INCERTITUDE SUR LES CAUSES DU TERTIARISXE
leur origine, et accumulent sur le même individu et en fort peu H temps, toutes les calamités qu'elles sont susceptibles de proM Pourquoi ? Nous l'ignorons. Mais ce n'est pas là l'éventualité la pi surprenante, ni la plus commune. Une syphilis très bénigne, de cou durée et soumise à un traitement méthodique dans sa phase toii une syphilis qu'on avait toutes raisons de croire guérie, pourra duire, après dix, vingt, cinquante ans, d'une santé parfaite en rence et exempte de toute teinte spécifique, des exostoses, des gomi des encéphalopathies, des lésions profondes du foie, des reins, de^ mons, etc. Voilà qui est plus étrange, et ce fait vulgaire ne prouv pas encore mieux que le tertiarisme d'emblée combien sont bo et même nulles nos connaissances étiologiques ? — On invoqua con^ditions nuisibles qui diminuent la résistance de l'organisme. F doute il faut en tenir compte ; mais ne voit-on pas les accidents tiaires survenir chez des individus robustes, exempts de tout v organique, soumis à une excellente hygiène, etc.? Par contre ne voit-on pas aussi épargner ceux qui, par des circonstances dianél lement opposées, sembleraient condamnés aux atteintes le> | sérieuses de la diathèse ? Le traitement le mieux institué, le | longtemps suivi, depuis le début jusqu'à une période avancée, est b il faut bien l'avouer, de prévenir les accidents tertiaires à courte surtout à longue échéance. Loin de moi la pensée de dire quil inutile et n'a de prise que sur les manifestations actuelles. Je borne à avancer ce fait dont j*ai été témoin bien des fois, c*e4 son action préventive s'épuise vite chez certains individus ou n insuffisante.
Si notre ignorance est grande et presque absolue au sujet de I logie du tertiarisme, elle ne l'est pas moins relativement à Têp». de son invasion. Ici nous sommes exposés à toutes les surprise^ ; que la durée de la syphilis eu tant que diathèse latente ou en sance, est à peu près indéfinie. Combien de fois ne voit-on {>% accidents de l'ordre tertiaire survenir vingt, trente, quarante aoi plus, après le chancre ! Aussi, quelle que soit l'affection dont s>ou& syphilitique, à quelque époque qu'il en soit atteint, il ne fant ju perdre de vue la possibilité de son origine diathésique.
Je vous ai déjà dit que la syphilis secondaire avait un terme, <j'j ne se reproduisait pas indéfiniment et qu'elle disparaissait en f:ec au bout de trois ou quatre ans. Le propre de la syphilis tertiaire ead placer au contraire le malade qui en est atteint, dans un étal d'i nence morbide tel qu'il n'existe pour elle aucuue échéance fix
INSIDIOSITé DES ACCIDENTS TEBTIAIBES. 481
tée. Sous toutes leurs formes, à n'importe quel moment, ici ou là, sur chaque point de l'organisme, au sein des tissus comme à la surface des téguments, les lésions tertiaires peuvent surgir. Et n'allez pas croire qne la santé générale en sera profondément troublée. Non ; c'est presque toujours en pleine santé qu'elles éclosent et évoluent. Aucune affection n'est plus insidieuse. Ne vous attendez donc pas à la voir précédée de prodromes ; ils font très souvent défaut ou bien ils sont méœoQUS et échappent à la surveillance la plus attentive. Je pourrais vous en citer de nombreux exemples. En voici deux : dernièrement je fus consulté par un médecin atteint d'une syphilose pharyngo-nasale qui avait débuté à la sixième année de la syphilis d'une façon fort inattendue. Sans avoir en effet rien éprouvé préalablement du côté du nez ou du palais, le malade en dînant s'aperçut que l'air et les liquides passaient de la cavité buccale dans les fosses nasales. C'était une petite fissure qui s'était faite absolument à son insu ; elle s'est fermée depuis, mais beaucoup de fragments osseux nécrosés du nez et de la cloison ont été éliminés. — Un jeune homme, à la deuxième année d'une syphilis de moyenne intensité, fut pris il y a quelques jours, en pleine santé apparente, d'une hémiplégie de tout le côté gauche qui survint sans perte de connaissance et comme il descendait de cheval, après une promenade de deux heures. — Sans doute , en pareil cas, l'absence complète de tout phénomène précurseur est rare, mais l'insidiosité de l'attaque n'en existe pas moins, puisque la manifestation se produit brusquement, sans aucune raison plausible, au sein d'un organisme qui ne laissait apercevoir, dans son fonctionnement vital ou plastique, aucune anomalie.
