ÉVOLUTION DE LA QOMME
croûtes, parce qu'elles sont subordonnées à l'ulcération et ne jouent aucun rôle dans le processus.
Gomme. — Elle a la plus grande analogie avec le tubercule dont elle n'est qu'un degré plus avancé. Je ne me lasserai pas de vous faire remarquer l'étroite parenté de toutes ces lésions ; c'est en rapprochant, bien plus qu'en divisant et subdivisant à l'infini, qu on peut se former une idée exacte de la syphilis dans son ensemble et rattacher au môme travail primordial et pour ainsi dire anique, les nombreuses variétés des manifestations tégumentaires. -- Suivez la filiation des effets morbides , leur enchaînement naturel depuis la papule jusqu'à la gomme, rendez-vous compte de l'évolution générale de ces lésions, de ses particularités suivant les types et les groupes, et vous serez fort avancés dans la connaissance d'une des branches les plus touffues et les plus enchevêtrées en apparence de la pathologie syphilitique. — La gomme n'est qu'un gros tubercule ; au heu d'occuper l'épaisseur du derme, elle siège d'ordinaire primitivement dans le tissu cellulaire sous-cutané. Mais elle ne tarde pas à contracter des adhérences avec la peau qui la recouvre ; elle renvahit, la ramollit, l'ulcère et enfin elle produit à sa surface une vaste cavité ulcéreuse, à orifice d'abord étroit et comme fistuleux, puis à large ouverture qui met à nu tout son intérieur. L'envahissement de Upeau constitue une étape que vous ne trouvez pas dans le tubercule. Mais pour les autres phases de la lésion il y a similitude parfaite entre le tubercule et la gomme : l"" phase de formation; 2*" phase de désagrégation ou de ramollissement ; 3"* phase d'élimination ou d'ulcération; 4"* phase de réparation ou de cicatrisation. Les produits évacués diffèrent un peu. Comme la gomme est plus volumineuse, elle englobe une quantité plus ou moins notable de tractus celluleux, les presse, les étouffe, les prive de vie et les élimine avec les produits qui lui sont propres, sous la forme d'un bourbillon grisâtre. — Dans les petites gommes on ne trouve pas toujours ce bourbillon ; en pareil cas il est fort difficile et même impossible de dire si la lésion est un tubercule ou aue tumeur gommeuse, d'autant plus que le siège est à peu près le même, dans les parties les plus profondes du derme ou dans Thypoderme. Il y a même des gommes primitivement intra-dermiques.
A côté du type classique de la gomme sous forme de tumeur circonscrite, arrondie, nettement isolée dans le tissu qu'elle occupe, il faut placer les suffusions néoplasiques sans contours précis, sans configuration régulière et toujours identique à elle-même, étalées en nappes diffuses ou formant des plaques distinctes, allongées, arrondies, ova-
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laires, discrètes ou confluentes, etc. Lorsqu'elles se produisent dî les périodes avancées de la maladie constitutionnelle, elles ^<>f par les mêmes péripéties évolutives que la tumeur gommeuse. A q époque rapprochée du chancre, leur tendance est au contraire r*' lutive. C'est que l'âge de la maladie constitutionnelle exerce un*^ fluence prépondérante dans le processus de ses lésioas. Les m\ -i précoces évoluent beaucoup plus vite que les gommes vraimir; ) tiaires. J'en ai vu de bénignes parcourir toutes leurs phases en deux trois septénaires, dans la première ou la seconde année de la mv/t générale. Plus tard leurs étapes s'allongent indéfiniment, etcbc d'elles peut demander deux ou trois mois. Il y a des gommes qui n tent plus de six mois à évoluer; et comme ici encore le mode dVn tion par poussées successives est le plus commun, vous voy^z i quelle lenteur procédera dans toutes ses phases une attaque d ' i matopathie gommeuse.
