ALGIES QUI ANNONCENT LA QÉNBBALIHATION DE LA STPHIU
AlGIKS SYMPTOMATIOL'KS I>K!> PHENlÈnKS ÀTTEIATKS 01 L'INTOXICATION ^TPHILITICCI. — K* 1- «^ >
raunes et plus violentes choz la femme que chex l'homme. Leur intermittence et levr r*:i 'X'm
vespérale et nocturne.
Principaux foyers des algies syphilitiques : Foyer céphaUque: céphalalgie genemlÏAee. < r.-* &> v
névralgiforme, occipito-frontale, paroxystique et noctame. Foyer ttemal: variétés des algies sterno-costales. — Sternalgies fixes et irradiante*. I^e» \t^ i i
sont souvent symptomatiques d'ostéo-périostites. Douleurs ostéocopes : Leur fréquence, leur siège, leurs caractères. — Paroxysme» nt^'ier.' -
Douleurs au niveau des insertions tendineuses. — Douleurt musatlaireM laocinjuitr^. c 4
ou rhuniatoîdes : elles sont très communes au début de la syphilis consécutive. Arthratgiet superfieieltes et mobiles: Leur grande fréquence. Elles sont péri-articulairea plnt-/:<{) :é
articulaires et occupent les grandes articulatures plutôt que les petites. Les différentes algies syphilitiques au début de l'intoxication ne sont pas tncorapatiblet ra* * 1
Leur coexistence à des degrés divers chez le même individu. — Importance de l pIo^
dans leur production.
Troubles néoropathiques hystéri formes. La prédisposition y joue un plus grand rôle encore q^*
les précédents. — Leur fréquence chez la femme. — Lear point de départ dans le gras . »
thique. Troubles eardtO'pulmonaires: attaques nocturnes d'asthme. Troubles des fonctions digestives et plastiques. Pâleur, amaigrissement, cbote de* force*. Combinaison de toutes ces manifestations morbides fonctionnelles pour conatita«>r u 'mJt
transitoire au début do la syphilis. — Leur traitement par l'iodure de potaK&iiim el m* *■ 1
Action respective de ces d'^ux médicaments. /'aMoy^nie des accidents prodromiques de l'intoxication constitutionnelle : L«!>!kion& «^l»- .\ *<
système lymphatique se généralisant peu à peu dans toute l'économie depuis le dêb>i'. i
Lésions superficielles des autres organes de l'hématopolèse. Résumé, sous form«* de yr • *
des troubles constitutionnels qui surviennent au début des accidents consécutif». |
Dans Tensemble des troubles constitutionnels les algies <K'<iip| une des premières places par leur fréquence et aussi par la iiiulti( L^ de leur siège et la portée de leurs irradiations. Il y a bien ptai malades chez lesquels la généralisation de rempoisonnement ur J voque pas des douleurs céphaliques, des névralgies, des souBniQC diverses disséminées sur les tissus fibreux, musculaire ou os^eul. *( Elles ont pour caractère commun d'être fugaces, mobiles, di>«'4 nées, et de se produire sous formes intermittentes ou réD[iitlente>. wi{ avec des accès dont le paroxysme atteint son plus haut degré peio^ la nuit. Comme la fièvre syphilitique, elles sont beaucoup plus vii J-^ii et plus communes chez la femme que chez Thomme. 11 n\ a pi^ k de s'en étonner, puisque le système nerveux chez la premier incomparablement plus impressionnable que chez le second, lo c nombre de femmes, par le fait seul de leur constitution et dr * idiosyncrasie, portent en elles le germe d'une variété infinie d« «t^ frances nerveuses qui n'attendent qu'un prétexte, une occasioD ( rable pour éclore. La syphiUs met enjeu chez elles avec une n^m leuse facilité, cette déplorable prédisposition. Mais l'ébranlemfi:*
CÉPHALÉES PBODBOMIQUES DE LA SYPHILIS. 467
système qui en résulte n'est que -momentané, et, en général, le premier orage passé, tout rentre dans l'ordre, de telle sorte que la maladie coDslitutionnelle n'est réellement perturbatrice du fonctionnement ner- ?eux, central et périphérique ou organique, que dans la première phase de la période secondaire. Chez certains hommes, d'une nervosité exceptionnelle, les troubles nerveux peuvent se produire avec la même intensité que chez la femme ; mais, même alors, ils paraissent plus fixes, moins irradiants et moins complexes que chez elle. s La tète est le premier et le principal foyer des algies syphilitiques. Parmi elles, une des plus communes est la céphalée. La douleur peut occuper tout le crâne, une de ses moitiés latérales seulement ou même uoe région plus circonscrite, comme le front, les tempes, l'occiput. Elle présente des caractères très variables. Ceux qu'elle revêt le plus habituellement sont ceux de la névralgie avec irradiations saccadées le long des principales branches nerveuses du cuir chevelu. Parmi ces irradiations, celles qui vont de la région cervicale au front, ou réciproquement, en passant par les régions temporales ou pariétales, sont les plus fréquentes. Ces algies sont superficielles et mobiles ; leurs principaux