I8I0N OUK CHANCRE 50 HEURES APRÈS SON DEBUT : INSUCCÈS
(diDaire, c'est que sa base et ses bords s'induraient et que la néoplasie idujsait, mais ne s'ulcérait pas. — L'induration qui s'empare, quelque tprës riDcisioQ, de la base et des bords de la cicatrice, est un signe ceriQsaccès, et permet de pronostiquer à coup sûr la généralisation .idenb. Je n'ai vu qu'une seule exception apparente, mais je ne la pas, parce que le cas n'a été observé que pendant trois mois, et incom- :Dt. — Les adénopathics consécutives ne sont point modifiées par )0. 1/6 processus local de la syphilis primitive s'accomplit comme si on liandoDoé le chancre à son évolution spontanée. — La deuxième incu- D'est ni abrégée, ni allongée; les premiers accidents de la syphilis cone surviennent à leur date habituelle. — Relativement à leur intensité, ifficileet même impossible de se prononcer. Est-elle atténuée par l'excise ne le pense pas. Du resle comment savoir ce qu'elle eût été si le e n'avait pas été enlevé ? Il est fort probable que les choses se seraient * de la même façon.
i\eà deux faits qui se sont présentés dans des conditions si favorable^ de que le résultat devait être décisif pour résoudre l'importante question us occupe.
jcision cTun chancre syphilitique cinquante heures après son début, — Inmc- Accidents consécutifs, ~ Un jeune homme fort intelligent et très au fait iladies vénériennes, vint me consulter, en juin 1880, pour une petite presque imperceptible qui s'était produite depuis trente-six heures ensur la muqueuse préputiale. Il craignait qu'elle ne fût syphilitique qu'il avait eu, quelques semaines auparavant, des rapports avec une oe qu'il avait su, depuis, être atteinte de syphilis. — Voici en quoi concette lésion : c'était une saillie rouge de la grosseur d'une petite tète gle, de forme ovalaire, située à droite sur la muqueuse du prépuce. En ioaot à la loupe, on constatait que sa surface était régulièrement bom- Diformément rouge et lisse. Autour d'elle existait un liséré épidermique lâtre. Elle était entourée d'une auréole d'un rouge violacé. Sa surface ait un liquide parfaitement limpide qui se reproduisait aussitôt qu'elle été essuyée et lui donnait un aspect vernissé. En la pressant entre les , on sentait qu'elle était un peu ferme, mais elle ne reposait point sur une frauchement indurée. — Il n'existait aucune trace d'adénopathic ganlaire. Comment affirmer qu'une pareille lésion était un chancre syphili- . à l'état embryonnaire? Y avait-il les éléments nécessaires pour poser un i^nostic précis et formel? Assurément non, et j'aurais hésité à me prononir la nature de cette lésion insignifiante en apparence, si je n'avais aie, le même jour, sur la personne avec laquelle le malade avait eu des irts, Texistence d'un chancre syphililique et même les accidents consécui U maladie constitutionnelle. — Cette circonstance cliologique capitale i>ait joh doutes que laissait dans l'esprit l'insunisance des caractères de la n. et il devenait, eu efl'et, fort probable que les pressentiments du patient .* trompaient pas et qu'il était sous le coup d'une infection imminente, ■ije De k>alançai pas à lui exposer la situation telle que je la comprenais liii proposer l'ablation de la petite papule pour eu prévenir, si cela était tb.t, les conséquences ultérieures. L'offre fut acceptée, et d'un coup de* >D j'exci>ai largeoient la papule, de manière à enlever avec elle une zone
ÏArfclAC. — MALADIES VBNKR. 28
434 EXCISION d'un chancre SYPHILniQUI
étendue de la muqueuse préputiale, bien au delà des limile^c , bide. Eq admettant que le malade ne se fût pas aperçu de cd qu'elle était apparue, on ne pouvait guère compter plus de m: quante-six heures, depuis son début jusqu'au moment df \t\ veuille bien noter qu'elle était exclusivement locale et qnT. û^. aucun indice de l'irradiation du processus vers les vaisseaui.^ lymphatiques.
