‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 215 sur 441 · I. — Chancres syphilitiques graves et compliqués · texte numérisé non relu

I. — Chancres syphilitiques graves et compliqués

1. Au cinquième ou sixième jour d'un chancre balano-préputial compliqué de phimosis : sufîusion œdémato- pi astique énorme de toute la région inguinale aucheetde la moitié correspondante du pubis; peau rouge, tendue, luisante, Ku douloureuse. ~ Cette complication, tout à fait insolite par son siège et iOQ étendue, avait laspect d'un phlegmon subaigu. Au quinzième jour de sa jurée, il se forma deux abcès, l'un dans l'aine, l'autre au-dessus du pubis, à la mae de la verge, contenant du pus épais, sanieux, et des débris sphacélés de is«u cellulaire. L'un fut ouvert, l'autre s'ouvrit spontanément; œdème dur

leur périphérie.— Excavations remarquables par leur étendue etleurprofonleur. Elles se comblèrent avec une grande rapidité et ne présentèrent nullement ans leur procressus de formation et de guérison les allures d'une inflammation rdioaire. — Le chancre balano-préputial était devenu gangreneux. En deux Mis, cette syphilis primitive si grave fut complètement guérie, avec des pertes e substance beaucoup moins considérables qu'on n'aurait pu le supposer; mais I sauté du malade fut fortement ébranlée par ces accidents: en six semaines, il iminua de 37 livres. La syphilis consécutive fut d'abord très sévère; puis ses lanifestatioas au bout d'un an allèrent en s'atténuant. Plus tard, il est vrai, irviarent des lésions tertiaires du côté des os des membres et de la face, qui ersistaient et se reproduisaient huit années après le début du chancre. 1 Chancre infectant du sillon balano-préputial en haut, sur la ligne médiane, impliqué d'un paraphimosis irréductible. Au vingt-sixième jour du chaucre, dème inflammatoire des bourrelets du paraphimosis ; le chancre triple d'étenje et se couvre d'une eschare gangreneuse noire de la largeur d'une pièce de francs. Guérison au bout d'un mois. Roséole papuleuse.

3. Chancre infectant balano-préputial avec paraphimosis, très large et à rme ulcéreuse, survenu après une incubation de deux mois. Dernier coït du ' au 30 octobre après trente jours de continence. Vers les 3 ou 4 premiers jours '. janvier, bouton dans la rainure qui s'est ouvert au bout de 24 heures et s'est ■sverti eu ulcère chancreux. Adénopathie bi-inguinale énorme. Roséole vers :o janvier. Ce fait et quelques autres semblables que j'ai observés, sembleteot démontrer qu'il existe un rapport inverse entre la longueur des deux iocuilioDs, c'est-à-dire que quand la première est très longue, la seconde est très mric.

4. Chancre phagédénique infectant survenu 9 jours après le dernier coït, 3 mois après l'avant-dernier. D'abord rougeur sur le prépuce, puis ulcération t>ûteuse, longtemps stationnaire et sans changement notable pendant deux ois. A partir du soixantième jour environ du chancre, sans cause appréciable, «t le filet, le méat ainsi qu'une partie de la couronne furent envahis par un ro€e>suâ phagédénique qui s'étendit rapidement et détruisit en quelques jours ' gland, le prépuce et le quart antérieur des corps caverneux. On aurait cru Bil s'agissait d'un chancre mou : bords épais et décollés, rouges et douloureux; »ûd tomenteux, sécrétion purulente copieuse. Aucune induration. Pas d'adéopathie. ^Inoculation négative. — A cette époque, éruption de grosses papules

440 SCLÉRORES ET ŒDÈMES DURS PRIMITIFS.

disséminée^ sur le corps. Pustuies d'ecthyma aux extrémités inférieure^. <• qu^il y a de remarquable dans ce cas, c'est que Taccident primitif D*t pis e'' phagédénique d'emblée. II ne Test devenu qu'à l'époque précise où ont co'^ mencé les accidents consécutifs et on peut le considérer pitilôt comme secondaire que comme primitif. — Traitement mixte bien tolère. Etat cachectique Toutefois guérison rapide des premiers accidents.

5. Chancre infectant phagédénique des plus graves aux parties gvaitiv^ qui exige quatre ou cinq mois de traitement. Syphilis maligae Plusieurs nuques de syphilides à ulcérations vastes et profondes. Sarcocèle double. Rop i hémorrhagique. Ërysipèle très intense à la troisième ou quatrième atta^f des syphilides, qui guérit rapidement les ulcérations.

6. Chancre infectant phagédénique de l'hypogastre. Début sous la f»*d'un furoncle, après une incubation incertaine. Au bout de huit jours, l'L' une vaste ulcération mesurant quatre ou cinq centimètres de longueur traD«\ sale, deux ou trois centimètres de largeur et deux centimètres de prof^U'i* Inflammation vive périphérique. Aspect d'un chancre mou. Très peu d'empi:*' ment scléreux. Inoculation négative. Peu d'adénopalhie. Au bout d'un tti^-vI roséole et syphilide papuleuse. Aucun trouble de la santé générale. Accii)*''JI^ consécutifs de moyenne intensité. De pareils chancres sont loin d'être rvT\ dans la région sous-ombilicale.