paroxysmes ont lieu le soir et se prolongent plus ou moins avant dans la nuit, pour cesser le matin. Malgré leur acuité, ce ne sont peutêtre pas ni les plus pénibles ni les plus énervantes. Celles dont les malades se plaignent surtout, ce sont les céphalées profondes dont le point de départ ou le principal foyer réside dans l'intérieur de la boîte crânienne et qui semblent étreindre et broyer les os. De pareilles douleurs troublent quelquefois les fonctions cérébrales jusqu'au point de produire une sorte de délire passager. Elles s'accompagnent d'une insomnie opiniâtre qui persiste souvent après qu'elles ont cessé et ne disparaît qu'à la longue. Les céphalées syphilitiques, dans la période d'invasion, se rattachent rarement à une lésion sérieuse et durable. Aussi n'ont-elles pas une signification aussi grave que celles qui sur^ nennent dans les périodes ultérieures '. •
1. $«>us tous leurs modes et toutes leurs formes^ les céphalées persistantes ont une ^ande valeur diagnostique dans la syphilis, aussi bien à son début qu'à ses phases les plus reculées. Passé les premières semaines de la période virulente, elles sont rares et on ne le» observe qu^exceptionnellement au début ou dans le cours des diverses poussées cutanées et muqueuses. — Elles ont une signification des plus graves plus tard et présagent les déterminations encéphaliques de la maladie.— M. Lancereaux a signalé avec raison l'analogie qui existe entre la céphalalgie liée à certaines altérations profondes des reins *;t la céphalée du début de la syphilis: dans un cas le médecin traitant avait employé sans succès tous les antisyphilitiques pour combattre une céphalée albuminurique qui <-éda rapidement à l'emploi de lavements purgatifs.
468 8TEBNALGIE. DOULEUltS OSTÉOOOPBS.
Après la tète, le centre le plus important des algies syphilitin:*! existe dans la partie antérieure de la poitrine au niveau du slemu^ Cette sternalgie, fixe ou irradiante, présente de grandes variations <ii| son intensité et sa durée. Quelquefois ce ne sont que des doni t^ rhumatoïdes vagues et fugaces qui se promènent sur les parois \l< ciques; d'autres fois les points douloureux, avec ou sans irradia: j paroxystiques, restent fixés sur telle ou telle région du sternum. I pareil cas, ils s'accompagnent ordinairement d'anxiété respiratr>'>j d'un sentiment très pénible de constriction dans la région précoriVu Quand il en est ainsi, la douleur est presque toujours sympMi tique d'une altération du périoste, et nous aurons à nous en o^ ^ plus tard.
Parmi les algies syphilitiques, celles qui siègent sur les os h iju a désignées sous le nom d'ostéoscopes ont toujours occupé une la place dans la symptomatologie de la syphilis. Si l'on s'en rappori descriptions que nous en ont laissées les vieux syphiliographt^ devaient être beaucoup plus violentes autrefois qu'aujourd'hui..^ ne les observons que très rarement chez nos malades, dans la ( d'invasion, sous la forme de ces épouvantables tortures qu'elle géaient aux malheureux syphilitiques du quinzième et du >hiz> siècle. En général, quand elles existent, ce qui n'est pas très comm elles sont fort tolérables ; elles n'impriment point aux membn ^ mouvements convulsifs, et bien qu'elles soient nocturnes. ^li*^ privent pas les malades de tout sommeil, comme elles le faisai'-ii temps passé. Vous les trouverez peut-être moins souvent dans la< tinuité des membres que sur les portions les plus saillantes du j lette, telles que Fépitrochlée, l'épicondyle, les tubérosîtés tibial**^, elles siègent surtout au niveau des insertions tendineuses. Lc^ tables douleurs ostéocopes, avec leurs caractères classiqu^^, .servent plus rarement au début de la syphilis qu'à une phase a^ ii de son processus. Cependant les malades souffrent dans les m^u et sur divers points des parois splancbniques, au niveau de< \c pales pièces du squelette. Mais ces souffrances ont plutôt pour >ir^ système fibreux que le système osseux. Elles occupent aussi les m^ musculaires. Tantôt ce sont de petites pointes lancinantes, tan* douleurs crampoïdcs, fixes ou mobiles, toujours plus pronon nuit que le jour, localisées dans un seul muscle ou en envahissant sieurs dans la même région, successivement ou simultanément. \ sorte de rhumatisme musculaire, dans sa forme vague, erratiquîplus fréquent peut-être que les douleurs osseuses au début de la >;^
DOULEURS MUSCULAIRES. ARTHRALGIES. 469
lis. Il se formule quelquefois sous le type net et circonscrit d'un lumbago, d'un torticolis, d*une pleurodynie, d'une affection du deltoïde. Le biceps est fréquemment atteint, mais plus tard et sous la formç de névralgie avec contracture.