Toutes les conditions les plus favorables se trouvaient doD< ^ empêcher, par Tablation du petit foyer morbide, la maladie d^i:'i et de se généraliser, si l'intoxication n'avait pas eu lieu avaoïl Taccident primitif. Aussi, sans compter absolument sur le socde trop grandes illusions, je n'étais pas sans espoir. — Je cn}> réussi lorsque, quinze jours après l'ablation, le malade vint more en effet, était cicatrisée et souple. Il n'existait aucune trace di dessous de la cicatrice ni à sa périphérie. Les ganglions ingu.tinl point hyperplasiés.
Malheureusement les choses ne restèrent pas longtemps danser sant,car, lelOjuillet,je constatai qu'à la place de la cicatrice s<}Uf de toute induration qui existait le 5 juillet, il s'était formé, dans! la muqueuse, une plaque large à peu près comme une pièce de^Mi--: cheminée, chondroîde, élastique, à contours nettement traorhè'f.sa surface et sans trace d'érosion. 11 paraît que ce changenieo'. s' augure avait commencé le 7 juillet (dix-septième jour de l'excisKiD survenu sans douleur, sans suintement, sans érosion, sans aucun ^ cossus inflammatoire sous la cicatrice ou autour d'elle. Cette pU'i tion ressemblait à celle d'un chancre syphilitique cicatrisé. Aucun tion sur la peau ni sur les muqueuses.
Le 12 août (cinquante et unième jour de l'excision), il existait h- i dessous de la cicatrice, un large disque induré, typique, ayant un or < demi de diamètre, très nettement circonscrit, toujours sec et qui ni'n ni suioté ni suppnré. Un peu, mais très peu d'adénopathie daosl .li^'
Sur la peau on trouvait quatre ou cinq grosses papules plad*? t^* ristiqucs, dont une annulaire. Pas de croûtes dans les cheveux ni <i ai' cervicale. L'éruption papuleuse avait débuté sur le scrotum le-)i> autres papules étaient survenues peu de temps après. — (L'eiist^t syphilis était donc incontestable.
m. Excision d'un chancre syphilitique quarante-huit fieures upm » >• Insucct^s. — Plaques muqueuses gutturales, — M. X..., étudiant en mtd de 21 ans, vint me consulter le 31 mars 1881, pour deux petites erx> muqueuse préputialo, grosses comme une tète d'épingle. Il m'aHii c'était des chancres syphilitiques à Tétat naissant, qu'ils n avaient rante-huit heures de durée, et que leur âge était aussi rîgoureusen que possible, puisqu'il surveillait de jour en jour, et à chaque in apparition. Il était convaincu, en effet, que la dernière femme avec avait eu commerce, le lundi gras, 28 février, l'avait infecte. Au jour, i s'était aperçu, mais trop tard, qu'elle avait la peau couverte d'une r(^ litique, et qu'il existait sur les deux grandes lèvres une éniptîoDcoi plaques muqueuses en pleine activité de sécrétion virulente. En outn
ffiA'CRI c^ARAKTE-HUIT HKURES APRÈS SON DÉBUT .* INSUCCÈS. 435
ieoâij d^K-emme des adénopathies spécifiques multiples dans les aines el dans •^e fui piî ej'xvicale posiérieure.
.'uerecos;jois jours après ces dangereux rapports sexuels, une blennorrhagie jusqn'ui zdam. Enfin, au bout de 29 jours, c'est-à-dire le 29 mars, dans Taprèseioeot i<a mirèrent les premiers vestiges de Faccideut primitif dont la venue sus r^/s/c Jlée avec une si inquiète attention.
I vis le patient pour la première fois, le 3i mars vers 3 ou 4 heures hJes yc r- * deux érosions ne présentaient aucun caractère précis : c'était deux lorhlkh: îculairesd'un rouge l'once, très finement granulées et un peu humides, 'âJtpL>': niai élevées que déprimées par rapport aux parties voisines, indo- ]l)?oi'j!]k. inflammatoires, sans aucun empâtement périphérique et à peine >aQï t^ tantes à leur base que la muqueuse saine. Absence complète d*adéno- ], Jeuiii *Dte et spécifique. Les ganglions étaient un peu plus volumineux qu'à 4iii j: w '^> vaaâs its avaient toujours été ainsi.
le<tL. ^^'^ confiance dans Texcision, c'était bien le cas de la pratiquer.
vais vue si constamment échouer, même dans des conditions à peu
,j./.,^- avantageuses, que je n'osai la proposer qu'avec timidité; et, loin de
^'^^ . au malade, je lui fis remarquer qu'il y avait peu de chance qu'elle
,,. Dtoxication. Néanmoins, comme il penchait pour qu'elle fût faite, je
, . lai séance tenante. La petite papule, de droite fut facile à enlever.
