‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 257 sur 441 · PLAQUES 0UTAKÉK8 SIMPLES ET COMPOSÉS · texte numérisé non relu

PLAQUES 0UTAKÉK8 SIMPLES ET COMPOSÉS

on les observe aussi sur le tronc et sur les membres, plus rarement au inférieurs qu'aux supérieurs. Quelques-unes sont à peine sqiiameu>d et seulement à leur déclin; mais, dans la plupart, la prolifération «^|i dermique est si active et si persistante, qu'elles constituent on <le^ \y^ les plus frappants de la syphilide papulo-squameuse, surtout decj qui se développe pendant la phase la plus reculée de la période sry^ daire. Quand l'hyperplasie dermo-papillaire n'est pas circ<Mischti: < se produit d'une manière diffuse sur une grande étendue, il en rt^ une éruption papuleuse en nappe, qui s'étale parfois sur des siirf*i très étendues, au point de recouvrir toute une région. Vous en ith^ trerez des exemples sur la face, sur les organes génitaux, les boun^ la vulve, l'anus, le périnée, le mont de Vénus. Lies parties eori^ présentent un gonflement général résistant, d'une consistance pr-^ lardacée, et d'une coloration d'un rose sombre, sur laquelle se <ltU| le rouge encore plus terne des papules. La surface de ces nap[>^^ mamelonnée, et leurs contours plus ou moins vagues se perdent îst^ siblement dans la peau jaine périphérique, ou bien s'accusent a d par des lignes polycycliques autour desquelles sont disséminée» q4 ques papules lenticulaires isolées. Chez un de nos malades, qu^ mois après le début d'un gros chancre balano-prépuiial, toute la (^ du front, principalement au-dessus des sourcils, devint épaisse. h))H tropbiée, mamelonnée et d'un rouge sombre, sans squames. La nA lésion s'étendit bientôt à toute la face ; elle grossit et déforma le> tnl en leur donnant un aspect léonien. C'est ce qu'on nomme le Léonum Au bout de dix jours de traitement spécifique, la nappe papui^ uniformément étalée sur la figure, se fragmenta, et il fut aisêd?f qu'elle était formée par l'agglomération de plusieurs groupes sttîiai très confluents , au centre desquels proéminait une papoli^ ^ saillante et plus volumineuse que les autres. Lorsque les orçS génitaux sont envahis de la même façon dans toute leur étendue, i résulte un véritable Eléphantiasis papuleux. 11 est à remarqua-: ( la prolifération squameuse est toujours beaucoup moins pronon.'ti beaucoup plus tardive sur les nappes papuleuses diffuses que ^ plaques ou nappes circonscrites, et que les premières survi<'cfl aussi à une époque moins éloignée de l'accident primitif.

Parmi les sypbilides papulo-squameuses , celles qui se dévekfri à la paume des mains et à la plante des pieds occupent une ^ importante dans la dermatopathie syphilitique. Elles oflh^nt do mtl particulier à cause de leur ressemblance avec des lésion.-* afi"^' ^

BTPHILODEBMIES PALMAIBES ET PLANTAIBEB. 557

que produisent dans ces régions d'autres maladies constitutionneUes. On les désigne sous le nom de Psoriasis syphilitique palmaire et plantaire. Le psoriasis palmaire est toujours plus développé et d'une physionomie plus accentuée que le psoriasis plantaire. Il me suffira de décrire le premier ; vous n'aurez qu'à en atténuer les traits pour vous rendre compte du second. — Mais disons d'abord quelques mots de la syphilide palmaire érythémateuse qui coïncide souvent avec la papuleuse ou qui la prépare et la précède. Elle se montre dans la paume des mains sous forme de taches dissiminées, d'une teinte rouge sombre, à peine élevée au-dessus des parties voisines, lisses, souples et sans altération notable de l'épiderme dans leur période d'augment et d'état. Pendant leur régression elles se couvrent d'une mince desquamation épidermique qui disparaît à leur centre au fur et à mesure qu'elle se forme et laisse sur leur pourtour quelques petits lambeaux flottants d'épiderme sous forme de liseré circulaire. — La C4)uleur de la tache s'efface peu à peu et au bout de quelques semaines la peau a repris son apparence normale. Les macules érythémateuses sont irrégulièrement disséminées, isolées ou coniluentes, ou bien elles affectent la disposition circinée, plus rarement le groupement corymbique ; quelquefois elles sont annulaires et irisées ; enfin elles peuvent laisser des macules pigmentaires plus ou moins persistantes '.

