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DÈS LE DÉBUT DE L 'INTOXICATION

une médication spécifique vigoureusement conduite, et encore ne suffit-eUe pas toujours pour en venir facilement à bout. Plus on avance dans la diathèse et plus ses manifestations réclament l'emploi des spécifiques. Dans les formes ecthymateuses, tuberculeuses et gommeuses, ils sont impérieusement indiqués. Le mercure, sous tous ses modes d'administration, possède une vertu curative qui trouve son application dans le premier groupe des syphilides, c'est-à-dire dans les formes érythémateuses et papuleuses. Sans doute, il agit aussi sur celles du deuxième groupe ulcéro-gommeux , mais avec moins de promptitude et d'efficacité. Pour les combattre il faut avoir recours à Tiodure de potassium seul ou combiné avec Thydrargyre. Souvent, mais pas toujours, on obtient des résultats merveilleux de l'emploi des spécifiques dans le traitement des syphilodermies. N'ayez pas cependant une foi trop absolue dans leur infaillibilité. Il faut pour le développement de leurs vertus curatives (je ne parle point de leurs vertus préventives) que l'organisme ne se montre pas réfractaire, qu'il consente, et qu'il ne leur fournisse pas un terrain trop inerte ou trop épuisé pour y laisser germer et grandir l'action thérapeutique. En pareil cas, et vous verrez que cette éventualité n'est pas rare dans les syphilodermies malignes précoces, ou dans les tardives et les cachectiques, la tâche du médecin ne doit pas être de gorger à saturation son malade de mercure et d'iodure de potassium, mais de relever ses forces, de donner un peu de résistance et d'énergie à son organisme et de le rendre apte, s'il le peut, à se laisser impressionner par l'intervention spécifique de façon à en développer et à en féconder les effets curatifs.

^iPMiLiois értth£hàtkuses. — Roséole syphilitique. — Date de la roséole dans 1 evolutiou dia-

thèsiqoe : la roséole est la première manifestation cutanée de la syphilis. — Roséoles précoces,

roisêolefl tardives et roséoles de retour. Canes .* Elles ont plus de prise sur elle que sur d'autres syphilodermies. Sfatptàmei : Couleur et configuration des taches de la roséole. Leur distribution sur la surface

cutanée.

Varietét : Elles sont au nombre de trois : la rotéole rubéoligue^ la roséole maculeuse et la roséole éry-^

thémato-papuleuse, — Description de chacune d'elles. — Importance de la variété roaculeui»e : c'est

elle qoi constitue les roséoles tardives et les roséoles de retour. Disposition circinée des macules.

Macules tachetées, macules en cocarde, macules annulaires. — Roséole érythémato-pnpuleuse ; ses

)»oiui-Tariélés : forme lichénoïde, forme annulaire avec ou sans papule centrale, forme stellaire ou

en corymhe.

^'oinàdences patholoffiques . — Elles sont très nombreuses : adénopathie cervicale; —croûtes dans

led cheveux; — engorgement spécifique des vaisseaux lymphatiques; — plaques muqueuses;

~ érythème spécifique des muqueuses ; — troubles constitutionnels, périosloses, etc. Ahmlomie pathologique : Congestion superficielle des vaisseaux dcrmo-papiUaires ; — Dilatation des

516 STPHILIDES ÉBYTHÉMATEUSES. — ROSÉOLE.

capillaires des papilles ; — Exiravasation globulaire rouge ; — Accroissement de la pignecUi -

au niveau de la tache hyperhémique.

Diagnottic et pronostic : Diagnostic de la roséole syphilitique avec la rougeole, la scaïUt r" «^

érythèmes cubébo-copahiqiie et mercuriels, la roséole simple et arthritique, le {Htjno.^ ^ >^r».-

color, la teigne circiuée. • |

Bénignité du pronostic de la roséole. Elle attaque moins souvent que d'autres syphUodcrci •> -

parties découvertes du corps, la face et les mains. Enumération des circonstances qu'on doit rechercher pour diagpaostiquer les syphflod^m • « ■*

déterminer leur importance pronostique.

Traitement: Est-il nuisible au début? — Prédispose-t-il aux viscéropathies 8pèc)fiqQe&? ^T-s-

dance des syphilides exanthématiques à la guérison spontanée. — Indications du mercure»;

l'iodure de potassium.