A côté de ces douleurs qui ont leur siège dans le système musculaire, vous pouvez ranger, comme valeur séméiologique et comme fréquence dans la période d'invasion de la syphilis, les arthralgies superficielles et mobiles. C'est un des symptômes les plus communs. Les grandes articulations des genoux, des épaules, des coudes, etc., sont surtout touchées. La douleur dont il est difficile de préciser le siège m'a toujours semblé occuper plutôt les parties extérieures que les parties intérieures de Tarticulation, les ligaments tendineux, par exemple, ainsi que le périoste des extrémités osseuses et les fibres d'insertion des grands lAuscles.
Les différentes manifestations douloureuses que je viens de vous décrire ne sont point incompatibles entre elles. Elles ne s'excluent pas; elles s'attireraient plutôt, puisqu'elles expriment une prédisposition individuelle. Mais il est rare pourtant de les rencontrer toutes chez le même sftjet ; et alors qu'elles coexistent, elles sont loin d'offrir une égale intensité. Il semble même que les unes prédominent au détriment des autres. Chez certains malades, et ce sont les plus nombreux, TOUS observerez surtout les céphalées et les névralgies crâniennes ; chez les autres, les douleurs musculaires ou bien des douleurs fibreuses OU osseuses, et cela sans que vous en puissiez rien conclure au sujet des déterminations ultérieures ; car, je vous le répète, ces désordres qui n'ont aucun substratum fixe autre que l'idiosyncrasie des malades, sont bien loin d'appartenir à la symptomatologie de la syphiHs autant que n'importe laquelle de ses déterminations matérielles.
A ces troubles variés qui ont pour expression principale les céphalées, les névralgies, les douleurs rhumatoîdes musculaires, les arthral* gies, les douleurs osseuses, ajoutez d'autres manifestations nerveuses plus rares, et qu'on ne rencontre guère que chez les femmes : les vertiges, les étourdissements, tout ce qui se rattache aux spasmes hystéroépileptiformes, les raideurs musculaires, les paralysies momentanées de tel ou tel groupe de muscles, etc., et vous aurez un tableau à peu près complet des névropathies prodromiques de la syphilis.
Outre les phénomènes douloureux et les troubles fonctionnels qu'ils provoquent, il se produit dans l'invasion de la syphilis une autre série de désordres qui se rattachent moins directement qu'eux à l'action du poison sur le névraxe, et paraissent plutôt sous la dépendance d'une
470 TB0UBLE8 CARDIO-PULBtON AIRES.
perturbation du grand sympathique et surtout des changements survenus daûs la composition du sang. De ce nombre, et au premier ranc, se placent les troubles de la grande fonction cardio-pulmonaire. Od 1^ observe au plus haut degré chez les femmes ou chez les hommes d'iio^ santé déjà compromise par quelques autres maladies, chez les névnpathiques, chez les jeunes gens délicats, surpris par la maladie à Yis* où l'organisme a besoin de toutes ses forces pour accomplir réguli'^• ment sa tâche pendant la période d'évolution organique.
Les symptômes cardio-pulmonaire d'origine syphilitique ne dilTertf:*^ point de ceux que produit la chloro-anémie. Ce sont des palpitations 4* cœur, des malaises précordiaux, une certaine angoisse respiratoire soivenant sous l'influence des moindres causes ; un resserrement pt dïîi^ de la cage thoracique au niveau de la région précordiale, avet m besoin de respirer qui, quoique satisfait par l'introduction libre de I Ji dans les voies respiratoires, ne fait pas disparaître la dyspnée hnH* tuelle ou ne prévient pas le retour de ses accès. Ces troubles caniit pulmonaires ne sont pas, en effet, toujours continus ; ils présenta très fréquemment un paroxysme nocturne qui devient quelquefois véritable attaque d'asthme. Quand ils se compliquent de la stemid dont je vous parlais plus haut, l'attaque peut devenir très vioWiM Mais ce fait se produit rarement. Chez la plupart des malades, désordres cardio-pulmonaires se bornent à une gène habituelle it respiration, avec palpitations de coeur, qui s'exaspèrent presque toa}.' pendant la nuit. Chez la femme, il se joint souvent à ces phénoi fondamentaux, des spasmes hystériformes et des constriction» veiises depuis l'épigastre jusqu'à la gorge. En auscultant le cn^ur. trouve à sa base un bruit de souffle ou un ronflement qui se pn^ct vers les vaisseaux du cou ; on constate aussi des bruits anormaux. souffles continus avec redoublement, des bruits musicaux, en un *n les phénomènes stéthoscopiques propres à la pénurie frlobuliqa<^ < sang.
Du côté du cerveau, les troubles qui se manifestent quelquef'-i^ même temps que les phénomènes douloureux peuvent se ratt.i t aussi, en partie du moins, à l'altération du sang. Ce sont des venu des étourdissements, des obnubilations, une grande paresse int*tuelle qui rend tout travail pénible ou impossible, une vive imprt^ — nabilité ou une apathie profonde, des changements inattendus dir.^ caractère, des altérations passagères de la vue et de l'ouïe^ etc, Miicroyez pas que vous trouverez chez tous les malades ces phénon>« d'asthénie encéphalique. Comme les autres troubles fonctionnels. ii^ ^'