1- J'ai observé un beau cas de syphilide pigmentaire annulaire^ visée et circinée de ta paume des mains^ survenue vers le troisième mois de rintoxication. La lésion était si saperficielle cfue le derme ne paraissait pas atteint : il y avait simplement exfoliation des couches les plus superficielles de l'enduit épidermique, quelque chose d'analogue an pelage de la langue dans les plaques lisses de cet organe. Mais Taltération la plus curieuse de Tépiderme, c'était sa pigmentation sous forme de cercles de diverses nuances, i>otés, tangents ou subintrants. La régaliirité des dessins était parfaite. Chaque macule était constituée (par un petit centre blanchâtre autour duquel existaient : 1** une zone brune; 2" une zone blanche; S" tout à fait à la périphérie une troisième zone brune étroite. Chaque macule pigmentaire mesurait environ 1 centimètre. 11 y en avait un iTToupe de 3 ou 4 au centre de la paume ; une était isolée , les autres par leur pénétration réciproque formaient un dessin à lignes courbes, très compliqué:

Chez un autre malade que je soignais depuis le début du chancre, j'ai vu des macules ^yphilitiques de la plante des pieds qui ressemblaient à des taches de nitrate d'argent. Aq douzième mois, après deux poussées d'accidents cutanés et muqueux superflciels, il lai survint de nouveau des plaques dans la gorge et dans la bouche ; mais ce qui le frappa le plus ce fut le changement de coloration de la plante des pieds dont il s'aperçut à la suite de quelques fourmillements légers qu'il y éprouvait. Cette région était couverte de macules couleur chocolat foncé. Leur contour était irrégulier; on aurait dit qu'elles avaient été faites par Téclaboussure d'un pinceau. Leur suiface était pointillée de petites taches presque noires. La peau était souple à leur niveau et ne présentait aucune desquamation.

Au septième mois de la syphilis, chez un malade qui avait une syphilide papulosquameuse discrète et deux ou trois plaques psoriasiques dans la paume des mains et

558 FORMES DES PAPULES PALHAIBBS ET VLAJSTAJXES.

Elles appartiennent aux premiers mois de rintoxication ; plus taxi la desquamation très superficielle qui se fait à leur surface s épais«i devient de plus en plus écailleuse et se transforme en une véritak lésion papulo-squameuse. Chez quelques malades très prédispo« aux sypbilides palmaires et qui en sont affectés non seulement di la période secondaire, mais bien au delà, on peut assister aux luodl cations que subissent les différentes poussées de l'éruption à mam qu'on s'éloigne de l'accident primitif . Dans la plupart des cas c^pHiii la syphilide papuleuse palmaire s'établit d'emblée, soit tout àfai;i début des manifestations cutanées, soit le plus souvent vers sa fém moyenne. Ultérieurement, à des époques indéterminées qui esLfi tent sur la période tertiaire, on voit fréquemment se reproduiir i nouvelles attaques. Les sypbilides palmaires sont eu effet au ncoh des affections les plus aptes à récidiver, les plus opiniâtres et le^ ri réfractaires au traitement spécifique. Ce serait une erreur de <t4 qu!il existe une étroite solidarité entre elles et les éruptions de wH nature qui se font sur d'autres parties du corps. Maintes foi» j .u < les pieds et les mains rester indemnes pendant toute la d^^e^ i syphilodermies papuleuses les plus confluentes. L'inverse e^t %il certains malades n'ont sur le tronc, les membres et la tète qu*- i papules insignifiantes, tandis que la paume de leurs mains s** ^ ai de papulo-squames qui ne la quittent plus ou s'y reprodui>eDt fl cesse avec une facilité désespérante. i