' „ .aucbe reposait sur une grosse veine; les ménagements qu'il aurait
édre pour respecter ce vaisseau, me faisaient craindre de n'enlever
^^ Caitement la lésion. Aussi, sans tenir compte de cette malencontreuse
:, »o, j'incisai largement et profondément les tissus. L'écoulement san-
an peu plus abondant que d'habitude, mais je m'en rendis maître très
avec de simples tampons de charpie imbibés d'eau froide. Quatre jours
(ci bien, pendant que le travail de cicatrisation paraissait s'accomplir
dlarité, il survint une balano-posthite et un phimosis. Je crois que la
èagie, encore à l'état aigu, n'y fut pas étrangère. Quoi qu'il en soit, le
âta couvert pendant 10 ou 12 jours, et quand le malade put ramener le
en arrière, il constata que les deux plaies de l'excision étaient en
Mrtie cicatrisées et non indurées, mais qu'il s'était produit, en avant
du côté gauche, une large érosion un peu saillante, autour et au-
de laquelle il ne semblait pas exister de néoplasie spécifique. Je ne pus
^ itater la nature et le processus de cette lésion, parce que ce jeune homme
' rti pour la campagne le lendemain de l'opération. Les choses restèrent
A état jusqu'au i«' juin. Toutefois, les ganglions inguinaux se tumé-
■n peu. EDÛUy le t*' juin (63* jours depuis l'apparition des deux papules
ftr, il poussa dans le sillon balano-préputial cinq ou six plaques d'indu-
qui ne s'êrodèrent point et ne donnèrent lieu à aucune sécrétion.
juin (71 « jour des chancres), le malade vint me voir, et voici ce que je
Ui: la cicatrice de l'excision faite à gauche, au-dessus de la grosse veine
liait* est parfaitement souple et normale ; celle de droite présente un peu
iratioo. L*érosion consécutive à la balano-posthite existe encore et elle
e <ur une base légèrement parcheminée. Mais les lésions les plus spéci-
i K^ût celles qui se sont produites depuis huit jours. Elles consistent en
tu un cercle d'induration typique derrière la couronne, et en quatre ou
plaques, les unes isolées, les autres réunies, qui occupent toute l'épaisseur
432 INSUCCÈS DB l'opéeatiok faite au quatrième joue.
20 février, le malade avait ressenti une cuisson vague et mal limitée sur !« parties génitales. Le 23, il s'était aperçu de la lésion. Elle était donc au qa trième jour quand je l'observai. Le diagnostic ne pouvait laisser aocuoe ioc'^' titude; c'était bien un chancre syphilitique. Comme il était très petit et i« prêtait on ne peut mieux à l'excision, il fut enlevé d'un coup de ciseao, sciiKi tenante, et avec lui une partie de la muqueuse saine qui 1 entourait. -Sas doute il était déjà un peu tard pour faire l'opération ; mais pouriaot, coon les ganglions ne présentaient encore aucune trace d'hyperplasie, on poo^.; à bon droit, admettre que les conditions étaient favorables. Malhenreasrn^S! nos espérances furent déçues, car, lorsque le malade revint nous voir dits V premiers jours du mois de mars, la plaie, qui était à peu près cicatristV. f ii sous-tendue par une plaque d'induration tout à fait semblable à cc.lf- .i chancre infectant guéri. Indubitablement l'intoxication était un fait acroc;4 Aussi, à la fin de mars ou au commencement d'avril, c'est-à-dire quaraDt*», 2 environ après le début du chancre, les accidents de la syphilis géQeni.4 firent leur apparition: roséole érythémateuse avec plaques muqueuses i gorge, du prépuce et du gland qui se reproduisirent en juillet.
