syphilitique. J'en ai consigné les résultats dans un mémoire publif^ ^u .-^^ la Gazette des hôpitaux. Le dernier fait a paru dans les Annales de Dermatfii -, ' \ si/philigraphie de 1881, p. 532. Je résume dans cet appendice les ^ésuUaC2^ de hî- 1 riences.

SUR l'exoision du chancre btphilitiqub. 431

Pour que le résultat soit probant, il est de toute nécessité que le diagnostic !)a lésion qu'on va détruire ne Jaisse aucun doute dans l'esprit. Or, qu'on ne ^trompe pas, pendant les premiers jours, et à plus forte raison dès les preiéres heures d'une érosion ou d'une petite ulcération qui se présentent sous ; apparences d*nn chancre, il arrive fort souvent qu'on se trouve dans l'imssibilité de se prononcer d'une façon catégorique sur sa nature. Ajoutez à lie difQculté celle qui résulte de la ressemblance, quelquefois parfaite, de reitles lésions avec une exuicération herpétique. Les conditions exigées pour e réussite indiscutable se rencontrent très rarement. Depuis que je m'oc- ^ de les rechercher avec soin, je ne les ai trouvées réunies que trois fois, II fois surtout, et cependant c'est par milliers que des chancres, de toute ore et à tous les âges, ont été soumis à mon observation. hasles tentatives que j'ai faites pour prévenir, par la destruction du chan- . le développement de la syphilis, j'ai toujours eu recours à l'excision. Cette Ihode est infiniment préférable à la cautérisation parce qu'on la dirige d, et qu'en s'y prenant convenablement, lorsque les circonstances se prêta l'opération, on peut avoir la certitude d'enlever tout le foyer du mal. our se bien pénétrer de la nécessité d'exciser de très bonne heure la lésion nilive, il ne faut pas oublier une de ses circonstances pathologiques les plus arqaables. le veux parler du processus qui commence à se développer dans gaaglions du district qu'occupe le chancre, quelques jours après son irition.Lesadénopathies ganglionnaires dures, indolentes, aphlegmasiques, len effet, non pas une complication fortuite, mais un phénomène con- U un symptôme inévitable qui fait pour ainsi dire partie intégrante de la liiis primitive. Or, comme cette lésion est la seconde étape dans le procèsienyahissemeot, qui a le chancre pour premier foyer, il saute aux yeux toute excision, faite après la production del'adénopathie spécifique, n'aura ne chance de réussite. N'est-il pas ratfonnel, en effet, de considérer les ;)ions hyperplasiés comme autant de petits centres d'infection ou prolifèles particules virulentes qui, de là, par la voie des lymphatiques, vont se "ser dans la grande circulation sanguine et infecter tout l'organisme ? a^uue première série d'excisions, qui comprenait six cas, l'insuccès de la ode abortive fut aussi complet que possible. Il fallait s'y attendre. J'avais les cas qui se prêtaient le mieux à l'opération, mais elle avait été faite à époque beaucoup trop avancée de la lésion primitive, c'est-à-dire aux ûème, seizième, neuvième, dixième jours. Dans un seul cas, j'avais pu la per à un moment assez rapproché du début, au quatrième jour, alors n'eiistait pas encore d'adénopathie spécifique, et néanmoins les accidents icutifs étaient survenus à leur date habituelle. — Voici ce cas. EjrcûioR duH chancre syphilitique pratiquée quatre jours après son apparition, dnraiion de la cicatrice» — Insuccès, — Accidents consécutifs. — Un jeune ne âgé de vingt et un ans, élève à Técole d'Alfort, vint me consulter, le rrier 1880, pour une petite érosion située sur la muqueuse préputiale, :o à droite du filet et très près de lui» Quoiqu'elle ne datât que de quatre «sa base était un peu indurée. Quand on la saisissait avec une pince, hissait comme une lame de cartilage. Ses dimensions n'excédaient pas > d'une lentille. Il n'existait point encore d'adénopathie inguinale. Le dercoit remontait au 13 février et l'avant-dernier au milieu de j mvier. Le

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Imj iii'(':-t'.nn* iU* paniU r<''>iillatH, la conclusion qui j';rT-,>'*si- : r'iial /(ii<* I lurittioij, |>oiip «voir qucIqiK*» chances de réus-r :<■, -- ' l|(|iiri' iiviiiil ïn quatiM'iiii' jour de l'accident primitif. Quant ar.! lui iili'!}, clli'» l'iiiiiMit riM'onr;i^«'aMt«'H, puinque la cicalrisat'on à* i Iri'iuail loupMir» Irni laiiidi'nicnl cl Hano entraîner aucun iocon%' :: lit Aiiiilii dilliM'cncc ((irij y uvuit entre la plaie de rexcisioa chancre

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