Contrairement à ce qui se voit ailleurs, la papule ne débute jtf| par une saillie dans la paume des mains et sur la plante des f«« mais bien par une tache arrondie, rougeAtre, qui s'élargit j>eu i ) et finit par devenir très légèrement saillante. C'est l'épaisseur «i résistance de l'épiderme qui s'opposent à son développement tu ài teur et la forcent à s'étaler. — On la prendrait d'abord pour une *m tache érythémateuse. Mais dès les premiers jours le toucher \M que la vue la fait reconnaître. La peau eu effet perd toujours m é plesse à cet endroit. En pressant avec le doigt on trouve de U ri tance et on perçoit distinctement que sur un point circonscrAi

sur la plante des pieds, la peaa de ces deaz régions devint sans cause appinrturt siège d*un érythème syphilitique scarlatiniforme. Elle resta pendant ir^is « M d*un rouge uniforme foncé sur lequel se détachaient des milliers de petits p« •'I comme la tête d'une épingle et d'un bleu foncé d'ecchymose. Celte ci>ngt»^*-' ^ mateuse diffuse était tout à fait indolente; elle ne disparaissait qu'en p.ir • «<• pression du doigt.* Une desquamation par larges lambeaux épidermiques. ^Vm Jl celle de la scarlatine, se produisit au bout de vingt à vingt-cinq jours et U k? I parut peu à peu sans laisser aucune trace pigmentaire.

SPAIS6EUB BT DUBBTE DE LEURS SQUAMES. 559

une d'une lentille ou un peu plus, il existe une sorte de petite ieur dure qui est comme enchâssée dans l'épaisseur de la peau. La oon*eD reste pas là. Bientôt, à son niveau, l'épiderme se soulève, aille, se détache dans ses couches superficielles et laisse apparaître, ivers les plus profondes, la papule plate qui semble dénudée et qui ;eDte une teinte d'un rouge sombre. Les débris de l'épiderme i par l'extension centrifuge de Thyperplasie dermo-papillaire leot autour d'elle un rebord circulaire écailleux. Aucun suintet ne se produit à la surface de la lésion. La sécheresse et la dureté ses caractères principaux. Mais quand elle siège au niveau des is et des plis articulaires, ce qui a toujours Ueu sur la face paledes doigts, il lui arrive fréquemment de se crevasser, et la fente iode et douloureuse qui en résulte donne une sécrétion concresqui se mêle aux squames et les agglutine. Arrivées à leur corndéveloppement les papules palmaires, dont le diamètre varie de d'ane lentille à celui d'une pièce de 20 centimes, constituent une ioD discrète ou confluente qui a son centre principal au milieu paume de la main, mais qui s'étend de là à la face extérieure loigts et du poignet. Cette éruption à peine saillante ou même i fait plane, sèche, rugueuse et écailleuse, est toujours syméî, c'est-à-dire qu'elle occupe les deux mains et cela à peu de près soas la même forme et dans les mêmes proportions. — Tels es caractères élémentaires et généraux du psoriasis palmaire et lire.

upons-nous maintenant de ses variétés. Une des plus communes lie qu'on appelle le Psoriasis palmaire corné. Elle est constituée 9 nombre plus ou moins considérable de petites élevures coni- ^xtrèmement dures qui, d'abord rouges ou violacées à leur base, ment, à mesure qu'elles s'accroissent, brunes ou d'un jaune gri- La saillie est exclusivement épidermique ; la squame cornée non aent proémine , mais encore s'enfonce dans l'épaisseur de la si bien que quand elle tombe elle laisse un petit cratère 'é d'épiderme sec au fond duquel apparaît la lésion dermolire avec sa teinte d'un rouge sombre* Cette variété est plus lote à la naain qu'au pied.

