‹ Lecons sur les maladies vénériennesChapitre 26 sur 441 · CARACTÈRES ET PROCESSUS DU CHANCRE SIMPLE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ET PROCESSUS DU CHANCRE SIMPLE

I. Cest une affection ulcéreuse locale : Description du chancre simple. — Son inocolabilit**. — >« réinoculabilité sur tous les points du corps.

II. Complications : L,e principe générateur ne pénètre pas dans la masse du sang pour iiil><t''r l'économie. — Il entri» par olTraction dans les lymphatiques. — Complications qu'il suMcit** «iar • le système lymphatique du district : phlojçmons et abcès lymphatiques. — Bubons chanorrl'- a — Le bubon d'emblée n'exii^te pas. — Intiltration da pus chancrollcux dans le tissu rvlluli'* sous-cutanc.

III. De la non-pénétration du pus cfioncreUeux dans les veines : Ses conséquences si elle avait li»") - Pérennité et immutabilité des virus en général et des virus chancrelleux. en particulier. — Iiniiii" sance de Torganisme A les transformer.

IV. Procestu* anatomique : Prolifération cellulaire du tissu conjonctif. — Son intensité. — Dj^j"-' tion et destruction des éléments normaux : fibres connertives, lymphatiques, veines, artcT.^^tf'^ nerfs, etc. Néoformation virulente : sa sphère d'activité.

V. Complications : Du phagédénisme. — Son processus moléculaire. — Phlébites capillairt'>. — 1" la gangrène : oblitérations vasculaircs. — Formation et élimination de l'escharc — Destru«i <-i radicale par gangrène de la zone virulente. — Traitement.

La seconde espèce des maladies vénériennes dont je vais vousparU"î maintenant est le chancre mou, le chancre simple, la chancrelle. C\ '^l

IKOCULABILITÉ ET UÉINOCULABILITB DU CHANCRE SIMPLE. 37

une affection locale comme la blennorrhagie, et même beaucoup plus lirconscrite qu'elle dans ses manifestations.

A peu près toujours semblable à lui-même, quelles que soient ses dimensions, le chancre simple, qui est éminemment contagieux et inoculable, présente les caractères suivants :

Il est taillé à pic; son contour est irrégulier et asymétrique ; ses bords >ont épais, déchiquetés et décollés; son fond est inégal, pultacé, vermoulu. Autour de lui existe une auréole inflammatoire d'un rouge plus ou moins vif. Le tissu conjonctif qui l'entoure et celui sur lequel il re[K)se présentent fréquemment un engorgement œdémateux, un empâtement diffus qui n'est pas nettement circonscrit et se confond d'une manière insensible avec les parties voisines.

Sur toute sa surface se sécrète, avec abondance et quelquefois à flots, an pus épais, jaunâtre, ichoreux, sanguinolent, couleur chocolat, dont jp vous ai énuméré les principales propriétés.

La contagion du chancre simple s'effectue presque exclusivement I endant les rapports sexuels. Aussi ne sort-il que rarement delà sphère V'-nitale ; c'est là son siège de prédilection, son véritable, et on pourrait I resque dire, son unique foyer. Il possède donc au plus haut degré le caractère d'une maladie vénérienne.

Le chancre simple ne natt point spontanément dans l'organisme. Il procède toujours d'un ulcère de même nature que lui. 11 est extraordi- Dairement contagieux et peut se reproduire successivement ou simultanément un nombre indéfini de fois sur le même individu.

Cest la maladie vénérienne qui a été le plus soumise à l'expérimentilioa; aussi est-ce la mieux connue. Vous pouvez admettre comme une vérité des mieux établies que cet ulcère est inoculable et réinoculable à volonté et partout.

Rien ne s'oppose à son implantation et à son développement naturel : ai temps, ni lieu, ni âge, ni tempérament, ni constitution, ni état s'iin ou morbide de l'économie, ni tissus, ni appareils, ni systèmes organiques, etc. La matière organique et vivante de l'homme est sans 'iêfense contre lui. Aucune immunité naturelle n'empêche son inocu- Uiioû de réussir. Cependant, Hubbenet de Kiew, aurait rencontré deux lûdividus chez lesquels il n'a pas pu, malgré plusieurs tentatives,

rfcu>>ir à inoculer des chancres mous.

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£t pourtant, messieurs, cette espèce véDérienne est dépourvue de tout pouvoir diffusible, et son principe générateur ne pénètre pas dans la masse du sang pour infecter l'économie. Elle est, dès le début, ol reste toujours par la suite, un accident purement local.