Quoique j'eusse la certitude que le chancre, au moment de TexcisioD. -i bien syphilitique, je priai mon collègue et savant ami, H. Cornil, den V l'examen histologique, et voici la note qu'il eût l'obligeance de me reiikt'i « Dans les coupes pratiquées sur une moitié du chancre, après le dorci^^'it par l'alcool, on voit que les couches superficielles de répithélium se tem^^ au bord de l'ulcération et sont remplacées dans toute leur étendue pa'tf couche de tissu de granulation. La couche papillaire se trouve infiltrée >/ « Iules, infiltration qui existe aussi dans le derme, s'étendant dans les p»4 latérales, au-dessous des couches épithéliales des bords de l'ulcératioDJl couche épithéliale se continue de la partie normale de la muqueuse, -v bord du chancre, et puis elle s'amincit lorsqu'on arrive à l'érosioD. Le^ .'^f du tissu coojonctif du derme, dans la base du chancre, sont une înfiMrv t cellules entre les fibres du tissu conjonctif. Les vaisseaux, examiné^^rf coupe transversale, montrent un épaississement de leurs tuniques qi • 4 infiltrées de cellules. La lumière des vaisseaux est remplie par des rh blancs et des cellules eudothéliales. Les espaces lymphatiques se montr-: ? dilatés. »
Quoique l'anatomie pathologique du chancre infectant ne rentre pvi:t à mon sujet, j'ai voulu donner cette excellente description histologique p .*• trer qu'à son quatrième jour, la lésion si petite qu'elle soit, présente, «i ;-chose près, les mêmes particularités de structure que la sclérose initiale. • ** période moyenne ou son déclin. Aussi, dans le cas où l'on aurait r\.i' i érosion dont les caractères cliniques seraient insuffisants pour délenr ":*• nature, il me semble que l'analyse histologique pourrait être du. rt secours.
En présence de pareils résultats, la conclusion qui s'imposait dV. f-"^ c'est que l'excision, pour avoir quelques chances de réussite, devait ê:- t tiquce avant le quatrième jour de l'accident primitif. Quant aux cod^ij"* locales, elles étaient encourageantes, puisque la cicatrisation de la p.: fectuait toujours très rapidement et sans entraîner aucun inconvénient :«• La seule difl'érence qu'il y avait entre la plaie de l'excision chancrea>^ '
KXCI8I0N d'un chancre 50 HBUBE8 APRÈS SON DEBUT : INSUCCÈS. 433
\kk ordinaire, c'est qae sa base et ses bords s^induraieot et que la Déoplasie se reproduisait, mais ne s'alcérait pas. — L'induration qui s'empare, quelque tempsaprès riocisîoa, de la base et des bords de la cicatrice, est un signe cerlaio dlDsaccès« et permet de pronostiquer à coup sûr la généralisation les accidents. Je n'ai vu qu'une seule exception apparente, mais je ne la :oiDple pas, parce que le cas n'a été observé que pendant trois mois, et incomplètement. — Les adénopathics consécutives ne sont point modifiées par 'eicision. Le processus local de la syphilis primitive s'accomplit comme si on [tait adandonné le chancre à son évolution spontanée. — La deuxième inculation n'est ni abrégée, ni allongée; les premiers accidents de la syphilis conécutjve surviennent à leur date habituelle. — Relativement à leur intensité, I est difficile et même impossible de se prononcer. Est-elle atténuée par l'exciioo ? Je ne le pense pas. Du reste comment savoir ce qu'elle eût été si le iiaocre n'avait pas été enlevé? Il est fort probable que les choses se seraient ■a^ïées de la même façon.
J'arrive à deux faits qui se sont présentés dans des conditions si favorables de uccèsque le résultat devait être décisif pour résoudre l'importante question tti nous occupe.