lieu de se produire sous forme de papules lenticulaires isolées» »n s'étale parfois sur de larges surfaces et dessine dans la paume nain des plaques irréguUères, susceptibles d'affecter toutes les itions que je vous ai décrites précédemment. Ainsi vous troules plaques disséminées oh et là sans aucun ordre, depuis le

560 GROUPEMENT DES PAPULES PALMAIRES ET PLAITEAIRIS.

poignet jusqu'à rextrémité des doigts. Elles sont discrètes confluentes ; dans ce dernier cas elles se réunissent en suiîant direction des plis de la peau. C'est là déjà un commencement de j position régulière faite, il est vrai, un peu au hasard. Mais il fréquemment qu'elle est systématique, et alors des anneaux, <le> de cercle, des lignes courbes d'un rayon plus ou moins grand, sont sinés par les papules squameuses sur les surfaces envahies. Co! l'espace est restreint et divisé, les anneaux se fragmentent et od suivre leurs débris depuis le centre palmaire jusque sur les diva sections des doigts et la partie inférieure du poignet. — Au lieu di placer à la suite les unes des autres, les papules palmaires se çr peut et forment, lorsqu'elles sont confluentes, des nappes presque f tinues. Ici l'on ne retrouve que très exceptionnellement la ^spcnà stellaire ou corymbique. La fusion plus ou moins intime de um éléments générateurs convertit parfois la paume entière de b ■ en une surface d'un rouge sombre dont l'uniformité est interroo çà et là par des taches un peu saillantes d'une teinte plus acm Quelques Ilots ou des traînées de squames écailleuses se détachent la peau devenue lisse, luisante, sèche et d'une consistance minée. Tous les petits plis sont effacés et les grands sillons se blent de squames qui se crevassent ; il en résulte des fissures ou constamment entretenues par les mouvements, souvent gènaDi même fort douloureuses. L'aspect des parties malades est 1 rester toujours le même, ce qui tient à la prolifération sans ce activité de l'épiderme. Quelquefois la stratification morbide de couches superficielles amoncelé sur le même point de larges (4 ou des courbes à grands rayons, tandis que, sur d'autres, on qu'une simple couche de vernis très sec, cassant et toujours à se fendiller, à se rayer de hachures blanchâtres, s'étale au-de derme épaissi et induré par le néoplasme papuleux. Dans les p^ palmaires en nappe la lésion ne s'arrête pas ordinairement au b n plaques, elle va un peu au delà et se montre sur le poignet en &< sur la face interne des doigts, au voisinage des ongles, sous fora papules ou de rubans écailleux.

Au pied, la lésion psoriasique, sauf quelques particularités dr d'importance, présente la même physionomie qu'à la paume 4 main. Les deux affections coexistent presque constamment. Tool le psoriasis palmaire est plus fréquent que le plantaire. Dan nier les papules sont en général plus aplaties, et sans proémiD^ coniques et ponctuées. Le centre de quelques-unes offre an point

RÉCIDIVES ET DUBÉE DE CES SYFHILODEBMIES. 561

nàtre et un prolongement pédicule qui s'enfonce dans l'épaisseur de Tépiderme jusqu'aux couches dermo-papillaires. Les plaques sont d'un rouge terne plus pâle qu'à la main, quelquefois violacées, puis d'une nuance de cuivre jaune. Leur carapace squameuse ne s'exfolie que tardivement sous forme de lambeaux très épais.

