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HISTOLOGIE DES PAPULES CONIQUES

plates du tissa coojonctif. Dans cette variété de dermite papuleuse, il n'existe donc du côté du derme qu'une inflammation peu intense. Quoique cette inflammation ait son principal foyer dans les papilles, elle pénètre au-dessous d'elles plus profondément, jusqu'aux glandes sudoripares et au tissu cellulo-adipeux sous-cutané. — L'hyperhémie vasculaire est [accompagnée d'une diapédèse ou iranssudation de globules blancs à travers les parois des capillaires ; la migration de ces globules est pour ainsi dire nulle, puisqu'elle reste circonscrite autour des vaisseaux sanguins. Enfin, le tissu conjonctif n'est pas dissocié et ses cellules restent indemnes.

Dans Vipiderme : 1» Augmentation d'épaisseur peu pronqncée dans le corps muqueux de Malpighi et dans la couche cornée. — 2^ Au point le plus culminant de la papule, absence des couches les plus superficielles de l'épiderme coroé qui se sont desquamées, et à sa base, cercle épidermique, à arête saillante formant le liseré de Biett.

Telles sont les lésions de la papule dans son plus grand état de simplicité. Vous voyez qu'elles consistent surtout en un mouvement vasculaire hyperhémique des papilles. Aussi, leur couleur rosée ou rouge foncé dispara tt-elle, en géoéral, sous la pression du doigt. Quelquefois elle persiste et on observe une couleur jaune ou ecchymotique. Ce phénomène est dû, comme dans la roséole, à ce qu*il y a eu diap^èse de quelques globules rouges. Leur matière colorante imbibe les papilles, puis pénètre, sous forme de pigment, dans les cellules du corps de Malpighi qui ne l'élimine que peu à peu et à la longue sous forme de macules. C*est à la transsudation extra-vasculaire des globules rouges qu'il faut attribuer la coloration spéciale jaune cuivre ou chair de jambon, puis brune et pigmentée, que présentent beaucoup de syphilides papuicuses. Il arrive souvent, surtout dans les papules qui occupent des régions abondamment pourvues de poils, que le processus inflammatoire envahit les follicules pileux et les glandes sébacées. Ce n'est là qu'un phénomène accessoire auquel on attribuait autrefois un rôle trop considérable. Les cellules épidermiques de la gaine des poils, les cellules épi théliales des glandes sudoripares, le tissu conjonctif et les vaisseaux qui entourent ces organes sont modifiés comme les cellules du corps muqueux, les vaisseaux et le tissu conjonctif des papules et du derme. La lésion fondamentale existe toujours dans le tissu dermo-papillaire et y a son point de

départ.

IL — Lorsque les papules, au lieu d'être petites et coniques, sont larges, plates, discoïdes, nummulaires^ elles constituent une deuxième variété de syphilides papuleuses, à laquelle on a donné les noms de syphilide papuleuse plate, syphilide papulo-squameuse, syphilide papulo-tuberculeuse, etc. C'est elle qui comprend la lésion décrite par Bazin sous le nom de plaques cutanées, Si l'on ne s'en tient qu'aux apparences de la lésion, tous ces termes s'expliquent et se justifient; mais nous allons voir que les principales circonstances accessoires qui servent de base aux dénominations se rattachent à l'évolution d'une papule semblable, en tout ce qu'elle a d'essentiel, à la papule conique et qui n'en diffère que par l'étendue et la profondeur de la lésion, ainsi que par une migration plus abondante et plus lointaine des cellules embryonnaii^s et par des altérations plus avancées des couches épidermiques. Les papules plates ou discoïdes, larges comme une pièce de 50 centimes, de un franc et même de deux francs,

574 HISTOLOGIB DES PAPULBS PLATES.

ont UQ contour régulièrement circulaire, et elles forment à li sorface 4e ^ peau une saillie arrondie à courbure d'un large rayon. Sur une coup^ j«f pendiculaire à leur surface, lorsqu'elles sont en plein développement oc State les lésions suivantes :