11. Excision éTun chancre ayphilitique cinquante heures après son débuU — Insuc- '*. - Accidents consécutifs, - Un jeune homme fort intelligent et très au fait es maladies vénériennes, vint me consulter, en juin i880, pour une petite ipule presque imperceptible qui s'était produite depuis trente-six heures eniron sur la muqueuse préputiale. Il craignait qu'elle ne fût syphilitique arce qu'il avait eu, quelques semaines auparavant, des rapports avec une wsonne qu'il avait su, depuis, être atteinte de syphilis. — Voici en quoi constait cette lésion : c'était une saillie rouge de la grosseur d'une petite tète épingle, de forme ovalaire, située à droite sur la muqueuse du prépuce. En maminaot à la loupe, on constatait que sa surface était régulièrement bomie, uniformément rouge et lisse. Autour d'elle existait un liséré épidermique aacbàtre. Elle était entourée d'une auréole d'un rouge violacé. Sa surface trétait un liquide parfaitement limpide qui se reproduisait aussitôt qu'elle ait été essayée et lui donnait un aspect vernissé. En la pressant entre les liets, on sentait qu'elle était un peu ferme, mais elle ne reposait point sur une isf franchement indurée. — Il n'existait aucune trace d'adénopalhie ganioiinaire. Comment affirmer qu'une pareille lésion était un chancre syphili- |oe, à létal embryonnaire? Y avait-il les éléments nécessaires pour poser un idiâj?noslic précis et formel? Assurément non, et j'aurais hésité à me prononr sur la nature de cette lésion insignifiante en apparence, si je n'avais n^talé, le même jour, sur la personne avec laquelle le malade avait eu des pportd, l'existence d'un chancre syphililique et même les accidents consécu- >dv la maladie constitutionnelle. — Cette circonstance étiologique capitale ripait les doutes que laissait dans l'esprit rinsurfisance des caractères de la Hf*a, et il devenait, eu effet, fort probable que les pressentiments du patient we trompaient pas et qu'il était sous le coup d'une infection imminente, i^ije ne balançai pas à lui exposer la situation telle que je la comprenais a lui proposer l'ablation de la petite papule pour en prévenir, si cela était •Sîil'le, les conséquences ultérieures. L'offre fut acceptée, et d'un coup de • «au j'excisai largement la papule, de manière à enlever avec elle une zone
VACRIAC. — MALADIES VÊNKR. 28
434 EXCISION d'un chakobe syphilitique
étendue de la muqueuse préputiale, bien au delà des limites de la sphèK morbide. En admettant que le malade ne se fût pas aperçu de cette lésion ao^^^lK^t qu'elle était apparue, on ne pouvait guère compter plus de cinquante à nequante-six heures, depuis son début jusqu'au moment de rexdsioD. Uuf^a veuille bien noter qu'elle était exclusivement locale et qu'il n'existait eocorr aucun indice de l'irradiation du processus vers les vaisseaux ou les gaorli»* lymphatiques.
Toutes les conditions les plus favorables se trouvaient donc réunies pw empêcher, par l'ablation du petit foyer morbide, la maladie de suivre $oa mn et de se généraliser, si l'intoxication n'avait pas eu lieu avant rapparilio& ^( l'accident primitif. Aussi, sans compter absolument sur le succès ni me !i>' de trop grandes illusions, je n'étais pas sans espoir. — Je crus même aT«f réussi lorsque, quinze jours après l'ablation, le malade vint me revoir. La piaic, en effet, était cicatrisée et souple. Il n'existait aucune trace dlndurttiofi a» dessous de la cicatrice ni à sa périphérie. Les ganglions inguinaux nVii: point byperplasiés.
Malheureusement les choses ne restèrent pas longtemps dans cet état sav« sant,car, le iO Juillet, je constatai qu'à la place de la cicatrice souple et eietisi de toute induration qui existait le 5 juillet, il s'était formé, dans lepai<éea-H la muqueuse, une plaque large à peu près comme une pièce de 20centime<. ^a cheminée, chondroïde, élastique, à contours nettement tranchés, sèche, r^ sa surface et sans trace d'érosion. Il paraît que ce changement de mizM augure avait commencé le 7 juillet (dix-septième jour de l'excision «, qu'il f'.a survenu sans douleur, sans suintement, sans érosion, sans aucun signe dtp^i ccssus inflammatoire sous la cicatrice ou autour d'elle. Cette plaque d'iiiJai tion ressemblait à celle d'un chancre syphilitique cicatrisé. Aacunc mani:''*4 tion sur la peau ni sur les muqueuses.
Le 12 août (cinquante et unième jour de l'excision), il existait loujoor*. H dessous de la cicatrice, un large disque induré, typique, ayant un centiimini demi de diamètre, très nettement circonscrit, toujours sec et qui n'avait jasi ni suinté ni suppuré. Un peu, mais très peu d'adénopathie dans Taine droiv
Sur la peau on trouvait quatre ou cinq grosses papules plates tn^^tan:! ristiqucs, dont une annulaire. Pas de croûtes dans les cheveux ni d*adéno(<a*:i cervicale. L'éruption papuleuse avait débuté sur le scrotum leSIjui!'''' U autres papules étaient survenues peu de temps après. — [L'existence * * syphilis était donc inconte^^table.