Lorsque la syphilide plantaire se prolonge entre les orteils, sa surface s'ulcère et sécrète une humeur mucoso- purulente fétide. Les papules se développent rarement au talon ; on y observe parfois des taches violacées, visibles à travers la transparence de l'épiderme corné. Le siège de prédilection du néoplasme squameux, c'est le centre de la région plantaire. Les fissures et les rhagades sont moins fréquentes au pied qu'à la main ; mais en revanche il s'y produit parfois une lésion beaucoup plus grave, la papule végétante. L'épiderme ne peut pas résister à la force d'expansion de la néoplasie dermopapillaire ; il se rompt et à travers sa déchirure les tissus sous-jacents font hernie sous forme d'une masse rouge, granuleuse, suintante qui peut acquérir de grandes proportions et devient fongueuse, saignante et même gangreneuse lorsque son pédicule s'étrangle sur les bords déchiquetés de la crevasse épidermique. La masse des papillomes exubérants peut acquérir le volume d'une noix. J'en ai vu deux ou trois sur la même surface plantaire, au talon et à la racine des orteils. C'est une lésion sérieuse qui condamne le malade au repos et guérit difficilement. En cela du reste elle ne diffère pas des formes communes.

Le psoriasis palmaire ou plantaire est remarquable par son opiniâtreté et par &a durée. Il faut des mois pour le guérir, même en employant un traitement énergique, et encore n'y arrive-t-on pas toujours. Si on l'abandonne à lui-même, il se prolonge indéfiniment et subsiste pendant des années. Ajoutez à cela qu'il récidive avec la plus grande facilité. Tant de mauvaises conditions se réunissent dans les psoriasis profonds et tardifs qui survivent à toutes les autres manifestations de la syphilis et se montrent si réfractaires à la médication spécifique, qu'on se demande avec raison s'ils dépendent uniquement de la syphilis. Bien des fois je me suis posé cette question sur laquelle je reviendrai à propos du diagnostic. Je puis vous dire d'avance que je suis loin de partager l'opinion des syphiliographes qui voient en lui un véritable certificat de syphilis contre lequel il n'est pas de protestation possible et qui déclarent qu'aucune autre maladie n'est capable de produire une lésion identique. C'est Tinverse qui est plutôt vrai; car là, comme à la langue dont le psoriasis coïncide souvent avec celui des pieds et des mains, la syphilis ne joue souvent que le rôle

MAUaiAC. — MALADIES VÉNÉR. 36

564 • SYPHILIDB PAPULO-ULCÉBEUSB.

montre recouvert de quelques couches d*épiderme corné; puU I saillie s'affaisse, l'épiderme se reforme partout et la lésion se guei saus aucune perte de substance même de son propre tissu. — Di^ une éruption papuleuse généralisée, toutes les papules ne devieoDt:! pas érosives. Leur nombre varie suivant les cas. A la racine des veux, sur le front, elles forment une des variétés les plus riches a plus compromettantes de la Couronne de Vénus. Il y en a sur U i au voisinage du. nez, au pourtour des lèvres, qui ressemblent à éraflures en voie de guérison. Elles sont communes sur les épault^ dans le dos ; on en trouve aussi partout ailleurs, au milieu de ()afd ordinaires de toutes formes et de toutes dimensions. Isolées plululj confluentes, il est rare qu'elles forment, du moins en totalité, o plaque cutanée. Celle-ci est surtout squameuse, et ce n'est que u tiellement qu'elle s'érode et devient croùteuse. — Il y a des pa{<Q qui restent érosives pendant toute leur durée et ne se recoovrefl aucun moment de croûtes séro-sanguinolentes. Leur sécrétion, qui souvent très abondante, ne se concrète pas. Ce sont les pafAila^ mides que je vous décrirai plus tard avec les plaques muqueuse^d elles sont une variété. Elles ne se développent que sur les parties 1 peau, qui se rapprochent des muqueuses ou qui sont voisines des oré:

