DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC DES 8YPHILIDB
mercuriel, l'urticaire produit par Tingestion des crustacés et sart l'érythème cubébo-copahique qui ressemble d'une manière si frappas à certaines variétés de roséole. Avec un peu d'attention il est M de démêler ce qui appartient en propre à chaque affection. C tâche est plus délicate dans les coïncidences d'ordre constitutionnel dans celles des dermatopathies à évolution lente et à poussées suc« sives comme la syphilis. Ce qui complique encore la question, que ces dermatopathies présentent souvent les mêmes affinités t -p graphiques que les syphilides ; ainsi la dartre, i'arthritis allaqu comme la syphilis la paume des mains, la plante des pieds et la \m La scrofule se localise sur la région naso-labiale de la face, sur le t du palais, les piliers, les fosses nasales et y produit des scrofulo>e ont la plus grande analogie avec les syphiloses des mêmes partie:
Diagnostic et pronostic — Il faut toujours avoir présente à F la possibilité de ces coïncidences sur lesquelles je reviendrai ausu/J chaque syphilide. Elles compliquent la question du diagnostic eiU dent quelquefois impossible. — Cependant, en analysant minuli ment toutes les circonstances présentes ou passées des dennatopa sur lesquelles on doit porter un jugement, on arrive presque touj g déterminer leur véritable provenance. Les éléments du diagnostic syphilodermies se trouvent dans la séméiotique générale que ^ ^ en ai tracée. Qu'il me suffise ici de vous énumérer leurs prinof caractères: indolence, aphlegmasie, couleur, chronicité, poU phisme, éruptions variées et d'âges différents dans la même pou< lieux d'élection ou topographie spécifique : commissures labiale du nez, région frontale à la naissance des cheveux, cuir ck langue, isthme du gosier, ongles, région génito-anale ; particulu de forme et d'évolution, etc., etc. Enfin les coïncidences de V.^ manifestement syphihtiques sur d'autres organes que la peau ^ i muqueuses peuvent éclairer d'une lumière décisive le diagnostic ^ les cas équivoques , obscurs ou compliqués. — Quant au pKiK général, pour l'instituer sur des bases soUdes, on prendra sur; ii considération : 1° la forme, le nombre, le volume et les tendac' chaque élément générateur: tache érythémateuse, papule, tuUr gomme ; 2° leur association et dans cette association la natureprocessus de l'élément qui prédomine ; 3"* Tige de la diathèse c à-dire la période de son évolution générale à laquelle apparaît teJ telle espèce de syphilodermie ; 4"* la régularité ou rirrégularit^ nologiques des éruptions : ainsi les syphiUdes d'ordre tertiaire al
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tuberculeuses qui se manifestent exceptionnellement aussitôt après le chancre sont douées d'une malignité que n'ont pas ces mêmes syphilides quand elles apparaissent dans la saison qui leur est propre, c'està-dire dans la phase tertiaire ; S"" l'intervalle des poussées et leur intensité croissante ou décroissante à mesure qu'elles se succèdent ; 6** la localisation, les récidives sur place atténuées ou aggravées, la diffusion ou la concentration des lésions, l'importance topographique ou fonctionnelle des organes atteints, etc. Voilà quelles sont les principales circonstances dont il faut tenir compte dans le pronostic.