Anatomie pathologique. — Les lésions si variées et si nombres de la syphilose tégumen taire procèdent de la même source. ! constituées par les mêmes éléments histologiques et obéi>S''0*J même principe de développement organo-pathologique. On hk i s'empêcher d'être frappé du contraste qui existe entre la simpli des moyens et la multiplicité, la complexité des résultats, ^^û quez, en outre , que la syphilis n'emploie pas d'éléments mnrtij nouveaux et sans analogues dans l'économie. Elle se sert des êl. mj morbides communs. Aussi leur étude histologique serait-ell*' tt pable de nous révéler la spécificité de leurs effets. Celte >|»t :i réside surtout dans la morphologie et la manière d'être des lésion>:' est essentiellement clinique et pas du tout anatomo-pathologiqu' dermatopathies syphilitiques proviennent toutes de deux pro i morbides distincts : l'hyperhémie et la prolifération des cellii!-'^ bryonnaires.Ils sont essentiellement chroniques. L'hypeiiiémi^ v^ occupe une place beaucoup moins importante que l'infiltration cr: i et on ne l'observe à l'état isolé que dans la phase virulente de la >V'^ C'est elle qui produit toutes les variétés de la syphilide érythémaH Il n'est pas rare de la voir se compUquer d'un certain degré de d loppement cellulaire , dans les formes érythémato-papuleu>'i exemple. Plus tard, réduite au rôle de phénomène précurseu*. précède et prépare la prolifération des cellules embryoDnaire>.
Les cellules morbides qui constituent les lésions syphilodcmiM sont rondes, granuleuses, semblables aux corpuscules blancs da ii|
LEURS COÏNCIDENCES DBRMATOPATHIQUBB. 511
sanguin et parfaitement identiques à elles-mêmes, soit dans la lésion initiale, soit dans les gommes les plus tardives de la syphilis. En général, Imtensité, le volume, la concentration et la profondeur de l'infiltration cellulaire dans lestéguments, sont en rapport direct avec Tâge de la syphilis. Ainsi, dans la période secondaire, l'infiltration n'occupe que les interstices de la couche superficielle dermo-papillaire et elle n'est pas assez abondante pour en étouffer les éléments constitutifs. Plus tard elle se condense, envahit l'épaisseur du derme et le détruit. Dans le premier cas vous aviez la papule ; dans le second, c'est le tubercule. Il n'y a, vous le voyez, en anatomie comme en clinique, aucune ligne de démarcation tranchée entre les deux lésions ; aussi trouve-ton fréquemment des degrés intermédiaires qui forment la lésion mixte papulo-tuberculeuse. Agrandissez le champ de l'infiltration cellulaire, multipliez-en les produits, vous aurez la gomme et les suffusions gommeuses, etc. — Dans tous ces cas les éléments cellulaires de l'infiltration sont doués d'une assez grande résistance vitale pour s'agglomérer sous fonne de lésion figurée, autonome, douée d*une existence propre qui parcourt plus ou moins régulièrement les phases d'une évolution déterminée. — Mais supposez sur un point une prolifération effirénée de ces mêmes cellules, sans la cohésion qui les unit, sans aucune des cooditioas de solidarité qui les vouent à la même destinée, et vous aurez le désordre, la désorganisation, la dissociation rapides des éléments sains envahis, et par suite l'ulcération éliminatrice à brève échéance. C'est parce mode ataxique d'infiltration presque foudroyante et incessanoment renouvelée, que se produisent les syphilides ulcéreuses d'emblée. — Les vésicules et les bulles , les croûtes et les «jnames ne sont en anatomie pathologique, de même qu'en clinique, que des phénomènes subordonnés ; par conséquent nous n'avons pas à nous en occuper.
CoInCIDENCES DERMATOPATHIQUES DES SYPHILIDES. — Le tégUmCUt,
comme tous les autres organes, est apte à concevoir simultanément plusieurs actions morbides et en développer les effets. Il n'existe pas d'incompatibililé absolue entre les syphilodermies et d*autres affections d'origine différente.
Parmi les coïncidences pathologiques des syphilides sur le même théâtre tégumentaire, il faut distinguer celles qui sont accidentelles, de celles qui sont constitutionnelles. Au nombre des premières vous trouverez souvent la gale, le prurigo, l'intertrigo, quelquefois des éruptions saisounières, puis des dermites d'intoxication comme l'eczéma rubrum