Syphilide papulo- ulcéreuse. — Le processus d'éliniinatioD aller plus loin que dans la variété précédente, sans attaquer toute les parties constituantes de la couche dermo-papillaire. Lors( dépasse le corps muqueux et qu'il se forme une sécrétion de (d une véritable croûte purulente, la papule est ulcéreuse. — Nou>i vous ici aux limites extrêmes du type papuleux. Les papule? subissent ce travail de destruction partielle sont -elles bien papules? Ne devrait-on pas plutôt les regarder comme des d cules? La ligne de démarcation est difficile à établir, et qu^i syphiliographes, pour sortir d'embarras, n'ont trouvé rien de mieui de créer une variété papulo-tuberculeuse. Au point où nous en <4iflB arrivés, c'est-à-dire à la période la plus reculée de la phase second] il y a souvent imminence de lésions plus graves que la papui' premières périodes de l'intoxication. Le type devient moins (iie sa forme, plus indécis dans ses tendances résolutives; il pénètre profondément dans l'épaisseur du derme et subit en effet, dan* mesure qu'il est difficile d'évaluer, la transformation tuberculeuse, critérium avons-nous en pareil cas pour juger qu'une éruption ^^t r leuse ou tuberculeuse ? Je n'en vois qu'un, mais il vient trop xui

ÉLÉMENTS PAPULO-TUBEBOULEUX. 565

nous aider dans le diagnostic et le pronostic. Ce critérium après coup, ce sont les traces que laisse la lésion sur le point de la peau qu'elle occupait. S'il y a perte de substance et cicatrice, la lésion était tuberculeuse; s'il n'y a que macule pigmentaire sans cicatrice, la lésion était papuleuse. Il faut ajouter cependant que dans la papule ulcéreuse, il n'y a aucune tendance à l'extension périphérique, ni pbagédénisme en surface ou en profondeur, ce qui est fréquent au contraire dans les tubercules ^

Quoi qu'il en soit, voici quelles sont les principales formes qu'on trouve dans la sypbilide papulo-ulcéreuse. La forme linéaire et circinée, qui est en même temps le degré le plus faible de la lésion, s'observe assez fréquemment. C'est un petit fossé circulaire, très étroit et de même largeur partout, qui entoure complètement ou incomplètement la base

1. Syphilide papultxroûteuse ou tuberculo-papuleuse ou papulo-tuberculeuse»— Ce cas peut donner une idée du caractère mixte que présentent les éruptions papuleuses syphilitiques lorsqu'elles deviennent profondes et que leur processus, résolutif sur quelques papules et ulcéreux sur d*autres, rend leur nature indécise et équivoque au point qu'elles «ont tout autant tuberculeuses que papuleuses. — Le malade, d'une bonne santé générale* affirmait n'avoir jamais eu de chancre ni aux parties génitales ni ailleurs. Il lui survint pour la première fois des croûtes dans la tête à la fin de janvier 1882, puis il se fit une éruption large, saillante et croûteuse en avant des oreilles, dans la barbe, sur le front, les lèvres et enfin sur le tronc. Au deuxième mois de sa durée, cette dermatopathie ^rave était ainsi constituée : sur le front, au-dessus du sourcil droit, monticule d'un rouge chair de jambon, faisant une saillie de 1 centimètre et ayant à sa base 3 centimètres de diamètre. Ses flancs étaient mamelonnés et non squameux. Son sommet était occupé par une croûte épaisse, noirâtre, non stratifiée, très adhérente, qui recouvrait une ulcération superficielle, non taillée à pic, déprimée à son centre, d'un rouge sanguinolent, et sécrétant avec abondance un liquide séro-purulent. — Papules ou néoplasies semblables, mais moins larges et moins ulcéreuses sur les autres points de la face, au nombre de 8 ou 10. Une, très volumineuse et fort dure, ulcéro-croûteuse, occupait le bord libre de la lèvre inférieure et ressemblait tellement à un chancre que je la supposai à priori très antérieure aux autres; mais il parait au contraire qu'elle avait poussé après celles du front et ne s'était accompagnée d'aucune adénopathie péri-maxillaire. — Grosse papule granuleuse creusée d'une rhagade profonde à la commissure labiale gauche. — Sur le tronc, en arrière, larges plaques mamelonnées, peu saillantes, croûteuses à leur centre, et papules plates, très régulières, isolées, nummulaires, dures et s'enfonçant profondément dans le derme. Presque toutes étaient résolutives et ne suppuraient pas; sur quelques-unes, squames peu épaisses. — Cette sypbilide papulo-croûteuse ou simplement papuleuse par places était discrète dans le dos, à peu près nulle en avant et sur les membres. Cest à la tète qu'elle était la plus prononcée. — Sur la partie la plus saillante de la fesse gauche elle était décidément tuberculeuse et se montrait là sous la forme d'une néoplasie diffuse, épaisse, de 10 à 15 centimètres de longueur sur 3 ou 4 de largeur, irrégulière dans ses contours et creusée profondément sur un de ses points d'une vaste ulcération à bords taillés à pic, sécrétant en abondance du pus qui ne se concrétait pas. Maux de tête violents depuis le début de l'éruption. Plaques muqueuses très superficielles sur la muqueuse balano-préputiale — ulcération de l'amygdale ^'auche qu'on aurait pu prendre pour un chancre, mais qui était postérieure, au dire du malade, a la ^yiiliiiidc papulo-tuberculeuse de la peau.