Dans le derme : i^Les papules sont considérablement augmentées devoloH

elles peuvent même s*hypertrophier dans des proportions telles que U

devient végétante. Nous parlerons plus tard de cette variété. BorDooM*.'

nous occuper de la tuméfaclion papulairc dans les cas ordinaires. Ette t*.^

de deux causes : de Thypérémie vasculaire et de la dilatation des capiflaîT'^

Tinondation de cellules rondes ou lymphatiques qui s*est faite dans let:*

conjonctif. Les fibrilles de ce tissu sont, en effet, dissociées par les é- *

cellulaires qui, au lieu de rester cantonnés autour des vaisseaux, sesoQir*!

dus partout. — 2? Toute la portion du derme et de son tissu cellolo-iii

située au-dessous des papules enflammées subit le processus de la mém<

et presque dans une égale mesure. Il y a donc là migration diffuse et ab^:/.::

des cellules embryonnaires dans les mailles du tinsu conjonctif dermiqor, 'i

les faisceaux sont séparés par des rangées des cellules rondes. Pliis|ir<.:^

ment, mêmes rangées de cellules lymphatiques autour des vésicnles adif^.*^

dont quelques-unes perdent leur graisse et deviennent des ilôts d« c-^i

inflammatoires. — Un autre fait pathologique se produit, qui n'exista pi^

les petites papules : les cellules plates du tissu conjonctif s*enflajnoiect,

aussi, et se tuméfient^

1. Dans un cas de Syphilodermie papulo-tuberaiieuse nummiUaire^ conpu t.*

pliquée (Tintis et d'engorgement épididymaire spécifique bilatéral, etc., un de u»* - '

confrères dltalie, M. Tommaso de Amicis, directeur et professeur de la clioiqn*' J

syphilopathique de Naples, put faire l'examen histologique d*une papule plat^ h>i

phiquc excisée sur la face interne du bras gauche. Voici quelques particulant « ^ t

santés de sa structure: Tinflltration embryonnaire n'était pas unifonnément és*-M

dans le corps papillaire, ni dans le derme ; elle était constituée par des êçi\ w^ M

distinctes dans chacune desquelles ces éléments embryonnaires étaient pluN * I

pressés. Au milieu ou à la périphérie de ces lobules séparés par des faisceau «ir i ^i^

jonctif, on voyait une ou plusieurs cellules géantes, à contour net et précis; el-^ '^

polynucléaires et quelques-unes contenaient de SO à 30 noyaux et même plusdu^ '4

rieur. Cette disposition, fait remarquer Téminent professeur, ne se rencontre f-a* -^1

syphilodermie papuleuse ordinaire. Quelle signification faut-il attribuer à ltr*l

des cellules géantes? Faut-il croire à l'existence d*une affection tuberculeuse <1' • i*

qui se serait produite en même temps que la lésion syphilitique? MM. Biztoz^* i

Grifflni, Brodowski, Colomiatti, fiaumgarten, Browicz, De Lucaont mis h^^n •

l'existence des cellules géantes dans les ulcér«itions tardives de la syphiloie c*-

dans les altérations, syphilitiques des parenchymes : orchite, hépatite pns-

gommes des poumons, méningite syphilitique. -^ Les avis sont partagés sar 1 it "^

tation qu'il faut donner à la présence des cellules géantes. Les uns croient q*^ '

rindice de la tuberculose ; d'autres, au contraire, lui refusent cette ailribotioi evJ

et pensent que, quelle que soit la ressemblance qui existe entre le processus ^<i

tuberculeux et le processus du virus syphilitique, il ne suffît pas de trou^f^r df^ «

géantes dans une néoformation pour affirmer qu'elle est tuberculeuse. Telle eft

du professeur Tommaso de Amicis. D'ailleurs des recherches récentes qui. i! «^

n'ont pas encore dit leur dernier mot, prouvent que les cellules géantes sont ao f

inflammatoire non spécifique , mais générique , qui natt dans des ooodiu * • •"■

diverses, et qui n'a aucune valeur propre au point de vue de la détenniaiti « - *