III. Excision d'un diancrr syphilitique quarante-huU Iteures aprts um d* ' ^ ■; Insuccès,— Plaques muqueuses gutturales. — M. X..., étudiant en méde<i3'-4l de 21 ans, vint me consulter le 31 mars 1881, pour deux petites érosiooM^^ muqueuse prépuliale, grosses comme une tète d'épingle. Il m*aflïnDi't m| c'était des chancres syphilitiques à l'état naissant, qu'ils n'avaient qu rante-huit heures de durée, et que leur âge était aussi rigoareusemtro! que possible, puisqu'il surveillait de jour en jour, et à chaque instac apparition. Il était convaincu, en effet, que la dernière femme avec laqi**' avait eu commerce, le lundi gras, 28 février, l'avait infecté. Au jour, le m** ■■ s'était aperçu, mais trop tard, qu'elle avait la ptiau couverte d'une ros^o litique, et qu*il existait sur les deux grandes lèvres une éruption condo^ plaques muqueuses en pleine activité de sécrétion virulente. En ouln;
QUAKJLNTS-HUIT HEURES APBÈS SOK DÉBUT : INSUCCÈS. 435
chez cette femme des adéoopathies spécifiques multiples dans les aines el dans la région cervicale postérieure.
Deux ou trois jours après ces daogereux rapports sexuels, une blenoorrhagie aigué se déclara. Enfin, au bout de 29 jours, c'est-à-dire le 29 mars, dansTaprèsmidi, se montrèrent les premiers vestiges de l'accident primitif dont la "venue était surveillée avec une si inquiète attention.
Quand je vis le patient pour la première fois, le 31 mars vers 3 ou 4 heures du soir, les deux érosions ne présentaient aucun caractère précis : c'était deux taches lenticulaires d'un rouge foncé, très finement granulées et un peu humides, rondes, plutôt élevées que déprimées par rapport aux parties voisines, indokntes, peu inflammatoires , sans aucun empâtement périphérique et à peine plus consistantes à leur base que la muqueuse saine. Absence complète d'adénopathie récente et spécifique. Les ganglions étaient un peu plus volumineux qu'à fétat normal, mais its avaient toujours été ainsi.
^i OD avait confiance dans l'excision, c'était bien le cas de la pratiquer. Mai? je l'avais vue si constamment échouer, môme dans des conditions à peu Brèsaossi avantageuses, que je n'osai la proposer qu'avec timidité; et, loin de imposer au malade, je lui fis remarquer qu'il y avait peu de chance qu'elle ^revint l'intoxication. Néanmoins, comme il penchait pour qu'elle fût faite, je I pratiquai séance tenante. La petite papule, de droite fut facile à enlever. ^ile de gauche reposait sur une grosse veine; les ménagements qu'il aurait aJlu prendre pour respecter ce vaisseau, me faisaient craindre de n'enlever lu'împarfaiteinent la lésion. Aussi, sans tenir compte de cette malencontreuse isposilîon, j'incisai largement et profondément les tissus. L'écoulement sanviD fut un peu plus abondant que d'habitude, mais je m'en rendis maître très isément avec de simples tampons de charpie imbibés d'eau froide. Quatre jours phirs l'excision, pendant que le travail de cicatrisation paraissait s'accomplir fec régularité, il survint une balano-posthite et un phimosis. Je crois que la iennorrhagie, encore à l'état aigu, n'y fut pas étrangère. Quoi qu'il en soit, le laod resta couvert pendant 10 ou 12 jours, et quand le malade put ramener le *épuce en arrière, il constata que les deux plaies de l'excision étaient en ^ode partie cicatrisées et non indurées, mais qu'il s'était produit, en avant ' relie du côté gauche, une large érosion un peu saillante, autour et au- !»5uus de laquelle il ne semblait pas exister de néoplasie spécifique. Je ne pus H constater la nature et le processus de cette lésion, parce que ce jeune homme ait parti pour la campagne le lendemain de l'opération. Les choses restèrent ms cet état jusqu'au l*' juin. Toutefois, les ganglions inguinaux se tumérrent un peu. Enfin, le 1*' juin (63* jours depuis l'apparition des deux papules cisees), il poussa dans le sillon balano-préputial cinq ou six plaques d'indu- .lioo, qui ne s'êrodèrent point et ne donnèrent lieu à aucune sécrétion. Le X juin (71« jour des chancres), le malade vint me voir, et voici ce que je «itatai : la cicatrice de l'excision faite à gauche^ au-dpssus de la grosse veine ^puliale est parfaitement souple et normale ; celle de droite présente un peu iDduratioQ. L'érosion consécutive à la balauo-posthite existe encore et elle 'P*jse sur une base légèrement parcheminée. Mais les lésions les plus spécilues sont celles qui se sont produites depuis huit jours. Elles consistent en fet en uo cercle d'induration typique derrière la couronne, et en quatre ou aq plaques, les unes isolées, les autres réunies, qui occupent toute l'épaisseur