566 FOBUE, ÉTENDUE, PBOFOKDEUB DES ULCÉRATI0Ï8.

des larges papules. Le liquide qu'il sécrète est séreux, coDcrescible t forme une croûte d'un brun jaunâtre peu épaisse. Quand oareDlè>^^ on trouve au-dessous une entaille d'un rouge foncé, suintante, qqj paraît assez profonde parce qu'elle est creusée dans des parties tnint^ fiées» mais qui, par le fait, ne dépasse pas le corps muqueui dj Malpigbi, et ne va qu'exceptionnellement jusqu'à la couche denua papillaire. J'ai vu de ces entailles, non seulement à la base des lar:^ papules, mais aussi sur leur plateau où elles' dessinaient descourbf variées. Cette forme circinée décrit parfois de grands arcs de cerds sur les bourses, par exemple, ou sur la figure. Elle suit exacleme dans ses dessins ceux que trace sur la peau la syphilide papule circinée à petites papules dont elle n'est que la transformation ub reuse. — Dans la forme arrondie et non plus linéaire, Talcérai s'empare d'une partie ou même quelquefois de toute la papule; n'est là, en somme, qu'un degré très prononcé d'érosion, qui v&j; qu'aux papilles et donne naissance à une croûte. Le fait suivant t donnera une idée.

Deux mois environ après un chancre bénin et résolutif, il se fit sur tr. la surface du corps uue éruption papuleuse, composée d*abord de ^i^i petites et discrètes qui ne tardèrent pas à se multiplier, à s'élargir elqi sèches finireut par devenir ulcéro-crustacées. Voici quel était l'état du miM quatre mois après le début du chancre, deux mois après celui de la sypt . ' Ce qui domine sur la peau, ce sont des croûtes sèches et épaisses. Q^t^^'v unes sont tombées, et, à leur place, il reste des plaques de 2 ou 3 centim'i carrés, d'un rouge de jambon, dont quelques-unes sont simples, taodi> d*autres résultent de l'agglomération de plusieurs papules plates. LVni est surtout croûteuse dans le dos. Les croûtes paraissent indiquer, jo>] • certain point,>la nature de la lésion qui les a produites, car bien que sailli"' stratifiées et même cruslacées, elles ont une teinte grise squameuse. L>'-î mité seule est noirâtre. Quelques-unes sont grenues, poreuses, friables or celles de l'impétigo. Quand on enlève ces croûtes, on trouve au-dessous ô* une surface humide et d'un rouge sanguinolent, sans ulcération profoc: perte de substance. Une couche gélatiniforme est même parfois interpos<xc-' la papule et sa calotte crustacée ; elle résulte du ramollissement des ovjcornées les plus profondes. Tout autour de la croûte stratifiée et conique..'*'^ un bourrelet épidermique qui l'enchâsse. Dans les mains, éruption papu i psoriasi forme et squamo-croûteuse au plus haut degré; papules isolées att monceau d'épiderme corné au-dessus d'elles, larges plaques conflueoie^ } cheminées et creusées de profondes rhagades suintantes dont les produit.^ crétés sous forme de croûtes se mêlent aux squames, etc. Presque ri<>i* plante des pieds. Phlegmon du plancher buccal et de la région fan»! : ■ L'état général du malade était assez sérieux. Néanmoins il fut prom. ' guéri de son éruption papulo-crustacée, qui était conflucnle dans le J*'* ' les membres supérieurs, discrète sur les inférieurs.