PROCESSUS ANATOHIQUE DES PAPULODEBMIES. 57n

Dans tépiderme : Toutes les couches de i*épiderme présentent un épaissîssement considérable, et voici quelles sont les lésions qu'on observe dans chacune d'elles. Procédons, pour les étudier, de dedans en dehors : 1^ Corps muqueux de Maipîghi : On le voit envoyer, entre les papules tuméfiées, des prolongements plus épais, plus allongés qu'à Tétat normal, et qui résultent d'une prolifération cellulaire en rapport avec l'étendue et la profondeur de l'intervalle que les papilles laissent entre elles. Dans les cellules crénelées du corps muqueux, on coQstate par places l'état cavi taire, c'est-à-dire de larges cellules ou des espaces formés par la réunion de plusieurs cellules, contenant des noyaux qui se divisent, des granulations graisseuses et des éléments embryonnaires. — 2<> CoucJie granuleuse. Le même état cavi taire s'observe au milieu des cellules de la couche granuleuse. — 3<> Êpiderme coi'iié: Son épaisseur augmente dans des proportions eoonnes. La partie superfîcielle formée de squames cohérentes se détache facilement des couches sous-jacentes, auxquelles elle ne reste unie que par les prolongements épidermiques qui s'enfoncent dans la gaine du poil et dans les conduits sécréteurs des glandes sébacées et des glandes sudoripares. Tant que celte partie hypertrophiée et squameuse de Tépiderme corné ne tombe pas, la lésion mérite le nom de papulo-squameuse. Pendant tout leur processus, les papules peuvent rester recouvertes de ces couches épaisses et superposées d'épiderme rorné qu'on appelle des squames; mais lorsque les squames tombent, ce qui arrive dans un grand nombre de syphilides à larges papules, la surface de la petite tumeur change d'aspect : de rugueuse elle devient lisse, unie et s'entoure d'un bourrelet épidermique. On dit alors qu'elle est érosive ; pourtant les papules, remarquez-le bien, je vous prie, sont encore loin d'être dépouillées de toutes leurs couches épidermiques protectrices, puisqu'il reste encore au-dessus d'elles le corps muqueux de Malpighi, la couche granuleuse et même une portion, faible il est vrai, des couches les plus profondes de l'épiderme corné. Comme ces couches sont transparentes, on voit au-dessous d'elles les papules gorgées de sang, et on pourrait croire qu'il y a érosion ou ulcération. Il n'en est rien, et la preuve, c'est que la guérison se fait sans qu'il y ait eu perte de substance, et il ne se produit pas de cicatrice^ parce que le corps dermo-papillaire n'a pas élé désorganisé, ni détruit, même partiellement. — Le corps papillaire adhère donc solidement à son corps muqueux et ne s'en sépare pas. Néanmoins, on voit sur certaines préparations des fentes, des vides, çà et là, entre le sommet de quelques papilles et la gaine que leur forme le corps muqueux. Mais la dissociation reste partielle et limitée. Ces petits espaces sont remplis de sérosité coQtenant une grande quantité de globules rouges et blancs. — Il y a donc, là aussi, comme dans les petites papules et les taches roséoliques, même à un plus haut degré, une diapédèse des globules rouges, sous forme d'infiltration, et des foyers hémorrhagiques. C'est à Textravasation de l'élément globulaire rouge du «aog qu'il faut rapporter la couleur spécifique rouge sombre de ces éruptions et les teintes successives qu'elles prennent à mesure qu'elles guérissent, teintes qui vont de la nuance ecchymotique à la coloration pigmentaire. Nous venons d'étudier les lésions élémentaires des papules dans l'évolution

maladie. Tout au plus indique-t-il un certain mode de morbiformation momentanément exubérante dans le tissu connectif, etc., etc. {la cellula gigante ed iprodotti sifiilUici^ pel pn)fessore Tommaso de Amicis. Napoli, 1882.)