Traftement. — Une première question se présente et je ne veux pas l'éluder, quoiqu'il ne soit pas ordinaire, en syphiliographie, qu'on la pose et qu'on la résolve. Faut-il traiter les syphilides exanthématiques? Je n'entends point par là, les entourer de soins hygiéniques conve- Dabies et propres à faciliter ou à hâter leur guérison spontanée, ni écarter les causes susceptibles de les aggraver ou de les perpétuer, etc. Tout cela est élémentaire et d'une évidence qui exclut toute discussion. Je veux dire : faut-il administrer les spécifiques que nous possédons contre elles, à doses assez élevées pour les interrompre brusquement dans leur processus, les juguler pour ainsi dire et en faire justice le plus promptement possible? On a comparé les premières poussées érylhémateuses des syphiUdes à celles d'un exanthème fébrile virulent et je vous ai dit que cette analogie n'était pas dépourvue de tout fondement. Eh bien, supposez que vous fussiez en possession d'un spécifique puissant contre la variole, la rougeole ou la scarlatine ; oseriez-vous l'employer pour arrêter, en pleine crise réactionnelle, l'une de ces pyrexies dans ses manifestations tégumentaires? Ne craindriez-vous pas de placer les malades dans l'imminence d'un danger prochain ou éloigné en troublant ainsi l'ordre évolutif? Garantiriez-vous que ce travail d'élimination, de dépuration qui se fait à la surface de la peau et des muqueuses ne va pas se porter ailleurs si vous l'interrompez dans ses opérations salutaires ? Ne voit-on pas des enfants dont l'éruption, pour une cause ou pour une autre^ n'a pas pu atteindre la plénitude de son efflorescence tomber dans la cachexie ou passer d'une maladie aiguë et accidentelle à une maladie constitutionnelle et chronique qui a pris naissance dans les germes momentanément avortés de la pyrexie dermique?... C'est ici que l'analogie entre les fièvres éruptives et la syphilis, légitime sur certains points, se trouve en défaut ou du moins n'est pas rigoureusement exacte. Et en effet, une fièvre virulente est une intoxication accidentelle qui n'a
SUtRUC. — MALADIES VBNKB. 33
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point de tendance à devenir permanente et qui, par cela même, susdit
une synergie réactionnelle d'autant plus puissante qu'elle doit et
de moindre durée. Malgré qu'un ordre parfait préside à l'évoluti:
dans les formes régulières de ces sortes de fièvres, les fonctioas orz
niques sont trop fortement surexcitées pour rester en état d equilih
stable. Aussi les rétrocessions, les délitescences dangereuses peur**!
elles se produire, et quand la détermination cutanée s'évanoml.
mouvement morbide qui la produisait se déplace et va s'effectuer s
un organe interne. En est-il ainsi pour la syphilis? Non, mes»ieïi
Sans doute, dans les formes généralisées et aiguës de ses premi«fc
poussées, elle manifeste bien quelque velléité de réaction fébrile: nj
quelle insignifiance dans cette tentative, quand on la compare aux ^b
tenaces, prolongés, et toujours sur la récidive, ici ou là, à un mucH
ou à un autre, des syphilodermies de la phase virulente ! Je croi^di
qu'en attaquant ces syphilodermies, en les faisant disparaître, à t j
porte qi;elle date de leur évolution, en les guérissant ou en les préveul
on améliore la situation générale des malades bien loin de l'aggnri
On a dit que les manifestations viscérales de la syphilis devenaien: \M
communes depuis que les manifestations cutanées diminuaieDi i
nombre et de gravité. Cette assertion est-elle bien exacte? N'esti; ;i
plus naturel de croire que si les viscéropathies spécifiques sont [i
fréquentes, c'est que l'on sait mieux les découvrir et les reconnaît?
— Le balancement morbide entre les déterminations cutanées ri I
déterminations internes de la syphilis est loin d'être aussi bien eu)
que dans les pyrexies exanthématiques ou même que dans lesacci<iti
propres à la dartre et surtout au rhumatisme et à la goutte. — A<
égard la scrofule et la syphilis se ressemblent ; elles sont plus
moins mobiles que les autres maladies constitutionnelles dans
déterminations cutanées et muqueuses.
Il est utile de traiter les dermatopathies précoces de la s)^t mais est-ce indispensable? Ici encore je répondrai négativemen*. formes érythémateuses superficielles et généralisées, telles qu* roséoles rubéolique, maculeuse ou papuleuse , tendent à p spontanément. Il n'est donc pas nécessaiire de recourir à un ment énergique pour les faire disparaître. Quand on radmini>tl pareille occurrence, on vise plus les manifestations ultérieures •? détermination actuelle. Cette spontanéité curative est moins proo'i sur les muqueuses que sur la peau. Les plaques muqueuses o>U poraines de la roséole sont beaucoup plus tenaces ; c'est qu'elle > i tiennent à l'ordre papuleux. Or les syphilides papuleuses exigent.