Un autre caractère des déterminations de la syphilis tertiaire, est d'être presque toujours solitaires et discrètes. Sauf dans les cas où elles sont très précoces et surviennent immédiatement après le chancre, vous ne les verrez jamais affecter la généralisation des éruptions exanthématiques de la période secondaire. Elles poussent tantôt d'un côté du corps, tantôt de l'autre. Il arrive quelquefois cependant qu'elles sont symétriques. J'ai signalé ce fait depuis longtemps et j'y ai même insisté parce que quelques pathologistes ont voulu, à tort selon moi, faire de l'asymétrie un signe pathognomonique du tertiarisme.
C'est dans le tissu conjonctif qui sert de trame aux tissus, soutient et réunit leurs éléments propres et actifs, que se développent lentement et sourdement les lésions de la syphilis tertiaire. Leur processus toujours identique à lui-même aboutit, comme je vous l'ai dit, soit à la sclérose, soit à la gomme. Beaucoup d'autres maladies produisent des
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altérations à peu près semblables, du moins dans leur acIionmorlL^ sur les éléments actifs des organes. Qu'en résulte-l-il ? Osl -p u syphilis, à mesure qu^cIle vieillit, se confond dans la plupart de s^^ iuï festations avec les maladies communes. Il semble que ce qu elle gi en profondeur, elle le perd en spécificité. C'est là une des CAm^i contribuent le plus à obscurcir son diagnostic. Ajoutez-y réloign u de l'accident primitif, l'absence de tout accident depuis de lun." années, l'ignorance réelle des malades ou leurs incertitudes l'existence de la syphilis chez eux, leur dissimulation, etc. ; et en ;toutes ces circonstances, vous vous rendrez compte des difficult^ niques souvent insurmontables que présente le diagnostic de la sv tertiaire. Aussi ne négligez aucun moyen d'information: fu les antécédents avec un soin minutieux et une patience infaii: cherchez sur tous les points du corps les traces d'accidents sptiir, anciens ou la coexistence d'accidents spécifiques de fraîche date, <^: les lésions si elles sont accessibles à votre investigation et décou\: ce qu'elles ont de caractéristique ; surtout par une analyse {aussi loin que possible de tous les symptômes de la maladie, cez-vous de découvrir, au milieu de phénomènes d'ordre coiiiQiJ. particularités, la teinte diathésiques. Enfin, si peu que vous r dans le doute, donnez de l'iodurede potassium à hautes doses. Qi:^ •; pour des raisons diverses, il soit loin d'être infaillible, on le voit dant améliorer ou guérir les manifestations tertiaires dans un si r: nombre de cas, qu*il est formellement indiqué de l'adminislrer ' la fois conmie moyen de diagnostic et comme agent curatif imo:;;. j blement supérieur à tous les autres en pareille occurrence.
Pour terminer ce que j'avais à vous dire sur ce sujet je vais i>- "i sous forme de propositions et mettre en regard les caraclt-n? I syphilis secondaire ou virulente et ceux de la syphilis tertiaire :
l"* Les accidents qui appartiennent à la période secondaire < i ^ lente de la syphilis sont une conséquence fatale du chancre inf m sous une forme ou sous une autre ils ne font jamais et partout u». tement défaut. — Les accidents tertiaires sont loin d'être une quence forcée de l'intoxication ; ils manquent souvent et no > . corollaire obligé ni de la syphilis primitive, ni delà syphilis sec4>Li»
2'' Semblables à des maladies accidentelles, aux fièvres eiai/1 1 tiques par exemple, dont elles se rapprochent le plus, les aianife>: t:. secondaires ont un début fixe, un processus déterminé» une >' naison certaine. Elles apparaissent un mois et demi, deux •. mois après le chancre et évoluent pendant une période restr...' '