576 HISTOLOGIE DES PAPULO-YÉSIOULES.

de leurs diverses formes, et nous pouvons nous rendre compte do mode \a:igénique d'après lequel se produit la sypbilide qu'on a désignée soos ks< de lichénoîde, conique, papulo-squameuse et papulo-érosive.

La syphilide papulo-tuberculeuse de Villan n*est autre chose qu'âne ?; lide papuleuse plate, à larges papules dans lesquelles il y a coogestioa, c: rinfiltration embryonnaire des couches profondes du derme et de la cob cellulo-graisseuse sous-cutanée est plus accusée et plus étendue en tootse dans les autres variétés de syphilides papuleuses. Elle n*en conserve pti 3 son caractère résolutif.

Occupons-nous maintenant de la papulo-vésieule et de la véskuUà'or syphilitique. Je vous ai dit qu'il fallait faire entrer ces lésions dans la r des papules; elles ne sont^ en effet, qu*une déviation du processus ka: de l'élément papuleux générateur. La vésicule est constituée paruo >^. ment de la couche la plus superficielle de l'épiderme, résultant deréptDch" en ce point d'un liquide d'abord citrin qui devient par la snite louche ei;-: forme lorsque les cellules lymphatiques s y jettent en abondance &o } feront. A un moment donné, et dans la plupart des cas, cette vésicule ( son liquide se solidifie et, s'unissant aux débris épidermiqaes de la petite p forme des squames qui tombeut et se reforment jusqu'à ce que les partie»: jacentes soient revenues à leur état normal. ~ Ces couches sous-jaceotr> formées par un soulèvement papuleux du derme qui présente les méme^ i*-^ et la même évolution que la papule typique. C'est de lui que, par ai ou migration, filtre le liquide à cellules embryonnaires qui vient sVu! au-dessus du corps de Malpighi, dans les cellules et les cavités épitlMuai^ la couche cornée et de la couche granuleuse. Lorsque le processus au^i^'' haut degré d'intensité et gagne en largeur comme en profondeur, \i^^ augmente de volume et devient une vésico-pustule. Le corps mnqoeoi dr pighi est alors envahi dans sa presque totalité par rinfiltration des celc « pus. Sa chute partielle ou même sa désintégration totale n'entraloeiit fi:' perte de substance ni de cicatrice apparente. Ce fait n'a lieu que si les pi ont été détruites par la suppuration. Mais la lésion n'est plus alors aoeF'f vésicule, c'est un eclhyma superficiel. Vous voyez par quelles transitioc sibles une lésion peut passer d'un type à un autre, de papuleuse par <n r devenir, en subissant 1 état vésiculeux, une véritable syphilide pusto reuse. Ces métamorphoses ne prouvent-elles pas que nos classificatioa? r rien d'absolu? La nature ne les respecte point. Aussi les tendances de i": « processus dans les éléments générateurs sont-elles infiniment plus < étudier, au point de vue clinique, que les configurations souvent er :< des dermatopathies ^

vni

Diagnostic et Pronostic. — Quoique le diagnostic de la sj[i papuleuse soit eu général facile, il sera prudent de ne pas le Ui

1. J'engage ceux qui voudraient étudier d'une manière approfondie llu*'. >' lésions syphilitiques à lire Texcellent ouvrage du professeur Corail : Ltçtms *vit • 1879, où Tanatomie pathologique est remarquablement traitée.