436 RÉSULTATS DE l'EXOÏSION DU OHANCHB BTPHILITIQUS.
de la muqueuse, sont nettement circonscrites et présentent au plus haut «it> la consistance et l'élasticité du néoplasme primitif. Leur surface est li-« peine érodée et humide. Elles ressemblent aussi exactement que possibi»' a chancres syphilitiques cicatrisés depuis quelques jours. Dans les aines il *'\ une double adénopathie spécifique. Malgré l'attention avec laquelle le mai explore toute la surface cutanée, il n'a pu y découvrir jusqu'à prë-nii moindre trace d'éruption; mais, depuis huit jours, il éprouve des doiiioi;: de la gêne dans la gorge. En examinant Tisthme, je cooslate sur le^ <i piliers antérieurs la présence de trois ou quatre plaques muqueuses op^:. sur Torigine et la nature desquelles il est impossible de se méprendre.
L'intoxication est donc un fait accompli. L'excision des deux petite^ pi; chancreuses, quoique faite à la 4S« heure de leur naissance, n*a pu pn^f: ' accidents consécutifs. Il est à remarquer que la santé générale n'a e^.-. aucune atteinte et qu'il n'est survenu aucun de ces troubles constitiiti l qui précèdent ou accompagnent quelquefois les premières manifestât ••'. l'empoisonnement général. On trouvera peut-être qu'il n'y a rien d'ét'Mjii cela puisque ces manifestations se sont bornées jusqu'à présent à des '-* tions balano-préputiales et à quelques plaques muqueuses gutturale^. J i cependant des cas dans lesquels il y avait un désaccord très frappant *i'.' bénignité des premières poussées et l'appareil menaçant des phéD>>'j' fébriles et nerveux qui les annonçaient.
L'évolution de la syphilis primitive a été abandonnée à elle-même, «■! i i l'excision rien n est venu la contrarier. Dans les derniers quinze jours le 1 1 a cru devoir prendre quelques pilules de protoiodure d'hydrargyre. <»<i\ fait capital de l'insuccès dans cette nouvelle tentative pour empêcher, par i sion très précoce de l'accident primitif, Tintoxication syphilitique, ni»ii« t vous à noter quelques particularités intéressantes. Ainsi :
!• Sur la muqueuse préputiale, une première plaque de néoplasie sp>< i primitive s'est faite quelques jours après l'excision, mais en dehors de la ^-i des papules excisées, si bien que l'une des cicatrices a toujours con^ r« souplesse et que l'autre ne s'est sclérosée que tardivement. Mais U- ;% mène le plus curieux dans cette région a été rapparition, au 63« ;• ^ chancres^ d'indurations nombreuses et étendues offrant avec le» n* . \ primitives cicatrisées, une identité absolue, comme consistance et c-i*.^ tion ; I
2» Si l'excision n'a pas prévenu les accidents consécutifs, elle para:; '^{ retardés. Leur incubation a été eu effet de 63 jours, tandis que dans '4 ralité des cas elle n'est que de 45. Non seulement elle a retardé l*appan:j ces accidents, mais elle les a circonscrits; elles les a empêchés de st* liser, d'envahir de larges surfaces puisque jusqu'à présent ils n'ont atta la gorge et la muqueuse balano-préputiale. L'opération n'aura dorii tout à fait inutile. Mais est-ce ainsi que les choses doivent être intt*r: ? Nous n'en sommes encore qu'aux premières phases de la maladie. S^ qu'elle deviendra? Sait-on ce qu'elle aurait été sans l'excision des deui primitives?
