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COMPLICATIONS BLENKORRHAGIQUES DE VOISINAGE

ne s'est pas distrait aussi complètement de son origine uréthrale que dans le cas précédent. — Les deux modes de terminaison peuvent se produire sur le même malade successivement ou simultanément; il en résulte une communication anormale de Turèthre avec l'extérieur, une fistule urélhrale cutanée qui peut devenir permanente ou ne guérir que très difficilement.

Tout en restant le même dans ses phénomènes essentiels et dans la succession de ses différents stades, le processus de ces sortes de complications glandulo-phlegmoneuses. devient plus complexe à mesure qu'il s'établit sur des parties du canal plus rapprochées du col de la vessie. Aussi l'affection augmente-t-elle de gravité, d'avant en arrière, dans des proportions considérables. La plus légère est celle de la foss»* naviculaire; la plus grave, celle de la prostate. Quelle différence, en effet, entre le pronostic des petits abcès folliculaires qui se forment sur les côtés du frein, et celui des inflammations, des suppurations prostatiques, qui creusent de vastes cavernes dans la glande, la désorganisent, s'ouvrent dans la vessie, le rectum et quelquefois même dansl<' péritoine! Entre ces deux extrêmes, vous pouvez placer la complicaliou désignée sous le nom d'inflammation des glandes de Cooper, ou Coopcrite qui s'accompagne toujours ou presque toujours de phlegmons et d'abcès périnéaux diffus ou circonscrits.

Très souvent le col de la vessie est envahi par le processus blennorrhagique. C'est, après les affections testiculaires, la plus fréquente peutêtre des complications du catarrhe uréthral. Il n'est pas rare qu'elle devienne hémorrhagique.

Mais ce qui est extraordinairement exceptionnel, surtout chez 1»^jeunes gens et les adultes, c'est l'invasion des uretères et des rein*par le processus blennorrhagique. Cette complication qui est la plu^ grave de toutes s'observe quelquefois chez les vieillards ; elle n'est alor>. le plus souvent, que l'aggravation d'un état pathologique qui préexistait à la blennorrhagie.

Je ne ferai que vous signaler les balano posthites blennorrhagique^ accompagnées de phimosis ou de paraphimosis.

Si les complications de la blennorrhagie se groupent chez l'homm» autour du canal de l'urèlhre, chez la femme, elles ont plus de tendanrt* à se locaHser dans le canal vaginal et dans Tutérus. Les glandes vulv» vaginales s'enflamment souvent dans le cours de cette affection et donnent lieu à des ab(M>s. L'inflammation catarrhale spécifique >-i

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• onrenlre et s'éternise dans les culs-de-sac vaginaux. Le processus envahit souvent le col de la matrice et y produit des flux virulents aigus oa chroniques. Enfin quelquefois, mais plus rarement, surviennent des métriles et des métro-péritonites d'origine blennorrhagique.

Dans toutes les déterminations de la blennorrhagie, nous avons ronstalé jusqu'ici, comme influence étiologique prédominante, la proximité des organes atteints. Toutes, en effet, restent circonscrites dans la sphère des organes génitaux.

Mais en voici d'autres qui s'en éloignent. La plus grave de toutes c'est I Ophlhalmie purulente blennorrhagique. On croyait autrefois qu'elle résultait d'une métastase. Aujourd'hui, il est parfaitement prouvé «ju'elle ne survient qu'à la suite du transport matériel du muco-pus hK'unorrhagique sur la conjonctive. Elle est donc le produit d'une inolulation immédiate ou médiate. Sa violence et sa marche sontquelquef- i> foudroyantes et l'œil est détruit en quelques jours.

Jusqu'ici , nous ne voyons rien que de très naturel dans tous ces processus de complication. On se rend compte sans peine de leurs modes pathogéniques. Tous nous confirment dans cette pensée que la l'Wnnorrhagie est une affection spécifique purement locale qui reste

• onfinéedans le canal de l'urèthre ou dans les organes qui l'avoisinent ^l qui n'atteint les yeux que par le fait du transport de son muco-pus sur leurs membranes muqueuses.