DIAGNOSTIC DES 8YPHILIDES PAPULEUSES. 577

I eiclusivement sur les seuls caractères objectifs de la lésion. Sans te ils fournissent des notions solides et précieuses dans la plupart des surtout dans ceux où leur spécificité morphologique atteint sa plus i<? expression ; mais il leur arrive aussi quelquefois de perdre presque e leur valeur diagnostique par suite de leur ressemblance avec les )tioDs d'ordre commun qu'ils simulent à s'y méprendre. En pareil les coïncidences spécifiques, la topographie, les antécédents, etc., dun grand secours. Telle ou telle circonstance, minime au prer abord, peut devenir plus significative que la lésion prédomite. Il ne faut donc pas se borner à l'étude de la seule manifestacutanée. Les autres, qui font rarement défaut pendant toute la \e de la syphilodermie papuleuse, doivent aussi être recherchées uminées avec soin , d'abord parce qu'elles aident à apprécier la idie dans son ensemble, et puis parce qu'elles préviennent et empèit des jugements erronés. Ce n'est parfois qu'en dehors de l'érupqu'on trouve les éléments du diagnostic.

oinme la variété papuleuse miliaire ou lichénoïde est ordinaireit très précoce, on constate encore sur les organes génitaux ou ails Texistence de l'accident primitif, du moins sous cette forme duration globuleuse ou parcheminée qui persiste longtemps après luérison. Les adénopathies spécifiques des aines et de Ja région icale, les croûtes dans les cheveux, les plaques muqueuses de la che et de l'isthme coexistent avec la lésion cutanée et révèlent son ioe. Du reste son diagnostic présente rarement de grandes diffiés. On ne pourrait confondre cette éruption qu'avec certaines les de psoriasis pondue ou avec le lichen ruber plan. Dans le psois les papules sont recouvertes d'écaillés abondantes imbriquées et intées. Dans le lichen ruber plan les papules sont plus plates, moins ormes, plus ombiliquées et plus disposées à perdre par leur con- Qc<^ leur caractère originel ' .

b» /i>/t«m ruber est une maladie de la peau qu'Hébra, le premier, a reconnue D«? affection particulière. Elle présente deux formes : le lichen ruber acuminé et le 1 '^f'erplan. Le premier est caractérisé par des papules disséminées, très dures, i »:rij<>eur d'un grain de millet, rouges, coniques, ayant à leur sommet une petite nw. épidermique épaisse. Dans l'espace de trois à quatre mois, toute la surface ^♦^' est recouverte de papules toujours de plus en plus contluentes qui forment des Htt' 'lifTases sur lesquelles la peau épaissie d'une manière uniforme est rouge, nwuse, fendillée, traversée par des sillons profonds, et paraît sèche et semblable »x£^ma squameux ancien. Cette dermatopathie peut, en une ou plusieurs années, !3(-r.iiiser. Dans le lichen ruber généralisé, la peau est rouge de la tête aux pieds, ^le. creusée de plis nombreux, squameuse, privée de poils, etc. L'affection est alors ?l«* irraves et entraîne la mort. Sous cette forme elle est fort rare à Paris. — On ne

XACBUC. — MALAOIBS VÉNXB. 37

578 DIAGNOSTIO DES 8YPHILIDS8 PAPULO-SQUAXEUSSS

Les variétés psoriasiformes de la syphilide papuleuse préseBied quelquefois une ressemblance décevante avec le psoriasis commoi Voici quelques-uns de leurs caractères distinctifs. Dans la s^^hiik papulo-squameuse, les squames n'existent jamais à la fois sur los l'éruption comme cela a lieu dans le psoriasis vulgaire. Ce fait tieu ce que les squames syphilitiques sont plus caduques, moins aptes a reproduire que celles du psoriasis, et laissent à nu tât ou tard la face qu'elles recouvraient. Or, la papule ainsi dépouillée présente forme et surtout une coloration très caractéristiques. Outre qu elif caduque, la squame syphilitique ne recouvre qu'une partie delapa; elle est mince, superficielle, grisâtre. Celle du psoriasis recounr. contraire, complètement toute la surface de la lésion; elle est épi.^ large, formée de feuillets imbriqués qui constituent une carapace t\ mique blanche, nacrée, argentée. Les parties sous-jacentes d< 'Lt pas moins de différences, la plupart du temps, dans les deux affet :<- Ainsi , la coloration de la saillie est d'un rouge moins sombre le psoriasis que dans la syphilis, la peau y est plus épaisse e: ; sente (sauf dans la forme ponctuée) des nappes plus étendu^f ont moins de tendance que dans la syphilis à la configuration c'er i — Ajoutez à ces signes que les localisations du psoriasis sont -ji téristiques, qu'il envahit surtout les coudes et les genoux dui\'