8YPHILIDE PAPULO-VÉSICULBUSB. 567

Syphilide papulo-vésiculeuse. — Cette variété est une des plus rares. Je n'en ai observé qu'une dizaine de cas. Dans son remarqaable Traité des syphilides ', M. Bassereau, qui fait une classe à part des dermatopathies vésiculeuses , n'a pu en réunir que 12 observations personnelles, tandis qu'il recueillait dans le même temps 153 faits de syphilides érythémateuses et 50 de syphilides papuleuses. Et encore les syphilides vésiculeuses relatées par M. Bassereau sonteUes loin d'être identiques entre elles, puisqu'il en donne quatre variétés qui sont : i** la syphilide vésiculeuse à forme de varicelle; 2^ la syphilide vésiculeuse eczémateuse ; 3° la syphilide vésiculeuse herpétique; ht" la syphilide vésiculeuse à base papuleuse. — Faut-il les admettre toutes? Je ne le pense pas. Mais d'abord j'insiste sur an point essentiel, selon moi, c'est que ces sortes d'éruptions, si variées qu'elles soient dans leurs formes, ont toutes pour élément fondamental une papule. Dans les cas qu'il m'a été permis d'observer, je n'ai pas trouvé une seule exception à ce fait général. Il est aussi vrai et peut-être plus pour les grandes vésicules que pour les petites. Du moment que lés vésicules n'ont pas pour base une papule, mais ans surface plane, érodée ou ulcérée, elles doivent être rangées dans la catégorie des pustules bénignes. Revenons aux quatre variétés de M. Bassereau. La première et la quatrième n'en font qu'une, les syphilides d'aspect varicelleux sont en effet constituées comme les autres, par une papule ; elles n'en diffèrent que par l'étendue de la vésicule qui, au lieu de recouvrir seulement le sommet de la papule, l'englobe dans sa totalité. Ainsi, première variété : syphilide papulo-vésiculeuse simple, ou ombiliquée et varicelliforme. — La syphilide vésiculeuse eczémateuse existe-t-elle ? L'eczéma ne doit point être rangé au nombre des manifestations de la syphilis. De toutes les formes de dermatopathies, c'est celle pour laquelle la maladie constitutionnelle semble avoir le moins d'affinité. On peut même avancer que jamais il ne faut mettre sur son compte une éruption eczémateuse typique. Mais parfois de larges plaques érythémateuses confluentes, parsemées d'un grand nombre de papulo-vésicules miliaires, peuvent le simuler. Il y a un moment où la surface devient humide et suintante, fort peu, il est vrai, et d'une façon très éphémère ; c'est celui où les petites vésicules se rompent. Au bout de quelques heures, toute la surface devient sèche, grenue, furfuracée. Vous voyez qu'il y a loin de là à la sécrétion si

1. Léon Bassereau, Traité des affections de la peau symptomatiques de la syphilis, Paris, 1852.

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