7. Chancre chez un alcoolique : Chancre gangreneux sous-prêpuiiV '-je déuudala moitié antérieure du corps caverneux, détruisit la oioîtîé po^Wt rti du gland et tout le prépuce, moins le limbe et un lambeau de la parti** .u.« rieure. — Roséole papuleuse. — Pas d'adénopathie inguinale. i

n. — Chancres syphilitiques à scléroses variées. — Œdèmes durs

èléphantiasiques.

1. Chancre infectant semblable à la plaie dénudée d'un vésicatoîi*e, ««tf hfmI tout le fourreau depuis les bourses jusqu'à 2 centimètres du liml>e pr^[»d'Ji présentant une induration scléreuse 'assez mince sur toute son éteudur. ^ épaisse en deux points qui semblaient être les foyers de cette lésion *; '* << Superficie de n à 7 centimètres carrés. Adénopathie inguinale double. s>p «i papulo-érosivc. — Les chancres de ce type, mais pas aussi consîdérat>lr'«. *^ très communs sur le fourreau de la verge.

2. Chancre infectant constitué par une sclérose d'une dureté liirn«u^' jI deux tiers antérieurs du gland. Rougeur sombre et diffuse sur laquelle x> i i chent des érosions irrégulièrement et incomplètement circulaires, poin' -^ ecchymotiques ou pseudo-membraneuses. — Larges érosions suintani-^ chaque côté du filet. Méat intact. Adénopathie bi-inguinale énorme.

3. Sclérose primitive de la moitié droite du gland et du sillon balaD>-3i putial érodé. — Guérison rapide. — Syphilide papulo-érosive gra%t* H n boses veineuses sur diverses régions des membres, au-dessous de la p*Mtroisième mois et demi du chancre, ulcération et fonte en masse de la ^ primitive et destruction consécutive d'une partie du glaud et du «ill**^. v dents ultérieurs très graves.

4. Coït vers le 10 décembre i87H, après une longue continence. 1^ a f ' après, apparition d'uue érosion sur la couronne. Sclérose au-dessous :i. | des proportions énormes et devint une véritable tumeur balaoo-prépattw* ^ i

^THANCBKS HEBPÉTIFOBM ES ; CHANCRES MIXTES. 441

>a»istauce cartilagineuse el plus grosse qu'une noisette. Très peu d'adénopalie. Traitement dès le début du chancre. — Malgré l'observation la plus minueuse. je ne vis les premières traces des accidents consécutifs que le 20 avril, est-à-dire quatre mois révolus après le début du chancre : taches discrètes de hiéole, quelques papules cutanées plates, plaques muqueuses labiales, douars bicipitales, etc. — Aucune altération de la santé générale, l/induration laocreuse persistait encore, mais elle avait beaucoup diminué. Le malade rait5.3 ans. Il y a eu également un rapport inverse entre les deux incubations, première n'ayant été que de quinze jours environ, et la seconde ayant duré latre mois. Il faut, il est vrai, tenir compte du traitement ,* mais il ne prolonge L^daus tous les cas, tant s'en faut, la deuxième incubation. 3. Sclérose primitive du prépuce et de tout le fourreau. Après une in cubain duo mois au moins, érosion chancreuse du fllet, rapidement suivie de limosis. En très peu de temps, sans qu'il y eût balano-posthile, la verge tripla 'volume et tout le fourreau devint, ainsi que le prépuce, d'une dureté ligneuse d'uD rouge sombre et luisant. Cet état de choses persista très longtemps sans Kuoe complication. — Syphilide papuleuse. — J'ai vu beaucoup de cas nblabics.

«. Balano-posthite infectante, compliquée d eléphantiasis tuberculeux de la rge. (lEdème dur énorme de tout le fourreau et de la partie supérieure des nne% survenu peu de temps après le début de la balano-posthite. Le carac- "«^ remarquable de cet eléphantiasis primitif fut une éruption confluente de bercules superficiels qui, au bout d'un mois et demi seulement, vidèrent ir contenu par un petit pertuis et se cicatrisèrent rapidement. Quelques-uns ramollirent sans se vider. Adénopathie spécifique. Guérison complète decette mWère syphilis primitive au bout de deux mois et demi. Troubles constitu- >QQe)s légers, prodromiques d'une roséole maculeuse. J'ai vu souvent des ^les plates confluentes et sèches se développer sur l'éléphantiasis symp- Batique des chancres infectants. La forme tuberculeuse de l'éruption est Uicoup plus rare.

lil. -- Ch€uiere$ syphilitiques de difféi^ents tjipes. — Chancres herpétiformeH,

Chancre mixte.

I* L'd chancre nain, très superficiel, à peine induré et qui guérit en 10 ou

j^urs fut accompagné d'une adénopathie inguinale double énorme.