pourrait la confondre avec le lichen syphilitique que tout à fait à son début. — (««i lichen ruber plan, les papules, petites, plates, non squameuses, d'un brillant y^ analogue à celui de la cire, ombiliquées, ont dès l'invasion une tendance à »e p*. groupes et à former des plaques. Ces papules sont extrêmement petites au dé^ut.A^ grosses comme un grain de millet. Elles se disposent de très bonne heure tc ' 4 linéaires ou en lignes circulaires sur le tronc. Plus tard, elles se serrent le# ur-* les autres comme une mosaïque. « En même temps les papules les plus anciecr> ^ au centre, s'affaissent et prennent une couleur brun foncé, pendant qu il >e pr* périphérie une nouvelle couronne de papules plates, brillantes comme de la cire, quées, qui arrivent à constituer des plaques de la grandeur d'une lentille, dur ou d'une pièce de cinq francs en argent, offrant l'aspect tout particulier d'L> sombre entourée de perles. (Kaposi.) >» — La marche et la durée de la mAa*.!essentiellement chroniques. Le lichen ruber plan reste quelquefois pendant ui ans limité à certaines parties du corps. Il n'a qu'un retentissement modérr ^u* générale; il est fort peu squameux, excepté lorsqu'il est très ancien. U s'aocomp*^ prurit parfois modéré, mais qui peut devenir aussi très intense. — Dans le hch^t ' surtout dans l'acuminé, il ne se produit pas de régression spontanée, etc. ^ Leçons sur les maladies de la peau de Maurice Kaposi^ traduites et annotées y- * ^ Besnier et Adrien Doyon, tome !•', p. 528-539.)

D'après cette description très sommaire on voit qu'il existe des différences prJ tous les points de vue, entre la syphilide lichénoïde et le lichen ruber. C»-*: seulement que les deux affections pourraient être confondues; mais, ouin- '•'^ '' tères respectifs, n'a-^t-on pas pour se guider les coïncidences palhologiqiii:s fi rences du processus, etc., etc. ?

ET DES AFFECTI0N8 PSORIASIQXnSS OOMMUNBS. 579

Textension, qu'il a une durée beaucoup plus longue, un processus plus chronique que la syphilide papulo-squameuse, que le mercure n exerce sur lui aucune action curative, qu'il est précédé ou accompagné d'accidents arthritiques ou dartreux , et ne présente point ce cortège de manifestations syphilitiques variées, qui ne manque presque jamais dans la syphilide papulo-squameuse , surtout lorsqu'elle est précoce.

Si par un concours de circonstances qui se rencontre bien rarement, on ne trouvait pas dans les signes différentiels des deux affections une base assez large ou assez ferme dç diagnostic, on pourrait recourir à Tanalomie pathologique de la lésion. Vous savez que les squames minces et grisâtres de la papule syphilitique psoriasiforme recouvrent toujours une saillie néoplasique plus ou mpins proéminente, sèche et d'une couleur chair de jambon ; on la retrouve au-dessous d'elles par le grattage, quand elle n'est pas mise à nu par la desquamation spontanée. Dans le psoriasis commun, quand on enlève la squame blanche et crayeuse avec l'ongle, ce qui est très facile, on aperçoit sur une base rouge de nombreux points saignants qui correspondent aux petits vaisseaux des papilles gonflés par Thyperhémie. Les formes si variables de la maladie dérivent de petites élevures congestives d'un rouge brun très minimes, qui, dès leur apparition, sont recouvertes d'une squame. — Une semblable structure est exceptionnelle dans la papule squameuse ; la surface saignante s'y observe quelquefois, mais c'est dans les papules érosives recouvertes d'une croûte brune de sang coagulé, et la lésion est alors si patbognomonique qu'elle ne pourrait être confondue ni avec le psoriasis, ni avec aucune autre affection cutanée.