J'ai revu le malade le 20 septembre (173« jour du chancre). — l>epii:< nière visite (30 juin), il n'a constaté ni roséole ni aucune autre éruptt*a peau. Il en a la certitude absolue, car il regarde toute la surface cut.i. *n
LES ACCIDENTS ULTÉBIBURS SONT-ILS ATTÉNUES PAH L^BXOISION? 437
tivemeot, matin et soir. — Pas de croûtes dans les cheveux, aucune douleur, aiiruQ trouble dans la santé générale. — Le traitement a été à peu près nul, et rien o'aété changé au régime ordinaire.
Il r a dix jours, le malade fut pris subitement d'une amygdalite à gauche, qui gênait beaucoup la déglutition. — Quand il vint me voir, l'amygdale de ce e^té était encore tuméfiée; le pilier antérieur correspondant était boursouflé, d'an rouge sombre, et présentait sur son bord et sa face antérieurs trois ou quatre plaques opalines évidemment syphilitiques. Pas d'alopécie, peu de ganglions cervicaux: adénopathie inguinale. Santé parfaite; peau intacte.
Nous pouvons maintenant nous faire une idée de cette syphilis dont l'accident primitif a été excisé 48 heures après son apparition. Elle a évolué pendant > mois et 21 jours, surveillée minutieusement par le patient, qui est médecin M [l'a laissé échapper aucune manifestation. Quel est son bilan jusqu'ici? La >ha5e chancreuse n'a guère été améliorée par l'excision, puisqu'il est survenu m phimosis, une balano-posthite et que des érosions parcheminées et de vériahler indurations primitives se sont produites dans son cours et surtout vers 1 («Tminaison, c'est-à-dire du dO« au 60« jour du chancre. — Quant à la phase es accidents consécutifs, elle a été aussi peu féconde en manifestations qu'on ^pourrait souhaiter, car du 40o jour de la maladie à son 173« jour, c'est-à-dire n près de -i mois, il n'y a en que trois attaques très légères de pharyngopathie l'tr.ifique, à plaques muqueuses résolutives et éphémères. Cette particularité M certainement remarquable, d'autant plus que le malade s'étant traité très •n'zulièreraent, on peut regarder l'évolution de la syphilis comme spontanée.
l'! malade est revenu me voir le 30 juin (03« jour depuis l'apparition du tiaocre). Il n'a pris en tout qu'une quarantaine de pilules de protoiodure d'hyrar^yre de 3 centigrammes, et a été obligé d'en suspendre l'emploi à cause une assez vive stomatite mercurielle. — Les indurations balano-préputiales
proéminentes et si dures ont fondu comme par enchantement en 5 ou 6 jours. 0/)urd'huiil n'en reste que des traces imperceptibles.— 11 n'y avait aucune tache i le plus petit bouton sur la peau. — Toujours quelques plaques sur les amygiles. —Santé générale, parfaite. La syphilis se trouve donc réduite actuelleent à une seule manirestation sur la gorge, la même qu'il y a 22 jours. — Il e>t pas survenu un seul phénomène nouveau spécifique, et celui qui était le n* accusé. Je veux parler des indurations balano-préputiales, a disparu. La aladie est jusqu'à présent aussi atténuée que possible.
Eh bien, les deux dernières expériences qu'on vient de lire paraîtront-elles incluantes? Certes, en relatant ces faits, je suis loin de vouloir décourager 01 qui croient encore à la vertu abortive de la méthode. Je doute néanmoins i*i\\e puisse être appliquée dans des circonstances plus propres à en assurer réussite, si elle avait été possible. — Après deux insuccès aussi éclatants, les delques illusions que j'avais sur la possibilité de prévenir la généralisation du ^.par la destruction de l'accident primitif à son début, se sont évanouies. Ceux qui ont pratiqué l'excision sur une large échelle prétendent que, si elle ^. prévient pas toujours rinloxication. elle a du moins la propriété d'en attéttcr los effets. Je doute que cette manière de voir repose sur des preuves 'rieuses et indiscutables, car on ignore ce qu'aurait été la syphilis chezle ma- »ie, si on ne lui avait pas fait l'excision du chancre. On avance qu'elle eût été