ÉVOLUTION DU TUBERCULE
Vous voyez donc combien les causes de chronicité se moltipIieDi mesure que nous nous éloignons de Térythème et de la papule siio des premières poussées. Nous ne sommes cependant encore que d le premier groupe des sypbilodermies, dans la phase secondaire de diathèse où presque toutes les lésions sont résolutives.
Dans le deuxième groupe qui appartient à la phase teriiairt. tendance à la chronicité s'accuse de plus en plus et le temps (| chacun des éléments met à évoluer se calcule non plus par se ni par mois, mais par trimestres, même par semestres et années.
Tubercule. — Dans le deuxième groupe des syphilides, Télé qui se rapproche le plus de ceux du premier, c'est le tubercule. Par! fait, le tubercule n'est autre chose qu'une papule qui ne s'établit il est vrai, à fleur du derme et seulement dans sa couche de laire, mais qui occupe tout d'abord ou envahit peu à peu toute épaisseur et plonge même par sa base jusque dans le tissu ceUnl sous-cutané. Entre les papules érosives, ulcéreuses et les tuben bénins et discrets, il existe une grande affinité de forme, de teu et une contemporanéité qui ajoute encore à leur ressemblauce. deux éléments générateurs semblent se rapprocher, se confondre servir de transition aux deux groupes, et former des syphilides papulo-tuberculeuses intermédiaires. Et cependant, si étroite qu leur parenté, la papule et le tubercule diffèrent profondément \ l'autre par leur évolution. C'est là le point de leur histoire qu'S essentiel de mettre en reUef et dans tout son jour. Tandis que la [il se résout ou ne subit qu'une élimination incomplète de ses éle constitutifs, le tubercule, dans son mouvement d'involution plu fond et plus radical, est totalement détruit et sa débâcle en: les parties organiques au sein desqueUes il s'est établi. Au» disparatt-il jamais sans laisser une cicatrice. Chose corieust', la verrez se former même dans les cas où le tubercule reste ï**dant toute sa durée, c'est-à-dire lorsqu'il se résorbe insensil»lc sans éliminer au dehors ses produits morbides par ulcératict. Mais c'est surtout dans les poussées tardives que le modee^ propre au tubercule s'accentue et aboutit fatalement à la per/ substance par évacuation et à la réparation cicatricielle.
Le tubercule passe donc par des phases plus nombreuses la papule. Ces phases sont au nombre de quatre : l^ Pbs;^ formation ; 2" phase de désagrégation ou de ramoUis^eo^ 3* phase d'élimination ou d'ulcération ; i"" phase de réparatioD ^^
ET DE LA 8YPHILIDE ULOÉBEUSE d'EHBLÉE. 507
cicatrisation. Quand la seconde est très prononcée et que le travail ulcéreux trouve à sa périphérie ou au-dessous de lui de nouveaux produits néoplasiques en voie incessante de renouvellement, il s'en empare, les suit pas à pas et dégénère en pbagédénisme. Avec une pareille marche il est difficile que la durée totale de l'évolution pour chaque tubercule ne soit pas très longue. Elle varie suivant les cas , et aussi suivant l'âge de la diathèse. Dans les formes précoces et confluentes qui constituent une variété des syphilides malignes, le processus se précipite ; il aboutit rapidement à la destruction phagédénique ; il va même au delà et on le voit quelquefois, mais rarement, se terminer par une nécrobiose en masse, c'est-à-dire par gangrène. Il existe comme un état subaigu dans les deux premières phases ; mais la troisième et la quatrième, celle d'élimination phagédénique ou gangreneuse et de réparation, peuvent devenir interminables, surtout si tout le système tombe dans le coUapsus cachectique. La lenteur de la phase formatiye, l'état stationnaire et prolongé de la phase de ramollissement s'observent surtout dans la période tertiaire. Une remarque importante à faire c'est que l'évolution du tubercule est beaucoup plus rapide sur les muqueuses que sur la peau. Et maintenant pour vous faire une idée de la marche, de la durée et de la terminaison d'une sypbilide tuberculeuse, voyez ce que doit produire une éruption, même discrète, de la lésion élémentaire, lorsqu'elle entasse sur le même point un grand nombre de tubercules ; lorsqu'elle les étale en nappes continues, ou les groupe suivant des lignes courbes ; lorsqu'au lieu dé s'en tenir à une seule poussée, elle en produit sans cesse de nouvelles qui commencent à évoluer quand les autres finissent, enfin lorsque le pbagédénisme s'emparant de tous ces produits néoplasiques les dévore tour à tour, et creuse ou laboure sans relâche les surfaces tégumentaires. Yavais-je pas raison de dire, que c'était par mois et par années qu'il fallait compter en pareil cas la durée de la lésion?
Syphilide ulcéreuse d'emblée. — Par cette expression je n'entends pas dire que l'ulcération va se produire tout à coup et sans aucun autre travail morbide préparatoire; si rapide que soit sa formation, elle est toujours précédée d'une autre lésion. Mais ici, ce n'est plus comme dans le tubercule et la papule une néoplasie concrète et figurée qu*on voit apparaître; c'est une simple congestion, une tache rouge, de niveau avec les parties voisines ou à peine élevée au-dessus d'elles, d'autrefois une tuméfaction diffuse semblable à celle du furoncle. Toujours est-il que les éléments qui la constituent prolifèrent avec une rapidité excessive qui leur fait perdre en fort peu de temps toute