?. Chancre infectant très léger, à l'extrémité du gland, guéri au bout de 8 ou

purs, survenu après une incubation d'un mois au moins. Accidents consé-

lif^ eraves et répétés : larges papules psoriasiques, puis syphilide ulcéreuse.

Pharyagopathie maligne et mort à la 5« année de la syphilis (Obs. publiée

Bsmes leçons sur la syphUose pharyngo-nasate^ p. 56.)

)• In mois après un coït suspect, ulcération du fourreau ne présentant

t(tiDde$ caractères du chancre syphilitique. Incertitude forcée du diagnostic

1 13 au 30 décembre. A cette époque, en quatre jours, transformation complète:

^e cartilagineuse typique; cicatrisation et formation de l'adénopathie

fiiinale «spécifique.

^* Chancres infectants développés sur des écorchures datant du dernier

(1* Avant-dernier 12 jours auparavant, après une continence d'un mois. Je

'i^t'illais tous les jours ces écorchures qui conservèrent le caractère trauma-

442 OHANCBES SYPHILITIQUES DES LÈVRES, DU XXHTOX,

tique pendant iS à 20 jours. Elles étaient sur le point de se cicatriser quri sans cause appréciable, le malade y ressentit des douleurs assez vive^Maar faction, réouverture des plaies, induration spécifique de tout le sillon, pâcud* membranes, puis ramollissement ulcérp-gangreneux de la sclérose, idéDop^'t/ inguinale, etc.

5. Chancre infectant herpéti forme. Sur la muqueuse prépatiale au Toi>iaii du sillon, érosions nombreuses d*un rouge sombre, vernissées, repo^Dtrii cune sur une petite lamelle parcheminée. Autour de ce premier groupe, sur a base pâteuse, plaque herpétique à plusieurs petits foyers. Çà et là, sur le roi et sur les autres points de la muqueuse préputiale, érosions berpfti''«m chancreuses qui sont comme les satellites des deux foyers principaji ■• Adénopathie inguinale spéciflque très prononcée des deux c6iés.

6. Chancre érosif du filet avec herpès confluent périphérique : sur It^ riid dans la rainure et sur toute la muqueuse préputiale, :il existait au moin^ il petites érosions miliaires d'un rouge sombre avec point ceatral fibrioeoi 9 sâtre presque imperceptible. A leur surface, suintement d'un liquide ^M ment clair. Sur le filet et autour de lui^ érosions caractéristiques parchrmt^il Adénopathie spécifique. — Toute la muqueuse sur laquelle reposait i ti-ifl confluent était vaguement indurée.

7. Chancre infectant ayant donné une inoculation positive. Il <iègT'ai;i le fourreau et présentait tous les caractères du chancre infectant tvpi<{ir i ne l'inoculai qu'à la sixième ou septième semaine de sa durée, 22 jour^ i«i! sa guérison spontanée. Je ne soupçonnais point qu'il y eût en lui uo »li^ chancrelleux. Cependant l'inoculation faite avec le plus grand soin, abrii - à un verre de montre, donna un résultat positif, c'est-à-dire une pu>tul:;!»if profonde à bords taillés à pic, à fond inégal et fongueux, recourent* li croûte noirâtre, entourée d'une auréole inflammatoire, etc., et qui ne k-o'^'v force de cautérisations, qu'au bout de trois semaines. Adénopathie U- cii nalc. Sclérose chancreuse d'une partie du gland avec balano-posthik \tm Roséole, plaques muqueuses, etc. Voilà une forme rare de chaociv i4 D'ordinaire, en effet, l'élément chancrelleux donne au néoplasme prin!i U caractère nicéro-fongueux nettement accusé. l

IV. — Chancres syphilitiques des IvvrcSy du menton, de la langue, des '»•.»» '4

des pawpuhres. — Chancres multiples. ,

1. Enorme chancre infectant ulcéreux de la lèvre inférieure pre^i'nti- i apparences d'un chancre mou, ayant débuté sur le sillon mt'îdian. Akn'aiJf^ ment progressif de la fissure du début. A sa période d'état, le chau^^ 4 était constitué par un ulcère creux et profond, occupant toute l'éleodu' -| lèvre inférieure. Il mesurait 4 ou 5 centimètres de longueur et 2 de lanm* h croûteux sur son bord inférieur et pseudo-membraneux sur le supérieur. T!< à pic dans tout son pourtour. Tuméfaction inflammatoire et pAleu^e de'rc* lèvre pendante et renversée en avant. ^Salivation abondante loon menu- Fongosités au centre de l'ulcère. Inoculation négative. Très petiu intzi sous-maxillaires sans signification. Amaigrissement, pâleur, perte de^ Guérison rapide. Perle de substance infiniment moins grande que ne Ufait supposer le phagèdcnisme de ce chancre. Cicatrice fort petite et fa i- '^\ mation de la lèvre. Syphilide papuleuse de moyenne intensité.

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