La topographie peut fournir des notions utiles; il ne faudrait cependant pas avoir en elle une confiance exagérée. Les dermatologistes s'accordent à dire que les genoux et les coudes dans le sens de l'extension, le cuir chevelu et le sacrum, puis la face, le tronc et les membres sont, par ordre de fréquence , les points d'élection pour les efflorescences psoriasiques vraies, et que, seules^ la paume des mains et la plante des pieds restent régulièrement indemnes de psoriasis ou n'en sont atteintes que très exceptionnellement, même lorsque l'affection est généralisée. Dans la syphilis, au contraire, ces régions, vous le savez, sont très fréquemment envahies par la variété squameuse de la papulodermie. Cette opposition entre le psoriasis et les syphilides comme localisation palmo-^

580 DIAGNOSTIC DSS STPHILIDKS

plantaire est -elle aussi absolue qu'on le croit géntri^

Outre que quelques observateurs ont vu du psoriasis at le dos des doigts et même aux surfaces palmaire et plao'w qu'il était discret ailleurs ou qu'il n'y en avait pas, il est Id' que des affections cutanées psoriasif ormes, indépendantes de L ■' comme émanation directe, quoique peut-être provoquées [.' produisent à la paume des mains et à la plante des pieds, l. ment pendant la période secondaire, mais aussi beaucoup f j dans la phase tertiaire. Je vous ai fait pressentir déjà quf une des questions de diagnostic les plus embarrassantes. On : d'accord sur l'élément générateur dans l'affection psoriasif '' mains autre que celle de cause syphilitique. Elle est, en -f complexe et tient plus de l'eczéma que du psoriasis. Quant i ^ constitutionnelle, je me rangea l'opinion de Bazin, qui la p l'arthritisme. Enfin je lui ai trouvé une affinité singulièn* > psoriasis de la langue. C'est une coïncidence dont je pourr.« citer de nombreux exemples. Plusieurs auteurs nient ce\>ei^4^ le psoriasis vrai se complique de psoriasis buccal. Eh bien, ^i pas le psoriasis typique, soit des mains, soit d'autres parties c qui coexiste souvent avec celui de la langue, c'est du dq( n affection cutanée qui présente avec lui la plus grande ar- Quoi qu'il en soit, il importerait beaucoup au point de vue pro: pouvoir distinguer sûrement les affections squameuses des a des pieds qui sont syphilitiques, de celles qui ne le sont pas. 'J<^ dernières proviennent de l'eczéma, de l'herpès, du psoriasis qu'elles soient, comme le veut Bazin, un mélange de psoni* pityriasis et d'eczéma, voici quelques traits cliniques qui ieui^ tiennent en commun. Elles sont souvent prurigineuses; ti-^ moins de tendance que le psoriasis syphilitique à la dispositif cinée ou annulaire; leurs squames sont moins cornées et l^dermo-papillaire moins néoplasique, enfin leur physionomie " mobile, plus variable que celle du psoriasis syphilitique doDt i éruptif est unique et permanent. Malgré ces différences, vuu? ' maintes fois très embarrassés pour poser un diagnostic pr* ^ positif. J'affirme même qu'un pareil diagnostic est împo^^iI*' aucune phase de l'affection, dans certains cas qui, il est vrai. h>'exceptionnels'.

1. Voici, dans ce genre, un cas bien intéressant qui me fut adressé parn -* professeur Péter.

Psoriasix palmaire survenu à la 7« année (Tune syphilis bénigne» — A/ftrt'-^ ^

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