Après ces généralités sur les syphilides, je vais entreprendre Ilil' toire de chacune d'elles en particulier. Afin de mettre de Tordre el la clarté dans des descriptions minutieuses surchargées de détail> souvent si compliquées qu'il est facile de s'y égarer ou de revenir ses pas, j'adopterai une méthode d'exposition invariable et qui sera même pour toutes. C'est au reste celle que j'ai suivie dans les sidérations qui précèdent. Voici, les points que je traiterai sucn vement et qui formeront les divisions logiques de l'exposition : i'I place et la date de la syphilide dans l'évolution générale de h thèse ; 2° son étiologie ; 3"* ses symptômes d'ensemble ; 4"* ses variei ^° son processus; G"" ses coïncidences morbides; 7* soa anatoi pathologique ; S"" son diagnostic et son pronostic. La question du ti tement sera exposée et discutée plus tard, après la description de t( les syphilodermies.

Commençons par la roséole^ qui est la syphilide érythémat typique. Parmi toutes les manifestations tégumentaires de la §y il n'en est aucune qui soit plus fréquente. Il est même probable qu ne manque dans aucun cas; mais comme elle est souvent fort Ifji et qu'elle ne cause ni fièvre, ni prurit, et ne s'accompagne d'ai malaise général, elle court risque de passer inaperçue. Il arrive v qu'elle peut se perdre au milieu d'éruptions papuleuses ou pustulei plus importantes, surtout si elle est discrète et pâle.

Date. — Sa place dans l'évolution syphilitique ne peat faire l^À d'aucun doute, puisque c'est elle qui la première donne d'une fâ sensible et incontestable la preuve que l'intoxication s*est genénii — Elle est donc la première en date, la plus précoce de toat^> manifestations tégumentaires et même de toutes les autres dêtenïi tions matérielles de la syphilis. Mais une particularité remarquafa'r sa chronologie, c'est qu'elle est sujette à récidiver et même à sar>t

PLACE DE LA BOSÉOLE DAKS L'ÉVOLUTION DIATHÉSIQUE. 517

quelquefois tardivement, quand elle a fait défaut au début ou a été insignifiante. Chez certains malades vous verrez, par exemple, des roséoles de retour huit ou dix mois, un an, deux ans et même plus après le chancre. Passé trois ans j'en ai rarement constaté ^ Chez d'autres qui en avaient été ou qui passaient pour en avoir été exempts au début, la roséole apparaîtra quelquefois inopinément entre deux éruptions plus avancées qu'elle dans le processus. — Au point de vue chronologique il y a donc : les roséoles précoces qui forment l'immense majorité et qu'on peut regarder conune constantes, les roséoles tardives qui sont très exceptionnelles et les roséoles de retour qui sont un peu moins rares que les roséoles tardives. — La roséole précoce ordinaire fait son apparition quarante-cinq jours environ après le chancre. Le traitement mercuriel institué pendant la syphilis primitive ajourne quelquefois son éclosion au delà de ce terme. Je l'ai vue ne se montrer qu*au quatre-vingtième ou quatre-vingt-dixième jour du chancre et constituer alors la première manifestation généraUsée de la syphilis.

Causes. — La fatalité qui fait de la roséole l'accident d'intoxication générale le premier en date et le plus constant, relègue bien loin toutes les conditions étiologiques accessoires. Du reste vous avez dû pressentir, d'après ce que je vous ai dit à propos de l'étiologie dans les généralités, que ce chapitre de l'histoire des syphiUdes sera toujours pea étendu. Une excitation générale, mais surtout une excitation cutanée directe ou indirecte peut hâter l'apparition de la roséole, la rendre confluente partout ou sur certains points seulement et provoquer son retour. Je viens d'être témoin de ce fait chez un syphilitique arrivé au douzième mois de sa maladie. Chez lui la roséole, s'il

1. J'ai observé un cas de roséole de retour trois ans après l'accident primitif. J'avais mgQé le malade dès le début de sa syphilis survenue bien malencontreusement quelques mois avant un mariage qu'il ne pouvait ni rompre, ni ajourner. Grâce au traitement et aux précautions qu'il ne cessa de prendre, la syphilis ne fut pas communiquée à sa femme. Dix-huit mois après son mariage, il eut une petite fille qui a toujours été très bien portante et qui n'a présenté aucun accident syphilitique. Elle a été allaitée par une nourrice étrangère sans la contagionner. — Le 21 décembre 1881 (3* année révolue de la syphilis], ce malade vint me consulter pour une roséole circinée qui s'était développée principalement sur le tronc. Elle était typique et constituée par des macules érytbémato-pigmentaires, d'un rouge brun, sans saillie, sans desquamation, annulaires et disposées en cercles complets ou incomplets. Pas de fièvre, pas de démangeaison. L'éruption, parfaitement indolente et chronique, dura plus de six semaines. Depuis très longtemps, le malade n'avait eu aucun accident syphilitique, et il n'en présenta aucun autre pendant toute la durée de celle roséole de retour.

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