Mais si le pus virulent du chancre simple ne pénètre pas dans les veines et n'intoxique pas le sang, il se déverse dans les lymphatiques. N'est-ce pas un double fait étonnant que, d'une part cette sorte d'affinité élective pour les lymphatiques, et d'autre part, cette répulsion instinctive pour les veines ?

La clinique nous donne tous les jours des preuves sans nombre de la pénétration du pus chancrelleux dans les voies lymphatiques. Ct'Ue pénétration est même la cause et la source de la plupart des complications du chancre simple, de ces complications qui se font à distance, sur le trajet des vaisseaux lymphatiques ou dans les ganglions auxquels ils aboutissent.

Ces complications consistent : r en iyraphites et abcès lymphatiques; 2*" en adénites virulentes, rapidement converties en bubons chancrelleux.

La purulence et la virulence en sont les phénomènes caractéristiques. C'est vous dire qu'elles sont contagieuses, inoculables et réinoculabies à volonté et indéfiniment, comme le chancre simple.

Voilà à quoi se borne la diffusion, par les voies vasculaires, du principe chancroïdal. Le rayon de son activité morbide a donc pour mesure exacte la distance qui sépare le foyer primitif du premier ganglion lymphatique de la région. Comparez ce travail tout local et toujours circonscrit par la barrière, infranchissable pour lui, des ganglions du district, comparez-le à la puissance de pénétration, de prolifération et de diffusion du principe syphilitique dans toutes les parties constituantes de l'organisme.

Le pus virulent du chancre simple peut sortir de son foyer autrement que par les voies naturelles de la circulation. Il peut s'infiltrer, s'extravaser dans le tissu cellulaire sous-cutané. Mais là aussi, comme dan< les vaisseaux et les ganglions lymphatiques, il ne produit que dos complications locales qui toutes présentent les mômes caractères et obéissent au même processus que les lympho-adénopathies chancrelleuses.

Ces complications sont, en effet, constituées : 1"^ par une inflammation

COMHENf ELLBS SE PAODUISENT. 39

violente et à marche rapide ; 2" par un abcès qui se forme d'emblée et ins vite sur tous les points enflammés ; et 3" par une ulcération chan- I reuse qui lui succède et qui possède toutes les propriétés du chancre Lvnéraleur.

Ainsi, dans toutes ses complications, qu'elles aient pour siège primitif les hinphatiqueSy les ganglions ou le tissu cellulaire, le chancre simple aboutit toujours à la création d'une ulcération semblable à luimême.

Un a prétendu que le pus chancrelleux pouvait être absorbé à la surface de la peau et des muqueuses, et pénétrer dans l'organisme sans produire aucune lésion locale sur le lieu où se serait effectuée l'absorption.

De cette hypothèse tout à fait gratuite est née la théorie du bubon dVmblée. Ce n'est pas ici le lieu de la discuter. Qu'il me suffise de ^•)Ufi dire que les parties solides du pus, c'est-à-dire les globules qui >>nt seuls virulents ne peuvent pas passer dans les voies circulatuires sans une déchirure ou une ulcération préalable des vaisseaux litsorbants. Leur entrée dans l'organisme a toujours lieu par effraction. ur. du moment que le pus chancrelleux se trouve en contact avec une solution de continuité, avec un point de la peau ou des muqueuses qui D e^t plus protégé par l'enduit épidermique ou épithélial, il y produit une cbancrelle.

C'est à la surface de la cbancrelle qui ronge les vaisseaux comme les •litres tissus, que la pénétration mécanique de la cellule purulente d» vait s'effectuer et s'effectue, en effet, le plus facilement. Vous avez ^^l quelles en sont les conséquences pour les voies lymphatiques.

Mais comment se fait-il que la pénétration des cellules virulentes

u'iiit pas lieu dans les veines comme elle a lieu dans les lympha-

ii jucs ? N'est-ce pas là un phénomène inexpUcable? Leurs orifices ne

<^ >Qt-[ls pas béants, conmie ceux des lymphatiques, dans le foyer de

1 ulcération? Les veinules ne se déchireraient-elles, ne seraient-elles

détruites qu'après une phlébite préalable qui obturerait leur calibre

au delà des limites de l'iïlcération chancroïdale ? Je l'ignore. Toujours

'^t'ilque le fait est indéniable. Et, en effet, si le pus virulent péné-

'lit dans les veines comme dans les lymphatiques, ne produirait-il pas

'>^ phlébites virulentes sur tous les points du corps, au dehors et au

''^. Il n'y a point sur le trajet de ces vaisseaux des ganglions pour

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