Mais vous avez sans doute entendu parler du rhumatisme blennorrfiagiqae. Vous savez que le catarrhe spécifique de l'urèthre a la propriété de susciter chez certains malades des arlhropathies, des synovites tendineuses, des douleurs qui se fixent sur les tissus fibreux, sur .^> muscles et sur les nerfs; des tuméfactions du périoste, des izonflements osseux, et aussi des irido-conjonctivites catarrhales dans 1- ^quelles l'inoculation du muco-pus n'a rien à voir.

Celle seule énumération ne vous fait-elle pas entrevoir des déterminations d'un ordre tout autre que celles dont je vous ai parlé jusqu'à pr^^sent ? >'e vous semble-t-il pas qu'en attaquant ainsi au loin des tissus ^1^^ n'atteint pas son muco-pus, la blennorrhagie franchit les limites iiibitaelles de son action et manifeste quelque velléité constitutionulW? Ici, nous ne pouvons plus,en effet, invoquer les solidarités orgaû^ues, les synergies fonctionnelles d'un même appareil. Quel rapport de fympatbie, même aussi éloigné que vous le voudrez, y a-t-il, par

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exemple, entre le canal de Turèthre et l'articulation temporo-maiiilaire, ou le périoste du cubitus, ou les muscles de la nuque, etc. ? Est-ce qu'il n'est pas intenrenu un facteur nouveau dont le mrtde patbogénique, vaste, profond, multiple dans ses effets, nous dooi]^ rimage d'une sorte d'intoxication générale, suivie d'une dialhè^o spécifique, un peu semblable à celle des grandes maladies virulentes?

Quelle interprétation donnera de pareilles com[)lications?

Leur épitbète de blennorrbagiques est complètement justifiée [>ar ce fait que, cbez beaucoup de personnes, les manifestations englobées sous le nom générique de rhumatisme ne se manifestent qu'alors qu il existe un écoulement urétbral. Elles cessent quand il est guéri, pour se reproduire à une nouvelle attaque et ainsi de suite. Aucun rapport de causalité ne peut être mieux établi. C'est là un fait général qui présente bien quelques exceptions, mais peu importe pour le moment.

De plus, toutes ces manifestations ont une physionomie particulièri" et un processus qu'on ne leur voit pas lorsqu'elles émanent directement de la goutte ou du rhumatisme.

Le problème patbogénique qui a suscité tant de controverses peut se réduire aux termes suivants : étant donné un ensemble de déterminations rhumatismales, à symptômes spéciaux, et évidemment suscitées par une affection blennorrhagique de l'urèthre. quelle est la part respective qu'il convient de faire, d'une part, à la diathèse arthritique, et d'autre part, à la blennorrhagie ? La première n'est-elle qu*un produit exclusif de la seconde dans le fond comme dans la forme? Ou bien lui préexistait-elle à l'état virtuel et comme prédisposition latente, n'attendant qu'une occasion favorable pour entrer en activité?

Et d'abord, messieurs, veuillez bien remarquer que le rhumatisme blennorrhagique se trouve dans une infériorité numérique très notable, si on le compare à l'immense quantité de catarrhes uréthraux qui parcourent toutes leurs périodes sans jamais le produire. N'en devonsnous pas conclure que le malade exceptionnel qui en est atteint p«'Ssède, malgré toutes ses apparences de santé, quelque vice cachr, quelque particularité dans la vie intime de tout son être, qui permet dvi le classer à part parmi la foule vulgaire des blennorrhagiens?

D'un autre côté s'il était dans l'essence dumuco-pus urétbral, de crée! par lui-môme, avec ses seules forces et de toutes pièces, le rhumati>in^ en question, pourquoi faillirait-il aussi souvent dans cette tâche? Est-e^ que le virus syphilitique, qui contient en germe l'infinie variété dt i accidents qui constituent la vérole, reste absolument inerte et silencieui

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